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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Décembre 2003

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

Grâce à une forte reprise en septembre, le PIB réel a pu offrir un maigre gain de 0,3 % au troisième trimestre après avoir fléchi de 0,2 % au deuxième. Cette baisse paraît largement imputable à l’effet de l’augmentation de la valeur du dollar canadien sur nos exportations. La hausse du taux de change a aussi eu des retombées positives sur la demande intérieure quoiqu’elles se manifestent plus lentement. Il faut ajouter que la faiblesse de l’économie canadienne au deuxième trimestre avait été accentuée par un certain nombre d’événements ponctuels, notamment par les effets combinés sur les voyages de la guerre en Iraq et de l’épidémie de SRAS au printemps, ce à quoi devait s’ajouter la grève à Inco en juin.

La production a commencé à s’en remettre avec une augmentation de 0,6 % en juillet au moment même où l’économie américaine pressait résolument le pas, mais le mouvement a été interrompu par la panne d’électricité qu’a subie l’Ontario en août et qui a causé de vastes pertes de production. Celles-ci ont toutefois été rapidement effacées en septembre et l’économie semble prête à repartir d’un pied ferme, à en juger par un troisième solide gain consécutif de l’emploi pour novembre. Le taux de change a réévolué en hausse, mais les exportations sont plus en mesure de résister à son effet d’amortissement, car l’économie américaine est plus vigoureuse et les prix des produits de base sont plus élevés dans les marchés mondiaux. Par ailleurs, le recul des prix à l’importation à cause de la montée du dollar a aidé à faire descendre le taux d’inflation de son sommet de 4,6 % en février à 1,6 % en octobre, d’où un accroissement du pouvoir d’achat des consommateurs. Une inflation moindre a aussi favorisé une diminution des taux d’intérêt en septembre, ajoutant à la fermeté du marché de l’habitation. La baisse des prix et l’intensification des pressions concurrentielles ont incité les entreprises à investir davantage.

L’excédent canadien au compte courant a fait un bond de plus de deux milliards de dollars pour atteindre les 7,3 milliards de dollars au troisième trimestre; c’est son plus haut niveau depuis les premiers mois de 2001, alors que la pénurie d’énergie en Californie avait fait monter nos exportations en flèche. Presque toute cette progression a pour origine le commerce des biens, en partie parce que l’augmentation record du taux de change au deuxième trimestre a été suivie d’une hausse plus modeste au troisième, alors que les cours des produits de base demeuraient élevés. L‘autre variation la plus remarquable a été un autre accroissement du déficit au compte des voyages : les Canadiens ont recommencé à voyager à l’étranger après les hostilités en Iraq, mais le nombre de visiteurs au Canada n’a pas connu le même redressement.

Ces dernières années, la contrepartie à notre excédent au compte courant constituait principalement en investissements directs à l’étranger et en achats d‘actions étrangères (le plus souvent aux États-Unis). Il reste que la constante diminution de cet excédent depuis 2001 a eu pour effet de ralentir tant ces investissements que ces achats au premier semestre. La remontée de l’excédent du compte courant au troisième trimestre s’est traduite par une progression immédiate de plus de deux milliards de dollars de l’un et l’autre de ces indicateurs (non désaisonnalisés).

La reprise des investissements directs à l’étranger a été facilitée par l’augmentation du taux de change qui a accru le pouvoir d’achat des entreprises cherchant à faire des acquisitions à l’étranger avec leurs dollars canadiens. Un autre large accroissement du taux de change en septembre et octobre qui l’a porté à 77 cents américains, un sommet en 10 ans, s’est accompagné d’un certain nombre d’acquisitions d’entreprises américaines par des entreprises canadiennes. Un taux de change en hausse rend plus coûteuses les acquisitions d’entreprises canadiennes par des entreprises étrangères. Voilà pourquoi les investissements directs étrangers se situaient à leur plus bas niveau en huit ans, au troisième trimestre.

Notre situation de prêteur net envers le reste du monde (c’est l’image renversée de notre excédent au compte courant) s’explique aussi par un excédent d’épargne intérieure. Le facteur qui a joué presque exclusivement est un excédent de 71 milliards de dollars pour le secteur des entreprises (aux taux annuels), puisque les administrations publiques ont présenté un léger excédent et que le secteur des ménages a été un emprunteur net. Dans le secteur des entreprises, les bénéfices ont remonté, après que les pertes imputables au taux de change ont contribué à les réduire au deuxième trimestre, et les dépenses d’affaires ont été stationnaires (les hausses des immobilisations ont été contrebalancées par des baisses des stocks).

Un certain nombre de facteurs expliquent ces excédents qui montent en flèche dans le secteur canadien des entreprises. Les bouleversements causés par la montée du taux de change depuis un an auraient pu forcer les entreprises à repenser leurs stratégies à plus long terme. Ainsi, les fusions et les acquisitions à l’étranger se sont mises à augmenter au troisième trimestre et les acquisitions d’entreprises américaines se sont multipliées en octobre. Les entreprises n’ont pas renoncé pour autant à leur stratégie de remboursement de leurs dettes à court terme.

Marché du travail

L’emploi a progressé de 0,3 % en novembre pour ainsi clore son troisième mois consécutif de solide croissance. Une fois de plus, l’emploi à plein temps est le facteur qui a presque entièrement joué. Un accroissement de 0,2 % de la population active a fait que le taux de chômage n’est tombé que de 7,6 % à 7,5 %.

Le secteur de la fabrication a dominé à ce chapitre avec un gain de 1,0 % qui suivait les baisses relevées pendant la majeure partie de la dernière année. Ce retour à la croissance après une stabilisation en octobre semble indiquer que la tendance foncière à la hausse de la demande aux États-Unis a eu une plus grande incidence sur les exportations que la valorisation du dollar. L’année précédente, les fabricants avaient supprimé plus de 100 000 postes. Par ailleurs, l’industrie tertiaire a continué à réagir au renforcement de la demande intérieure, surtout grâce au commerce, aux services récréatifs et à l’hôtellerie-restauration. L’emploi a aussi crû de 0,5 % dans le secteur public.

Le Québec a dominé pour l’emploi parmi les provinces, ce qu’il doit surtout aux services. Il y avait eu plusieurs mois de gains supérieurs à la moyenne dans des secteurs comme ceux du commerce de détail et de l’habitation et, en octobre, les effets sur l’emploi ont commencé à se faire sentir. Ailleurs au Canada, la Colombie-Britannique s’est accrochée à son large gain du mois précédent. Quant aux provinces Maritimes, elles ont toutes présenté des hausses appréciables. L’Ontario était toujours à la traîne avec une reprise en fabrication et, en contrepoids, des pertes d’emplois dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé composite a continué de se raffermir pour un cinquième mois d’affilée, enregistrant après une progression de 0,8 % en septembre, une autre de 0,6 % en octobre. Les hausses de septembre et d’octobre sont les plus fortes à se produire consécutivement depuis le début de 2002. Les composantes reliées au logement sont demeurées en tête. En outre, la demande des entreprises bonifie l’indice d’ensemble de signes de redressement.

Tous les indicateurs de la demande des ménages se sont encore affermis, mais l’indice des dépenses de logement a nettement continué de dominer. Depuis une baisse en avril 2003, ses progressions ont accéléré chaque mois pour atteindre 3,6 % en octobre, ce qui l’a propulsé à son niveau le plus élevé en 30 ans. Tant les ventes de maisons existantes que les mises en chantier talonnent maintenant leurs records historiques. Les ventes de meubles et d’articles ménagers ont continué de grimper, stimulées par le logement. Les ventes de biens durables accumulent maintenant cinq hausses consécutives. Le secteur des ménages est revigoré par les plus fortes hausses consécutives de l’emploi à plein temps depuis le début de l’année, au moment même où les taux d’intérêt et les prix à la consommation baissaient.

La croissance de l’indicateur américain a légèrement ralenti de 0,5 % à 0,4 %, mais le nombre de composantes en hausse est passé de sept à dix. Tout comme au Canada, le raffermissement de la demande de logements était particulièrement notable et pour les mises en chantier, il s’agissait de leur plus haut niveau depuis le début des années 1980. L’inflation s’est modérée aux États-Unis tandis que les réductions d’impôt revigoraient les revenus disponibles. La fabrication a réagi positivement à l’amélioration de la demande finale, les commandes ayant augmenté tant au niveau de l’investissement que de la consommation. La durée hebdomadaire de travail enregistre donc sa première hausse depuis juin 2002, ce qui est encourageant pour l’emploi dans la fabrication qui avait baissé chaque mois depuis.

La demande des entreprises au Canada donne également quelques signes d’amélioration. Dans la fabrication, le ratio des livraisons aux stocks de produits finis, en baisse depuis six mois, s’est stabilisé, la situation des stocks ayant continué de s’améliorer dans la majorité des industries. Les fabricants ont encore réduit la durée hebdomadaire de travail, mais ont gardé l’emploi à peu près inchangé après l’avoir généralement élagué tout le long de l’année. Du côté de l’emploi, c’est dans les services qu’une croissance se manifeste en raison du premier gain en six mois du secteur des entreprises. L’optimisme des entreprises se manifeste également dans leurs nouvelles émissions d’actions au moment où les bourses reprenaient leur ascension.

Production

En valeur mensuelle, le PIB s’est élevé de 1,1 % en septembre, faisant ainsi plus que compenser son recul de 0,7 % en août. Les industries de biens ont fait un bond de 1,6 %, faisant oublier le pas en arrière (0,5 %) qu’elles avaient fait lorsque l’Ontario avait demandé à ses grands utilisateurs d’électricité de réduire leur consommation. Si le secteur des entreprises (et plus particulièrement les fabricants) semble avoir regagné les possibilités de production et de croissance que lui avait fait perdre la panne d’électricité, le secteur des administrations publiques n’a pu revenir, lui, qu’au niveau de sa production en juillet, d’où l’implication que les pertes imputables à cette panne n’ont pas été entièrement recouvrées et que la production s’en est trouvée amortie dans l’ensemble au troisième trimestre.

Les fabricants ont accéléré leur production de 2,5 % après un fléchissement de 1,1 %. Sur cette toile de fond d’un retour à la normale, la tendance s’est améliorée dans un certain nombre de secteurs. La fermeté de la demande d’habitations a été un autre stimulant pour les minéraux non métalliques. La reprise de la demande d’ordinateurs et d’appareils de télécommunication chez notre voisin du sud a fait monter la production un deuxième mois de suite dans les industries canadiennes correspondantes. Le secteur de la fonte-affinage a été poussé en avant par la fin de la grève à Inco. L’industrie minière a eu pour autre stimulant la découverte d’un riche gisement diamantifère dans le nord.

À la différence des industries de biens, le secteur des services commerciaux a largement repris le terrain perdu en août. La croissance est revenue dans certains secteurs qui avaient été heurtés de plein fouet par la panne d’électricité (entre autres ceux des jeux de hasard et du commerce de gros), mais la demande a chancelé dans diverses autres industries. Les dépenses de consommation en biens vendus au détail et en services d’hôtellerie-restauration se sont affaissées après avoir bien tenu le coup en août. La demande de services d’information a décru un troisième mois de suite, plus particulièrement dans le cas des services de télécommunication et d’édition. Quant aux transports et aux services aux entreprises, ils n’ont pu que combler en partie ce qu’ils avaient perdu en août. Il n’y a que le secteur des finances et des affaires immobilières qui ait su afficher une solide croissance ces deux derniers mois surtout à cause des bourses et du marché de l’habitation.

Demande des ménages

Les dépenses des ménages sont demeurées le moteur de la croissance au troisième trimestre, dépassant sans peine la hausse de 0,3 % des revenus disponibles réels. Les ménages ont puisé dans leurs économies et alourdi leur endettement, notamment leur endettement hypothécaire. En octobre, les dépenses de consommation se sont encore plus portées sur les habitations que sur les automobiles comme aux États-Unis.

En volume, les ventes au détail se sont contractées de 0,8 % en septembre. C’est seulement leur deuxième recul mensuel digne de mention dans ce qui avait été jusque-là une année de solide progression. Cette régression a été largement concentrée dans tout ce qui est lié à l’industrie de l’automobile, secteur où la constante stimulation des remises de prix et des faibles taux de financement a paru s’effriter. Les ventes d’automobiles se sont encore largement affaissées en octobre. Contrairement à ce qui s’est passé aux États-Unis, ces pertes se sont réparties également entre les modèles nord-américains et les modèles étrangers.

Hors secteur de l’automobile, les ventes ont été peu fermes un deuxième mois de suite. Il faut surtout y voir l’effet d’une forte baisse des achats de vêtements en réaction à une hausse des prix de 1,1 %. Par ailleurs, la première augmentation des prix des aliments depuis qu’a éclaté la crise de la maladie de la vache folle a aussi provoqué une contraction de la consommation. Les ventes de meubles et d’appareils électroménagers sont demeurées une note encourageante, ce secteur étant soutenu par la fermeté de la demande d’habitations et des remises de prix généralisées.

En octobre, les mises en chantier d’habitations ont augmenté, passant d’une moyenne de 230 700 logements au troisième trimestre à un niveau annuel de 237 300. Les logements multifamiliaux ont encore mené un mouvement qui s’était amorcé au troisième trimestre. Depuis le début de l’année, les mises en chantier de logements unifamiliaux le cèdent un peu à leur valeur de 2002, conséquence d’un fléchissement des ventes d’habitations neuves et d’une légère remontée du nombre de logements inoccupés. Sur le marché de la revente, les achats sont restés à des niveaux presque records, notamment en Colombie-Britannique où l’emploi a largement progressé.

Commerce de marchandises

Le volume des échanges canado-américains a comblé en septembre toutes les pertes causées par la panne d’électricité le mois précédent. Si les revenus tirés des exportations se sont entièrement rétablis dans l’ensemble, une baisse des prix a empêché la facture globale de s’alourdir à l’importation. C’est ainsi que l’excédent commercial a monté un troisième mois de suite, passant à 5,6 milliards de dollars.

L’industrie de l’automobile a dominé dans ce redressement des exportations avec un gain de 10 % représentant environ la moitié de toute la progression à l’exportation. La plupart des ressources naturelles exportées ont offert des gains de près de 5 %. Le bois d’œuvre a été en tête, porté en avant par une demande d’habitations qui bat son plein aux États-Unis (et qui a compensé un ralentissement des exportations vers la Chine). Les revenus tirés des produits énergétiques ont eu pour stimulant des exportations de gaz naturel en progression et des livraisons d’électricité qui sont passées du simple au double, la production revenant à la normale. Les produits industriels ont présenté un gain à l’exportation grâce à la reprise des exportations de nickel après le règlement d’un conflit de travail. Quant aux revenus des exportations agricoles, ils ont été favorisés par une amélioration de la récolte céréalière et une reprise partielle des livraisons de viande de bœuf. À l’exportation, les machines et le matériel ont été un peu en hausse un deuxième mois de suite. Enfin, on a observé un affermissement de la demande qui s’attache aux ordinateurs et aux appareils de télécommunication.

À l’importation, les automobiles se sont redressées de 11 %, mais sont restées bien à court de leur valeur de juillet. Dans la progression des dépenses des entreprises en machines et en matériel, on a relevé d’amples gains dans le cas des appareils de forage et des aéronefs. La valorisation du dollar a continué à amortir les prix des biens de consommation et des machines et du matériel à l’importation.

Prix

L’indice chaîne des prix du PIB a un peu monté (0,8 %) au troisième trimestre, une pause dans la montée du taux de change ayant atténué les pressions qui s’exerçaient à la baisse sur les prix de nos exportations. Toutefois, les prix à l’importation ont continué à descendre. Dans la dernière année, leur diminution a été de 9 %. Les prix ont encore baissé dans les secteurs où le contenu importé tient une grande place, qu’il s’agisse des investissements ou encore des biens durables et semi-durables de consommation. C’est sur le marché de l’habitation que les prix ont le plus augmenté.

L’Indice des prix à la consommation n’a pas bougé de septembre à octobre et, par conséquent, le taux annuel d’inflation est tombé de 2,2 % à 1,6 %. C’est sa première descente sous les 2 % depuis juin 2002; on se trouve aux antipodes de la culmination à 4,6 % de cet indicateur en février cette année.

L’IPC mensuel a été amorti par une décroissance des prix des biens. Les cours énergétiques ont baissé de 4,5 %, notamment le prix de l’essence. Le prix mondial du pétrole brut s’est élevé en novembre, mais les effets seront annulés par la valorisation du dollar canadien. Le prix d’achat des automobiles a également diminué, en partie parce qu’on a recouru à des remises de prix pour liquider les modèles de 2003. Le prix des automobiles se situait à son plus bas niveau depuis octobre 1996. On a également observé un recul des prix des autres biens durables ayant un fort contenu importé : ordinateurs, produits de divertissement domestique, articles de sport, etc.

En contrepartie de ces baisses, il y a eu de légères hausses des prix des aliments et des services. Dans le premier cas, on a relevé un premier renchérissement de la viande de bœuf depuis l’incident de la vache folle en mai. Dans le second cas, il y a surtout eu une hausse des prix des habitations neuves. Dans la dernière année, les prix des services ont augmenté de 3,5 % et les prix des biens ont diminué de 0,4 %.

Les cours des produits de base se sont élevés en novembre, ce que l’on doit une fois de plus à un autre renchérissement des produits non énergétiques. Les métaux ont dominé une fois de plus à ce chapitre. Le prix de l’or a franchi la barre des 400 dollars américains l’once pour la première fois depuis 1995. Depuis les premiers mois de 2001, il a monté en flèche de 60 % à cause des tensions au Moyen-Orient et de la dévalorisation du dollar américain. Les cours du nickel ont atteint leur plus haut niveau en 14 ans, ce qui s’explique par une demande vorace de ce métal en Chine. Les cours pétroliers ont fléchi après être parvenus à 33 $ le baril au milieu du mois.

En octobre, les prix à la fabrication ont diminué un septième mois de suite. La baisse de 0,9 % constatée est entièrement à mettre au compte de la montée du taux de change canado-américain. Les prix des automobiles et du bois d’œuvre ont été les plus directement touchés, mais les prix ont aussi évolué en baisse dans une majorité d’industries (13 sur 21). Dans presque autant (12) de ces industries, les prix sont en décroissance depuis octobre 2002.

Marchés financiers

Le dollar canadien a continué son ascension, se situant à la fin de novembre à un sommet en 10 ans de 77 cents américains. Le taux de change se trouvait à 72 cents trois mois auparavant. Pendant ce temps, l’euro montait à un niveau sans précédent dans l’histoire par rapport au dollar américain.

Le marché boursier est resté en hausse avec un gain de 1,1 % en novembre qui suivait une augmentation de 5 % le mois précédent. On a relevé des gains boursiers pour sept des huit derniers mois. Dans cette dernière augmentation, les métallifères en plein essor ont été le principal facteur. L’or a fait un bond de 14 % après une progression à deux chiffres des métaux en octobre. Le renchérissement de l’énergie a fait monter les actions du secteur de l’énergie. Quant aux actions du secteur des affaires immobilières, elles se sont encore renforcées. Dans l’ensemble, on a observé comme facteur restrictif des pertes dans le cas des secteurs de la consommation et des produits industriels.

Le récent redressement boursier a fait que les entreprises ont porté leurs nouvelles émissions d’actions à 2,5 milliards de dollars en octobre. C’est la plus grande mobilisation de fonds faite en plus d’un an dans le secteur boursier. Les investisseurs ont continué à délaisser le marché monétaire pour les fonds communs de placement du marché non monétaire en hausse de 3,0 milliards de dollars. C’est la progression la plus marquée de cet indicateur depuis le début de l’année. Les entreprises ont pu mobiliser des fonds sur le double marché des actions et des obligations, mais leur endettement à court terme s’est encore allégé.

Économie régionale

En septembre, l’Ontario se relevait des pertes causées par la panne de courant sur l’activité et la nécessité de conserver l’énergie qui a suivi en août. Il en est résulté une forte hausse des livraisons manufacturières en septembre. L’Ontario est la seule province à avoir enregistré une hausse de ses ventes au détail. Elle domine la croissance des mises en chantier qui ont atteint leur deuxième niveau le plus élevé de l’année en octobre. La lenteur des exportations contraste cependant avec l’expansion renouvelée de la demande intérieure. En septembre, elles sont demeurées bien au-dessous de leur niveau moyen de l’an dernier comme tout au long de cette année.

Les exportations sont demeurées également une source de faiblesse au Québec en raison des produits aéronautiques, en baisse d’environ 30 % par rapport à leur sommet de juillet 2001. Si on exclue l’énergie, qui enregistre une forte baisse des prix, et les produits aéronautiques, les exportations auraient enregistré une hausse de 7 % plutôt qu’une baisse de taille similaire depuis janvier. La force des industries liées à la demande de consommation et à la construction arrive cependant à extirper les livraisons de leur creux de l’année. Les ventes de maisons existantes et les mises en chantier se sont apaisées par rapport à leur envolée du mois d’août. Le recul des ventes au détail coïncide à la baisse des prix au niveau de la consommation.

La Colombie-Britannique a continué de dominer la conjoncture dans l’ouest. Les livraisons ont augmenté tout au long du trimestre, leur meilleure performance depuis le troisième trimestre de 1999. La remontée est en grande partie attribuable au retour de la croissance pour le bois, les métaux et les machines, qui va de pair avec une demande intérieure qui y est demeurée des plus vigoureuses. Les mises en chantier notamment ont continué d’enfoncer leur sommet de l’année en octobre qui constitue aussi leur niveau le plus élevé depuis le début des années 1990. Les exportations présentent également un portrait plus favorable, le bois ayant pris le relais de l’énergie pour soutenir les exportations. En effet, plus tôt cette année, les exportations d’énergie étaient en hausse pour plus d’un milliard de dollars.

Économies internationales

L’économie mondiale a mieux fait qu’en tout temps depuis le point culminant de sa progression en l’an 2000. Après révision, le taux d’accroissement du PIB réel aux États-Unis s’est établi à 2,0 %. Au Japon, le taux correspondant a été de 0,5 %, mais cela n’a pas suffi pour que ce pays surmonte la déflation des prix, et le PIB nominal a reculé. Dans la zone de l’euro, le taux de croissance a été de 0,4 % : l’Italie, la France et l’Allemagne étaient toutes en redressement après un fléchissement au deuxième trimestre et, au Royaume-Uni, l’économie a crû à un rythme soutenu de 0,6 %. En Chine, une croissance économique effrénée a encore une fois fait faire de solides gains partout en Extrême-Orient, ce que devait favoriser le mouvement de reprise après l’épidémie de SRAS et ses fâcheuses conséquences au deuxième trimestre.

Aux États-Unis, le marché de l’habitation est demeuré le haut lieu des dépenses de consommation. Les mises en chantier d’habitations ont augmenté de 3 % pour atteindre un sommet en un an de 1,96 million de logements, ce que l’on doit surtout aux logements unifamiliaux. L’ouest du pays a dominé à ce chapitre, bien que les incendies de forêt en Californie expliquent peut-être que la construction n’ait pas connu une progression aussi rapide. La vigueur du marché de l’habitation a fait que les ventes au détail hors industrie de l’automobile ont présenté un taux d’accroissement de 0,2 % en octobre, alors que les ventes de matériaux de construction et de meubles affichaient toujours des taux de progression annuels à deux chiffres. Une deuxième contraction consécutive des achats d’automobiles a fait baisser de 0,3 % les ventes au détail dans l’ensemble. Au troisième trimestre, le commerce électronique était en hausse de 27 % d’une année à l’autre. Avec une valeur de 13,3 milliards de dollars, il représente 1,5 % de toutes les ventes au détail, contre 1,3 % l’an dernier. D’ordinaire, la part de cet indicateur fait un bond au quatrième trimestre.

Le secteur de la fabrication a montré plus de signes de dissipation de son long marasme. Malgré des réductions dans l’industrie de l’automobile, la production s’est élevée de 0,1 % en octobre après avoir fait un bond de 0,7 % en septembre. Les matériaux de construction ont mené le mouvement, soutenus par l’essor de l’habitation neuve. La production d’ordinateurs et d’autres produits de TIC a marqué une autre avance dans un contexte de reprise des investissements. Les nouvelles commandes de biens d’équipement ont progressé de 8 % en septembre et octobre, ce que l’on doit avant tout au matériel de communication. Dans l’ensemble, les bénéfices se sont enrichis de 12 % au troisième trimestre. Contrairement à ce qui s’était passé au deuxième trimestre, où l’adoption de nouvelles règles en matière d’amortissement avait joué comme facteur favorable, la progression est à mettre au compte de prix supérieurs et de coûts inférieurs de main-d’œuvre et autres. La première hausse des stocks de l’année témoigne du renforcement de la confiance des fabricants dans la durabilité de la reprise.

Malgré la valorisation de l’euro, la croissance observée au troisième trimestre dans la zone de l’euro s’explique avant tout par une remontée des exportations, puisqu’une contraction des investissements a entraîné la demande intérieure à la baisse. La production industrielle a fléchi de 0,6 % en septembre. On a relevé des baisses dans tous les secteurs, plus particulièrement dans ceux de l’énergie et des biens non durables de consommation. Les nouvelles commandes (indicateur publié par Eurostat pour la première fois) se sont accrues de 1,9 % dans le mois, poussées en hausse par de forts gains dans le cas du matériel de transport et des machines. Les dépenses de consommation sont restées faibles. Les ventes au détail ont diminué de 0,9 % en août après avoir légèrement décru le mois précédent. Le commerce extérieur a ralenti en septembre; tant les exportations que les importations étaient en baisse. Le taux de chômage est demeuré à 8,8 %, son plus haut niveau en trois ans et demi et, en octobre, le taux annuel d’inflation est tombé à 2 %.

En Allemagne, l’économie a progressé de 0,2 % au troisième trimestre après avoir régressé d’autant deux trimestres durant. La croissance est presque entièrement attribuable à l’essor des exportations, celles-ci ayant augmenté de 3,2 % après avoir diminué de 2,2 % au deuxième trimestre. Les importations se sont contractées à cause d’une chute de 1,6 % de la demande intérieure, la pire depuis les premiers mois de 1993. La montée du chômage – qui est proche d’un sommet en 50 ans – et les réformes gouvernementales du régime de bien-être social ont encore rudement secoué la confiance des consommateurs. Le taux annuel d’inflation s’est situé à 1,1 % en octobre; il est un des plus bas de la zone de l’euro.

En France, le PIB réel s’est élevé de 0,4 % au troisième trimestre, ce qui faisait plus que compenser sa baisse précédente. Les exportations ont marqué une avance de 1,1 %, alors que les importations étaient stationnaires. Les dépenses de consommation ont légèrement repris malgré le peu de confiance des consommateurs et le fort chômage. En octobre, le taux annuel d’inflation est resté à 2,3 %.

En Grande-Bretagne, la production industrielle n’a pas bougé en septembre après deux mois de décroissance. Bien que légèrement en baisse en août, les dépenses de consommation ont continué à offrir des gains appréciables d’une année à l’autre. En septembre, les exportations étaient toujours à la baisse et la Grande-Bretagne devait présenter une fois de plus le plus lourd déficit du commerce extérieur de la zone de l’euro. Le taux d’inflation a été stable, ce qui devait amener la Banque d’Angleterre en novembre à hausser les taux d’intérêt pour la première fois en trois ans.

Au Japon, le PIB réel a progressé de 0,6 % au troisième trimestre. C’est sa septième augmentation de suite. En valeur nominale toutefois, le PIB a continué à rétrécir à cause de la déflation des prix. Les deux grands moteurs de la croissance sont demeurés les exportations et les investissements des entreprises. Les exportations combinées vers la Chine et Hong Kong dépassent maintenant les livraisons vers l’Europe. Les dépenses de consommation ont été inertes et les investissements des administrations publiques ont fléchi de presque 4 % par suite de compressions des dépenses. Le marché boursier était toujours en reprise. Il a gagné 40 % depuis six mois.

Les pays du Sud-Est asiatique ont commencé à montrer des signes de reprise. L’économie de la Chine se propulsait toujours en avant. En octobre, l’excédent commercial a atteint son plus haut niveau en plus de cinq ans malgré une hausse de 40 % des importations d’une année à l’autre. Les ventes au détail ont aussi crû à leur rythme le plus rapide en deux ans (plus de 10 %). À Singapour au troisième trimestre, l’économie s’est accrue de 1,7 % d’une année à l’autre. Les exportations ont monté en flèche et les dépenses de consommation ont été vives, particulièrement dans le cas des automobiles. La production industrielle était toujours vigoureuse en octobre, en hausse de 19 % d’une année à l’autre. En Corée du Sud, l’économie est revenue à un régime de croissance au troisième trimestre, présentant un gain de 1,1 % grâce au renforcement des exportations. Aux Philippines, l’économie était aussi en reprise avec une solide production agricole qui a fait contrepoids à une perte de confiance des entreprises.


* Basée sur les données disponibles le 5 décembre ; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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