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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Décembre 2006

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

L’économie a fini le troisième trimestre en faiblesse, puisqu’un recul dans l’industrie de l’automobile a fait diminuer le PIB en septembre. L’emploi a réévolué en hausse en octobre et novembre; le marché boursier a battu des records et les prix des produits de base sont demeurés fermes.

Après avoir oscillé autour des 3 % depuis un an et demi, le taux d’accroissement du PIB réel d’une année à l’autre a faibli pour se fixer à 2,5 % au troisième trimestre. Les investissements des entreprises sont restés la composante de la demande la plus en croissance. Ils ont profité d’un redressement des bénéfices des sociétés qui avaient fléchi au premier semestre. Les dépenses de consommation ont repris, stimulées par la baisse de la TPS et la faiblesse persistante du chômage. Toutefois, la demande a chuté sur le marché de l’habitation, alors que la croissance des stocks a perdu de la vitesse. Les exportations se sont remises des pertes subies au premier semestre.

L’écart est-ouest sur le plan de l’activité économique se remarquait le plus dans la construction non résidentielle. Toutes les provinces de l’Ouest ont affiché des gains et, d’une année à l’autre, les hausses étaient d’un peu plus du quart en Alberta et en Saskatchewan. La construction commerciale a dominé au tableau de la croissance, plus particulièrement en Alberta où le taux d’inoccupation des immeubles de bureaux était proche de zéro. En revanche, les dépenses ont respectivement fléchi de 8 % et 6 % au Québec et en Ontario en raison de la faiblesse tant du secteur industriel que du secteur commercial.

Toutefois, la croissance rapide dans l’ouest aide à équilibrer les taux de chômage partout au pays. Dans la région de l’Atlantique, les taux de chômage chroniques à deux chiffres sont en train de s’estomper, ayant atteint un creux inégalé de 9,3 % en novembre. Le taux de chômage y a perdu presque un point entier depuis le début de l’année au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador; c’est autant sinon plus que la baisse du taux de chômage en Alberta. Il reste que le mouvement observé dans les provinces de l’Atlantique s’explique plus par un rétrécissement de l’offre de main-d’œuvre, alors que le facteur qui joue en Alberta est la vive progression de l’emploi.

Le taux de chômage de 7,4 % était le plus faible jamais relevé depuis 1976 dans le cas de la Nouvelle-Écosse. Avec le taux de 8,5 % du Nouveau-Brunswick, ce sont des valeurs qui marquent la fin du chômage à deux chiffres qui a régné tout au long des années 1980 et 1990 et qui existait encore en octobre 2005 au Nouveau-Brunswick et en août 2003 en Nouvelle-Écosse. Même à Terre-Neuve-et-Labrador, le taux de chômage (13,7 %) était inférieur à 14 % pour la première fois dans cette province depuis le début de 1982. Le chômage s’établissait à 16,5 % au début de l’année et, dans les années 1990, il a souvent dépassé les 20 %. Le prix à payer pour ces baisses est un exode de Terre-Neuviens, plus particulièrement des jeunes, ce qui a pour effet d’accentuer le vieillissement de leur population.

Marché du travail

L’emploi a enregistré une faible progression de 0,1 % en novembre. Il s’agit d’une troisième augmentation consécutive après trois mois d’absence de variation. Dans le secteur privé, l’emploi a fait un bond de 0,5 %, mais des baisses dans le secteur public ont largement fait contrepoids à cette augmentation. Pour la deuxième fois en trois mois, la progression était entièrement concentrée dans l’emploi à temps partiel.

Un afflux d’adultes sur le marché du travail a entraîné une hausse du taux de chômage, celui-ci se fixant à 6,3 %. En Alberta, le taux de chômage ne s’est pas écarté du bas niveau record du mois précédent, s’étant établi à 3,1 %. Les Canadiens ont continué à migrer vers cette province où l’augmentation de la population d’âge adulte a égalé celle de l’Ontario dans les quatre derniers mois (et l’Alberta n’a que le quart de la taille de l’Ontario). Par ailleurs, les provinces de l’Atlantique et la Saskatchewan ont continué à perdre de leur population, surtout chez les jeunes adultes qui ont toujours été les plus mobiles.

L’Ontario a opposé un gain de 0,3 % aux variations nulles des quatre derniers mois. Le secteur de la fabrication et l’industrie de la construction connaissaient toujours des difficultés, mais le commerce, les transports et les services aux entreprises se sont relevés. Les deux dernières de ces industries ont aussi été les chefs de file de la croissance au Québec depuis le début de l’année. Les ressources naturelles, notamment les ressources minières, ont encore soutenu l’économie de la Colombie-Britannique, rendant compte de presque la moitié (43 %) de toute la croissance de l’emploi dans la dernière année, bien qu’elles ne représentent que 2 % de la masse des emplois. Ce phénomène a compensé la faiblesse du secteur des services.

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé composite a crû de 0,2 % en octobre, dans la foulée de la croissance modérée qu’il a connue au cours des cinq derniers mois. La demande des ménages est demeurée la force dominante de l’économie, alors que la faible demande d’exportation a continué de faire obstacle au secteur de la fabrication.

Stimulées par une reprise de la croissance de l’emploi, les dépenses des consommateurs ont continué de croître à un rythme rapide tant pour ce qui est des meubles et des appareils ménagers que pour ce qui est des autres biens durables. La forte demande de biens électroniques a neutralisé le ralentissement des ventes d’automobiles. L’indice du logement a plafonné après six mois de fléchissements consécutifs, surtout grâce à la reprise de la nouvelle construction d’unités multiples.

C’est l’emploi dans les services qui a témoigné le plus éloquemment de la vigueur de la demande des consommateurs. La croissance dans ce secteur a été soutenue pour un dix-neuvième mois d’affilée, mais les sources de la croissance ont connu un revirement complet depuis le début de l’année. À ce moment, les hausses rapides affichées par les services aux entreprises annulaient les pertes essuyées par les services personnels. En octobre, les services aux entreprises ont diminué pour la première fois en près de deux ans. Ce sont plutôt les services personnels qui ont soutenu les emplois, qui y ont crû de 0,7 %.

La demande en fabrication a continué de faiblir. Les nouvelles commandes ont affiché une baisse pour un cinquième mois de suite. La plus grande part de cette faiblesse a eu son origine dans la demande d’exportation plus faible en provenance des États-Unis. Les perspectives en ce qui concerne les exportations demeurent peu reluisantes, la faiblesse des marchés de l’automobile et du logement ayant contribué à entraîner à la baisse l’indicateur avancé américain pour un cinquième mois d’affilée.

Un point positif pour les fabricants a été qu’ils ont continué à tenir rigoureusement en bride leurs stocks, ce qui a mené à une légère hausse du ratio des livraisons aux stocks. La semaine de travail moyenne est demeurée inchangée. Il s’agit là d’une indication de la détermination des fabricants à contrôler les coûts de main-d’œuvre.

Les conditions du marché financier ont continué à s’améliorer. Le marché boursier à la fin d’octobre s’est clos près des sommets sans précédent atteints au cours du printemps. La masse monétaire a affiché sa plus modeste augmentation en près d’un an.

Production

En volume, le PIB s’est resserré de 0,3 % en septembre, effaçant ainsi environ la moitié des gains réalisés en juillet et août. Les pertes qui persistent en fabrication ont été renforcées par les baisses dans le commerce de gros et de détail. L’industrie de l’automobile a largement joué comme facteur dans ces trois diminutions.

La production manufacturière a régressé de 1,4 %. Il s’agit de la plus imposante des huit baisses observées depuis le début de l’année. L’industrie de l’automobile s’est repliée un troisième mois de suite, bien que la baisse de septembre ait été attribuable au réoutillage, entraînant de vastes répercussions sur les industries d’apport. L’industrie du bois d’œuvre a su compenser ses pertes en partie malgré la faiblesse de la demande sur le marché américain de l’habitation, car les entreprises ont multiplié les expéditions pour éviter une nouvelle taxe à l’exportation à la mi-octobre.

La production minière a reculé en septembre après avoir mené le mouvement de croissance en juillet et août. Dans les mines métalliques, la production a diminué de 5 % à cause d’une grève. Les producteurs de gaz naturel ont sabré leur production lorsque les prix sont temporairement tombés sous les 5 $ le million de pieds cubes. Les transports se sont ressentis de la contraction de la production minière et énergétique. L’industrie de la construction s’est repliée lentement, la construction résidentielle affichant un cinquième recul de suite.

Dans l’ensemble, la production a été stable dans l’industrie tertiaire malgré les baisses subies par le commerce de gros et de détail. L’activité financière s’est révélée solide surtout grâce aux banques et aux bourses. La demande de services aux entreprises s’est également affermie. Les industries liées aux voyages ont progressé pour un deuxième mois consécutif. La réduction progressive des opérations du recensement a continué de ralentir le secteur public.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail se sont maintenues en septembre, couronnant un trimestre de forte progression (1,3 %). Elles étaient en hausse de 8,3 % depuis l’an dernier, affichant leur meilleur gain d’une année à l’autre depuis 1998.

Les ventes d’automobiles ont régressé après avoir avancé deux mois d’affilée à la suite de la baisse du taux de la TPS. La demande d’automobiles était toujours en plein marasme en octobre, bien que la diminution du prix de l’essence ait fait quelque peu délaisser les voitures pour les camions et les utilitaires sportifs.

Moins intéressés par les automobiles, les consommateurs ont dépensé en d’autres biens, plus particulièrement en vêtements. Les ventes de vêtements ont fait un bond de 5 %, après plusieurs mois de croissance négligeable. Au troisième trimestre, ces ventes n’ont pourtant augmenté que de 0,5 %, se situant au dixième de leur gain du premier trimestre.

Par ailleurs, les dépenses en biens durables se sont encore accrues en dehors de l’industrie de l’automobile. Les produits électroniques ont frayé la voie une fois de plus, notamment les téléviseurs grand écran avec un 16e gain dans la succession de hausses la plus longue de tout secteur. Les meubles et les appareils électroménagers ont présenté leur augmentation la plus marquante depuis janvier. Enfin, la demande d’ordinateurs s’est trouvée en croissance soutenue.

Au troisième trimestre, la construction résidentielle a fléchi de 2 % avec une deuxième baisse consécutive. Sur le marché de l’habitation, tant la construction neuve que les ventes le cédaient à leurs valeurs d’il y a un an, dans les provinces centrales en particulier.

Les mises en chantier d’habitations se sont redressées de 7 % pour atteindre le niveau de 223 200 logements (aux taux annuels) en octobre, regagnant en majeure partie le terrain perdu les deux mois précédents. Toute la progression est à mettre au compte des logements multifamiliaux. Les mises en chantier de logements unifamiliaux ont varié de 90 000 à 100 000 logements un huitième mois de suite.

Commerce de marchandises

L’excédent au compte courant a un peu augmenté au troisième trimestre, mais il reste bien en deçà de son sommet de 2005. L’excédent en biens a continué de décroître pendant que le secteur de l’automobile accusait un déficit. Pour compenser, il y a eu une amélioration marquée du revenu d’investissement, tandis que les Canadiens ont récolté le fruit de leurs investissements à l’étranger. Les exportations de marchandises ont affiché leur premier gain de l’année, surtout grâce aux prix records des métaux. Les importations ont été en progression en raison de la fermeté des dépenses des consommateurs et des entrepreneurs.

En septembre, les exportations se sont contractées de 2 %, marquant leur premier recul en cinq mois. Il n’y a pas eu que le marasme de la demande américaine d’automobiles et de produits forestiers, puisque le prix du gaz naturel a fortement fléchi. Les importations ont aussi reculé de 2 % et, par conséquent, l’excédent mensuel du commerce de marchandises est demeuré à peu près inchangé à 4 milliards de dollars. Les exportations étaient en baisse d’une année à l’autre pour la première fois en plus d’un an, ce qui s’explique à la fois par des gains plus faibles depuis le début de l’année et par la flambée des exportations d’énergie après l’ouragan Katrina en septembre 2005.

Les exportations d’énergie ont le plus diminué en valeur mensuelle surtout à cause d’une baisse de 8 % du prix du gaz naturel. (Le fléchissement soudain de ce prix a condamné à la faillite un important fonds de couverture du domaine de l’énergie en septembre.) Depuis, le prix du gaz a presque doublé, mais il est toujours bien à court de sa valeur élevée de l’an dernier.

Les exportations d’automobiles et de produits forestiers se sont encore affaiblies. En septembre, les exportations de l’industrie de l’automobile avaient perdu 19 % depuis un an, accusant la perte la plus cuisante de tout secteur. Les exportations de camions ont surtout joué comme facteur, baissant de plus du tiers pour tomber à moins de 1 milliard de dollars pour la première fois depuis juin 1998 au moment où les ventes américaines de camions et d’utilitaires sportifs s’effondraient.

Cette année, les exportations de produits forestiers ont décru une septième fois. La tendance baissière de la demande de bois d’œuvre aux États-Unis a été interrompue provisoirement étant donné l’accumulation de stocks avant que de nouveaux tarifs douaniers ne prennent effet à la mi-octobre en application de l’accord récent sur le commerce de bois de construction de résineux. Pour contrebalancer, il y a eu de nouvelles baisses de la demande de papier journal.

Pour la plupart, les autres exportations se sont accrochées à leurs gains récents. Les produits industriels ont profité des prix records des métaux, plus particulièrement du nickel. Une montée des livraisons d’aéronefs a soutenu les exportations de machines et de matériel. Les exportations de produits alimentaires ont augmenté un troisième mois de suite surtout grâce au blé.

En septembre, la baisse des importations a été générale. Seules les marchandises destinées aux consommateurs s’en sont bien tirées du fait de la forte demande qui s’attache aux articles d’ameublement et aux denrées alimentaires. Les importations d’automobiles ont chuté de 7 %, entraînées par de larges diminutions tant pour les voitures que pour les camions. Ce sont des baisses qui suivaient d’importantes hausses en prévision de l’essor estival des ventes de véhicules. En août, les importations de machines et de matériel ont glissé de leurs sommets surtout à cause du secteur instable des aéronefs.

Prix

L’indice implicite des prix du PIB n’a guère changé pour un troisième trimestre de suite. Au premier semestre, cette modération tenait à une diminution des prix à l’exportation. Au troisième trimestre, les prix se sont affermis, notamment les cours des métaux et de l’énergie. Les pressions à la baisse sur les prix sont plutôt venues des biens de consommation à cause de la réduction du taux de la TPS. Une constante dans toute l’année a été un renchérissement de l’habitation principalement causé par les pénuries du secteur résidentiel albertain. Les prix à l’importation ont un peu monté, ce qui marque la fin des pressions à la baisse exercées par l’avancée du taux de change. L’affaiblissement du dollar a par ailleurs stimulé la plupart des prix à l’exportation en fabrication.

De septembre à octobre, l’IPC a baissé de 0,1 %, ce qui devait laisser le taux annuel d’inflation un peu au-dessous de 1 % un deuxième mois de suite. Presque tout le recul est dû à une diminution de 4 % du prix de l’essence après sa chute record du mois précédent. Le fléchissement récent des cours énergétiques a commencé à se répercuter sur le chauffage domestique. Par ailleurs, les prix des vêtements et des biens durables se sont modérés une fois de plus.

C’est le marché de l’habitation qui a continué à exercer les plus fortes pressions à la hausse sur les prix. Il faut y voir l’effet aussi bien de la montée en flèche des prix de l’habitation neuve, notamment en Alberta, que de la majoration des taux hypothécaires. En Alberta, le taux d’inflation s’établit à 3 %; c’est le double de sa progression dans les autres provinces de l’Ouest et le triple pour l’ensemble du pays. Les prix des aliments ont augmenté à cause d’une piètre récolte de légumes et du renchérissement du blé sur le marché mondial.

Les cours des produits de base se sont redressés un deuxième mois de suite après avoir largement évolué en baisse en septembre. La plupart des mouvements constatés ont pour origine les prix de l’énergie. Le prix du gaz naturel a dominé à cet égard en novembre et le prix d’un baril de brut gravitait autour des 60 dollars américains. Le nickel et le zinc ont atteint des sommets, mais le cuivre et le bois d’œuvre se sont abattus en raison de la baisse de la demande de logements aux États-Unis.

Marchés financiers

En hausse de 3 % en novembre, le marché boursier a atteint un nouveau sommet et battu son record d’avril. Cette performance inégalée a eu lieu malgré le peu de variation des actions des secteurs de l’énergie et des mines qui avaient été les chefs de file de la croissance pendant le plus clair de l’année. Le resserrement des règles fiscales a causé des pertes à deux chiffres aux actions des fiducies de revenu et des sociétés de télécommunications. Les investisseurs ont jeté leur dévolu sur les actions des secteurs des finances, des services immobiliers et de la consommation, se mettant en quête de dividendes dans bien des cas.

Les taux d’intérêt à court terme étaient inchangés un sixième mois de suite. Les rendements obligataires ont fléchi après s’être brièvement redressés en octobre. Le dollar canadien est resté un peu au-dessous des 90 cents américains, mais il a perdu beaucoup de valeur par rapport à l’euro.

Au troisième trimestre, les emprunts des ménages ont traduit les tendances divergentes des dépenses. La fermeté des ventes au détail – dans l’industrie de l’automobile en particulier – a amené une accélération du crédit à la consommation. La diminution de la demande sur le marché de l’habitation a fait baisser la demande de prêts hypothécaires un deuxième mois de suite.

Pour la première fois en plus d’un an, les entreprises ont émis plus d’obligations que d’actions au troisième trimestre, mais la demande de titres de créance à court terme a ralenti dans ce qui était un trimestre de contraction des stocks. Les non-résidents ont continué de financer de grandes dettes au Canada, souvent en dollars canadiens (les prétendues obligations « Maple »). Ce phénomène s’est étendu aux instruments du marché monétaire au troisième trimestre, lorsque les Canadiens ont acheté un record de 5 milliards de dollars en instruments étrangers. L’intérêt perçu sur ces investissements a propulsé le solde du compte courant : par exemple, les intérêts des investissements de portefeuille canadien à l’étranger ont triplé au cours des deux dernières années.

Économie régionale

Un autre sommet dans les Prairies a entraîné les permis de bâtir à leur troisième niveau le plus élevé au Canada. Pour l’Alberta, il s’agit du quatrième mois d’affilée où le milliard de dollars a été dépassé. La province n’est plus devancée que par l’Ontario en terme de la valeur des permis émis. Cette croissance pousse les importations de machinerie et d’équipement à des records, le tiers des importations totales de la province. La baisse des ventes au détail en septembre est en grande partie attribuable au record insoutenable des ventes de voitures en août.

L’Ontario domine la faiblesse de la fabrication avec des baisses générales en septembre tout comme pour l’ensemble du trimestre. La chute de plus de 20% de la production automobile des constructeurs nord-américains a un poids important. Les compagnies japonaises installées au Canada enregistrent une autre hausse de la production de 4 % d’une année à l’autre en septembre, mais elle est insuffisante pour la compenser. En septembre, près de la moitié de tous les véhicules assemblés au Canada était le fait des compagnies étrangères, deux fois plus qu’il y a cinq ans. Pour expliquer une partie du relâchement ailleurs dans la fabrication, il faut rappeler que l’Ontario a mis en œuvre en juin, afin de limiter les pannes rotatives, un programme visant à réduire la facture d’électricité des grands consommateurs qui accepteraient de cesser leur production en période de pointe. Du côté des consommateurs, la demande n’était pas plus vigoureuse, cependant. En septembre, les ventes au détail y ont aussi davantage diminué que dans les autres régions. La baisse survient alors que le nombre de voyageurs américains visitant la province a considérablement reculé depuis six mois, en baisse de presque 150 000 depuis avril dernier. En revanche, il n’avait pas plus d’Ontariens qui sont allés visiter les États-Unis, alors que les prix de l’essence sont demeurés relativement élevés cet été.

Au Québec, les livraisons de bois et de papier ont présenté de nouvelles baisses en septembre, alors que les produits pétroliers chutent de 14 % en raison des prix. Il reste que la fabrication maintient son niveau d’août et dégage une légère hausse de 0,9 % pour l’ensemble du trimestre. Les industries aéronautiques en particulier ont en effet progressé de 20 % en septembre. La construction résidentielle s’est aussi relevée par rapport à septembre.

La Colombie-Britannique est l’autre région avec le Québec où la demande en fabrication s’en tire mieux, comme elle l’avait fait au mois d’août. La force pourrait provenir des métaux et des machines, ce qui n’est pas étonnant vu la croissance dans l’Ouest, alors que des menaces de grèves pesaient sur l’industrie de l’acier. Les livraisons de bois d’œuvre ont peu évolué et marquent un recul de plus de 20 % depuis le début de l’année.

Économies internationales

Aux États-Unis, le marché de l’habitation a continué de ralentir. Les mises en chantier ont encore chuté de 15 % pour se situer au niveau de 1,5 million de logements en octobre, le cédant de près du tiers à leur valeur élevée du début de l’année. Sur le marché de la revente, la demande a repris légèrement en octobre après sept mois de faiblesse consécutifs. La totalité de la chute des prix de l’immobilier aux États-Unis tant publicisée repose sur des changements dans la composition puisque l’indicateur des logements de qualité constante du Census Bureau continue de grimper.

Les ventes au détail ont fléchi de 0,2 % en octobre après avoir régressé de 0,8 % le mois précédent. La diminution des arrivages d’essence a constitué le grand frein pour les ventes. On constate cependant que la faiblesse du marché de l’habitation nuit de plus en plus aux dépenses de consommation. On a relevé des baisses un deuxième mois de suite tant pour les matériaux de construction que pour les meubles et les appareils électroménagers. Les consommateurs ont continué à multiplier les dépenses pour acquérir la plupart des biens non durables.

La production en fabrication s’est contractée un deuxième mois de suite. Comme au Canada, les compressions dans l’industrie de l’automobile ont prédominé. La production automobile a décru dans cinq des sept derniers mois, les constructeurs s’efforçant d’élaguer des stocks foisonnants. En dehors du secteur de l’automobile, la production a profité de gains pour les ordinateurs et les aéronefs, mais une forte baisse des nouvelles commandes en octobre dans ces industries fait douter de la permanence de la croissance.

Le ralentissement a un effet modérateur sur l’inflation et le déficit commercial. Les prix à la consommation se sont élevés de 1,3 % depuis octobre 2005. C’est leur gain annuel le plus modeste depuis juin 2002. Les cours énergétiques ont baissé, mais l’inflation de base s’est aussi modérée en octobre. Le déficit commercial est tombé de près de 5 milliards de dollars à court de son sommet du mois d’août en grande partie à cause de la faiblesse des prix des hydrocarbures à l’importation.

Dans la zone de l’euro, la croissance économique a ralenti au troisième trimestre. Le PIB réel a progressé de 0,5 % après avoir monté de 0,9 % au deuxième trimestre. Les investissements des entreprises commencent à remplacer les exportations comme moteur de la croissance. En septembre, la production industrielle a reculé après un grand pas en avant le mois précédent et la production a fléchi dans tous les secteurs, notamment dans les biens de consommation. Les nouvelles commandes ont également perdu du terrain. La demande s’est contractée partout avec comme exception de légers gains pour les produits électroniques et le matériel de transport. Le solde du commerce extérieur est redevenu excédentaire, des hausses des livraisons de produits chimiques, de machines et de véhicules ayant eu plus de poids que l’alourdissement du déficit au compte de l’énergie. Les exportations ont été soutenues par la fermeté de la demande de la Chine, de la Russie et du Canada. En septembre, le taux de chômage a été stable à 7,8 % et le taux d’inflation est passé de 2,5 % l’an dernier à 1,6 % cette année en raison de la baisse du prix du gaz naturel.

En Allemagne, l’économie a offert un septième gain consécutif et le PIB a progressé de 0,6 %, nourri par les dépenses de consommation, les exportations et les investissements des entreprises. Ces dernières ont manifesté le plus de confiance dans l’économie en 15 ans. La production industrielle a ralenti en septembre après s’être rapidement accrue le mois précédent et les nouvelles commandes ont faibli après deux mois de forte croissance. Le taux de chômage a un peu augmenté en septembre et le taux d’inflation a légèrement monté à 1,1 %.

En France, l’économie s’est enlisée au troisième trimestre, oubliant son solide rythme de croissance de 1,2 % des trois mois précédents. En septembre, la production industrielle a effacé tout son gain (0,9 %) du mois précédent, mais les nouvelles commandes se sont redressées. Les importations devançaient toujours les exportations; la demande de consommation a été stationnaire un deuxième mois de suite. Tant le chômage que l’inflation ont continué à faiblir.

En Italie, le PIB réel s’est élevé de 0,3 %, présentant la moitié de sa hausse du deuxième trimestre. La production industrielle s’est contractée en septembre, continuant ce qui a récemment été un mouvement en dents de scie. Les dépenses de consommation sont restées tièdes malgré l’affaiblissement de l’inflation et du chômage.

En Grande-Bretagne, l’économie a crû de 0,7 % un deuxième trimestre de suite. La production industrielle a un peu avancé en septembre après avoir fait du surplace au cours de l’été. Les consommateurs ont freiné les dépenses, laissant derrière une progression de 0,5 % de la demande en août. Avec un taux d’inflation à 2,4 %, les taux d’intérêt ont atteint en septembre un sommet en cinq ans.

Au Japon, l’économie a progressé de 0,5 % au troisième trimestre, autant qu’au deuxième. La vigueur des investissements des entreprises et des exportations a compensé la lenteur des dépenses de consommation. L’économie est en croissance depuis le premier trimestre de 2002 et l’indice implicite du PIB pour la demande intérieure a pris une valeur positive pour la première fois depuis la relance de l’économie japonaise.

En Chine, il y a eu ralentissement tant de la production que de l’investissement avec l’application des mesures gouvernementales de contrôle du crédit. En octobre, la production industrielle était en hausse de 14,7 % d’une année à l’autre comparativement à un taux de 16 % en septembre; le taux de progression des investissements est tombé de 24 % à 17 %. Toutefois, l’excédent commercial a monté en flèche. Les importations de produits d’investissement ont fortement diminué, alors que les exportations augmentaient.


Note

* Basée sur les données disponibles le 1er décembre; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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