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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Décembre 2007

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

L’emploi a continué à croître rapidement en octobre et en novembre. Tout porte à croire donc que l’économie du pays est toujours en expansion malgré l’agitation qui dure sur les marchés financiers et le profond marasme où s’enfonce de plus en plus le marché américain de l’habitation.

Au troisième trimestre, le PIB réel a été en croissance soutenue de 0,7 %. Alimentés par des bénéfices des sociétés en progression, les investissements des entreprises ont affiché leur meilleur gain en plus d’un an. Les dépenses de consommation ont connu une croissance ferme et le marché de l’habitation s’est remis de son ralentissement au premier semestre. Les exportations se sont également stabilisées après plusieurs trimestres de faiblesse. Enfin, les niveaux de stocks se sont amplement rétablis.

En volume, les stocks se sont accrus d’environ 15 milliards de dollars (au taux annuel) au troisième trimestre. On en revient dans ce cas aux hausses normales relevées entre le troisième trimestre de 2004 et le trimestre correspondant de 2006 (période où le gain trimestriel moyen s’est établi à 13 milliards). Les stocks se sont soudainement contractés au quatrième trimestre de 2006 et se sont lentement élevés dans les deux premiers trimestres de 2007. À l’échelle de l’économie, le ratio stocks-ventes s’est situé à un minimum récent de 0,66 au début de l’été pour ensuite évoluer très légèrement en hausse au troisième trimestre.

On peut penser que la plus grande accumulation de stocks aurait plus à voir avec une reconstitution qu’avec une absence d’écoulement par diminution de la demande. Tous les secteurs de la demande ont été en hausse au troisième trimestre, soit de 1,1 % pour la demande intérieure finale et de 0,6 % pour les exportations. En fait, les ventes finales (c’est‑à-dire la somme de ces deux indicateurs) ont présenté leur meilleur gain trimestriel depuis 2005. Les stocks ont augmenté surtout par réapprovisionnement, la production intérieure (PIB) s’étant accrue de 0,7 % et les importations ayant fait un bond de 4,4 %. Ce dernier phénomène est particulièrement important, puisque les importations de biens n’avaient progressé en volume que de 1,3 % dans l’ensemble au cours des trois derniers trimestres (malgré la valorisation du dollar canadien et la diminution des prix à l’importation).

La répartition sectorielle de la croissance des stocks confirme la justesse d’un scénario où ces mêmes stocks sont plus déterminés par un renforcement de l’offre que par un affaiblissement de la demande. L’essor des importations a fait monter les stocks commerciaux de 15,1 milliards de dollars après trois trimestres de quasi-absence de croissance en valeur nette. Les fabricants, qui s’exposaient le plus à une accumulation des stocks en situation de léger ralentissement de leurs exportations, ont su gérer ceux‑ci rigoureusement, limitant leur croissance à 1,5 milliard de dollars. Le fléchissement des ventes d’automobiles pourrait aussi avoir concouru à cette accumulation des stocks du commerce de détail.

Marché du travail

L’emploi a continué à croître avec vigueur en novembre, gagnant 0,3 % après une progression du même ordre en septembre et octobre. Le moteur a été l’emploi à plein temps; celui‑ci est à l’origine de plus des deux tiers de l’augmentation constatée. Comme la population active a fait un bond de 0,4 %, le taux de chômage a un peu monté, quittant son minimum en 31 ans de 5,8 % en octobre pour atteindre 5,9 %.

L’emploi dans le secteur privé rend compte des deux tiers de cette progression; il n’avait guère augmenté les trois mois précédents. Les industries s’occupant de distribution et de manutention de biens (plus particulièrement les transports et les services aux entreprises) ont mené le mouvement avec des gains de plus de 2 %. Les hausses sont également dignes de mention dans les secteurs de la construction et de l’éducation. L’emploi a le plus baissé dans la fabrication où 16 000 postes ont disparu, annulant tous les gains de l’été.

Ce sont la Colombie-Britannique et le Québec qui ont le plus contribué à la croissance de l’emploi. En Colombie-Britannique, presque la moitié des nouveaux emplois ont vu le jour dans sa florissante industrie de la construction. Cette industrie a gardé toute sa vigueur dans les provinces des Prairies où elle connaît une croissance à deux chiffres depuis un an. Il reste que, à la différence du Manitoba et de la Saskatchewan, l’Alberta a vu l’emploi fléchir dans l’ensemble avec des pertes dans le secteur de la fabrication et les industries de distribution et de manutention de biens. Au Québec, l’emploi a progressé dans le commerce, les transports et l’éducation et, dans une moindre mesure, régressé en fabrication. En Ontario, la source de faiblesse a été la construction et les investissements des entreprises, et non pas la fabrication (où l’emploi a été stable).

Indicateurs avancés

L’indice composite a augmenté de 0,1 % en octobre après avoir enregistré un gain révisé à la baisse de 0,3 % en septembre. Six des dix composantes ont progressé, tandis que quatre ont reculé. Il s’agit du recul du plus grand nombre de composantes depuis octobre dernier. La faiblesse s’est concentrée dans les mises en chantier et les nouvelles commandes, qui sont revenues à des niveaux plus normaux après avoir inscrit des gains exceptionnels le mois précédent. La croissance a été soutenue par les dépenses à la consommation et le secteur financier.

L’indice du logement a baissé de 1,7 % après avoir accumulé trois gains importants. Les deux composantes ont fléchi. Les ventes de maisons existantes ont reculé à l’automne après avoir atteint des sommets records pendant l’été et les mises en chantier ont repris des niveaux plus normaux après la recrudescence de la construction d’immeubles à logements multiples observée en septembre, qui avait fait passer les mises en chantier à leur niveau le plus élevé en 29 ans.

La tendance fondamentale des dépenses des ménages est demeurée positive. Les dépenses au chapitre des biens durables ont crû de 0,6 %, et les ventes d’automobiles sont demeurées fermes en octobre. Le secteur des particuliers a été la principale source de croissance de l’emploi dans les services en octobre.

Les fabricants étaient toujours aux prises avec la torpeur des exportations vers les États-Unis, d’une part, et l’appréciation du dollar canadien, d’autre part. L’indicateur avancé américain a connu une légère augmentation, de 0,1 %, la force des marchés financiers et de l’emploi ayant compensé des pertes supplémentaires dans l’habitation. Les nouvelles commandes reçues par les fabricants canadiens ont chuté de 1,7 %, la version non lissée ayant perdu tout son gain de 12,5 % le mois précédent. Les modestes baisses observées dans la semaine de travail moyenne et le ratio des ventes aux stocks sont sans doute de meilleures indications de la tendance sous-jacente de la fabrication.

Production

Le PIB réel a couronné un troisième trimestre positif par une progression de 0,1 % en septembre. La production a décru en fabrication, mais elle s’est accrue dans la plupart des autres secteurs.

L’industrie minière a repris sa position de force pendant l’été. Les minéraux non métalliques ont dominé en août et septembre à cause de la mise en exploitation d’une nouvelle mine de diamant. La production de pétrole brut est demeurée en croissance, compensant de nouvelles pertes pour le gaz naturel. L’industrie de la construction a autant progressé que les mines avec un taux de 0,4 %, bien que la source de croissance ne soit plus l’habitation, mais la construction non résidentielle. Ailleurs dans le secteur primaire, la production forestière a été stimulée par les lendemains d’une grève en Colombie-Britannique.

Dans les services, les activités de distribution et de manutention de biens ont été le chef de file, notamment parce que les grossistes ont regarni leurs stocks par les importations. Pour l’hôtellerie et la restauration, on relève un troisième gain consécutif avec plus de tourisme au pays et à l’étranger et, en contrepoids, moins d’Américains traversant la frontière canadienne (avec un effet négatif sur les casinos). Enfin, la croissance de la production a été stable dans la finance et les services aux entreprises.

Les fabricants ont diminué leur production presque de 1 %. La production automobile a temporairement fléchi, mais elle devait se redresser en octobre, le Canada produisant une partie disproportionnée des utilitaires « croisés » tant convoités (les États-Unis ayant sur les bras le gros des utilitaires purs moins recherchés). Il y a eu baisse de production dans tous les secteurs de transformation des ressources naturelles : des grèves ont gêné l’industrie de la fonte des métaux et la faiblesse de la demande a encore réduit la production dans les industries du bois et du papier. Il y a eu des pertes même dans certaines des industries plus vigoureuses comme celles de l’aérospatiale et des communications sans fil, bien que l’abondance des commandes porte à penser que ce recul n’est que passager.

Demande des ménages

Après avoir largement progressé en août, les ventes au détail ont régressé en volume de 0,6 % en septembre, laissant 0,3 % comme taux de croissance pour le troisième trimestre. Le gain avait pourtant été un des plus imposants au deuxième trimestre où de généreux règlements d’équité salariale au Québec avaient stimulé les dépenses. Il faut aussi dire que les prix ont légèrement augmenté en septembre après avoir fortement diminué en août.

Le gros de la faiblesse des ventes au détail s’observait dans les biens durables. Dans l’industrie de l’automobile, les ventes unitaires ont régressé de 2 % en septembre et devaient faire un même pas en arrière en octobre. La demande d’automobiles s’est contractée dans quatre des cinq derniers mois, effaçant le gros de ses gains du premier semestre. En 2007, les ventes d’automobiles sont pourtant en voie de connaître leur deuxième meilleure année (après 2002). Une partie de la faiblesse constatée en septembre tient à l’hésitation des consommateurs devant le mouvement de renchérissement des camions. La demande d’ordinateurs a aussi fortement évolué en baisse à cause d’une rare majoration mensuelle des prix. Ces mêmes consommateurs ont réagi à une baisse des prix des vêtements en relevant leurs achats de 1,5 % en volume.

Dans le secteur de l’habitation, un dérapage du marché de la revente pendant trois mois a été suivi d’un léger redressement en octobre. Le retournement de situation le plus notable a eu lieu dans les provinces centrales. Sur le marché de l’habitation neuve, le marasme a persisté en octobre, et on est tombé à un nouveau minimum pour l’année. Le nombre croissant de maisons neuves invendues a aidé à diminuer de moitié le taux de renchérissement de l’habitation neuve, celui‑ci passant de plus de 12 % à l’automne de 2006 à 6 % seulement à l’automne de 2007.

Commerce de marchandises

Au troisième trimestre, l’excédent du compte courant a rétréci de 6,3 milliards à 1 milliard, ce que l’on doit entièrement à un excédent moindre au chapitre des biens. Les exportations ont un peu monté en volume, mais les prix reçus ont été comprimés par un taux de change en hausse. Pendant ce temps, les importations s’envolaient en volume dans un mouvement de diminution des prix et de restockage. Au compte du capital, un fort courant d’investissements directs étrangers est resté le moteur, tout particulièrement dans l’industrie minière canadienne.

En septembre, le dollar canadien est parvenu à la parité après avoir gagné 15 % sur le dollar américain depuis janvier. Les pressions à la baisse ont persisté sur les prix à l’exportation et donc sur les ventes, lesquelles accusaient une baisse de 2,3 % depuis août. En volume, les exportations n’ont fléchi que de 0,6 %.

Au troisième trimestre, elles ont été en général décroissantes en valeur et stables en volume. Depuis le début de l’année, elles progressent tant en valeur qu’en volume. Les exportations de denrées agricoles (blé et canola en particulier) et de produits industriels (métaux en majeure partie) ont dominé sur ce plan. Il faut cependant dire que tous les secteurs sauf les industries de l’automobile et de l’exploitation forestière ont contribué à la croissance des exportations.

Pendant ce temps, la valorisation du dollar était l’occasion pour les entreprises canadiennes de s’approvisionner à moindre prix à l’étranger. En volume, les importations canadiennes ont fait un bond de 3,6 % en septembre. En valeur, la progression a été plus modeste à 2,2 %.

En volume, on devait battre un record au troisième trimestre, les importations augmentant trois fois plus rapidement en volume qu’en valeur (6 % contre 2 %). Presque tout le gain est à mettre au compte de machines et de matériel en hausse de 6 %, leur gain trimestriel le plus considérable depuis que ce mouvement ascendant des investissements s’est engagé en 2003. Les importations de machinerie ont progressé de près de 20 % en valeur et de 50 % en volume depuis que le dollar a entamé sa montée en 2003.

Les importations d’automobiles et de biens de consommation ont également connu une solide croissance après trois trimestres de menus gains. Ainsi, les détaillants devraient être bien approvisionnés avec des importations à moindre prix à l’approche des fêtes de fin d’année.

Prix

L’indice implicite des prix du PIB est descendu de 0,3 % au troisième trimestre à cause d’une diminution des prix de l’énergie (et du gaz naturel en particulier). Si on exclut l’énergie, on constate que les prix ont légèrement augmenté dans l’ensemble. Pour les consommateurs et les entrepreneurs, les prix ont monté moins vite, et ce, parce que les prix des importations et les cours énergétiques ont baissé. En situation de valorisation du dollar canadien, les prix tant des exportations que des importations ont décru d’environ 3 %. C’est l’industrie de la construction qui a exercé le plus de pressions à la hausse sur les prix avec un taux de renchérissement de plus de 6 % dans la dernière année.

De septembre à octobre, l’IPC a légèrement monté de 0,1 % et le taux annuel d’inflation a un peu faibli à 2,4 %. Aux États-Unis, le taux correspondant est de 3,5 %. L’écart canado-américain s’explique en majeure partie par des prix inférieurs des aliments et de l’énergie au Canada. Si on excluait ces biens de consommation, on verrait que les prix ont un régime de croissance à peu près semblable au Canada (2,1 %) et aux États-Unis (2,2 %).

Il y a toujours divergence entre les prix des services en hausse et les prix des biens en baisse. Si les prix des services évoluent en hausse, c’est à cause d’un coût supérieur de propriété résidentielle (augmentation de près de 5 % dans la dernière année). D’autres services ont notablement renchéri : garde des enfants, soins personnels, télédistribution, etc.

Les prix des biens ont par ailleurs diminué en octobre, un répit pour les consommateurs. Le prix de l’essence a mené le mouvement, perdant 3,3 % (contre 0,1 % seulement aux États-Unis, ce que l’on doit directement à la valorisation du dollar canadien). Les prix des automobiles et des vêtements ont aussi largement fléchi et ceux des aliments ont un peu baissé. Ces produits ont un contenu importé plutôt appréciable.

En novembre, les cours des produits de base ont fléchi. Le prix du pétrole brut a effleuré les 100 dollars américains le baril la plupart du temps dans le mois, mais il devait glisser sous les 90 dollars en fin de mois. Les cours des métaux se sont contractés en majeure partie un deuxième mois de suite dans un contexte d’affaiblissement de la demande industrielle aux États-Unis.

En octobre, les prix des produits manufacturés ont diminué un sixième mois de suite. Tout ce recul de 1,1 % est dû à la montée du dollar. Ses premières victimes ont été les exportateurs d’automobiles, de métaux et de produits forestiers. Il n’y a que pour une catégorie de produits de base sur 21 qu’on ait réussi à hausser les prix (il s’agit du groupe des légumes et des céréales).

Marchés financiers

Après avoir atteint un sommet de 1,10 dollar américain, le dollar canadien a clos le mois presque à parité, c’est‑à-dire à peu près là où il avait entrepris le mois. Il a perdu de la valeur vis‑à-vis de la majorité des autres grandes devises. La plupart des taux hypothécaires et obligataires (obligations gouvernementales) ont baissé et les taux applicables aux titres des sociétés se sont élevés, car les investisseurs ont continué à réévaluer les risques.

En novembre, le marché boursier a chuté de 6 %, faisant oublier les hausses records de septembre et octobre. Les métallifères se sont le plus repliées avec des pertes à deux chiffres, alors que les actions liées à l’énergie se ressentaient de la baisse des cours pétroliers. Les actions liées à la consommation ont aussi amplement reculé. Enfin, les financières et les immobilières ont bien moins régressé que sur le marché américain.

La mobilisation de fonds par les entreprises est demeurée largement indépendante de l’agitation d’un certain nombre de marchés. Les émissions d’obligations ont une fois de plus excédé les 3 milliards de dollars et le crédit à court terme aux entreprises était en progression soutenue en octobre. Le crédit bancaire est resté le grand facteur de croissance, mais le papier commercial était toujours faible. La masse monétaire a fortement reculé en octobre.

Économies régionales

La demande est demeurée des plus vigoureuses en Colombie-Britannique. Les ventes au détail ont réussi à se hisser de 0,1 % en septembre tandis qu’elles ont baissé dans toutes les autres régions.  Par ailleurs, la Colombie-Britannique a conservé une bonne partie du gain marqué de septembre sur le plan des mises en chantier.  Une pluie de nouveaux projets commencés au milieu de l’année dans le secteur minier (notamment des exploitations d’or et d’argent) et touristiques (des centres de ski  et le village olympique) avaient stimulé les permis à la mi-année en Colombie-Britannique, lesquels sont toujours en hausse en septembre (10 %) par rapport à leur record de 2006 (et plus du double par rapport à 2002).  Il n’est donc pas étonnant que les faillites des entreprises aient baissé de façon phénoménale cette année, tout comme d’ailleurs dans tout l’ouest du Canada et que la construction continue de battre son plein.   Le secteur forestier demeure une source de faiblesse et ses livraisons sont à la baisse partout dans l’Ouest.

Si l’Ouest a connu une ascension rapide de la croissance des permis de bâtir, c’était au tour de l’Ontario en septembre.  Les intentions de construction de bâtiments non résidentiels ont été catapultées au-delà de la barre de 1,0 milliard de dollars pour la troisième fois depuis 1989. Les hausses les plus fortes ont été enregistrées à  Toronto (presque 50 % de plus en septembre 2007 qu’en septembre 2006), menées par les projets d’immeubles à bureaux.  La hausse de presque 700 000 emplois à Toronto (31 %) au cours de la décennie écoulée est à l’origine de la demande.  Au cours de la décennie précédente (de 1987 à 1997), il n’y avait eu qu’une augmentation de 171 000 emplois.

Parmi toutes les régions, c’est au Québec que les importations de machines ont le plus augmenté jusqu’à maintenant cette année, soit de 5,8 %, ce qui suggère que les entreprises profitent de la baisse du prix des importations pour rajeunir leurs machineries.  La fabrication, les livraisons et l’emploi au Québec sont les plus faibles au pays avec une sixième baisse des livraisons en septembre.  La baisse de 5,5 % au cours du troisième trimestre est la plus faible jamais enregistrée. 

Économies internationales

Aux États-Unis, l’habitation est demeurée un boulet pour l’économie et, sur le marché de la revente, les permis et les prix résidentiels ont continué à fléchir en octobre. Les mises en chantier d’habitations ont été en progression avec un gain sur le marché de la copropriété qui a compensé un creux en 16 ans sur le marché du logement unifamilial. Cette augmentation succédait à une diminution marquée (‑11 %) en septembre. Les ventes d’habitations neuves se sont accrues de 2 %, car les constructeurs ont multiplié les remises pour écouler leurs stocks.

L’économie réelle a continué à montrer sa résistance, mais les troubles du marché de l’habitation ont gagné le marché financier en novembre. Le marché des actions a chuté de 10 % dans le mois, les investisseurs réagissant aux radiations des banques par suite des pertes subies sur le marché hypothécaire à risque.

Les exportations se sont élevées de 1 % en septembre grâce aux denrées agricoles et aux produits industriels. Malgré le renchérissement du pétrole brut et une demande record de biens d’équipement faisant monter la facture des importations américaines, les exportations ont devancé les importations un sixième mois de suite, d’où une autre diminution du déficit commercial à 56,5 milliards de dollars, son plus bas niveau en plus de deux ans.

En situation de renforcement des exportations et d’affaiblissement des importations, le PIB réel a présenté au troisième trimestre un taux de croissance non pas de 1 %, mais de 1,2 % après révision. C’est le plus haut niveau qu’il ait atteint depuis 2003. Il n’y a pas que le commerce, puisque les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ont aussi alimenté le mouvement.

En début de quatrième trimestre, les ventes au détail ont fait un maigre gain de 0,2 % pour octobre. On relève des hausses pour les stations-service, les restaurants, les épiceries et les magasins de matériaux de construction. Le renchérissement de l’énergie et de l’alimentation a gonflé les chiffres des ventes, et on se demande si la faiblesse du marché de l’habitation ne s’est pas communiquée au secteur des ménages. Il faut préciser que ce gain peu appréciable a été précédé d’un bond bien plus remarquable de 0,7 % et qu’un congé de l’Action de grâces meilleur que prévu devait suivre, tout comme de meilleures ventes automobiles.

En octobre, la production manufacturière a baissé de 0,4 %; elle avait marqué une avance après révision de 0,2 % le mois précédent. Les nouvelles commandes ont elles aussi fléchi de 0,4 %. Les expéditions et les commandes de biens d’équipement essentiels ont été en baisse et leurs importations ont pris des valeurs records.

Dans la zone de l’euro, l’économie a progressé de 0,7 % au troisième trimestre. Elle s’accélère vivement depuis le deuxième trimestre (taux de croissance de 0,3 %) grâce aux exportations et aux investissements des entreprises. La production industrielle a décru en septembre pour la première fois depuis avril, parce que le resserrement du crédit, le renchérissement des hydrocarbures et la valorisation de l’euro ont eu un effet d’amortissement sur la demande. Les nouvelles commandes ont suivi et tous les grands secteurs ont battu en retraite, principalement ceux des produits chimiques et des métaux. L’excédent du commerce extérieur a continué à croître du fait d’un autre rétrécissement du déficit au compte de l’énergie et d’un accroissement de la demande de machines et d’automobiles. Les échanges commerciaux avec l’Inde et la Chine ont augmenté, ce qui devait compenser une diminution des exportations vers les États-Unis. Les consommateurs se sont remis à dépenser en septembre malgré une hausse des prix des vêtements et des aliments. En octobre, le taux de chômage a un peu baissé à 7,2 %.

En Allemagne, le PIB réel a progressé de 0,7 % au troisième trimestre. C’est plus du double de son taux de croissance du deuxième trimestre dans un contexte de montée tant des investissements des entreprises que des dépenses personnelles. La production industrielle a reculé en septembre après un bond le mois précédent et les nouvelles commandes se sont contractées pour la deuxième fois en trois mois. Les dépenses de consommation ont été en plein essor après une brève pause en août et le taux d’inflation a été stable en octobre.

En France, l’économie a aussi augmenté de 0,7 % au troisième trimestre comparativement à 0,3 % seulement au deuxième. Après avoir été stationnaire en août, la production industrielle a régressé en septembre et les nouvelles commandes ont chuté un deuxième mois de suite. Les dépenses de consommation ont battu leur plein même si l’inflation devait faire un bond en octobre, passant de 1,6 % à 2,1 %.

Au Royaume-Uni, le PIB réel s’est élevé de 0,7 %, relâchant un peu son rythme de 0,8 % des trois trimestres précédents. La production industrielle a fléchi en septembre; elle avait été faible tout au long de l’été. La constante vigueur de la livre sterling a continué à amortir la demande à l’exportation. Les consommateurs ont freiné les dépenses, le renchérissement de l’essence et des aliments ayant fait monter le taux d’inflation à 2,1 %.

En Italie, le PIB a progressé de 0,4 % après un gain de 0,1 % au deuxième trimestre. La production industrielle a baissé en septembre, renonçant à tout son gain d’août, et les nouvelles commandes n’ont pas bougé après deux mois consécutifs de diminution. La demande de consommation a repris pendant l’été après tout un printemps de faiblesse. Le taux d’inflation a monté à 2,3 % en octobre.

Au Japon, l’économie s’est accrue de 0,6 % au troisième trimestre surtout grâce aux exportations vers l’Asie et l’Europe, et ce, malgré la valorisation du yen. La croissance de la demande intérieure a été modeste, car les mises en chantier sur le marché de l’habitation et en construction non résidentielle se sont ressenties de l’entrée en vigueur en juin de nouvelles règles de sécurité du bâtiment. Les dépenses de consommation ont remonté en septembre et le taux de chômage s’est élevé à 4 %.

En Chine, la production industrielle a, d’une année à l’autre, fait un bond de presque 18 % en octobre après une flambée de 19 % en septembre. Les automobiles ont mené le mouvement avec les télécommunications, les produits électroniques et les textiles. Les ventes au détail ont progressé de 18 % depuis un an et les prix à la consommation ont fait un bond de 6,5 % à cause du renchérissement de la viande de porc.


Note

* Basée sur les données disponibles le 7 décembre; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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