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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Décembre 2004

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

Le PIB réel a augmenté de 0,8 % au troisième trimestre, égalant son gain trimestriel moyen de la dernière année. Tous les secteurs de dépenses intérieures sont demeurés en progression soutenue avec un effet d’accroissement sur les importations, alors que les exportations plafonnaient. Cette croissance nourrie au Canada et aux États-Unis contraste avec le ralentissement marqué des économies européenne et japonaise.

À 3,3 %, le taux de croissance du PIB réel d’une année à l’autre est le plus haut depuis les derniers mois de 2002, mais d’autres indicateurs de notre bien-être ont présenté des résultats meilleurs encore. Le PIB nominal s’est élevé de 7,3 % d’une année à l’autre, doublant son rythme du début de 2004. Il faut y voir l’effet d’une nette amélioration des termes de l’échange au Canada avec des prix à l’exportation en hausse de 5 % – grâce à des produits de base en plein essor – et des prix à l’importation toujours en décroissance dans un contexte de valorisation de notre dollar. Ces derniers prix ont baissé de 10 % depuis que le dollar canadien a entamé son ascension au début de 2003.

Les prix des achats intérieurs se sont accrus de 0,1 % seulement au troisième trimestre. On a relevé des diminutions dans des secteurs où les importations jouent un grand rôle comme ceux des biens durables et semi-durables de consommation et des machines et du matériel destinés aux entreprises. Ces baisses ont fait contrepoids à la hausse du prix de l’énergie. On ne s’étonnera pas que les dépenses intérieures aient culminé dans les secteurs où les prix ont évolué en baisse. L’habitation a fait exception avec une cinquième hausse consécutive. Les pénuries et le renchérissement qui ont marqué la construction domiciliaire pourraient avoir joué dans la faiblesse persistante de la construction non résidentielle. La demande n’est pas encore sortie du piqué qui a suivi l’éclatement de la bulle, mais les prix dans ce secteur étaient toujours en hausse d’environ 5 % par débordement de la demande sur le marché de l’habitation. Les entreprises font surtout leurs dépenses en machines et en matériel, dont les prix sont plus attrayants. Bien que les ordinateurs et le matériel de bureau continuent à dominer au tableau de cette croissance, la demande de machines industrielles s’est redressée de 23 % depuis que le dollar s’est mis à monter au début de la dernière année, autre mesure de ce que font les fabricants pour relever leur productivité. Les usines de fabrication ont aussi éliminé sans cesse des emplois après juillet en raison de la valorisation du dollar.

Au bilan des prêts, le grand changement sectoriel a été une diminution de sept milliards de dollars de nos prêts au reste du monde à cause d’un moindre excédent commercial. Il reste que l’excédent au compte courant est le troisième en importance dans l’histoire et que, depuis le début de l’année, il dépasse des deux tiers ses valeurs de 2003 et 2002. Dans le secteur public, l’excédent a augmenté avec une autre forte hausse dans le cas de l’administration fédérale et, en compensation, un retour aux déficits dans les administrations provinciales. Malgré la croissance soutenue des bénéfices, l’excédent a légèrement diminué dans le secteur des entreprises à cause de dépenses en stocks qui se multiplient. Dans le secteur des ménages, les emprunts sont en accélération, phénomène qui pourrait s’expliquer plus par une élévation plus lente des revenus et une compression de l’épargne que par un accroissement des dépenses.

Marché du travail

L’emploi s’est enlisé en novembre après avoir fait un pas en avant les deux mois précédents. C’est ainsi que, d’une année à l’autre, son taux de progression est tombé à 1,5 % après avoir oscillé autour de 2 % pendant l’été. La faiblesse était concentrée dans l’emploi à plein temps et dans le secteur privé, où le taux d’accroissement d’une année à l’autre a glissé sous la barre de 1 %.

Le secteur de la fabrication a mené ce mouvement de décroissance, abolissant des emplois un quatrième mois de suite pour une perte totale de 2,3 %. Les services aux entreprises ont aussi cédé du terrain, continuant à évoluer au ralenti au second semestre. La fermeté récente des dépenses intérieures se remarquait cependant dans d’autres secteurs, plus particulièrement dans le domaine du commerce où, depuis trois mois, l’emploi s’est accru de 3 % grâce à l’amélioration des ventes au détail. Le secteur des finances et des services immobiliers a également été en progression et celui de la construction a un peu ajouté à son gain imposant d’octobre.

Sur le plan régional, l’emploi n’a pas subi de variations importantes. Précisons que l’augmentation de 7,1 % à 7,3 % du taux général de chômage se limite au Québec et à l’Ontario. Dans l’une et l’autre de ces provinces, la population active s’est accrue de 0,4 %, surtout chez les femmes d’âge adulte, ce qui devait pousser le taux de chômage en hausse de 0,3 et de 0,5 point respectivement.

Indicateurs avancés

La croissance de l’indicateur composite a continué de ralentir, en passant de 0,3 % en septembre à 0,2 % en octobre. Rappelons que, en juin dernier, il avait atteint un sommet de deux ans représentant 1 %. Il faut retourner à juin 2003 pour voir une croissance aussi modeste. Seulement deux des dix composantes ont reculé, cependant, c’est-à-dire l’indice du logement et la durée hebdomadaire du travail dans la fabrication. Sept composantes ont progressé, soit une de plus qu’en septembre alors que les ventes de biens durables ont repris leur tendance positive.

L’indice du logement continue de glisser doucement de son sommet de 30 ans enregistré en juillet dernier avec une troisième baisse d’affilée en octobre (-1,5 %). Les ventes de maisons existantes ont diminué dans la plupart des grandes villes du pays. Les mises en chantier reculent également alors que les stocks d’invendus continuent de progresser. Montréal domine encore à ce chapitre avec près de 3 000 logements inoccupés en octobre, près du double du début de l’année. Les Prairies, où le secteur des ressources est en plein essor, sont l’exception à ce ralentissement généralisé. Les mises en chantier y ont légèrement augmenté en octobre.

Encouragées par un marché de l’habitation qui dérougit à peine, les ventes de meubles et d’articles ménagers ont inscrit une hausse de 0,5 %. Il s’agit d’une cinquante-septième progression d’affilée. Après avoir été à la traîne durant les années 1990, ce secteur est devenu l’un des plus dynamiques des ventes au détail au cours de la présente décennie. La tendance des ventes d’autres biens durables s’est renversée à la hausse alors que la valorisation de notre dollar a eu en partie pour effet d’abaisser les prix.

La demande des entreprises continue de prendre son essor. L’emploi dans les services, qui avait baissé entre décembre et juillet dernier, se raffermit pour le troisième mois d’affilée. Les services professionnels se démarquent particulièrement en octobre. Cette croissance survient alors que l’utilisation de la capacité atteint des niveaux records dans les industries des ressources. Ce secteur est également celui grâce auquel l’indice boursier enregistre une autre montée. Les actions liées à l’énergie ont connu une hausse de 16 % ces cinq derniers mois.

Les fabricants sont prudents. Le ratio des livraisons aux stocks progresse encore, mais à un rythme légèrement inférieur à celui des cinq derniers mois. Les fabricants sont toujours satisfaits du niveau de leurs stocks et gardent leur demande de main-d’œuvre bien en laisse. La moyenne hebdomadaire des heures de travail diminue pour un cinquième mois d’affilée et l’emploi dans les usines n’a toujours pas recommencé à augmenter; il demeure à un niveau essentiellement inchangé depuis janvier. Les nouvelles commandes enregistrent la plus faible de 12 progressions d’affilée.

L’investissement était une des rares sources de croissance pour l’indice américain, qui, dans son ensemble, plafonne depuis deux mois. Par ailleurs, les composantes reliées à la consommation des ménages sont demeurées ternes alors que les demandes initiales d’assurance-chômage enregistrent une deuxième baisse d’affilée. Le marché boursier demeure à la baisse.

Production

Le PIB réel a été stationnaire en septembre après quatre mois consécutifs de progression. Le secteur secondaire a reculé, tout comme le primaire malgré des prix élevés. Quant au secteur tertiaire, il a souffert de la faiblesse des services de distribution et de manutention de biens.

La production manufacturière a baissé de 0,2 %, essuyant son premier revers depuis avril. À ce tableau, l’industrie automobile a dominé avec une baisse de 4 % de sa production, et ce, même avant que les ventes n’aient tombé en octobre. Les industries liées à la construction ont élagué leur production, notamment de bois d’œuvre. Dans les industries du vêtement, du textile et de la chaussure, la faiblesse qui s’est manifestée pendant la majeure partie de l’année a persisté. Les industries des métaux ont encore été une note encourageante, en particulier celle de la fabrication de produits métalliques.

Dans le secteur primaire, la production a été amortie par un recul de 1 % de la production minière. Les grèves ont continué à enfoncer la production de minerai de fer. La production d’énergie est demeurée anémique, accusant même un retard sur sa valeur du début de l’année, et ce, malgré des prix en plein essor. Dans les pêches, on a relevé une quatrième baisse importante d’affilée. Les mines métalliques ont continué à faire bande à part avec des gains pour le cuivre et le nickel.

Le fléchissement de la production secondaire et primaire s’est traduit en aval par des pertes pour le commerce de gros et les transports. Les transports par rail et par eau ont subi tout particulièrement les effets de la contraction de la production primaire, surtout de minerai de fer. Pour les services de consommation, on a cependant constaté de nouveaux gains. Mentionnons enfin que, dans les services aux entreprises, les finances et les télécommunications, la production s’est invariablement enlisée après avoir faiblement progressé au cours de l’été.

Demande des ménages

En valeur réelle, le revenu personnel disponible s’est élevé de 0,3 % au troisième trimestre. La constante progression du revenu du travail a partiellement été contrebalancée par une diminution du revenu de placements et un alourdissement de la fiscalité. Les détaillants ont profité de ce que les Canadiens aient été moins nombreux à voyager à l’étranger.

En volume, les ventes au détail se sont accrues de 0,2 % en septembre dans une succession de quatre gains. Les articles destinés à l’habitation sont demeurés le point de mire des consommateurs. Dans le cas de produits allant des meubles et des appareils électroménagers aux produits électroniques et aux articles d’ameublement, les dépenses ont augmenté de 2 % et plus. Dans ces secteurs de consommation, les dépenses sont en hausse de 10 % depuis un an, laissant derrière le secteur de l’informatique pour la croissance des ventes en volume.

La demande de consommation qui s’attache aux articles non liés à l’habitation a été discrète. Les ventes d’automobiles sont tombées à leur plus bas niveau depuis janvier, mais elles devaient vivement se redresser en octobre. Les ventes de vêtements sont restées lentes, en partie parce que les consommateurs ont manifesté leur opposition à de nouvelles majorations de prix malgré les prix en décroissance à l’importation. Enfin, on ignore au juste l’incidence nette sur les ventes au détail au pays des emplettes de part et d’autre de la frontière canado-américaine. L’essor du dollar canadien est allé de pair avec une augmentation de 4 % des voyages d’un jour de Canadiens en automobile, mais ce gain n’était que de la moitié de l’accroissement des voyages d’Américains (qui était tombé à un minimum record en août).

Par ailleurs, les mises en chantier d’habitations ont fléchi une fois de plus en octobre. Cette perte se répartissait presque également entre les logements unifamiliaux et multifamiliaux, partiellement en réaction à des taux d’inoccupation croissants dans l’un et l’autre de ces secteurs. Sur le marché de la revente, on a observé un nouveau ralentissement des ventes ce même mois. Sur le marché de l’habitation neuve, une autre hausse des taux hypothécaires d’un an a gardé les ventes près de leur maximum depuis 2003, les nouveaux acheteurs s’empressant de profiter des bas taux offerts.

Commerce de marchandises

En septembre, une troisième contraction consécutive des revenus tirés des exportations a entraîné vers le bas l’excédent commercial, qui s’est établi à 5,1 milliards. Les exportations vers les États-Unis ont fléchi de 3 %, ce qui représente la moitié du recul des livraisons au reste du monde, plus particulièrement vers l’Europe et le Japon où la croissance économique a nettement ralenti au troisième trimestre. La baisse de 3,4 % des exportations est imputable pour un tiers à la décroissance des prix. Après avoir constamment augmenté au premier semestre, les prix ont diminué les deux derniers mois en une période d’ample montée du taux de change.

Il y a eu contraction des exportations dans toutes les grandes catégories. Ce sont les produits fabriqués qui ont accusé les baisses les plus cuisantes. La catégorie des machines et du matériel a reculé un troisième mois de suite. Les exportations d’aéronefs ont littéralement chuté et les livraisons d’appareils de télécommunication se sont à nouveau affaissées. Les exportations d’automobiles ont été entraînées à la baisse par les camions, secteur qui a le plus été touché par la hausse du prix de l’essence au cours de l’automne.

À l’exportation, les produits primaires ont également régressé, bien que conservant généralement leur avance sur les niveaux de la dernière année. Les produits énergétiques, forestiers et industriels ont fléchi d’environ 2 % dans tous les cas. Des baisses en volume ont contrebalancé des hausses en valeur (prix) dans le cas de l’énergie. Les produits forestiers ont été victimes d’ouragans aux États-Unis et de typhons au Japon. À la demande croissante de métaux ont fait pendant des pertes pour les autres produits industriels, notamment pour les produits chimiques. Enfin, les aliments ont perdu de leur rythme de la dernière année à l’exportation à cause des intempéries et des pénuries de moyens de transport qui ont gêné les expéditions céréalières.

Les importations ont légèrement monté de 0,4 % grâce à un gain en volume de 1,2 % qui a compensé une quatrième baisse consécutive des prix. Celle-ci a été des plus marquées dans le cas des machines et du matériel et les Canadiens ont tiré parti de la situation en achetant 4 % de plus en volume au troisième trimestre. La baisse des prix a aussi encouragé la consommation de biens, les automobiles mises à part. Précisons enfin que le renchérissement de l’énergie a eu un réel effet d’amortissement à l’importation.

Prix

L’indice des prix du PIB a monté de 0,9 % au troisième trimestre, portant ainsi le taux annuel à presque 4 %, soit deux fois la cadence du début de l’année. Les exportations en ont largement été le moteur. Par ailleurs, les prix des achats intérieurs ont été contenus par une diminution de 1,5 % des prix à l’importation. Depuis un an, les prix sont en décroissance pour les biens de consommation durables (-1,4 %) et semi-durables (-0,3 %), ainsi que pour les machines et le matériel destinés aux entreprises (-1,8 %). Dans l’ensemble, ils sont en hausse de 1,2 % depuis un an dans le secteur des dépenses personnelles. C’est moins que ce qu’indique l’IPC en partie parce que, dans ces dépenses, on tient compte de la forte diminution des prix des voyages et de la consommation à l’étranger en raison de la valorisation du dollar.

L’Indice des prix à la consommation a monté de 0,4 % de septembre à octobre, ce qui devait porter à 2,3 % son taux d’accroissement d’une année à l’autre. Le prix de l’énergie a mené le mouvement, mais une piètre récolte maraîchère a aussi poussé les prix des aliments en hausse. Si on exclut les aliments et l’énergie, on constate que les prix n’ont pas bougé.

Les prix des biens durables ont fléchi de 1 % en partie à cause de leur fort contenu importé. Des encouragements plus généreux à l’achat d’automobiles ont favorisé ce mouvement et amené de solides ventes en octobre. Les prix des ordinateurs sont restés en chute libre. Ceux des meubles, des appareils électroménagers et des produits électroniques pour le foyer ont encore diminué, le cédant à leurs valeurs d’octobre dernier. La baisse des prix des biens durables a été contrebalancée par une hausse des prix sur le marché de l’habitation.

En novembre, les cours des produits de base sont tombés à leur plus bas niveau en deux mois. Tout le mouvement tient à une baisse du prix de l’énergie, notamment du pétrole brut dont les cours ont fléchi à moins de 50 dollars américains le baril grâce à un regain de confiance dans les approvisionnements pétroliers. Les prix des matières industrielles se sont redressés après avoir fléchi les deux mois précédents; les prix des aliments se sont stabilisés après avoir fortement monté en octobre. Le prix de l’or a atteint un sommet en 16 ans de 450 dollars américains l’once, car les investisseurs ont trouvé refuge dans ce précieux métal devant la dévalorisation en accélération du dollar américain. Les autres métaux se sont rétablis d’une perte subie en octobre.

Marchés financiers

Le dollar canadien a continué à s’affermir en novembre, montant en flèche de 5 cents pour dépasser les 85 cents américains, un sommet en 12 ans. Il a gagné 11 cents depuis cinq mois, ce qui se compare à son gain de 12 cents les cinq premiers mois de 2003 où il avait entamé son ascension. Cette valorisation est en partie à mettre au compte d’une montée généralisée en puissance des grandes monnaies vis-à-vis du dollar américain. L’euro a ainsi atteint un niveau record. Sous l’aiguillon d’un dollar en hausse, les Canadiens ont racheté des entreprises aux investisseurs étrangers pour la troisième fois en quatre trimestres, tout en continuant à investir davantage sur le marché extérieur à la suite de l’augmentation record observée au deuxième trimestre.

La valorisation du dollar canadien et la diminution des cours des produits de base n’ont pas empêché le marché boursier de marquer une troisième avance mensuelle consécutive. Les métallifères ont encore été en tête avec un bond de 12 %, alors que les actions liées à l’énergie et à la consommation affichaient de francs gains.

Les petites majorations récentes des taux d’intérêt à court terme n’ont guère eu pour effet de ralentir l’exode hors des fonds communs de placement du marché monétaire. Cet indicateur a encore perdu 1,1 % en octobre, portant ainsi à cinq mois sa succession de baisses. Dans les entreprises, la demande de capitaux a plafonné en octobre; elle s’était redressée au cours de l’été lorsque les dépenses en biens d’équipement et en stocks s’étaient affermies.

Économie régionale

Le centre du pays clôt le trimestre sur une note faible pour une grande étendue d’indicateurs. En Ontario, les exportations se replient en septembre après leur fermeté de l’été. Les ventes au détail tirent de nouveau de l’arrière comme elles l’ont fait durant la plus grande partie de l’année. Les permis de construction institutionnelle ont reculé de 32,2 % pour se fixer à 108 millions de dollars, soit le plus important recul parmi les provinces. Tous les indicateurs du logement diminuent en octobre. Les biens de construction constituent donc la plus grande source de faiblesse pour les livraisons manufacturières qui reculent pour la première fois depuis janvier. Les textiles sont également en baisse. Les livraisons de métaux sont un des rares secteurs ayant continué de progresser.

Le Québec présente une deuxième baisse d’affilée de ses livraisons en septembre. Elle s’explique presque entièrement par l’équipement aéronautique alors que les exportations ont encore légèrement baissé. L’aéronautique est tombée au sixième rang des produits les plus exportés au cours des deux derniers mois alors qu’elle était encore en première place plus tôt cette année comme tout au long des années 2000. Les métaux sont un autre secteur de faiblesse, ralenti par des grèves. Les livraisons de biens forestiers ont beaucoup moins baissé qu’en août lorsque deux usines importantes avaient fermé en raison d’un conflit avec les autochtones. Les industries du textile et du vêtement ont récupéré une partie de la baisse enregistrée le mois précédent. La demande intérieure était partagée. Les mises en chantier mettent fin à deux baisses d’affilée, mais au prix d’une forte progression des stocks d’invendus. Les ventes de maisons existantes ont reculé de 4,6 % sur les talons d’une baisse de 2,4 % en août. Par ailleurs, les ventes au détail diminuent légèrement de 0,3 %.

Dans l’Ouest du pays, la demande des ménages domine à nouveau les tendances nationales comme elle l’avait fait plus tôt cette année. Les ventes au détail ont bondi de 1,1 % dans les Prairies et de 1,4 % en Colombie-Britannique. Les mises en chantier ont augmenté dans les Prairies. Les exportations ralentissent leur élan cependant, tant dans les Prairies qu’en Colombie-Britannique.

Économies internationales

Aux États-Unis, le marché de l’habitation a continué à défier la loi de la gravité. Les mises en chantier ont en effet monté de 6 % en octobre à 2,027 millions de logements (au taux annuel), ce qui constituait un nouveau sommet pour l’année. La reconstruction à la suite des ouragans du mois précédent n’a pas joué comme facteur, le sud du pays ayant été à la traîne de toutes les autres régions américaines pour cette croissance. Ce même mois, les ventes d’habitations neuves ont légèrement augmenté un troisième mois de suite, approchant de leur maximum de l’année. La demande s’est nettement infléchie en faveur de l’habitation haut de gamme (les ventes sont allées pour un tiers aux maisons de plus de 300 000 $ comparativement à 23 % en octobre 2003).

Les ventes au détail, qui s’étaient accrues de 1,6 % en septembre, ont encore progressé de 0,2 % en octobre. Les ventes d’automobiles ont mené ce mouvement en dents de scie, tandis que le taux de croissance des ventes hors industrie de l’automobile était stable à 0,9 %. La demande de vêtements s’est fortement améliorée au début de l’automne. Les magasins d’alimentation et les restaurants ont déclaré de bons niveaux des ventes. Les ventes de matériaux de construction se sont contractées après avoir largement évolué en hausse en septembre, période où les ouragans avaient fait des dégâts un peu partout.

En octobre, la production industrielle a fait un bond de 0,7 % après deux mois d’absence de variation. Ce gain est partiellement attribuable à une production pétrolière et gazière en relance après les ouragans qui ont sévi dans le golfe du Mexique. Il y a cependant eu de solides gains pour tous les grands groupes d’industries. De fortes ventes au détail en septembre ont été marquées par une hausse de 1,6 % des achats de biens durables de consommation, plus particulièrement d’automobiles. Les ventes d’outillage des entreprises ont encore connu une croissance annuelle à deux chiffres, ce qu’elles doivent surtout aux produits de haute technologie. Notons toutefois que, à en juger par les nouvelles commandes en octobre, ces gains pourraient ne pas être durables. Les ventes d’automobiles ont accusé des baisses coup sur coup; quant aux biens d’équipement, ils ont été entraînés à la baisse par les ordinateurs. La masse des commandes s’est caractérisée par une progression de 4,3 milliards de dollars (51 %) dans le cas des produits militaires, car les forces armées américaines se sont réapprovisionnées en vue de leur offensive d’automne en Iraq.

Le prix de l’énergie s’est nettement élevé en octobre, faisant gagner 0,6 % à l’IPC sur sa valeur de septembre, mais si on compare les taux d’inflation aux Canada et aux États-Unis dans la dernière année, on a l’impression que d’autres facteurs ont poussé les prix en hausse chez notre voisin du sud. Comme le renchérissement de l’énergie a été à peu près le même dans les deux pays, l’écart croissant des taux d’inflation (3,2 % aux États-Unis et 2,3 % au Canada) est à rattacher aux composantes de l’IPC autres que les aliments et l’énergie (2,0 % aux États-Unis et 1,0 % au Canada). La valorisation du dollar canadien a abaissé les prix de produits importés comme les articles d’ameublement. On peut ajouter que le prix des services médicaux s’est élevé bien plus rapidement (5,9 %) aux États-Unis.

En octobre, les prix à l’importation ont fait un bond de 1,5 % qui s’explique entièrement par un renchérissement de 12 % des hydrocarbures. Les prix à l’importation hors pétrole sont demeurés remarquablement en laisse avec une hausse de 2,7 % seulement dans la dernière année, et ce, malgré une dévalorisation en accélération du dollar américain. Le dollar en baisse a en effet permis aux exportateurs non agricoles de hausser les prix dans 11 des 12 derniers mois pour un gain total de 5,2 %.

Cette réaction contenue des prix à l’importation à la dévalorisation du dollar tient en partie à ce que celle-ci concerne dans une large mesure d’autres grands pays industriels comme les pays d’Europe, le Canada et le Japon. Le dollar a perdu le quart de sa valeur par rapport aux sept grandes monnaies de pays industrialisés fournisseurs, lesquels rendent compte de près de la moitié de l’ensemble des importations. Ce sont là les prix qui ont réagi à la descente du dollar. Selon le BLS, les prix des importations canadiennes et européennes se sont respectivement élevés de 11 % et de 7 % dans la dernière année. Il faut dire que les autres grands pays fournisseurs n’ont pas vu leur monnaie monter vis-à-vis du dollar américain – la Chine notamment – et que les prix à l’importation n’ont pas été en hausse dans ce cas.

Dans la zone de l’euro, le PIB réel a progressé de 0,3 % seulement au troisième trimestre comparativement à 0,5 % au deuxième, puisque la valorisation de l’euro a amorti les exportations nettes. La production industrielle s’est redressée en septembre, le regain de vigueur des biens d’équipement et des produits semi-finis ayant plus que compensé les baisses qui se sont produites ailleurs. Les nouvelles commandes ont regagné le terrain perdu les deux mois précédents grâce à un bond pour le matériel de transport. La demande de machines et de matériel était cependant toujours en décroissance, ce qui devait laisser l’excédent du commerce extérieur loin derrière sa valeur d’il y a un an. Les consommateurs hésitaient toujours à dépenser; en septembre, les ventes au détail ont été stationnaires après deux mois de diminution. Le taux de chômage a été stable à 8,9 %. Entraîné vers le haut par le renchérissement de l’énergie, le taux annuel d’inflation s’est établi à 2,4 % en octobre.

En Allemagne, le PIB réel a offert un maigre gain de 0,1 % à la suite d’une hausse de 0,4 % au deuxième trimestre en raison de l’affaiblissement des exportations. La production industrielle a diminué de 1,2 % en septembre, autant que le mois précédent, perte surtout causée par les biens durables de consommation. Les nouvelles commandes ont effacé en partie leur baisse d’août grâce aux biens d’équipement. Les ventes au détail ont continué à évoluer en dents de scie, perdant 0,4 % en septembre. Le taux d’inflation a un peu monté à 2,2 % en octobre et le taux de chômage s’est élevé à 9,9 %.

En France, l’économie a également piétiné et le PIB réel a présenté une hausse de 0,1 % succédant à des gains de près de 0,6 % les trois trimestres précédents. Les consommateurs ont été le pilier de la croissance pendant l’été et la consommation a compensé la faiblesse des exportations. La croissance a repris à l’automne cependant : la production industrielle a progressé de 3,2 % en septembre et les nouvelles commandes se sont encore multipliées.

En Grande-Bretagne, la croissance du PIB a ralenti à 0,4 %; c’est moins de la moitié du rythme du deuxième trimestre. La production industrielle a fléchi dans chacun des trois derniers mois, mais en ralentissant sa descente. Les dépenses de consommation sont demeurées vives, aiguillonnant les importations. En volume, les ventes au détail ont augmenté de 0,7 % en septembre. C’est un peu moins que le taux d’accroissement d’août. Avec des importations en solide progression et des exportations en décroissance, la Grande-Bretagne a présenté le déficit du commerce extérieur le plus imposant de la zone de l’euro. En octobre, son taux annuel d’inflation a été le plus bas (dans un classement où elle a la Finlande comme voisin) à 1,2 %.

Au Japon, l’économie a trébuché au troisième trimestre. Elle a marqué une faible avance de 0,1 % à la suite de gains respectifs de 1,5 % et 0,5 % aux premier et deuxième trimestres. Il faut cependant dire qu’un changement de méthode de calcul du PIB fera que la croissance déclarée sera bien moindre le mois prochain. Au Japon, la faiblesse des exportations et la croissance des investissements des entreprises ont été compensées par un regain de vigueur des dépenses de consommation. L’excédent commercial a rétréci en septembre, le renchérissement des hydrocarbures ayant poussé les importations en hausse de 2,4 %, alors que les exportations régressaient de 1,4 %.

En Chine, les investissements de l’étranger ont pris une valeur record de 54 milliards de dollars américains pour les 10 premiers mois de l’année, attirés par l’ouverture du marché intérieur. Le taux d’inflation a aussi monté, et les prix des biens de consommation dépassaient de 5,2 % leur niveau d’il y a un an. En Corée du Sud au troisième trimestre, la croissance économique a ralenti à 4,6 % d’une année à l’autre à cause d’un double affaiblissement de la demande sur les marchés intérieur et extérieur. Devant le ralentissement des dépenses, les autorités ont ramené les taux d’intérêt à un minimum record de 3,25 %. La valorisation du won par rapport au dollar a encore amorti les exportations.


Note

* Basée sur les données disponibles le 3 décembre; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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