Statistique Canada - Statistics Canada
Sauter la barre de navigation principaleSauter la barre de navigation secondaireAccueilEnglishContactez-nousAideRecherche site webSite du Canada
Le quotidienLe Canada en statistiquesProfils des communautésNos produits et servicesAccueil
RecensementLe Canada en statistiquesProfils des communautésNos produits et servicesAutres liens

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Novembre 2005

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

À l’approche de l’automne, la production et la croissance de l’emploi se sont raffermies et la force des exportations et de l’investissement ont aidé à soutenir la fabrication.

La demande des ménages a ralenti après avoir dominé au tableau de la croissance les deux années précédentes. La construction d’habitations neuves et les ventes d’automobiles ont été particulièrement faibles vers la fin de l’été, en partie parce que le renchérissement de l’essence a fini par freiner les ventes de camions et de véhicules utilitaires sportifs.

D’autres secteurs de l’économie ont plus que compensé le peu de fermeté des dépenses des ménages. Les exportations se sont élevées un troisième mois de suite, surtout grâce au secteur de l’énergie. Les investissements des entreprises se sont renforcés, contrepoids au ralentissement sur le marché de l’habitation. Les gains des exportations et des investissements ont stimulé la fabrication qui avait connu un premier semestre de faiblesse.

Août a été le meilleur mois en plus d’un an pour l’industrie de la fabrication, et ce, malgré un taux de change et des prix de l’énergie élevés. Pour la première fois en un an, les fabricants entrevoient avec optimisme la production du prochain trimestre, à en croire les données d’octobre de l’Enquête sur les perspectives du monde des affaires. Il n’y a que 10 % des fabricants qui aient déclaré une baisse de leurs commandes comparativement à 22 % en juillet. L’augmentation de la production avait déjà porté le taux d’exploitation des capacités des entreprises de fabrication à un niveau record de 86,7 % au deuxième trimestre.

Les fabricants ont relevé leur production de 1,3 % au cours des 12 derniers mois. Pour expliquer cette croissance, il y a d’abord une reprise chez les fabricants de produits TIC en général et chez les producteurs d’appareils de télécommunication en particulier. Les fabricants de machines ont accru leur production de près de 8 %. On a notamment observé une hausse de 22 % pour les appareils de chantier et la machinerie minière. La production d’aluminium a également progressé de près du quart même avant un important mouvement de croissance à l’automne. L’industrie du meuble a enfin haussé sa production de 7 %, assez pour égaler l’augmentation de 400 millions de dollars de la production de l’industrie automobile.

Il y a cependant des fabricants qui se trouvent nettement en difficulté (en dehors du secteur de la fonte et de l’affinage, victime de problèmes de production et non pas de la faiblesse de la demande). Dans l’industrie du vêtement, la production est en baisse de 10 % depuis août dernier et, dans l’industrie textile, elle a décru de 5 % après l’abolition des quotas d’importation. La production sidérurgique a rétréci de près de 9 % et la faiblesse de la demande à l’exportation a fait fléchir de 5 % la production de pâtes et papiers. L’industrie chimique a perdu près de 3 % de sa production. La sidérurgie, les pâtes et papiers et les produits chimiques ont tous subi la contrainte d’un coût de l’énergie en plein essor; l’énergie est un des plus importants facteurs de production pour eux. Dans l’aérospatiale, la production s’est aussi contractée lentement cette année.

Même en situation de hausse de production, les fabricants ont éliminé 5 % de leurs emplois. Si l’emploi a diminué dans le secteur de la fabrication, c’est surtout par besoin de hausser la productivité, plus particulièrement dans les entreprises des provinces centrales. Les pénuries ont aussi joué un rôle, puisque 42 % des fabricants albertains ont signalé un manque de main-d’œuvre qualifiée; c’est plus que les 25 % indiqués en juillet.

En Alberta, le problème tient en partie à la croissance démographique : la population a augmenté, mais non pas la population active. En octobre, le taux de croissance démographique dépassait de 2,2 % celui d’octobre 2004. C’est dans cette province que ce taux a le plus monté au pays. En revanche, le taux d’activité a décru presque d’un point entier, phénomène observé surtout chez les jeunes et les femmes d’âge adulte.

Marché du travail

L’emploi s’est redressé de 0,4 % en octobre, poursuivant cette alternance d’arrêts et de hausses qui a été la sienne pendant le plus clair de l’année. À la différence des mois précédents cependant, la croissance a été concentrée dans l’emploi à temps partiel. La population active a présenté son meilleur gain de l’année, mais cela ne devait pas empêcher le taux de chômage de tomber à 6,6 %, qui est son plus bas niveau depuis 1976.

Les services et les ressources rendent compte de toute la progression de l’emploi. Dans le secteur des services, le commerce, les finances et les services aux entreprises ont dominé sur ce plan. Quant aux services liés aux voyages comme les services d’hébergement et de loisirs (les jeux de hasard notamment), ils restent en deçà de leur niveau de l’an dernier. Le secteur des ressources est demeuré le plus en croissance avec un large bond de l’emploi en octobre qui a fait marquer à cet indicateur une avance de 10 % depuis octobre 2004. L’industrie de la construction a effacé certains de ses gains de l’été, mais la fabrication est restée la grande source des pertes d’emplois.

La Colombie-Britannique et l’Alberta ont continué à mener le mouvement avec une hausse mensuelle de l’emploi de plus de 0,5 %, bien que la progression se soit déplacée des biens vers les services. En Colombie-Britannique, la croissance a été contenue par les répercussions d’une grève du corps enseignant. En Alberta, l’emploi à plein temps croissait toujours au détriment de l’emploi à temps partiel. C’est peut-être que les employeurs tentent de compenser les pénuries de main-d’œuvre en obtenant plus d’heures de travail de leurs effectifs. Signalons enfin que l’emploi a augmenté en octobre tant en Ontario qu’au Québec et que cette progression a eu lieu exclusivement dans les services.

Indicateurs avancés

Entraîné par une demande intérieure forte, l’indicateur avancé a enregistré une progression de 0,3 % en septembre, après celle de 0,3 % en août. Les dépenses des ménages ont continué de dominer. Des dix composantes, sept ont progressé, le même nombre qu’au mois d’août.

Les ventes de biens durables poursuivent leur vive progression (1,3 %) pour le troisième mois d’affilée. C’est le cas de la tendance des ventes d’automobiles. La valeur des dépenses pour les biens et appareils électroniques et les électroménagers a aussi augmenté fortement. Les ventes de meubles et d’articles ménagers ont progressé quant à elles de 0,2 %.

Grâce à une sixième hausse en autant de mois, l’indice du logement a fracassé un nouveau record en septembre, dépassant légèrement son dernier sommet enregistré en juillet 2004. Après le bond des ventes de maisons existantes en août, c’était au tour des mises en chantier d’augmenter fortement. La fièvre du secteur des ressources leur a fait atteindre des niveaux bien supérieurs à ceux du début de l’année dans les Prairies et la Colombie-Britannique. Elles enregistrent aussi des progressions au Québec qui voit également l’essor de son secteur primaire. Elles n’ont pas autant augmenté en Ontario en septembre et étaient à peu près inchangées par rapport au creux atteint en janvier. L’Ontario est la plus touchée par le relâchement du secteur de la fabrication durant la première moitié de l’année.

Les livraisons baissaient encore rapidement, entraînées par l’automobile et le marasme qui afflige les produits forestiers. Les stocks ont recommencé à s’accumuler, de sorte que le ratio des livraisons aux stocks s’est enfoncé de 1,1 %. La durée hebdomadaire moyenne de travail a légèrement baissé pour sa part. Les nouvelles commandes se sont cependant renversées à la hausse en raison de la croissance des industries de l’aéronautique et des métaux de première transformation, des industries liées aux dépenses d’investissement. Cette demande n’a pas eu d’incidence sur les livraisons à cause des longs délais de production dans ces secteurs.

L’essor de l’investissement s’est manifesté dans la croissance de la composante des services aux personnes et aux entreprises. L’emploi a continué de progresser (0,4 %) sur les talons de la forte croissance de 0,7 % enregistrée en août. Là aussi l’ouest du pays domine. En Alberta seulement, près de 25 000 personnes de plus qu’au début de l’année travaillaient dans les services professionnels, scientifiques et techniques. Il s’agit d’une augmentation de presque un quart.

L’indicateur avancé des États-Unis a enregistré une étroite progression de 0,2 %, la troisième d’affilée. Non seulement la croissance était moins grande, mais aussi moins étalée que pour l’indice canadien. Elle était en effet surtout entraînée par l’élargissement de la fourchette des taux d’intérêt.

Production

En volume, le PIB s’est élevé de 0,5 % en août après avoir gagné 0,2 % en juillet, d’où la possibilité pour la production d’afficher son meilleur gain trimestriel en un an (la hausse a été de 0,6 % en moyenne les trois trimestres précédents). Le secteur des ressources est demeuré le plus en croissance de toute l’économie et le secteur de la fabrication a offert son meilleur gain en plus d’un an.

L’énergie a encore constitué l’aiguillon dans le secteur des ressources naturelles et l’augmentation de 1,4 % de la production énergétique rappelle les gains réalisés par l’industrie de l’énergie dans quatre des cinq derniers mois. Cette production rend compte en majeure partie de la progression du PIB depuis le printemps. Les travaux d’exploration et de mise en valeur en ont été le moteur. La production pétrolière et gazière a commencé à se remettre à l’été des problèmes d’exploitation qu’elle a connus, mais elle reste à court de sa valeur de l’an dernier. Plusieurs nouveaux projets démarreront d’ici la fin de l’année.

La plupart des autres industries primaires ont accru leur production. L’industrie forestière a présenté une neuvième hausse consécutive sur ce plan. La production forestière est en hausse de 13 % depuis le début de l’année. La production agricole a repris grâce à la réouverture de la frontière américaine aux bovins. Au tableau de la croissance, les mines métalliques ont fait bande à part, victimes de grèves et de périodes d’entretien. Enfin, l’augmentation des expéditions de ressources et la fin de la grève au port de Vancouver ont stimulé les transports, tout particulièrement les transports par eau, rail et pipeline.

La forte demande de ressources naturelles a aussi contribué à une croissance de 1,7 % de la production manufacturière. La production pétrochimique a fait un bond de près du quart et l’aluminium est resté en croissance rapide en 2005. Les machines ont encore été stimulées par la demande d’appareils de chantier et de machinerie minière, en hausse de 22 % dans la dernière année.

Les fabricants de produits TIC ont haussé leur production à nouveau. Il y a surtout eu un neuvième gain consécutif pour la production d’appareils de télécommunication. Dans l’industrie de l’automobile, la production a également augmenté, les concessionnaires accumulant les stocks de nouveaux modèles. Dans les industries du vêtement et des pâtes et papiers, la production est demeurée faible.

La construction résidentielle, qui formait un des secteurs les plus vigoureux en 2004, est devenue un des plus faibles en 2005. Avec une troisième contraction de suite en août, la production est tombée à 4,3 % dans l’ensemble depuis son sommet de décembre 2004. Cette perte a largement été compensée par des gains de la construction non résidentielle.

Les dépenses de consommation ont ralenti au cours de l’été, mais pas autant que les dépenses sur le marché de l’habitation. Le recul des ventes d’automobiles a entraîné les ventes au détail vers le bas, alors que les services de consommation se ressentaient des pertes subies par les restaurants et les casinos.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail ont chuté de 1,1 % en août en partie à cause d’un ample renchérissement de l’essence. Les prix d’autres biens ont aussi augmenté, notamment ceux des véhicules automobiles après les généreuses remises consenties les mois précédents.

La décroissance des ventes au détail est imputable aux deux tiers à un affaissement de l’ordre de 8 % des ventes d’automobiles. La demande de véhicules automobiles devait marquer un nouveau recul de 8 % en septembre, revenant à son niveau de mai avant même que les ventes ne prennent leur envol au début de la période estivale.

La contraction des ventes a été concentrée dans le sous-secteur des camions. C’est là le premier indice révélateur des répercussions du renchérissement de l’essence sur les ventes de véhicules (rappelons que les camions avaient mené pour la croissance des ventes au premier semestre). Le recul du sous-secteur des camions a été concentré dans les provinces centrales où la demande n’a guère changé depuis août dernier. Le tableau est différent dans l’Ouest canadien où les ventes de camions ont augmenté de 30 % en Alberta et de 20 % en Colombie-Britannique, provinces où la fermeté des revenus a eu plus de poids que la cherté de l’essence.

La faiblesse des ventes hors industrie de l’automobile se remarquait surtout dans l’industrie du vêtement où ont pris fin les baisses de prix des deux derniers mois. Par ailleurs, les dépenses en meubles et en appareils électroménagers ont été en progression soutenue. Les ordinateurs et les produits électroniques pour le foyer sont demeurés la composante la plus en croissance des dépenses de consommation.

Les mises en chantier d’habitations se sont redressées en septembre, recouvrant les deux tiers environ d’une perte de 17 % en août. Le logement unifamilial a effacé, lui, toutes ses pertes; il est seulement un peu en deçà de sa valeur record de l’an dernier. En septembre, les ventes d’habitations neuves ont pris leur deuxième valeur en importance de l’année, réduisant ainsi le parc de logements inoccupés. Alors que les taux hypothécaires se mettaient à croître lentement, le coût de la construction d’une maison neuve est demeuré en recul. Enfin, les mises en chantier de logements multifamiliaux ont été amorties par la montée des taux d’inoccupation.

Commerce de marchandises

Les exportations se sont élevées un troisième mois de suite, poussées vers le haut par le secteur de l’énergie. En revanche, une troisième baisse consécutive des prix à l’importation a réduit la facture des importations au Canada. C’est ainsi que l’excédent commercial s’est accru une fois de plus, passant de 4,1 à 5,6 milliards de dollars de mai à août pour prendre sa plus haute valeur depuis août 2004.

La croissance des exportations a encore eu l’énergie pour moteur. Un bond du prix du gaz naturel a fait monter de 6 % à 7,6 milliards de dollars les revenus tirés de l’énergie. C’est là une proportion record de 20,1 % de la masse des revenus tirés des exportations. Tous les sous-secteurs de l’énergie ont été vigoureux et le prix du pétrole brut a aussi battu des records, tandis que le prix du charbon dépassait presque trois fois son rythme de progression de l’été dernier.

Les produits agricoles ont été stimulés par la réouverture de la frontière américaine aux bovins canadiens. Les expéditions d’animaux sur pied ont bondi de moitié et les exportateurs se sont accrochés aux gains récents dans le cas des viandes préparées. D’autres produits primaires s’en sont moins bien tirés. Les métaux et les engrais ont glissé de leurs sommets récents. Quant au bois d’œuvre, il est tombé encore plus bas, essuyant une sixième perte consécutive.

Les machines et le matériel ont été entraînés vers le bas par une diminution des livraisons d’ordinateurs. À 20,4 % de l’ensemble des exportations, ils sont à un doigt de céder leur place à l’énergie comme premier groupe d’exportation canadienne. Les biens de consommation ont fléchi un troisième mois de suite. L’industrie de l’automobile a été stimulée à l’exportation par les voitures de tourisme, mais elle est toujours à court de 4 % de son niveau de l’an dernier.

Les importations ont régressé de 0,4 %. Si on fait abstraction d’un bond de 45 % des livraisons d’essence (livraisons européennes en majeure partie), on constate qu’elles ont décru de 4 %. Les importations d’automobiles ont trébuché après avoir réalisé des gains coup sur coup; elles ont été à l’image des ventes sur le marché intérieur. Ce sont les biens de consommation dont les prix ont le plus baissé, ce qui devait contrebalancer leur hausse en volume. Les importations de machines et de matériel ont été soutenues par la fermeté de la demande des mines et des transports, ce qui a fait contrepoids à des baisses dans le cas des ordinateurs et des produits connexes.

Prix

Porté par des cours énergétiques en plein essor, l’IPC a fait un bond de 0,7 % d’août à septembre pour ainsi marquer sa troisième hausse mensuelle en importance depuis qu’existe cet indicateur, ce qui devait faire monter le taux annuel d’inflation de 2,6 % à un sommet de 3,4 % en 30 mois. Si on exclut l’énergie, le taux d’inflation est inchangé à 1,6 %.

Les cours énergétiques ont fait un bond de 8 % dans le mois et de 21 % depuis l’an dernier. L’essence a dominé sur ce plan après que des ouragans ont réduit les capacités de raffinage. Le prix du mazout a aussi augmenté de plus du tiers. La faiblesse des tarifs d’électricité a contribué à freiner la montée des prix de l’énergie.

Les prix des vêtements se sont également élevés en septembre. Ceux des vêtements importés ont diminué de 1,4 % seulement de décembre à août, et ce, malgré le décontingentement des exportations de la Chine.

La plupart des autres prix ont été contenus. Les prix des aliments n’ont pas bougé grâce à de bonnes récoltes et au temps clément. De faibles majorations des loyers ont aidé à garder en laisse les prix des logements. Enfin, la baisse des prix des téléviseurs et des autres produits de divertissement domestique a nui aux prix des biens durables.

Les cours des produits de base sont descendus de leurs sommets de septembre. Les cours énergétiques ont dominé au tableau des baisses et le prix du pétrole brut est tombé à 60 dollars américains le baril, quittant son sommet de 71 $ après les ravages de l’ouragan Katrina. Les prix élevés ont concouru à une baisse de 3 % de la demande de pétrole aux États-Unis dans la dernière année. Le prix du gaz naturel était toujours en hausse; il a atteint un niveau record de 14 $ le million de BTU, le double de sa valeur d’octobre 2004. Les prix des métaux ont gardé leur fermeté, soutenus par une culmination du prix du zinc en huit ans et une valeur record pour le prix du cuivre.

En septembre, les prix des produits fabriqués autres que l’essence ont diminué de 0,4 %. La valorisation du dollar canadien a amorti les prix de la plupart des produits exportés. L’exception est le bois d’œuvre dont le prix a été entraîné vers le haut par la demande de reconstruction à la suite des ouragans qui ont ravagé le sud des États-Unis. Néanmoins, les prix du bois d’œuvre sont toujours de 15 % inférieurs à ceux de septembre 2004.

Marchés financiers

La récente euphorie des marchés financiers s’est atténuée en octobre. Les valeurs boursières, tout comme le dollar, sont descendus de leurs sommets récents, tandis que le taux d’escompte s’élevait un deuxième mois de suite.

L’indice de la bourse de Toronto s’est replié de 6 % après avoir effleuré des records en septembre. La baisse des cours énergétiques a provoqué une décroissance à deux chiffres des actions du secteur de l’énergie. On constate que l’intérêt des investisseurs est moindre pour toutes les grandes composantes de cet indice.

La majoration d’un quart de point du taux d’escompte a fait monter le taux directeur des prêts, mais sans guère influer sur les taux hypothécaires ni sur les taux obligataires. Les entreprises ont toutefois multiplié les émissions d’obligations en septembre pour tirer parti de la faiblesse des taux. Le dollar est tombé de 86 à 85 cents, mais il se renforçait toujours vis-à-vis de l’euro.

Économie régionale

L’Ouest reprend la tête sur le plan des exportations. La fin de la grève des chauffeurs de camions-conteneurs a fait bondir les livraisons de 5,9 % en Colombie-Britannique alors que les exportations de pâte vers la Chine ont doublé, un renversement par rapport à la baisse de l’année écoulée. La pâte est le premier produit d’exportation canadien vers ce pays. Les exportations de bois ont légèrement augmenté avant même que Katrina ne fasse sentir son effet sur la demande aux États-Unis. Les exportations de l’Alberta ont bondi de presque 1,5 milliard de dollars en raison de la remise en exploitation d’usines après des incendies qui avaient ralenti la production pendant presque un an.

L’Ouest du pays conserve aussi son avance en ce qui a trait à la croissance de la demande des ménages. Depuis janvier, la croissance des ventes au détail de chacune des régions de la Colombie-Britannique et des Prairies dépassait tant celle de l’Ontario que du Québec, et propulsait la croissance nationale à 4,1 %. Les flux de populations vers l’Ouest ont augmenté, mais beaucoup moins qu’ils ne l’avaient fait au début des années 1980.

La demande de consommation a renversé son amélioration des derniers mois dans tout l’est du pays où les prix ont le plus augmenté. Pratiquement toute la baisse est attribuable aux ventes de voitures, cependant, où l’effet dissuasif de la hausse du prix de l’essence annulait l’effet positif des rabais. C’est en Ontario où la baisse est la plus marquée.

L’investissement demeure la principale source de fermeté dans cette province alors que les permis ont bondi de 67,9 % en raison des secteurs industriels et institutionnels. Une nouvelle usine Toyota a été mise en chantier cet automne.

Les livraisons ont augmenté fortement en août en Ontario. La progression s’explique tout d’abord par les exportations automobiles aux États-Unis. GM commence à fabriquer trois nouveaux modèles dans deux de ses usines. De plus, la fin d’une grève dans les métaux et un accroissement marqué des livraisons des raffineries, avant même la réduction de la production aux États-Unis en septembre, expliquent aussi la progression. Selon l’enquête sur les perspectives du monde des affaires, les fabricants ontariens envisagent le quatrième trimestre de façon moins négative, alors que 89 % d’entre eux s’attendent à des niveaux de production égaux ou supérieurs à ceux du troisième trimestre, contre 76 % le trimestre précédent.

La fabrication continue de faire bande à part au Québec. Après avoir été en juillet la seule province à enregistrer une hausse, elle est la seule à enregistrer une baisse en août. Une majorité d’industries a continué de croître mais l’aéronautique, très volatil sur une base mensuelle, a enregistré son niveau le plus bas de l’année. Les livraisons jusqu’à maintenant cette année étaient assez vigoureuses cependant.

Économies internationales

Aux États-Unis, le PIB réel s’est accru de 0,9 % au troisième trimestre, autant qu’il a pu le faire en moyenne dans la dernière année. Tous les secteurs de la demande intérieure se sont améliorés. La fermeté des ventes d’automobiles a constitué le moteur des dépenses de consommation. La grande conséquence des ravages de l’ouragan Katrina a été à la fois une stimulation des dépenses fédérales et un amortissement des investissements en construction. Le problème de surstockage de l’hiver dernier a été corrigé. Le revenu disponible réel a décru à cause d’un bond des cours énergétiques et de l’effet négatif des ouragans sur le revenu de location (en baisse de 75 % du fait de la destruction de maisons), sans oublier les sinistres non assurés pour les biens des petites entreprises.

Les ventes au détail se sont accrues de 0,2 % en septembre. Elles sont à peu près là où elles se trouvaient au début du troisième trimestre. La baisse des ventes d’automobiles et la hausse des ventes d’essence se sont soldées en équilibre dans une large mesure. Toutes les autres ventes ont augmenté de 0,6 %. Les ventes d’essence ont été gonflées par la montée des prix et un bond de la demande lorsque l’évacuation forcée de 5 millions d’habitants de Houston par le spectre de l’ouragan a fait monter la demande en flèche. Si la demande de produits autres que les automobiles a été en progression soutenue, c’est surtout à cause des meubles et des produits électroniques. Ajoutons que les travaux de reconstruction imposés par les ouragans ont stimulé la demande de matériaux de construction. Les ventes d’automobiles ont diminué un deuxième mois de suite, principalement par la décroissance de la demande de camions et de véhicules utilitaires sportifs. Quant aux ventes de voitures, elles se sont élevées en réaction à un bond de 55 % du prix de l’essence depuis septembre 2004.

Le taux annuel d’inflation des prix à la consommation a fait un bond pour se situer en septembre à un sommet de 4,7 % en 14 ans, bien que le taux tendanciel d’inflation ait été stable à 2 %. Une baisse des prix du logement et du vêtement a contribué à amortir le taux tendanciel.

En septembre, les mises en chantier d’habitations ont augmenté de 3 %, presque entièrement dans les États du sud. Il faut y voir l’effet non seulement de l’effort de reconstruction, mais aussi de la constante fermeté des ventes. Dans le sud des États-Unis, les ventes d’habitations neuves dépassaient de 14 % leur valeur de septembre 2004; c’est la plus ample progression observée parmi toutes les régions.

Les ouragans ont eu un effet bien plus marqué sur la production industrielle, qui a décru de 1,3 % en septembre. Ce recul est imputable presque en entier au recul de l’extraction et du raffinage dans le secteur du pétrole et du gaz. Les biens de consommation ont profité d’un accroissement de la production d’automobiles. La production de matériel destiné aux entreprises a fléchi un deuxième mois de suite à cause de baisses dans le secteur des TIC, lequel est concentré dans le sud du pays.

En hausse de 1 milliard de dollars, le déficit commercial a atteint 59 milliards de dollars en août, approchant de sa valeur record de 60 milliards de dollars atteinte en février. Les prix à l’importation se sont élevés de 1,2 % un troisième mois de suite, devançant les prix dans leur montée à l’exportation. Ils devaient faire un nouveau bond de 2,3 % en septembre, surtout grâce aux cours énergétiques.

Dans la zone de l’euro, la production industrielle a crû de 0,8 % en août à la suite d’un léger gain. La production énergétique s’est à nouveau contractée, mais la production de produits semi-finis et de biens de consommation s’est affermie. Les nouvelles commandes ont été entraînées à la baisse par la faiblesse de la demande de matériel de transport. Les consommateurs avaient pleine confiance malgré l’essor des prix de l’énergie, et les ventes au détail ont repris en août. Le commerce extérieur a laissé un déficit avec un alourdissement rapide de la facture des importations pétrolières qui l’a emporté sur une augmentation des exportations de machines et de véhicules. En octobre, le taux annuel d’inflation a un peu baissé à 2,5 %.

En Allemagne, la production industrielle a régressé de 1,6 % en août pour marquer un premier recul en trois mois. Les nouvelles commandes ont abandonné tout le terrain conquis le mois précédent et le renchérissement de l’énergie a comprimé les dépenses des ménages. Les ventes au détail ont diminué dans six des sept derniers mois.

En France, la production industrielle s’est redressée en août et les nouvelles commandes ont plus qu’effacé leur perte précédente. Les dépenses de consommation ont pris de l’élan au cours de l’été, gagnant 1,2 % en juillet et 1,9 % en août (bien que la moitié de cette progression soit attribuable aux produits importés). Les exportations ont repris dans le mois, d’où un effet de renforcement de la confiance des entreprises.

En Grande-Bretagne, le PIB a ralenti au troisième trimestre, la production pétrolière et gazière ayant fléchi en période de travaux d’entretien. Le PIB réel s’est élevé de 0,4 % après une augmentation de 0,5 % au deuxième trimestre. La production industrielle s’est contractée de 0,9 % en août pour une troisième perte consécutive, tandis que les consommateurs hésitaient toujours à dépenser dans une situation de baisse du prix des maisons. L’essor des importations a fait monter le déficit commercial, car les exportations ont été inertes.

Au Japon, le PIB réel a augmenté de 0,8 % (après révision) au deuxième trimestre, loin de sa valeur précédente de 0,3 %. En août, les exportations ont progressé de 9 % d’une année à l’autre, plus particulièrement les livraisons à destination de la Chine et de la Corée du Sud. Les importations se sont envolées de 21 %, poussées vers le haut par la cherté des hydrocarbures (le Japon importe presque tout son pétrole), d’où une cinquième baisse consécutive de l’excédent commercial. Les entreprises ont pris de la confiance, car les prêts bancaires ont augmenté pour la première fois en sept ans. Les établissements bancaires ont consenti moins de prêts après les avoir multipliés dans les années 1980, ce qui devait leur apporter d’énormes pertes lorsque les biens offerts en nantissement par les emprunteurs ont beaucoup perdu de leur valeur. La confiance des consommateurs s’est renforcée grâce à la montée des salaires et au recul du chômage. En août, les ventes au détail se sont accrues un premier mois depuis le printemps. En juin, le taux de chômage est tombé à 4,1 %; c’est là son taux le plus bas depuis 1998.

En Chine, l’économie a progressé au troisième trimestre de 9,4 % d’une année à l’autre. La croissance des investissements s’est mise à ralentir en réaction aux mesures décrétées par le gouvernement. En septembre, les investissements étaient en hausse de 29 % d’une année à l’autre, le cédant largement à leur taux de plus de 50 % des premiers mois de 2004. La croissance a plutôt été nourrie de plus en plus par les exportations. En Corée du Sud, le PIB s’est accru de 1,8 % au troisième trimestre, prenant sa cadence la plus rapide en près de deux ans grâce aux exportations et à la demande intérieure.


Note

* Basée sur les données disponibles le 4 novembre; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



Page d'accueil | Recherche | Contactez-nous | English Haut de la page
Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
Contenu Tableaux Graphiques Conditions économiques actuelles Événements économiques Étude spéciale Informations aux utilisateurs Version PDF