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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Novembre 2003

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

La production a fortement décru en août avec une baisse record du nombre d’heures travaillées qui a été causée par la panne d’électricité en Ontario. Il suffit de se rappeler le passé et d’autres chocs similaires de l’économie comme la tempête de verglas de janvier 1998 (PIB en baisse de 0,4 %) et les attentats terroristes du 11 septembre (baisse de 0,6 %) pour penser que ces reculs sont compensés le mois suivant et qu’on doit s’attendre à un renouvellement de l’expansion le mois suivant. En fait, l’emploi a déjà suivi cette évolution, avec des hausses de 0,4% en octobre et de 0,3% en septembre.

Le secteur public et le secteur de la fabrication ont fait le gros de ces efforts de conservation d’énergie, mais il est révélateur en soi que les dépenses des ménages ne se soient guère ressenties des événements. Le secteur de l’habitation est demeuré le plus en croissance dans l’économie et, en août, les ventes au détail n’ont rien cédé de leurs gains des trois mois précédents. On a observé un regain de confiance des consommateurs en septembre grâce à un retour à la croissance de l’emploi, à la faiblesse persistante des taux d’inflation et une autre baisse des taux d’intérêt. La valorisation du dollar canadien a contribué à une baisse des prix des biens à l’importation, alors que l’engorgement du marché canadien de la viande de bœuf causé par l’impact du ESB sur les exportations en mai avait pour effet de contribuer à l’abaissement des prix des aliments.

Au troisième trimestre, la fermeté de la demande des ménages aux États-Unis a porté la croissance à un sommet en 20 ans. Les dépenses ont été soutenues par des allégements fiscaux qui ont compensé l’effet corrodant du recul de l’emploi sur les revenus avant que l’emploi ne commence à reprendre cet automne. Le secteur industriel en difficulté qui a été heurtée de plein fouet par les pertes d’emplois a montré des signes de rétablissement, notamment parce que les investissements se sont redressés et que les exportations ont commencé à réagir à la dévalorisation du dollar américain.

Marché du travail

L’emploi a fait un bond de 0,4 % en octobre après avoir offert un gain de 0,3 % en septembre. C’est la première fois cette année qu’un fort régime de croissance dure quelques mois de suite. Phénomène tout aussi impressionnant, le moteur de cette progression a été une fois de plus l’emploi à plein temps. Comme la population active n’a guère évolué, la hausse de l’emploi s’est traduite par une baisse du chômage (de 8,0 % à 7,6 %).

Les services sont à l’origine de presque toute l’augmentation de l’emploi pour un deuxième mois de suite. Les services aux entreprises et les services financiers ont dominé sur ce plan dans le secteur privé et les services à la consommation ont présenté de solides gains. Dans le secteur public, l’emploi a progressé un troisième mois de suite, ce que l’on doit surtout aux services de santé. Les industries de biens ont été tenues en laisse par la faiblesse qui perdure en fabrication et un rare revers en construction, secteur qui pourtant avait été porté par la vague de prospérité sur le marché de l’habitation pendant le plus clair de l’année. L’industrie des ressources naturelles est demeurée le plus en croissance sur le plan de l’emploi, soutenue par les mines et l’énergie.

En Colombie-Britannique, l’emploi a marqué une avance de 1,5 %, sa meilleure en près d’une décennie, contribuant ainsi pour près de moitié à la croissance globale de cet indicateur. Pendant l’été, cette province s’est emparée du peloton de tête pour la croissance des mises en chantier d’habitations, des ventes au détail, des livraisons et des permis non résidentiels, ce que lui a permis de faire partout des gains d’emplois. Son taux de chômage a régressé d’un point entier pour s’établir à 7,8 %. Les provinces des Prairies ont toutes vu l’emploi évoluer en hausse grâce surtout au secteur des ressources. Au Québec, les services de santé ont dominé au tableau de la croissance et, en Ontario, l’économie s’est cruellement ressentie des pertes qui s’accentuent en fabrication.

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé composite a continué d’accélérer; son taux de croissance est passé d’un taux révisé de 0,4% en juillet et août à 0,7% en septembre. L’amélioration a continué de s’étendre puisque sept composantes sur dix ont progressé, une de plus qu’en août. Ces progressions, les plus marquées depuis le début de 2002, ont déjà commencé à faire écho sur la production et l’emploi. Les composantes reliées au logement ont continué de dominer, appuyées d’une forte hausse de l’indice avancé des États-Unis. La faiblesse des derniers mois dans la fabrication s’est légèrement dissipée.

Tous les indicateurs de la demande des ménages se sont encore raffermis. Les ventes de maisons prenaient le relais des mises en chantier comme source de croissance dans le logement, la plus forte (3,3%) pour cette composante depuis le début de 2002. La remontée était particulièrement vive dans les villes de l’Ontario qui ont été les plus touchées par la panne de courant au mois d’août, ainsi qu’à Montréal et Québec où la demande est toujours très forte. Les ventes de meubles et d’articles ménagers ont continué de grimper, stimulées par le logement. Les ventes de biens durables accumulent maintenant quatre hausses consécutives. Le secteur des ménages a également rendu compte de la plus grande partie de la croissance de l’emploi jusqu’à maintenant cette année.

La croissance de l’indicateur américain apporte sa contribution la plus importante à l’indice d’ensemble en 17 mois. Sans lui, l’indice canadien aurait affiché une progression bien plus modeste à 0,4%. Tout comme au Canada, le secteur du logement, notamment, se démarque avec le niveau des permis de bâtir le plus élevé de l’année. Le raffermissement continu des nouvelles commandes de biens d’équipement est encourageant pour la reprise de l’investissement. La tendance des demandes initiales d’assurance-chômage a enregistré une deuxième baisse d’affilée, ce qui est de bon augure pour la tendance de l’emploi et des revenus.

Même la fabrication donne des signes de redressement. Les nouvelles commandes de biens durables enregistrent leur première hausse en 11 mois. Le ratio des livraisons aux stocks de produits finis enregistre un sixième mois de baisse, mais la situation des stocks s’améliore y compris dans les industries principalement responsables de leur récente détérioration, notamment le bois et le papier. La tendance négative de la durée hebdomadaire s’est adoucie alors que l’impact de la panne de courant était entièrement effacé en septembre.

Production

Les trois mois de remontée du PIB réel ont été interrompus par un recul de 0,7 % en août. La panne d’électricité en Ontario a fait baisser la production des services publics, ce qui devait à son tour provoquer de larges pertes de production chez plusieurs fabricants (et dans les industries qui transportent leurs marchandises) ainsi que dans l’administration publique.

De tous les secteurs, c’est celui des administrations publiques qui a le plus perdu. Dans les services fédéraux non militaires, la production a diminué de 5 %. Elle a régressé presque autant dans les services provinciaux (si on exclut les services de santé), car de grands immeubles où travaillent les fonctionnaires en Ontario ont été fermés plus d’une semaine. Les administrations locales n’ont guère été touchées, nombre de leurs activités s’exerçant à l’extérieur ou étant jugées essentielles au maintien de l’ordre et à la sécurité. Les fabricants ont élagué la production de 0,6 % et la plupart des grands consommateurs d’énergie en Ontario ont pris des mesures de conservation d’énergie. Avec des baisses de production dans les mines et les forêts, cela a fortement réduit la demande de services dans le commerce de gros et les transports. Les interruptions de l’alimentation en électricité pourraient aussi aider à expliquer une rare contraction des services TIC, notamment dans le secteur des télécommunications.

La panne d’électricité en Ontario n’a pas nui à tous les secteurs. L’industrie de la construction a encore été portée en avant par un marché de l’habitation qui bat son plein. Dans les magasins de détail, les dépenses de consommation n’ont pas fléchi, alors que l’industrie de l’hôtellerie et de la restauration continuait à se remettre de son marasme printanier. Quelques fabricants ont haussé leur production, plus particulièrement dans le secteur TIC. Dans l’Ouest canadien, l’industrie de l’abattage et de la transformation de la viande a présenté un autre gain solide, remontant presque aux niveaux antérieurs à mai. Enfin, on a pu observer une ferme progression de l’exploration et de la mise en valeur du pétrole et du gaz grâce à des prix élevés.

Demande des ménages

L’habitation est restée le moteur de la croissance des dépenses des ménages. Fortifiés par les perspectives d’avenir de l’emploi, les consommateurs ont regagné au troisième trimestre une confiance qui avait faibli au premier semestre d’après les données du Conference Board.

En volume, les ventes au détail n’ont pas varié en août, ce qui mettait fin à trois mois consécutifs de solides gains. Incidemment, les prix de détail ont aussi présenté leur première hausse importante depuis janvier à la suite d’un bond de 1,3 % des prix des biens non durables. Par ailleurs, une pénurie de stocks imputable à des baisses de production dans l’industrie de l’automobile pourrait avoir contribué à une contraction des ventes de véhicules, mais même après le retour à la normale dans les chaînes de montage en septembre, cette contraction s’est avivée. Toutefois, la demande a marqué une forte avance (2 %) dans les secteurs de l’habitation et de l’informatique où la demande demeure foncièrement ferme (en partie parce que les prix sont encore descendus).

En septembre, les mises en chantier d’habitations sont restées à de hauts niveaux historiques (235 000 logements aux taux annuels). Le logement tant unifamilial que multifamilial a concouru à cette vigueur. Depuis le début de l’année, les mises en chantier se situent en moyenne au niveau de 218 000 logements et sont en voie d’offrir leur meilleur rendement annuel depuis 1988. En septembre, les ventes d’habitations se sont redressées, phénomène principalement attribuable à une relance dans le sud de l’Ontario. La demande d’habitations neuves a été particulièrement forte.

Commerce de marchandises

La panne d’électricité en Ontario a gravement nui aux courants commerciaux transfrontaliers. Les importations ont accusé leur pire baisse en plus d’une décennie, dépassant même les pertes subies à l’exportation et portant l’excédent commercial en valeur mensuelle au-dessus des 5 milliards. À l’exportation comme à l’importation, les prix ont eu du mal à dégager une deuxième augmentation consécutive, profitant d’une pause dans la montée du dollar pendant l’été. Toutefois, le taux de change a réévolué en hausse à l’automne, d’où de nouvelles pressions qui s’exerceront à la baisse sur les prix des exportations et des importations en dollars canadiens.

À l’exportation, les échanges se sont contractés de 3,8 % après une remontée des prix qui avait haussé les revenus tirés des exportations le mois précédent après trois diminutions consécutives. La panne d’électricité a occasionné des pertes à deux chiffres à de grands consommateurs d’électricité comme les industries de l’automobile, du raffinage du pétrole et des métaux.

La plupart des autres exportations s’en sont bien tirées dans le mois, aidées en cela par une amélioration des conditions économiques dans bien des régions du globe. Les exportations d’aliments étaient toujours en progression, un rétablissement des récoltes après la sécheresse de l’an dernier ayant eu pour effet de doubler les exportations de blé par rapport à leurs faibles valeurs de la première partie de l’année. Les exportations de viande ont été moins en décroissance, les États-Unis rouvrant en partie leur frontière en août. À l’exportation, les produits forestiers ont été soutenus par un sixième gain de suite dans le cas du bois d’œuvre. La fermeté de la demande d’habitations a presque ramené ces exportations à leur niveau de l’an dernier, entraînées par une forte demande américaine alors même que les marchés asiatiques s’affaiblissaient. Enfin, les machines et le matériel ont mis fin à quatre mois de recul avec une légère avance qui est surtout attribuable aux appareils de télécommunication et à la machinerie industrielle.

Les importations ont chuté de 5,9 %, accusant des baisses dans presque tous les secteurs. Les industries de l’automobile et de l’énergie ont dominé sur ce plan avec des pertes à deux chiffres, là encore parce que les chaînes de montage et les raffineries ont réduit leur production par souci de conserver l’énergie. Les machines et le matériel ont aussi fait un pas en arrière après avoir progressé pendant deux mois, mais ce fléchissement se limitait largement à la composante instable des aéronefs à l’importation. Les importations d’aliments ont diminué un troisième mois de suite. Les importations de viande sont réduites de moitié depuis qu’un cas d’ESB a bouleversé les échanges canado-américains dans ce secteur. Cette baisse à l’importation a contrebalancé de près de moitié la perte d’exportations de viande depuis mai.

Prix

L’Indice des prix à la consommation a monté de 0,2 %, assez pour mettre fin au dérapage du taux annuel d’inflation qui dure depuis un an, celui-ci ayant légèrement évolué en hausse à 2,2 %. Le gros de la progression a été observé dans les biens semi-durables, notamment dans les vêtements à la suite de généreuses remises de prix consenties pendant l’été. Ajoutons que les services ont un peu renchéri à cause de la majoration des frais de scolarité universitaire.

Les prix ont été en baisse dans les biens durables et non durables. Dans le premier cas, les prix des automobiles et des ordinateurs ont joué comme facteur et, dans le second, les prix ont été entraînés vers le bas par un moindre coût de l’énergie et de nouvelles diminutions de prix pour la viande de bœuf. Ces derniers prix ont décru de 16 % ces cinq derniers mois et ils le cèdent de 10 % à leur valeur d’il y a un an. La situation est tout à fait contraire aux États-Unis où l’embargo décrété sur la viande de bœuf canadienne a fait monter les prix de 10 % depuis septembre dernier.

Le récent redressement des cours des produits de base a un peu perdu de son élan en octobre. Les matières industrielles ont évolué en baisse malgré la constante fermeté des métaux. Le prix de l’énergie s’est stabilisé après avoir régressé le mois précédent. Le commerce de bovins a opportunément été stimulé par la perspective d’une réouverture de la frontière américaine. Comme le taux de change canado-américain a réévolué en hausse en septembre, un effet marqué d’amortissement a commencé à s’exercer sur les prix dans l’industrie.

Marchés financiers

Les bourses ont repris leur mouvement de redressement en octobre et la bourse de Toronto a offert un gain de 5 % après une légère perte en septembre qui mettait fin à cinq mois de renchérissement de ses actions. Les métallifères ont mené le mouvement avec un bond de 20 %, nullement influencées par le dollar canadien proche d’un sommet en 10 ans par rapport au dollar américain. Les actions des secteurs immobilier et financier ont aussi profité de la faiblesse des taux d’intérêt, tandis que la reprise récente se faisait plus lente dans le secteur TIC. L’énergie a été le seul secteur où le prix des actions n’ait pas augmenté. La baisse des taux d’intérêt en septembre a accéléré un délaissement du marché monétaire par les investisseurs qui dure déjà depuis six mois.

La récente progression boursière a incité les entreprises à continuer à émettre de nouvelles actions. En septembre, les nouvelles émissions se sont chiffrées à plus de 1,3 milliard un troisième mois de suite. C’est leur plus longue succession de gains en plus de deux ans. Les entreprises ont continué à substituer les capitaux propres aux capitaux d’emprunt à court terme. Leur dette à court terme a accusé une baisse de 1,6 %, sa plus imposante de l’année. Le délestage d’actions non voulues en accumulation pendant la panne d’électricité en août pourrait avoir contribué à cette diminution. À l’opposé, les consommateurs n’ont montré aucune aversion pour le crédit, faisant suivre une hausse de 1,1 % en juillet d’un gain de 0,8 % en août.

Économie régionale

Après l’impact négatif du SRAS ce printemps, l’Ontario est de nouveau affecté en août par les aléas d’événements ponctuels, cette fois la panne de courant sur l’activité et la nécessité de conserver l’énergie qui a suivi. Il en est résulté un autre recul au cours de ce mois des ventes au détail, qui enregistrent ainsi leur plus faible progression annuelle depuis les événements du 11 septembre 2001. Les exportations diminuent fortement, entraînant la baisse la plus marquée des livraisons manufacturières depuis le début de la série en 1992 après une hausse d’un mois en juillet.

La fabrication s’est également affaiblie au Québec, mais surtout en raison de l’exportation. Les livraisons se sont retrouvées à leur creux de l’année, les produits aéronautiques, avec plusieurs rondes de mises à pied annoncées au début de l’été, ayant pris le relais de l’informatique comme source de faiblesse. Elles se situent maintenant environ 30% sous leur sommet de juillet 2001. L’aéronautique et l’informatique expliquent près des trois quarts de la baisse des livraisons ces deux dernières années. Le recul de l’emploi manufacturier atteint environ 6% jusqu’à maintenant cette année. Les ventes de maisons existantes ont cependant repris de plus belle. L’Outaouais, la Mauricie et Montréal sont en tête avec les hausses de prix les plus fortes au pays, soit plus de 20% par rapport à il y a un an. Encouragées par le logement, les ventes au détail se sont accélérées avec un gain de 0,8% en août.

La force de la fabrication dans l’ouest contraste avec la faiblesse au centre du pays, en particulier en Colombie-Britannique où elle enregistre ses deux plus fortes hausses d’affilée en plus d’un an, entraînée par la demande intérieure. La demande des ménages en Colombie-Britannique mène la tendance au pays : les ventes au détail ont enregistré leur troisième hausse d’affilée, la plus forte en plus de deux ans, tandis que les mises en chantier atteignaient en septembre leur sommet de l’année. Les permis non résidentiels ont doublé depuis le début de l’année, alors qu’une reprise des exportations de bois d’œuvre compensait la baisse dans l’énergie et le papier.

Les Prairies sont la seule région du pays à avoir présenté un bilan favorable au plan des exportations qui ont bondi de 16% par rapport à leur valeur d’il y a un an, l’Alberta ayant pris le relais de la Colombie-Britannique dans ses exportations de gaz vers les États-Unis. Ses exportations de matières industrielles augmentent également fortement. Les livraisons alimentaires ont rattrapé toutes les pertes causées par la maladie de la vache folle en juin et juillet. Pendant ce temps, la récolte de céréales s’annonce plus prometteuse, alors que la sécheresse des deux dernières années a pris fin au printemps.

Économies internationales

Aux États-Unis, le PIB a crû de 1,7 % au troisième trimestre, le double de sa progression du deuxième trimestre et assez pour faire durer un taux de croissance de 3,3 % d’une année à l’autre. Les dépenses des ménages en sont demeurées le moteur. Nourries par des allégements fiscaux de 100 milliards (8 %), les dépenses de consommation se sont élevées de 1,6 %, offrant leur meilleur gain depuis la frénésie qui s’était emparée d’elles après les attentats du 11 septembre. La demande était toujours largement concentrée dans les biens durables, qui devaient présenter une hausse de près de 7 % un deuxième trimestre de suite. La baisse des prix des automobiles a attiré les consommateurs chez les concessionnaires et un marché florissant de l’habitation a aiguillonné les dépenses en meubles et en appareils électroménagers. La construction résidentielle s’est accrue de 5 %, connaissant sa progression la plus rapide du présent cycle qui dure depuis 1996. La fermeté imprévue de la demande a obligé les entreprises à dégarnir leurs stocks.

Les entreprises hésitaient toujours à dépenser et la hausse des investissements a eu des bases étroites en informatique. Les dépenses consacrées aux autres éléments d’outillage ont été inertes et les immobilisations en construction ont cédé en majeure partie le terrain gagné au printemps.

Le bilan commercial s’est amélioré avec une hausse des exportations et une stabilisation des importations après un extraordinaire gain au deuxième trimestre. Les dépenses des administrations publiques ont également été à plat après une montée de 11 % des dépenses militaires au printemps à cause de la guerre en Iraq.

L’industrie a encore repris de la vigueur, soutenue par un dollar plus faible et un redressement progressif de la demande des entreprises. La production manufacturière s’est accrue de 0,7 % en septembre. La production automobile a fait un bond de 6 % après un léger fléchissement causé par la panne d’électricité en août. L’outillage des entreprises a présenté un modeste gain un cinquième mois de suite, ce que l’on doit surtout au matériel de traitement de l’information. Les nouvelles commandes de biens d’équipement se sont encore raffermies. Les entreprises ont gardé bien en laisse leurs stocks de biens durables en septembre, lesquels ont diminué une 31e fois en 32 mois.

En septembre, la demande des ménages n’a guère montré de signes d’affaiblissement. Les mises en chantier d’habitations ont remonté à leur niveau record de juillet. Les ventes au détail se sont accrochées à leur gain d’août qui, après révision, est de 1,2 % au lieu de 0,6 %. Les prix à la consommation se sont élevés de 0,3 % en septembre grâce à des majorations respectives de 6 % et 1,5 % des prix de l’essence et de la viande de bœuf. Le prix du bœuf a crû de 10 % depuis un an, l’embargo à l’importation sur la viande de bœuf canadienne ayant porté les prix du bétail à des niveaux records. Si on fait abstraction des aliments et de l’énergie, on constate que l’IPC a augmenté de 0,1 %; c’est autant que sa hausse mensuelle moyenne de la dernière année.

Dans la zone de l’euro, la production industrielle a décru en août, perdant 0,4 % après un gain (révisé) de 1 % le mois précédent. Un brusque fléchissement de la production de biens durables de consommation et de biens d’équipement a dominé à ce tableau. Ces secteurs avaient pourtant fait monter la production le mois précédent. Si les biens de consommation ont évolué en baisse, c’est à cause d’un fléchissement de 0,1 % des ventes au détail. La vague de chaleur a poussé en hausse de 0,8 % les ventes d’aliments et de boissons, mais les autres ventes ont régressé de 0,7 %. L’excédent du commerce extérieur s’est contracté, les importations dépassant les exportations en croissance. Le commerce avec la Chine a été particulièrement animé avec des importations et des exportations en hausse de 15 % et 19 % respectivement. Les prix ont été stables en octobre, ce qui devait laisser le taux annuel d’inflation inchangé à 2,1 %, alors que le taux de chômage restait fixé à 8,8 % en septembre.

En France, la production s’est contractée en août après avoir été léthargique le mois précédent. En septembre, la confiance des consommateurs n’a pas changé pour un quatrième mois de suite, demeurant proche de son bas niveau en six ans et demi dans un contexte d’appréhensions persistantes au sujet de la sécurité d’emploi et de l’impôt. Les dépenses de consommation ont également été inertes et le taux de chômage a atteint son plus haut niveau en trois ans. Le taux d’inflation s’est établi à 0,5 % en septembre, entraîné à la hausse par le renchérissement des fruits et des légumes frais par suite des dommages causés par les longues chaleurs estivales.

En Allemagne, l’économie était toujours amortie par la faiblesse de la demande au pays comme à l’étranger. En août, la production industrielle a décru de 2,1 %, effaçant presque sa reprise du mois précédent. Les ventes au détail se sont détériorées, restant de 3 % à court de leur valeur d’août dernier. Le gouvernement a procédé à des réformes des retraites qui prendront effet au cours de la prochaine décennie, et ce, à cause du vieillissement démographique et du rétrécissement de la population active. Il a réduit de presque 16 milliards de dollars américains les charges fiscales et sociales (impôt sur le revenu et sécurité sociale).

En Grande-Bretagne, le PIB a progressé de 0,6 % au troisième trimestre, autant qu’au deuxième. Cette croissance a eu lieu uniquement dans les services, plus précisément dans les services aux entreprises et les services financiers. Il y a aussi eu un redressement dans le secteur touristique. Dans les industries de biens, la production n’a pas varié après avoir constamment évolué en baisse en 2001 et 2002. Cette situation s’explique par la faiblesse de la demande dans les autres pays membres de l’UE, notamment dans le cas des automobiles et des machines. En septembre, les nouvelles commandes ont été le plus en décroissance en deux mois. L’inflation a été stable, amenant la Banque d’Angleterre à ne pas toucher aux taux d’intérêt dans le mois.

Au Japon, la production industrielle a progressé de 3 % après avoir régressé de 0,7 % en août. Les exportations ont augmenté un troisième mois de suite, mais elles ont été devancées par les importations, en partie à cause du yen qui continue à monter. Une faible demande de consommation a gardé les prix en baisse; en septembre, l’IPC le cédait de 0,1 % à sa valeur d’il y a un an pour une 48e diminution consécutive. Le taux de chômage n’a pas bougé à 5,1 % et le rapport offres-demandes d’emploi s’est élevé en août, passant de 0,63 à 0,66.

En Chine, l’économie a crû de 9,1 % au troisième trimestre. Les répercussions du SRAS sur les dépenses de consommation se sont estompées, mais on note que le gros de l’expansion dans ce pays depuis le début de l’année a eu pour moteur des immobilisations en progression de 31 %. À Hong Kong, la déflation a ralenti après presque cinq ans de décroissance des prix. En septembre, les prix à la consommation étaient de 3,2 % moins élevés qu’un an auparavant; c’est moins que leur recul de 3,8 % en août.


* Basée sur les données disponibles le 7 novembre; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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