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Le PIB réel s’est contracté de 0,8 % au quatrième trimestre et le rythme de la décroissance s’avive de mois en mois. Les exportations ont mené le mouvement, marquant leur pire recul trimestriel depuis 1982 à mesure que ressortait toute l’étendue de la récession économique dans le monde.
Tout autre grand secteur de l’économie a aussi changé de comportement au quatrième trimestre en réaction aux soubresauts de l’économie mondiale. Dans les entreprises, le taux de rentabilité a diminué de 20 %, la demande à l’exportation et les cours des produits de base piquant du nez. La réaction des entrepreneurs a été de sabrer les investissements et de tenir les stocks fermement en laisse, tout en licenciant des travailleurs. Devant la montée des licenciements, les ménages ont également réduit leurs dépenses, accru leur épargne et comprimé leurs emprunts. Le secteur des administrations publiques est revenu aux déficits avec l’augmentation des dépenses et la diminution des rentrées d’impôt.
La contraction a paru s’aggraver au début de 2009. Les pertes d’emplois se sont multipliées en janvier et, dans le secteur de la fabrication, l’industrie de l’automobile a donné l’exemple en licenciant massivement. Un signe encourageant pour le Canada est le ralentissement du rythme de décroissance des ventes d’automobiles et d’habitations depuis les pertes subies vers la fin de 2008, ainsi qu’une légère modération générale des disparitions d’emplois en février. Aux États-Unis, l’emploi n’en a pas moins continué à fléchir rapidement en février et les ventes d’automobiles et de maisons se sont enfoncées sans cesse plus. Les préoccupations persistantes au sujet de la santé du système financier américain ont été source de nouvelles pressions à la baisse sur les places boursières.
Les projets d’investissement des entreprises pour 2009 le cèdent de près de 10 % à ceux de 2008, ce qui marque le terme d’un essor de six ans des immobilisations. Pour près de 80 %, le recul constaté de 18,7 milliards de dollars a pour origine le secteur du pétrole et du gaz (ce qui comprend le raffinage pétrolier). D’autres baisses importantes ont été relevées dans l’extraction minière, le bois d’oeuvre et le papier. Dans la plupart des industries autres que de ressources, les projets d’investissement n’ont guère évolué malgré le ralentissement de l’économie mondiale et le dérèglement de certains marchés du crédit. Les services publics, les transports et les finances présentent aussi de solides gains, alors que la situation demeure à peu près stable dans les industries manufacturières hors ressources.
L’industrie du pétrole et du gaz a fortement comprimé de 28 % (13,1 milliards) ses dépenses prévues en immobilisations. Après des années de croissance rapide, l’industrie des sables bitumineux a dominé sur ce plan avec des budgets d’investissement qui ne sont plus que de près des trois quarts de ceux de 2008. Dans l’industrie pétrolière et gazière classique et les forages, les diminutions sont aussi d’environ 20 %.
L’industrie minière a rabattu ses intentions de dépenses presque aussi fortement que le secteur de l’énergie. Dans l’industrie des minerais métalliques, les réductions sont vastes et approchent des 30 %. Dans l’industrie des minéraux non métalliques, la situation est un peu meilleure, puisque les producteurs de potasse ont toujours l’intention d’accroître leurs investissements.
Les fabricants ont diminué les leurs de 8,5 % ou 1,7 milliard en 2009, mais il y a une somme de 1,3 milliard qui se rattache aux industries primaires du bois d’oeuvre, du papier et du raffinage pétrolier. La réduction de 2,8 % dans les industries manufacturières hors ressources vient en gros de l’industrie du matériel de transport. Dans les autres branches d’activité, la répartition est presque égale entre des hausses et des baisses légères. Les plans de dépenses demeurent élevés dans la première transformation des métaux, les produits chimiques, les aliments et la plupart des biens d’équipement. Elles brillent presque par leur absence dans le vêtement, le textile et le meuble.
Les services publics ont devancé toutes les industries pour les projets d’investissement avec un gain de 6 % ou 1,4 milliard en 2009. Le moteur de la croissance a été les services publics d’électricité et d’eau. Dans l’industrie des transports, les points d’appui ont été les pipelines (où les projets étaient passés à peu près du simple au double en 2008) et les transports en commun. Ces hausses ont fait pendant à des diminutions importantes dans les transports aérien et maritime et le camionnage.
L’affaissement des dépenses des ménages vers la fin de 2008 s’est traduit par une diminution des projets d’investissement dans l’immobilier et le commerce de détail (exploitants de stations-service et concessionnaires automobiles en particulier). Dans les services d’hôtellerie et de restauration, on prévoit aussi une réduction de près de 40 %.
Dans la plupart des autres services, les budgets d’immobilisations connaissent une croissance modeste. Sur ce plan, les télécommunications et les finances sont en tête. Le secteur public a également augmenté ses projets d’investissement, et ce, malgré un ralentissement dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
L’emploi a régressé de 0,5 % en février, accusant ainsi une quatrième baisse consécutive. Toutefois, le taux de décroissance est un peu moindre qu’en janvier (0,8 %), ce que l’on doit surtout à l’emploi dans le secteur privé où la perte n’a été que du tiers de celle de janvier. Le secteur public a continué à éliminer rapidement des emplois. Comme la population active a légèrement progressé, le taux de chômage a fait un bond d’un demi-point à 7,7 %.
Le ralentissement de la décroissance de l’emploi dans le secteur privé marque un tournant pour le secteur de la fabrication. Après avoir supprimé plus de 100 000 emplois en janvier, mois où l’industrie de l’automobile a fermé ses portes en majeure partie, l’emploi manufacturier a un peu monté en janvier. Ce sont plutôt l’industrie de la construction, les services aux entreprises et le secteur public qui ont alors aboli des emplois.
Sur le plan régional, on a constaté en février que la tourmente de l’économie mondiale s’abattait directement sur l’Alberta. Dans cette province, l’emploi a chuté de 1,2 % avec des pertes en fabrication, en construction et dans les ressources, ce qui devait pousser le taux de chômage en hausse d’un point entier à 5,4 %, son plus important recul mensuel l’ayant mené au niveau du début de l’essor en mai de 2003. L’Ontario a continué à essuyer les pertes les plus cuisantes pour la partie centrale du pays, notamment dans son industrie de la construction. Ainsi, le taux de chômage ontarien a dépassé de 0,8 point le taux québécois; c’est là le plus grand écart jamais observé. La Colombie-Britannique a connu une accalmie en février après les vastes disparitions d’emplois des trois derniers mois.
Le taux de décroissance de l’indice composé a accéléré, étant passé de 0,5 % en décembre à 0,8 % en janvier. Il s’agit de la diminution la plus forte et la plus généralisée depuis que l’indice a amorcé sa baisse en septembre. Six des dix composantes ont diminué, une est restée inchangée et trois ont augmenté.
L’indice du logement s’est contracté de 7,0 % en janvier. Il s’agit de son recul mensuel le plus prononcé depuis juin 1990. Tant les ventes des maisons existantes que les mises en chantier ont diminué de façon marquée depuis octobre dernier. Les mises en chantier sont presque de 50 % inférieures au sommet qu’elles ont atteint au printemps 2008 et les pertes les plus lourdes se sont produites dans l’Ouest canadien.
Par contre, deux des trois composantes qui ont augmenté étaient liées aux dépenses des consommateurs. En dépit de l’affaissement de la demande de logements, les achats de meubles et d’appareils ménagers ont tout de même augmenté légèrement. Les ventes d’autres biens durables ont progressé de 0,2 % et les ventes d’automobiles ont recouvré en janvier une partie de leurs pertes du quatrième trimestre.
Les deux indicateurs de la demande en fabrication se sont rabattus de concert, même avant que les fermetures à grande échelle dans l’industrie de l’automobile soient devenues réalité. Le ratio des livraisons aux stocks a encore diminué, les entreprises n’ayant pu réduire leur production aussi rapidement que les ventes décroissaient. Les nouvelles commandes ont passé d’une augmentation à une baisse de 3,6 % à mesure que les exportations fléchissaient. L’indicateur avancé des États-Unis a reculé pour un 17e mois consécutif.
Les indicateurs financiers sont demeurés divisés. La bourse de Toronto a affiché une cinquième baisse consécutive. Toutefois, l’offre réelle de monnaie a continué de croître (+1,5 %).
Le PIB réel s’est contracté de 1,0 % en décembre, subissant ainsi une troisième perte consécutive. Ce recul est imputable aux trois quarts à une accélération de la décroissance de la production en construction, en fabrication et dans les industries de distribution de biens.
Dans l’industrie de la construction, la production a diminué de 2,3 %, doublant le taux de décroissance de novembre. Pour accompagner des pertes qui s’aggravent dans le secteur résidentiel, il y a eu de nouvelles réductions dans le secteur non résidentiel. Cette industrie était à court de presque 1 % de son niveau de production de décembre 2007, y allant d’un premier recul d’une année à l’autre depuis 1998.
Les fabricants ont sabré leur production de 3 %, alors qu’ils l’avaient fait de 2 % les deux mois précédents. L’industrie de l’automobile a de nouveau mené le mouvement avec une baisse de 12 % et, selon des données provisoires, la diminution serait bien plus forte en janvier où bien des usines ont été fermées pour le mois. Une décroissance de la production presque à deux chiffres a eu lieu dans les minéraux non métalliques et les métaux de première transformation (sidérurgie surtout), car la demande en construction a tari en Amérique du Nord. La plupart des autres branches d’activité ont réduit leur production d’environ 1 % en moyenne.
Les mines ont été entraînées vers le bas par des pertes à deux chiffres pour le charbon et le minerai de fer. Cette situation a eu pour conséquence une large baisse de l’activité dans le transport par rail et par eau où se fait l’acheminement de la plupart de ces marchandises en vrac. Dans le commerce de gros, la production a aussi rétréci rapidement avec l’affaiblissement des flux du commerce international.
Dans la plupart des autres secteurs, on a relevé de modestes baisses ou de légères augmentations. Les services immobiliers ont dominé dans la décroissance de l’activité financière et la production a un peu régressé dans les services aux entreprises. Dans le secteur de la consommation, la demande de services a été stable, bien que les ventes au détail se soient vivement contractées. La production pétrolière et gazière a progressé une deuxième fois en trois mois en partie à cause de la mise en exploitation de nouveaux gisements de bitume. Dans le secteur public enfin, la production a évolué en hausse partout.
La demande des ménages a diminué tout au long du quatrième trimestre. Le revenu réel a continué à s’élever. Le revenu disponible a augmenté de 0,4 % et les prix ont diminué de 0,5 %. Au lieu de dépenser davantage, les consommateurs se sont nettement tournés vers l’épargne; celle-ci a fait un bond (taux d’accroissement de 4,7 %). Par ailleurs, le franc recul des ventes d’habitations a réduit la demande hypothécaire et l’emprunt net des ménages au reste de l’économie est tombé à son plus bas niveau depuis 2004.
En volume, les ventes au détail ont baissé de 4,1 % en décembre. Il reste que, dans l’ensemble, les dépenses des consommateurs en biens ont diminué à la moitié seulement de ce taux, car le temps froid a fait monter en flèche la demande de chauffage domestique.
Le taux de décroissance de la demande de consommation a varié selon les catégories de durabilité. La demande de biens durables est celle qui a le plus régressé, en grande partie à cause d’une diminution de 9 % des ventes d’automobiles. Celles-ci se sont stabilisées au début de la nouvelle année, mais en le cédant toujours de près du quart à leur valeur des premiers mois de 2007 (période où elles avaient été inhabituellement élevées immédiatement après une réduction de la TPS). Les dépenses en biens semi-durables ont fléchi de 3 %, surtout parce que les consommateurs ont acheté moins de vêtements. La consommation de biens non durables s’est contractée de seulement 1 %. C’est en partie que la demande d’essence a continué à remonter en situation de baisse du prix du pétrole.
Dans le secteur de l’habitation, il y a eu de nouvelles diminutions en début d’année. Les mises en chantier ont chuté de 11 % pour n’être plus que de 153 500 logements (aux taux annuels), niveau le plus bas depuis juillet 2001. La cause première en est la baisse des mises en chantier de logements unifamiliaux. La construction résidentielle a largement décru au rythme même du recul des ventes et, par conséquent, le parc de logements invendus n’a pas connu de nouvelles hausses depuis novembre. Enfin, la décroissance de la demande sur le marché de la revente a nettement ralenti, passant en moyenne d’un taux de 14 % en octobre et novembre à 2 % en décembre et à 3 % en janvier.
Le compte courant a viré au déficit au quatrième trimestre en grande partie parce que l’excédent au compte des biens s’est retrouvé à son plus bas niveau en 15 ans. La chute du prix de l’énergie est le principal facteur qui a joué. Ajoutons que, au compte des revenus de placements, le déficit s’est alourdi du fait de paiements d’intérêts supérieurs dans un contexte de descente trimestrielle record de 14 % du taux de change canado-américain.
Les flux du commerce transnational ont encore plus diminué en fin d’année. En décembre, les exportations ont chuté de 10 %. Il s’agit de leur pire fléchissement en valeur mensuelle depuis octobre 1982 dans ce qui est une forte évolution à la baisse qui dure depuis juillet. Les produits primaires ont été heurtés de plein fouet à cause de prix nettement réduits pour l’énergie et les métaux en particulier. Jusqu’à présent, les exportations de machines et de matériel ainsi que de biens de consommation ont été relativement épargnées par le marasme de l’économie mondiale.
Les importations ont diminué de 6 % et leur faiblesse était omniprésente. Les machines et le matériel ont prédominé dans ce recul après avoir présenté trois hausses consécutives. Les importations d’automobiles ont baissé de près de 10 % et les livraisons de pièces de rechange, de 17 %, car les producteurs se préparaient à la fermeture d’un grand nombre d’usines pendant le plus clair de janvier. L’affaissement de la demande dans l’industrie au Canada s’est également traduit par des importations moindres d’une grande diversité de produits industriels, dont les substances chimiques et les plastiques.
L’indice implicite des prix du PIB a régressé de 2,7 % au quatrième trimestre. C’est le pire résultat jamais constaté depuis 1961. Il s’explique presque entièrement par la forte baisse des prix à l’exportation. L’indice des prix des dépenses intérieures s’est élevé de 0,5 %. Les prix de l’essence et d’un certain nombre de produits chers (comme les automobiles et les maisons) ont évolué en baisse, mais ce mouvement a été compensé par une hausse des prix à l’importation – le taux de change ayant présenté un taux trimestriel record de décroissance de 14 % – et de nouveaux gains dans le cas des services.
Les prix à la consommation se sont contractés de 0,1 % de décembre à janvier, moins cependant que dans les trois mois précédents. Si le rythme de décroissance est plus lent, c’est surtout en raison de la stabilisation du prix de l’essence après de fortes diminutions au quatrième trimestre.
Les aliments et l’énergie mis à part, l’IPC a fléchi de 0,7 % après deux mois d’absence de variation. De larges réductions des prix des automobiles ont dominé comme facteur, les concessionnaires s’efforçant de stimuler les ventes. Le mouvement des prix des services a continué à se modérer, surtout parce que l’évolution des prix a été en ralentissement marqué sur le marché de l’habitation.
Les cours des produits de base ont encore baissé en février, mais bien moins qu’au second semestre de 2008 où ils avaient piqué du nez et étaient descendus de moitié. Le gros de la faiblesse se remarquait dans l’industrie du gaz naturel où le peu de fermeté de la demande industrielle devait porter les prix à 4 $ le million de BTU. Les cours du pétrole brut se sont élevés au-dessus de la barre des 40 dollars américains le baril. Enfin, les prix des aliments et des métaux n’ont guère varié.
Les prix industriels se sont stabilisés en janvier après avoir fortement diminué en novembre et décembre. Les cours pétroliers se sont redressés, mais les prix des autres produits à l’exportation ont été amortis par une légère montée du taux de change. Les baisses ont été des plus prononcées dans le cas des produits forestiers.
La bourse de Toronto s’est repliée de 6,5 % après deux mois de décroissance plus lente. Les délestages ont été concentrés dans les secteurs financier et énergétique. Les aurifères ont présidé à la remontée des actions des mines.
Avec le dégel de certains marchés du crédit, on remarque que le crédit aux entreprises s’infléchit. En janvier, le crédit à court terme a diminué pour la première fois en presque un an. Ce recul paraît lié à un déplacement en faveur des émissions d’obligations et d’actions. Les émissions d’obligations des entreprises se sont encore accélérées en février dans ce qui ressemble à une renaissance du marché obligataire mondial.
Les taux d’intérêt n’ont guère bougé après la réduction du taux d’escompte en janvier. Le dollar canadien a glissé sous les 80 cents américains en moyenne après avoir oscillé autour de cette valeur depuis octobre.
En début d’année, tous les grands secteurs dans chaque région ont été victimes d’une décroissance de la demande qui s’accélère. Les mises en chantier et les ventes d’habitations ont le plus vivement reculé dans l’Ouest canadien, tandis que les ventes au détail et les ventes manufacturières se contractaient le plus en Colombie-Britannique et en Ontario.
Dans la première de ces provinces, les mises en chantier ont baissé de 29 % en janvier dans le secteur résidentiel. Elles étaient inférieures de 70 % à leur valeur de culmination de février 2008. Le marasme croissant de la demande sur le marché de l’habitation tant en Colombie-Britannique qu’aux États-Unis a aussi joué un grand rôle dans un fléchissement de 9 % des ventes manufacturières en décembre. Les livraisons de bois ont périclité de 20 % pour tomber à leur plus bas niveau de l’année et la chute de la construction en Colombie-Britannique a causé une perte de 30 % à l’industrie des minéraux non métalliques (comme le ciment et le béton qui sont des produits trop volumineux pour être acheminés en dehors de la province). Les permis de construction non résidentielle ont diminué presque autant (69 %) que les permis de construction résidentielle (70 %) par rapport à la période de culmination de mai 2008. C’est au quatrième trimestre que les ventes au détail ont le plus régressé au Canada (-5,5 %) malgré la constante progression du revenu du travail.
Dans les Prairies, les mises en chantier d’habitations ont encore chuté de 30 % et, depuis mars 2008, la perte globale est de 62 %, en Alberta avant tout. Les ventes manufacturières ont baissé de 8 %, enfoncées par des prix nettement réduits pour les hydrocarbures et les produits chimiques. Les ventes au détail ont égalé leur perte de 5,6 % en Colombie-Britannique en décembre, et ce, malgré un revenu du travail qui progresse fermement dans des conditions de stabilité de l’emploi.
C’est en Ontario que les ventes manufacturières et les ventes au détail ont le plus régressé. Dans le secteur de la fabrication, on relève de fortes baisses pour les automobiles et les produits sidérurgiques et ce bilan s’est encore alourdi au début de la nouvelle année. Les ventes au détail ont diminué de 6 % avec une montée des suppressions d’emplois manufacturiers qui a limité à 0,2 % la croissance du revenu du travail au quatrième trimestre. En janvier, les mises en chantier ont accusé une baisse inférieure à la moyenne de 15 % dans le secteur de l’habitation. Ce même mois, la valeur des permis de construction non résidentielle a dépassé le milliard de dollars, compensant ainsi en partie la faiblesse du secteur résidentiel.
Le Québec a été la province la moins touchée par le marasme de l’habitation et de la fabrication. Les mises en chantier ont fléchi de 1 % en janvier et se situaient à court de leur moyenne de 2008 dans une proportion de 10 % seulement. Les ventes manufacturières ont diminué de 5 % avec des hausses en aérospatiale et dans les produits électriques qui ne contrebalançaient que partiellement des baisses dans les métaux et les hydrocarbures. Pour les ventes au détail, on a observé une perte inférieure à la moyenne (4,4 %).
Aux États-Unis, la décroissance est demeurée vive après un quatrième trimestre pour lequel on a révisé à la baisse le taux de régression du PIB réel en le ramenant à 1,5 %. Pour janvier, on s’attendait à une forte contraction de la production industrielle à cause des relâches généralisées de production dans l’industrie de l’automobile. En février, l’activité manufacturière est restée faible d’après les directeurs des achats, tandis que les ventes d’automobiles et de maisons continuaient à régresser.
En février, l’emploi a encore décru de 0,5 %. Une fois de plus, la fabrication et la construction ont subi le gros des pertes d’emplois. Dans les bureaux de placement temporaire, on a réduit les services aux professionnels et aux entreprises. Le taux de chômage s’est élevé d’un demi-point à 8,1 %, mais si on tient compte des gens qui sont contraints de travailler à temps partiel, le taux est de 13,7 %, car les intéressés ont grossi leurs rangs de près de 3 millions depuis août 2008 (alors que la situation n’évoluait guère au Canada pendant la même période).
La production industrielle a fléchi de 1,8 % en janvier surtout à cause d’une diminution de 23 % dans l’industrie de l’automobile. Les pertes ont été étalées, à en juger par l’indice de diffusion des industries en hausse de production où les valeurs sont tombées de 30,1 % à 17,8 % (comparativement à 50 % au début de la récession en décembre 2007). Un signe encourageant est que les stocks de biens durables ont rétréci pour la première fois depuis août 2007, bien que les commandes demeurent faibles.
En janvier, les mises en chantier d’habitations se sont contractées de 17 % – c’est là une quatrième baisse importante d’affilée – en réaction à une décroissance persistante à deux chiffres des ventes d’habitations neuves. Ce même mois, les ventes au détail ont mis fin à une succession ininterrompue de six diminutions, mais les ventes d’automobiles ont encore dérapé en février et les ventes unitaires étaient en baisse de 40 % d’une année à l’autre.
Le déficit commercial mensuel s’est un peu allégé à 39,9 milliards de dollars en décembre, surtout à cause de la baisse du prix du pétrole. Et les exportations et les importations ont continué à régresser rapidement un cinquième mois de suite, entraînées principalement vers le bas par une industrie de l’automobile qui rétrograde.
Dans la zone de l’euro, le PIB réel a décru de 1,5 % au quatrième trimestre de 2008 après des contractions respectives de 0,3 % et 0,2 % aux deuxième et troisième trimestres dans un contexte de faiblesse tant des exportations que des investissements des entreprises. En décembre, l’activité en construction a régressé un sixième mois de suite en situation de resserrement du crédit. Le taux de chômage a poursuivi son ascension avec toutes les pertes d’emplois dans les entreprises. Il a atteint les 8,2 % en janvier, alors qu’il n’était que de 7,3 % il y a un an. Par ailleurs, le taux d’inflation a faibli à 1,1 % en janvier; il s’établissait à 3,2 % il y a un an.
En Allemagne, l’économie s’est contractée de 2,1 % au quatrième trimestre, battant le plus en retraite depuis la réunification de 1990. Il y a surtout eu une chute des exportations et des investissements des entreprises. En décembre, la production industrielle a baissé de 4,9 % – une cinquième perte en six mois – en raison du ralentissement de la demande aussi bien intérieure qu’extérieure. Les consommateurs ont freiné leurs dépenses malgré les fêtes de fin d’année et les ventes au détail ont diminué un troisième mois de suite en valeur réelle pour clore l’année. Le taux de chômage a un peu monté à 7,3 % en janvier et le taux d’inflation est tombé à 0,9 %.
En France, le PIB réel a décru de 1,2 % au dernier trimestre de 2008. Après un léger gain au troisième trimestre, il a marqué son pire recul en 34 ans. La production industrielle a accusé une cinquième baisse mensuelle consécutive en décembre malgré une légère reprise des nouvelles commandes. La faiblesse des exportations a fait du déficit du commerce extérieur de ce pays le troisième en importance de la zone de l’euro. Au quatrième trimestre, les pertes d’emplois ont culminé en plus de deux décennies, incitant les consommateurs à serrer les cordons de la bourse.
En Italie, le PIB réel s’est encore enfoncé de 1,8 % au quatrième trimestre après deux baisses trimestrielles de 0,6 %. C’est sa perte la plus cuisante depuis qu’on a commencé à recueillir des données à ce sujet en 1980. En décembre, la production industrielle et les commandes se sont à nouveau contractées en raison du marasme de la demande et intérieure et extérieure.
Au Royaume-Uni, la production est restée faible. La production industrielle a encore fléchi en décembre, bien que, dans l’industrie de la construction, l’activité se soit stabilisée en fin d’année après une décroissance à deux chiffres en période estivale. Le taux d’inflation a faibli à 3 % en janvier.
Au Japon, l’économie a décru de 3,3 % au quatrième trimestre, le plus en 35 ans, car la demande a périclité sur le double marché intérieur et extérieur. Comme les exportations – d’automobiles en particulier – ont diminué plus rapidement que les importations, le déficit commercial a atteint un sommet en janvier. À elles seules, les exportations vers les États-Unis ont régressé de 53 % d’une année à l’autre. Les exportations vers l’Asie ont reculé de 46 %. Les exportations ont été victimes tant de la récession mondiale que de la forte valorisation du yen avec la fin de la pratique commerciale sur devises consistant à financer les investissements étrangers au Japon par des prêts à bas taux d’intérêt. Comme les entreprises ont réduit leur production, le taux de chômage a continué à monter; depuis 2007, l’économie a perdu 3,6 millions d’emplois.
En Asie, les exportations se sont partout ressenties de la décroissance de la demande en janvier. D’une année à l’autre, elles ont diminué de 18 % en Chine, de 33 % en Corée du Sud, de 44 % à Taïwan, de 27 % en Thaïlande et de 35 % à Singapour.
En Russie en janvier, le PIB réel était en baisse de 8,8 % d’une année à l’autre, l’industrie de la construction étant gênée dans son activité par l’absence de crédit.