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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Octobre 2008

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

La production a offert de larges gains en juillet et l’emploi a fait de même en septembre. Les mois précédents, la croissance avait été maigre ou nulle. Que de tels gains se soient abruptement présentés après plusieurs mois de faiblesse semble indiquer qu’une partie de la mollesse de l’économie plus tôt dans l’année tenait à l’insuffisance de l’offre, et non pas de la demande.

Ces hausses contrastent vivement avec les signes perceptibles de détérioration de l’économie américaine en août et en septembre pendant une période de nette aggravation de la crise des marchés financiers aux États-Unis. Les indicateurs avancés ont fait voir au cours de l’été le fossé qui se creuse entre des conditions de croissance au Canada et des conditions de stagnation aux États-Unis. Aux États-Unis, l’indice non lissé a décru de 0,5 % en août après avoir reculé de 0,7 % en juillet. Au Canada, il a affiché de légers gains pour la période estivale.

Le marché boursier est révélateur des différences canado-américaines. Chez notre voisin du sud, la valeur des institutions financières a chuté, plusieurs grandes entreprises ayant déclaré faillite ou ayant été absorbées par l’État ou d’autres entreprises. Les actions des sociétés financières ont été les plus faibles de toutes aux États-Unis jusqu’à maintenant en 2008. Au Canada, en revanche, le secteur financier a présenté des pertes inférieures à la moyenne jusqu’à maintenant en 2008.

D’autres mesures révèlent que l’économie canadienne s’est largement écartée de l’économie américaine, du moins à court terme. Le plus notable serait l’emploi, qui a reculé pour le neuvième mois consécutif aux États-Unis, en septembre, mais qui a affiché une croissance de 1,1 % au Canada, au cours de la même période. En septembre, les ventes d’automobiles ont été stables dans notre pays, mais elles sont retournées à leurs bas niveaux de l’année aux États-Unis.

Marché du travail

En septembre, l’emploi a monté de 0,6 % (107 000 postes de plus), marquant sa meilleure avance mensuelle depuis mai 2006 (ce mois‑là, le nombre d’emplois avait augmenté de 94 000, mouvement suivi d’une baisse de 8 000 postes seulement en juin 2006). Le gain de septembre succède à une forte perte en juillet et à un redressement seulement partiel en août. Il devait laisser le niveau d’emploi en baisse de 0,1 % entre les deuxième et troisième trimestres.

Cette remontée de l’emploi s’explique en partie par une progression de 0,6 % de la population active qui devait répondre à la demande refrénée d’employeurs en quête de plus de main-d’œuvre. L’Alberta en est le meilleur exemple : la population active s’y est accrue de 25 000 personnes. Pour près de moitié, ce mouvement s’est opéré chez les jeunes et il a égalé les gains réalisés dans d’autres provinces.

Le gros de la croissance observée a eu lieu dans l’emploi à temps partiel, plus particulièrement chez les jeunes. Malgré ce mouvement, la masse des heures travaillées a augmenté de 1,2 % à cause d’une nette multiplication de ces heures en agriculture.

L’emploi agricole s’est élevé de 4,7 %. C’est le plus qu’on ait constaté de tout secteur d’activité. Il y avait eu une diminution le mois précédent où d’abondantes précipitations avaient nui aux travaux des champs. Un temps beaucoup plus clément en septembre a permis une récolte bien supérieure à la normale. Des derniers jours d’août à la fin de septembre, les producteurs de blé ont haussé leur estimation de la récolte de 27 % à 36 % de croissance en considérant ces conditions météorologiques favorables. La progression de l’emploi en agriculture (10 000 emplois sur 15 000) a surtout eu lieu dans les Prairies. Ces provinces ont aussi dominé pour la croissance de l’emploi dans d’autres industries de ressources après avoir connu des baisses plus tôt dans l’année, et ce, malgré la forte demande qui s’attache aux produits de base.

D’autres industries de biens ont continué à créer de l’emploi. Le secteur de la construction a ajouté 14 000 travailleurs. C’est là un taux d’accroissement de 10,4 % d’une année à l’autre, le plus qu’ait connu une industrie, et de loin. L’emploi manufacturier est resté en reprise une quatrième fois dans les cinq derniers mois.

Dans les services, l’emploi s’est accru de 0,5 %. Les services de santé ont apporté le gros de ce gain après une diminution en août. Les transports ont profité du besoin croissant d’acheminement des ressources naturelles et des produits manufacturés. Quant aux services aux entreprises, ils se sont remis de la perte cuisante subie au cours de l’été, mais restent de 5 % à court de leur niveau d’emploi en début d’année.

Les provinces des Prairies ont affiché les gains les plus rapides grâce à leurs ressources, mais l’Ontario et le Québec ont aussi eu droit à des hausses appréciables. La croissance de l’emploi en Ontario est venue des services de santé et d’une remontée en fabrication. Au Québec, le moteur a été la construction et la fabrication avec de nouveaux gains, tout comme les services de santé et les services aux entreprises. Il n’y a qu’en Colombie-Britannique que l’emploi ait nettement décru, ce qui s’explique en majeure partie par d’autres pertes d’emplois pour le commerce.

Indicateurs avancés

L'indicateur avancé composite a augmenté de 0,2 % en août, après n'avoir connu aucun changement en juillet. La croissance a touché 5 des 10 composantes, alors que 2 composantes sont demeurées inchangées et que 3 ont reculé.

La demande des ménages est demeurée la source de croissance la plus soutenue ces derniers mois. Les ventes de meubles et d’appareils électroménagers ont augmenté régulièrement, à la faveur d’un marché de l’habitation stable. Le nombre de mises en chantier a rebondi en août, et les ventes de maisons existantes se sont stabilisées au cours de l’été, après avoir accusé un recul à la fin de 2007 et au début de 2008. Par la même occasion, les services personnels sont devenus le principal moteur de la croissance de l’emploi dans le secteur tertiaire. Cependant, les ménages ont boudé les autres biens durables, ce qui s’explique par le ralentissement des ventes de véhicules automobiles au cours de l’été en réaction aux prix records de l’essence.

Le secteur manufacturier continue de se remettre d’un début d’année anémique. Les nouvelles commandes ont augmenté pour la troisième fois en quatre mois, avec l’aérospatiale et les biens d’équipement en tête de peloton. Les commandes de fer et d’acier étaient particulièrement fermes, ayant doublé au cours de l’année écoulée. La semaine de travail moyenne s’est prolongée pour la première fois depuis avril 2007. La reprise de la demande de main‑d’œuvre a été sentie dans le secteur manufacturier, dont le nombre d’emplois était en hausse en août pour la troisième fois en quatre mois.

Production

Le PIB réel a fait un bond de 0,7 % en juillet, progressant le plus en valeur mensuelle depuis septembre 2003 (à la suite de la panne d’électricité en Ontario en août). Près de la moitié de la progression était à mettre au compte de l’énergie dont la production avait baissé cinq mois de suite. À la reprise amenée par la fin de longs travaux d’entretien des plateformes extracôtières et des exploitations bitumineuses s’est ajoutée une remontée de la production dans les forages et l’exploration.

Par ailleurs, la production manufacturière continuait à se rétablir de son marasme au premier trimestre. Son gain de 1,3 % en juillet était le troisième en quatre mois. La production manufacturière le cédait toujours de 2 % à sa valeur d’octobre 2007. L’industrie des métaux de première transformation est demeurée le plus en croissance surtout grâce à la sidérurgie. Les industries de biens d’équipement ont aussi réalisé de nouveaux gains, notamment celles de la machinerie, de l’aérospatiale et des minéraux non métalliques. L’industrie de l’automobile a fait bande à part à cet égard, sa production ayant ralenti au cours de l’été en raison de la faiblesse des ventes aux États-Unis.

Comme l’extraction minière et la fabrication ont été en croissance rapide, les industries de manutention et de distribution de biens ont pu tirer parti d’une hausse de la demande. Les grossistes ont été au premier rang. La progression observée dans le transport ferroviaire et le camionnage a en partie été annulée par une troisième baisse consécutive dans le transport aérien, moyen de transport qui subit au plus haut point les conséquences du renchérissement des carburants.

D’autres services ont présenté de légers gains. Les services aux entreprises ne se sont que partiellement remis de leurs pertes des deux mois précédents. Les dépenses de consommation ont été tantôt stationnaires pour le commerce de détail, tantôt en baisse pour les jeux de hasard, l’hôtellerie et la restauration.

Demande des ménages

En juillet, le volume des ventes au détail n’a guère changé un troisième mois de suite. Les ventes de biens durables ont encore été gênées par la faiblesse des ventes d’automobiles et des hausses de prix ont amorti la consommation d’aliments et d’énergie.

Le secteur des biens durables demeure partagé entre une baisse de la demande dans l’industrie de l’automobile et de forts gains ailleurs. Le marasme des ventes d’automobiles qui a débuté en juin persistait en août avec le renchérissement de l’essence. Les dépenses en autres biens durables se sont élevées de 1,4 %, marquant une quatrième avance consécutive. Les ventes de meubles et d’appareils ménagers ont prédominé sur ce plan.

Sur le marché de la revente des maisons, la demande a diminué en août après n’avoir guère varié les deux mois précédents. La décroissance a largement été confinée dans les villes des côtes est et ouest.

Par ailleurs, les mises en chantier d’habitations ont remonté de 13 % en août pour ainsi reprendre tout ce qu’elles avaient perdu en juillet. Le gros de ce mouvement en dents de scie est imputable au secteur instable des logements multifamiliaux. Les mises en chantier des logements unifamiliaux ont offert un léger gain après avoir connu une tendance baissière depuis novembre 2007.

Commerce de marchandises

Les exportations canadiennes ont continué de croître, gagnant 2,2 % en juillet dans une succession ininterrompue de sept gains mensuels. À la différence de la plupart des autres mois de l’année, juillet a été marqué plus dans ce mouvement par les quantités que par les prix. Les exportations énergétiques ont accusé leur première baisse depuis octobre 2007, surtout parce que les services d’électricité aux États-Unis ont eu besoin de moins d’énergie pendant l’été. Ces exportations demeurent supérieures de 76 % à leur valeur d’il y a un an.

Pour remplacer l’énergie, il y a eu les machines et le matériel et les produits industriels comme moteur à l’exportation. Dans le premier cas, le matériel de forage et les aéronefs ont dominé et, dans le second, les métaux et les engrais l’ont fait.

Les exportations de la plupart des autres marchandises ont été contraires à leur tendance récente. On relève une hausse pour les expéditions de produits forestiers qui, au premier semestre, avaient oscillé autour d’une valeur de 2,1 milliards de dollars. Les exportations d’automobiles ont un peu monté, mais en le cédant toujours de 17 % à leur valeur de juillet 2007. Davantage d’usines d’assemblage de cette industrie ont temporairement fermé leurs portes en août. Les exportations agricoles ont légèrement diminué un deuxième mois de suite, notamment les expéditions de blé. L’offre céréalière a décru dans l’attente de la récolte automnale.

Les importations ont augmenté de 4,6 % et, là encore, les quantités ont joué un rôle déterminant. Tous les secteurs étaient en expansion avec l’industrie de l’automobile en tête après de solides ventes intérieures au premier semestre. Les importations de produits industriels ont présenté un neuvième gain consécutif; celui‑ci s’explique par une hausse de la demande qui, dans le secteur de l’énergie, s’attache aux canalisations (de pipeline) et aux câbles sous-marins (de transport d’électricité). Des investissements en hausse dans les entreprises ont aussi permis une progression de 2,9 % des importations de machines et de matériel qui, en volume, sont revenues à leur haut niveau record de mai.

Prix

De juillet à août, les prix à la consommation ont monté de 0,2 % après une croissance de 0,3 % le mois précédent. C’est toutefois moins que les hausses des trois derniers mois qui se sont établies en moyenne à 0,7 %. Si l’inflation a ralenti, c’est en majeure partie à cause des aliments et de l’énergie, indice d’un relâchement des vives pressions à la hausse sur les cours des produits de base au premier semestre.

Les cours énergétiques ont régressé de 3 %, marquant leur premier recul mensuel depuis octobre 2007. Le responsable en est surtout le prix de l’essence. La croissance des prix des aliments a également ralenti à la suite d’une modération du mouvement des prix céréaliers (le prix du pain a franchement diminué une première fois cette année), alors que les prix des légumes ont décru avec le début de la récolte locale.

Pendant l’été, les prix de la plupart des produits (les aliments et l’énergie mis à part) ont connu une modeste progression qui devait maintenir le taux annuel d’accroissement à 1,2 %. Les prix des biens n’ont guère évolué avec un renchérissement pour les biens durables et, en contrepartie, des remises de prix pour les vêtements. Le gros des pressions à la hausse sur les services est venu du coût du logement et des tarifs de transport aérien.

En septembre, les cours des produits de base ont diminué un deuxième mois de suite pour tomber à leur plus bas niveau depuis janvier. Les prix des aliments et de l’énergie ont décru d’environ 10 %. Les prix alimentaires ont régressé, car une abondante récolte céréalière était sur le point de se terminer dans le cas du blé et du canola. Le prix du pétrole brut a glissé sous la barre des 100 dollars le baril une première fois en six mois. Les prix des produits industriels ont été entraînés à la baisse par les métaux, plus particulièrement le nickel.

Les prix des produits manufacturés ont évolué vers le bas en août pour la première fois depuis octobre 2007. Le mouvement se limitait dans une large mesure aux hydrocarbures et aux métaux. Les prix étaient en hausse pour une majorité de biens, plus particulièrement pour des marchandises à l’exportation comme les automobiles et les produits forestiers. L’aiguillon était un taux de change réduit.

Marchés financiers

La bourse de Toronto a chuté de près de 15 % en septembre dans la tourmente des marchés financiers dans le monde. Presque toutes les composantes ont été mises à mal, mais les plus fortes baisses ont été relevées pour les métaux et l’énergie dont les actions ont perdu dans chaque cas plus du quart de leur valeur. Les actions des sociétés financières ont été la seule grande composante à échapper au massacre en septembre.

Les taux d’intérêt à court terme ont augmenté d’un demi-point pour les sociétés dans la seconde quinzaine de septembre, reflet de l’agitation des marchés financiers dans le monde. Le rendement des titres de l’État a décru. Pour les consommateurs, les taux hypothécaires à court terme ont accusé une légère baisse et les taux à 5 ans ont un peu monté.

Les flux financiers ont été épargnés en juillet et août par la crise grandissante du marché américain. Le taux de croissance du crédit des ménages a un peu remonté à 0,8 % en juillet. Le crédit à court terme des entreprises s’est élevé de 1,1 % en août; c’est son meilleur gain de l’année. Les sociétés ont délaissé pendant l’été les émissions d’actions pour les émissions d’obligations, les premières tarissant en août.

Économies régionales

L’économie ontarienne s’est distinguée pendant l’été, poussée en avant par l’habitation et la fabrication. Les ventes manufacturières ont fait un bond de 4,7 % en juillet; après des gains en mai et juin, les livraisons de cette province ont compensé toute leur chute de 8 % en décembre. Les métaux de première transformation ont prédominé dans la progression récente, gagnant un tiers depuis avril grâce à l’affermissement de la production sidérurgique. Les industries de biens d’équipement sont aussi demeurées en expansion. Une partie de cette croissance pourrait s’expliquer par la flambée des mises en chantier d’habitations, celles‑ci s’étant accrues de 81 % en août pour atteindre leur plus haut niveau depuis juillet 2005, accentuant ainsi leur tendance haussière depuis le début de l’année. Notons en particulier un déferlement des mises en chantier de logements en copropriété à Toronto. En juillet, les ventes au détail ont un peu monté de 0,1 %, mais dans le mouvement de ralentissement qui les caractérise depuis le début de l’année.

De même, les livraisons manufacturières au Québec ont présenté un troisième gain d’affilée. Dans une avancée de 2 % en juillet, les métaux de première transformation ont été en tête, se substituant aux aéronefs et aux hydrocarbures qui avaient nourri la croissance les deux mois précédents. Les ventes au détail au Québec demeurent les plus fortes au pays. Avec 0,7 % en juillet, cette province affichait une quatrième hausse consécutive. En août, les mises en chantier dans le secteur de l’habitation ont glissé sous le niveau des 40 000 logements pour la première fois cette année.

Dans l’Ouest canadien, la demande des ménages a continué à faiblir après d’amples gains en 2007. Le mouvement de ralentissement a été des plus prononcés dans le secteur de l’habitation. Dans les Prairies, les mises en chantier ont diminué de 23 % pour une troisième perte de suite, ce qui les laissait à la moitié de leur moyenne de 2007. En Alberta, les prix sont en baisse cette année sur le double marché de l’habitation neuve et de la revente. En 2007, ce secteur avait eu droit à des hausses difficiles à soutenir par la suite. Les mises en chantier ont régressé de 8 % en Colombie-Britannique, prolongeant le lent mouvement à la baisse qui est le leur cette année. De plus, les ventes au détail ont fait un pas en arrière d’environ 0,7 % aussi bien dans les Prairies qu’en Colombie-Britannique après un lent premier semestre. Dans cette dernière province, les livraisons manufacturières sont demeurées les plus faibles au pays avec de nouvelles pertes pour le bois. Les provinces des Prairies ont conservé le secteur pétrolier comme soutien.

Économies internationales

Aux États-Unis, la situation économique s’est nettement détériorée en août et en septembre, même avant que l’aggravation de la crise du crédit ne fasse sentir tous ses effets. Production industrielle, habitation, ventes au détail, voilà autant d’indicateurs qui ont fortement décru en août. Les premières données en provenance de sources aussi diverses que les directeurs des achats manufacturiers, les ventes des magasins à succursales et des concessionnaires automobiles et les flux de crédit révèlent toutes un large assombrissement en septembre de ce qui était déjà un climat de marasme. Cela se remarquait d’emblée à une nouvelle baisse de l’emploi en septembre, une neuvième de suite. Des données plus détaillées sur l’emploi en août ont démontré qu’un délaissement de la création de nouveaux emplois au profit d’une augmentation de licenciements est à la source de cet assombrissement.

La production industrielle a décru de 1,1 % en août. Comme fait marquant, notons une diminution de 16 % d’une production automobile ainsi ramenée à un minimum en 15 ans de 8,2 millions d’unités (aux taux annuels). Les matériaux de construction et l’outillage des entreprises ont aussi largement évolué en baisse. Les nouvelles commandes montrent que la faiblesse perdure. Pour compromettre la production en septembre, il y a aussi une grève de Boeing et l’ouragan Gustav qui a culbuté dans l’inaction environ la moitié de la production pétrolière et gazière de la côte américaine du golfe du Mexique.

Les ménages américains ont continué à tout resserrer. Dans le secteur de l’habitation, les mises en chantier ont perdu 6 % pour tomber à leur plus bas niveau depuis 1990. Et les mises en chantier et les ventes d’habitations neuves ont décru du tiers dans la dernière année. Sur le marché de la revente, les ventes ont régressé en août, renouvelant les pressions à la baisse sur les prix résidentiels. En août, les ventes au détail ont cédé 0,3 % après une perte en juillet, et ce, malgré un mouvement de reprise des ventes d’automobiles qui s’est renversé en septembre. Le crédit à la consommation a clairement baissé, en août, pour la première fois cette année.

Le secteur du commerce est demeuré encourageant. En juillet, les exportations se sont élevées de 3,3 % après avoir progressé d’autant en juin, aidées en cela par le renchérissement de produits de base comme les aliments et les métaux. Il reste que les prix à l’exportation ont été en baisse de 1,7 % en août. Pendant ce temps, les importations aux États-Unis s’accroissaient de 3,9 % en juillet, surtout grâce au renchérissement des hydrocarbures, dont les prix ont fortement diminué en août.

Dans la zone de l’euro, la croissance s’est faite plus lente en juillet et la production industrielle a fléchi un troisième mois de suite. La production était en baisse dans tous les grands secteurs avec notamment un recul de 5,7 % pour les biens durables de consommation. Les nouvelles commandes se sont légèrement redressées, mais on doit surtout ce mouvement au secteur instable du matériel de transport. Les importations (d’énergie en particulier) ont devancé les exportations en croissance, d’où un déficit commercial en juillet. Les dépenses au détail sont demeurées faibles, les consommateurs devant affronter un resserrement du crédit et une montée des taux de chômage et d’intérêt. En août, l’inflation a un peu faibli et son taux annuel s’est établi à 3,8 %.

En Allemagne, la production industrielle s’est contractée de 1,8 % en juillet, tandis que les nouvelles commandes accusaient une sixième baisse consécutive. La fermeté de l’euro et une décélération de la croissance mondiale sont venues amortir la demande. Des facteurs de production et des emprunts qui coûtent plus cher ont comprimé les marges bénéficiaires. En valeur réelle, les ventes au détail ont remonté en août après un été de faiblesse, mouvement favorisé par une baisse du prix du pétrole brut. Les taux aussi bien d’inflation que de chômage ont fléchi ce même mois.

En France, la production industrielle s’est redressée en juillet après avoir dérapé les deux mois précédents. Les nouvelles commandes ont augmenté un deuxième mois de suite, mettant fin à leur récent mouvement en dents de scie. Avec une demande tant intérieure qu’extérieure qui demeure terne, les entreprises ont continué à perdre de leur confiance en septembre et les consommateurs hésitaient toujours à délier les cordons de la bourse malgré un certain relâchement de l’inflation en août.

En Grande-Bretagne, la production industrielle s’est contractée en juillet un troisième mois de suite et, à l’exportation, la demande est restée en décroissance. Malgré le marasme persistant de l’habitation et la montée du chômage, les consommateurs se sont remis à dépenser en août, les détaillants leur consentant partout des remises de prix.

Au Japon, l’économie a continué à se ressentir de la faiblesse de la demande extérieure. Le bilan du commerce de marchandises est devenu déficitaire en août. Les exportations vers les États-Unis ont en effet périclité de 22 %, plus particulièrement dans l’industrie de l’automobile; les exportations vers l’Europe ont également diminué et les livraisons ont fortement ralenti à destination de la Chine et des autres pays asiatiques. Les importations ont progressé surtout à cause de la cherté des hydrocarbures. La confiance des consommateurs est restée faible, refroidie par les prix élevés de l’essence et des aliments et la stagnation des salaires. Enfoncés par le coût de la vie et la faiblesse de la demande, les bénéfices ont rétréci avec pour conséquence des réductions des dépenses d’investissement.

En Chine, les investissements des entreprises ont repris en août malgré les restrictions imposées à l’activité de construction pour les Jeux Olympiques. Les ventes au détail ont été fermes, car le taux d’inflation est tombé en août à un minimum de 4,9 % en 14 mois. C’est là une quatrième diminution mensuelle d’affilée qui est due à la modération de l’inflation alimentaire. En réaction et après cinq ans de durcissement de la politique monétaire, la Banque de Chine a abaissé les taux d’intérêt et assoupli en septembre les restrictions en matière de prêts.

Au Brésil, l’économie a battu son plein au deuxième trimestre. Le PIB réel s’est accru de 1,6 % depuis le premier trimestre, stimulé par les dépenses intérieures et les exportations. Les hausses salariales et la création d’emplois ont alimenté la demande, d’où une flambée des dépenses consacrées à des produits chers comme les maisons et les automobiles.


Note

* Basée sur les données disponibles le 10 octobre; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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