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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Septembre 2006

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

Au deuxième trimestre, le rythme de progression de la production en valeur réelle s’est modéré, passant à 0,5 %, ce qui est bien inférieur au taux d’accroissement de 0,9 % de la masse des heures travaillées. Les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ont continué, pour leur part, à permettre à la demande intérieure de progresser plus rapidement que le PIB. Le marché de l’habitation a reculé et les exportations ont stagné.

Au deuxième trimestre, le Canada s’est laissé devancer par l’Europe en général, le Royaume-Uni et les États-Unis sur le plan de la croissance. Dans la zone de l’euro, le taux de croissance économique a remonté à 0,9 %, ce qui tranche notablement sur la faible performance des dernières années. La croissance s’est aussi accélérée en Asie, plus particulièrement en Chine. La relance de la demande outre-mer au moment où la croissance se fait plus lente chez notre voisin du sud s’est répercutée sur la répartition de nos exportations : dans la dernière année, la reprise des livraisons outre-mer a en partie compensé une baisse des exportations vers les États-Unis.

Les investissements des entreprises ont augmenté d’environ 2 % en volume. Ils excèdent toujours de 10 % leur valeur d’il y a un an, et ce, malgré une baisse des bénéfices au premier semestre. Les entreprises ont continué à importer plus de machines et de matériel et le secteur pétrolier a soutenu la croissance des investissements en ouvrages d’art. Enfin, la construction de bâtiments a fléchi pour la première fois depuis 2004.

Le double recul de la construction résidentielle et non résidentielle au deuxième trimestre indique que les conditions météorologiques ont joué un grand rôle par opposition aux facteurs économiques. La construction avait été en plein essor au premier trimestre où le temps avait été singulièrement clément; au deuxième trimestre, l’activité dans ce secteur a repris des valeurs plus normales. Les mises en chantier d’habitations et les permis de bâtir témoignent d’une relance de la croissance au cours de l’été. Ajoutons que, sur le marché de l’habitation, les prix sont demeurés fermes. Ils sont en hausse de 10 % depuis un an, ce qui contraste vivement avec le fort ralentissement de cet indicateur aux États-Unis. Bien sûr, le gros de cette fermeté au pays est attribuable à l’Ouest canadien.

Aux États-Unis, le marché de l’habitation a considérablement ralenti au printemps et à l’été. C’est ainsi que, depuis le début de l’année, les exportations canadiennes de bois d’œuvre ont diminué de 20 %. Précisons toutefois que la faiblesse du marché américain de l’habitation n’a pas gagné les autres dépenses de consommation. En fait, les produits liés à l’habitation ont contribué à un ample gain des ventes au détail en juillet. Ce phénomène s’explique par la croissance soutenue de l’emploi au cours de l’été. Il y a aussi eu reprise pour ce qui est du patrimoine des ménages au premier trimestre, période où les gains boursiers l’ont emporté sur la croissance plus lente de l’avoir net dans l’habitation. Plus récemment, les cours pétroliers se sont modérés, ce qui favorisera d’autres réductions du déficit commercial, tout en dégageant des fonds pour les dépenses discrétionnaires.

Marché du travail

En août, l’emploi a un peu fléchi de 0,1 %. C’est le troisième mois de ralentissement consécutif depuis la large avance qui avait été marquée en mai. Dans sa composition, l’emploi s’est déplacé une fois de plus des postes à temps partiel (-2,1 %) vers les postes à plein temps (+0,3 %). La population active a aussi diminué, ce qui devait faire plafonner le taux de chômage à 6,5 %.

En août, le gros des pertes d’emplois est imputable au secteur public. Les facteurs qui ont joué sont de pertes dans le secteur de l’éducation et la fin des activités de recensement. L’industrie de la fabrication a aussi continué à éliminer des emplois. Les services aux entreprises ont dominé pour la croissance après un autre solide gain des investissements des entreprises au deuxième trimestre.

L’Alberta a offert le seul gain important surtout grâce aux services aux entreprises, mais ce mouvement a été inférieur à un bond de 1,0 % de la population active. En Colombie-Britannique, on a aussi observé d’amples gains dans le secteur des services aux entreprises, mais des pertes ont fait contrepoids dans le secteur de la fabrication. Dans les provinces centrales, moins d’emplois manufacturiers ont disparu, mais des diminutions dans les services ont entraîné l’emploi à la baisse dans l’ensemble. Les services financiers et publics ont été faibles tant en Ontario qu’au Québec. En Ontario, le taux de chômage est tombé sous la moyenne nationale après avoir dépassé celle-ci pour la toute première fois en juillet.

Indicateurs avancés

L’indice composite a progressé de 0,2 % en juillet, à la suite de l’augmentation (+0,3 %) révisée à la hausse enregistrée en juin. La croissance a été surtout attribuable aux composantes liées aux dépenses des consommateurs, tandis que le logement et les marchés boursiers ont connu un nouvel élan après leur marasme du printemps, eux qui avaient été le fer de lance de la croissance au début de l’année. Le ralentissement aux États-Unis a partiellement contrebalancé ces hausses et a fait s’accentuer la diminution des commandes de biens fabriqués au Canada.

Les ventes de meubles et d’appareils ménagers et celles d’autres biens durables ont augmenté d’environ 1%, soit les hausses les plus élevées des dix composantes de l’indice composite. Le nombre plus grand de mises en chantier a contribué au redressement de l’indice du logement. Le rythme des mises en chantier au cours de la première moitié de l’année dépassait celui de l’année dernière, ce qui contrastait fortement avec la situation aux États-Unis. La croissance vigoureuse en Alberta a incité la Société canadienne d’hypothèques et de logement à réviser à la hausse ses prévisions concernant les mises en chantier au Canada deux fois jusqu’ici cette année.

Au cours de l’été, le marché boursier a connu une reprise, certaines des plus grandes compagnies ayant fait des offres publiques d’achat. La demande accrue de services aux entreprises a également contribué à faire grimper la composante de l’emploi dans les services.

L’indicateur avancé des États-Unis a fléchi de 0,2 %. Cette baisse est survenue à la suite d’une diminution de 0,1 % le mois précédent et suggère que la croissance lente de l’économie américaine, qui s’est faite jour au deuxième trimestre, se poursuit.

Le nombre moins grand de livraisons à destination des États-Unis a continué de freiner l’activité de fabrication au Canada. Les nouvelles commandes ont été tout particulièrement faibles, ayant été en baisse de 0,9 %, soit leur fléchissement le plus important depuis le début de 2003. Le ratio des livraisons aux stocks est demeuré inchangé, grâce aux entreprises qui ont réagi rapidement à la situation en réduisant la production en réponse à la chute des livraisons.

Production

En volume, le PIB est demeuré inchangé en juin après avoir gagné (après révision à la hausse) 0,1 % en mai et 0,2 % en avril. L’économie est encore partagée entre les hausses dans les industries de services et les baisses dans les industries de biens, tableau largement caractéristique d’une situation où la demande intérieure est vigoureuse et où les exportations manquent de fermeté.

Dans les industries de biens, on a constaté des pertes dans l’industrie primaire et le secteur de la construction résidentielle pour un deuxième mois de suite. Dans les mines, la production a régressé un troisième mois de suite, ce qui s’explique avant tout par la situation de surabondance dans l’industrie du gaz naturel. La production agricole a également chuté avec de fortes baisses tant pour les cultures que pour les élevages. La récolte céréalière a souffert des conditions sèches dans les Prairies et la réouverture de la frontière américaine a fait baisser les cheptels bovins d’une valeur presque sans précédent avec tous les veaux qui ont été expédiés à notre voisin du sud.

La production manufacturière a été stable un deuxième mois de suite. Les industries de ressources sont demeurées en baisse, plus particulièrement les industries du bois d’œuvre et du papier. Ces pertes ont été compensées par de nouveaux gains pour les biens d’équipement et par une reprise dans l’industrie de l’automobile.

L’industrie tertiaire a été en progression, mais la croissance y a ralenti invariablement depuis quatre mois pour n’être plus que de 0,1 % en juin. Les administrations publiques ont cessé de dépenser en services. La demande de services chez les consommateurs s’est contractée, surtout dans le cas d’industries qui dépendent du tourisme comme celles des jeux de hasard et de l’hébergement, car les visites de touristes américains ont encore diminué. Le tiers des exploitants hôteliers ont déclaré des pénuries de main-d’œuvre, qualifiée ou non. Les services aux entreprises sont demeurés la principale source de croissance.

Demande des ménages

Les dépenses des ménages ont ralenti après avoir solidement entrepris l’année, ce qui s’explique avant tout par des baisses dans l’industrie de l’automobile et sur le marché de l’habitation. Les ventes d’automobiles se sont redressées en juillet et les mises en chantier d’habitations se sont accrochées à leur gain de juin.

En volume, les ventes au détail ont progressé de 0,2 % en juin, couronnant un deuxième trimestre où la croissance aura été de 2 % après un gain de 3 % au premier. Les ventes auront moins augmenté dans le mois sans doute parce que les consommateurs auront retardé l’achat de gros articles chers à la suite de la réduction de la TPS le 1er juillet. Voilà une des raisons pour lesquelles les ventes de véhicules ont baissé en juin avant de remonter en juillet.

Dans l’ensemble, les ventes de biens durables ont fléchi de 0,2 % en juin. Les ventes d’automobiles ont ralenti, mais la demande reste vive dans le cas de biens liés à l’habitation comme les meubles et les produits électroniques. Alléchés par les remises de prix, les consommateurs ont acheté près de 1 % de vêtements de plus, mais pas assez pour effacer entièrement la perte de mai.

En juillet, les mises en chantier d’habitations ont été stables à 237 000 logements (aux taux annuels). Une troisième hausse consécutive dans le cas des logements multifamiliaux a compensé une baisse dans le cas des logements unifamiliaux. Depuis le début de l’année, les mises en chantier augmentent à un rythme un peu supérieur à celui de l’an dernier. Il faut y voir en partie l’effet de ventes toujours fermes qui ont rétréci tout au long du mois de juin le carnet de logements invendus (plus particulièrement en Alberta et en Colombie-Britannique). Sur le marché de la revente, les ventes ont ralenti en juin et juillet, mais la demande est en hausse de 3 % depuis le début de l’année.

Commerce de marchandises

Au deuxième trimestre, l’excédent a diminué de moitié au compte courant, tombant à 4,2 milliards de dollars, ce qui s’explique avant tout par une réduction de l’excédent au compte des marchandises. Comme le prix du gaz naturel a baissé, l’excédent au compte de l’énergie a rétréci de 1 milliard de dollars, alors que, dans l’ensemble des autres comptes, les opérations se soldaient par un léger déficit pour la première fois depuis 1992. Il s’agit d’une conséquence d’exportations plus faibles (en particulier des produits de la forêt) et d’une forte demande à l’importation. Les investissements directs du Canada à l’étranger ont dépassé les investissements directs de l’étranger au Canada et nos placements en obligations étrangères ont encore fait un bond, puisque les non-résidents ont vendu plus d’obligations dites « Maple » au Canada.

Les exportations se sont redressées de 1,1 %, compensant en partie les baisses des deux mois précédents. La relance a été favorisée par un plafonnement du dollar canadien après son bond de 4,3 % des deux mois précédents qui avait eu pour effet d’abaisser les prix à l’exportation. Comme les importations ont un peu baissé à cause d’une diminution des prix, l’excédent commercial s’est élevé à 4,7 milliards de dollars.

Les exportations vers les États-Unis ont crû plus lentement que les exportations vers le reste du monde selon une tendance qui s’était amorcée tôt cette année et dans un tableau où il y a reprise de croissance en Europe et en Asie et ralentissement aux États-Unis. En fait, les livraisons vers les États-Unis se sont contractées de 0,3 % dans la dernière année (malgré des gains au compte de l’énergie), mais les exportations ont continué à croître dans l’ensemble avec des gains des livraisons de 22 % vers l’Union européenne et de 12 % vers le Japon.

L’énergie et les métaux rendent compte du gros de la croissance des exportations. La hausse relevée dans le cas de l’énergie faisait suite à une légère progression au deuxième trimestre et à une régression considérable au premier. Quant aux métaux, ils se sont constamment renforcés au premier semestre de 2006, atteignant de nouvelles valeurs records grâce au bond des prix du cuivre, du nickel et de l’or et à la forte demande de minerai de fer et d’aluminium.

Pour la plupart, les autres biens à l’exportation n’ont guère changé dans le mois. Dans une proportion de 4 % à 10 %, ils restaient en deçà de leurs valeurs respectives de juin 2005. Dans le commerce des produits forestiers, il y a eu de nouvelles pertes pour le bois d’œuvre; celui-ci était en chute de 20 % depuis janvier dans un contexte de contraction du marché américain de l’habitation. Dans l’industrie de l’automobile, les échanges ont encore été gênés par la faiblesse de la demande américaine de camions et d’utilitaires sportifs. Dans le cas des machines et du matériel, il y a eu un deuxième trimestre de recul pour les aéronefs, les biens industriels et les produits de TIC.

En valeur nominale, les importations se sont ressenties de la baisse des prix, plus particulièrement pour les machines et le matériel en forte baisse tout au long du deuxième trimestre. C’est ainsi que les importations se sont élevées en volume de plus de 4 %. La demande a été particulièrement ferme pour la machinerie industrielle. Par ailleurs, les importations d’automobiles ont continué à plafonner au deuxième trimestre après un premier trimestre de faiblesse. Les importations de biens de consommation se sont accrues de 2 %, suivant la tendance forte qui caractérise les ventes au détail cette année.

Prix

Les prix à la consommation ont un peu monté de 0,1 % en juillet, ce qui compensait leur fléchissement de juin. La stabilisation des prix fait suite à des augmentations d’une moyenne de 0,3 % pour les cinq premiers mois de l’année. D’une année à l’autre, le rythme de l’inflation a donc ralenti, passant de 2,8 % en mai à 2,4 % en juillet. En comparaison, le taux d’inflation s’est établi à 4,1 % aux États-Unis.

En juillet, les prix des biens durables et semi-durables ont baissé de près d’un point en partie en réaction à la diminution de la TPS. Ils ont le plus fléchi dans le cas d’articles chers comme les meubles, les appareils électroménagers, les automobiles et les bijoux. La réduction des taxes a aussi eu des répercussions sur certains services (téléphonie, restauration, etc.), mais les prix d’un grand nombre d’articles de moindre valeur comme les journaux et les vêtements n’ont guère évolué en baisse.

Les diminutions ont été contrebalancées par un bond de 2,6 % du prix de l’énergie. Le renchérissement de l’énergie a exercé des pressions à la hausse sur les composantes où celle-ci joue un grand rôle (tarifs d’avion et d’autocar, etc.). La taxation de l’alcool et du tabac s’est aussi alourdie. Enfin, les prix ont continué à monter sur le marché de l’habitation, notamment en Alberta.

Les cours des produits de base ont légèrement progressé en août après un important gain en juillet. Pour l’énergie, on relève un modeste gain; son prix a baissé après avoir fortement augmenté au début du mois à cause de l’escalade des hostilités au Liban. Pour la première fois depuis le milieu de juin, le prix du pétrole brut a clos le mois sous les 70 dollars américains le baril. Les cours de métaux étaient toujours en plein essor, surtout le prix du nickel (les pénuries de nickel ont forcé la bourse des métaux de Londres à prendre des mesures extraordinaires pour mettre de l’ordre dans les échanges).

La descente du prix du bois d’œuvre s’est accélérée. Le prix du papier journal s’est également affaibli quand on a annoncé une baisse considérable de 8,5 % de la consommation nord-américaine de janvier à juillet (à elle seule, la demande américaine s’est contractée du quart depuis l’an 2000, les exploitants voyant le nombre de lecteurs et d’annonceurs s’amenuiser et la taille de leurs journaux diminuer).

Le marasme de la demande de bois d’œuvre et de papier journal se remarque au plus haut point dans les exportations. En juin, les livraisons de bois d’œuvre sont tombées à leur plus bas niveau presque en trois ans. Elles étaient inférieures du tiers à leur dernière valeur de culmination en août 2004 (ce qui représente une perte de 4 milliards de dollars aux taux annuels). Dans le cas du papier journal, le recul a presque été aussi marqué avec une perte de 10 % dans la dernière année, ce qui donne pour la période écoulée depuis 2001 une baisse totale de 30 % soit plus de 3 milliards de dollars.

Les prix des produits fabriqués ont fait un bond de 1,7 % en juillet. Les métaux ont dominé à cet égard. Le nickel est en hausse de 40 % dans le mois et, pour le cuivre, le zinc et l’or, on relève des gains à deux chiffres. Il reste que l’affaiblissement du dollar s’est révélé un stimulant nécessaire pour des prix à l’exportation comme ceux des automobiles et des produits forestiers. Dans l’ensemble, les prix n’ont baissé en juillet que pour un seul des 21 produits de base (dont 16 ont été en hausse).

Marchés financiers

Les Canadiens ont acheté pour 18,8 milliards de dollars de valeurs mobilières à l’étranger au deuxième trimestre, les deux tiers en obligations et le reste en actions. Pendant ce temps, les investissements étrangers en valeurs mobilières canadiennes atteignaient un sommet en six trimestres. L’étranger a en effet acheté pour 9,1 milliards de dollars d’actions, et ce, malgré une baisse à la bourse de Toronto. Il s’est procuré pour 4,6 milliards de dollars d’effets du marché monétaire dans un contexte de diminution de l’écart entre les rendements canadiens et américains.

Le marché boursier a continué à se remettre de sa chute printanière, gagnant 2,1 % en août après avoir progressé de 1,8 % en juillet. À la différence de ce qui s’était passé les mois précédents, les actions de l’industrie primaire n’ont guère contribué à ce gain. Les actions liées à l’énergie n’ont pas bougé et les métallifères n’ont ajouté que modestement à leur bond récent. Ce sont plutôt les actions financières et les valeurs liées à la consommation de base qui ont prédominé.

Les taux d’intérêt à court terme n’ont pas changé et les rendements obligataires ont perdu près d’un quart de point, ce qui devait concourir à une baisse des taux hypothécaires. Le dollar canadien est resté un peu à court des 90 cents américains un troisième mois de suite.

Économies régionales

Dans l’année se terminant au deuxième trimestre, la construction résidentielle et l’activité de rénovation ont été en hausse de 8,5 %. En valeur nominale, c’est là un solide gain, mais la croissance s’est concentrée de plus en plus dans l’ouest du pays. Si on exclut le gain de 36 % de l’Alberta, la progression serait de 4,8 %, un peu plus seulement qu’aux États-Unis. Sans le gain de 23 % en Colombie-Britannique, elle serait encore moindre à 1,5 %.

En valeur nominale, la croissance de l’industrie de l’habitation a de plus en plus eu la hausse des prix comme moteur dans l’Ouest canadien. À Calgary, les prix de l’habitation neuve sont en hausse de 49 % depuis juin 2005 et, à Edmonton, de 28 %. C’est ainsi que, dans la dernière année, l’indice implicite des prix de l’habitation a augmenté dans l’ensemble de 6,2 %; c’est le double du rythme observé au milieu de 2005.

L’Alberta est demeurée le chef de file pour la croissance des ventes au détail en juin avec une valeur de 0,5 %. C’est la seule province à présenter un gain en dehors de l’Ontario. En Alberta, l’élévation du revenu du travail a été stable à un taux annuel de 11 %.

En Ontario, les dépenses des ménages ont repris pendant l’été. Les mises en chantier d’habitations se sont accrues un troisième mois de suite en juillet et les ventes au détail se sont redressées. En revanche, les mises en chantier et les ventes au détail se sont affaiblies en juin au Québec, et le marché de l’habitation était toujours en dérapage en juillet. On pouvait constater à l’été que, dans cette province, le secteur de la fabrication avait perdu 6 % de ses emplois au cours de la dernière année, situation pire qu’en Ontario (-5 %) où, les pertes avaient été les plus cuisantes. Au Québec, la valeur nominale des livraisons a été gonflée par les recettes des raffineries qui ont monté en flèche.

Économies internationales

Aux États-Unis, le fait le plus marquant a été la diminution qui s’accentue de la demande sur le marché de l’habitation en juillet. Les ventes de maisons existantes ont baissé de 4 %, subissant leur plus important recul depuis le début de l’année. Elles étaient inférieures de 11 % à celles de juillet 2005 et le parc de logements invendus était en hausse de 40 %. Les augmentations de prix ont ralenti sur le marché résidentiel, passant de 12 % l’an dernier à moins de 1 % en juillet. Les ventes d’habitations neuves étaient aussi en baisse de 4 % en juillet, ce qui devait inciter les constructeurs à ramener les mises en chantier à un minimum en deux ans de 1,8 million de logements, soit 13 % de moins qu’en juillet 2005. L’affaiblissement des prix de l’habitation a causé un ralentissement à une valeur de 2,1 % de la progression de l’avoir net des propriétaires au premier trimestre comparativement à une hausse moyenne de près de 4 % pendant les quatre trimestres précédents. Dans l’ensemble, le patrimoine des ménages est en progression accélérée cependant, en partie grâce aux gains boursiers.

Les dépenses des ménages sont restées fermes et les ventes au détail se sont élevées de 1,4 % en juillet. Les dépenses en automobiles ont dominé, les consommateurs réagissant aux encouragements à l’achat. Les ventes de produits autres que les automobiles ont aussi progressé de 0,7 % (il s’agit avant tout des vêtements et des produits liés à l’habitation) malgré le ralentissement des ventes de maisons. En août, l’emploi a progressé un peu plus rapidement que la moyenne des quatre mois précédents. Si les emplois en construction stagnent depuis mars, les services ont compensé cette faiblesse, plus particulièrement les services d’enseignement et de santé, les services professionnels et les services aux entreprises. La baisse du prix du gaz naturel a renforcé la confiance des consommateurs dans la seconde quinzaine d’août.

Le secteur industriel s’est encore affermi. En juillet, la production industrielle a monté de 0,4 %, ce que l’on doit avant tout à une demande en plein essor de services publics dans l’été le plus chaud qui ait été observé. La production automobile a diminué de 6 % et les entreprises ont sabré leurs stocks. En dehors de l’industrie de l’automobile, l’activité de fabrication a progressé de 0,7 % avec pour moteur une fois de plus l’outillage des entreprises. Une partie de la demande semble venir de l’étranger, puisque les biens d’équipement ont réalisé un nouveau gain de 2 % à l’exportation. La montée des exportations a stabilisé ces derniers mois le déficit commercial à une valeur approximative de 65 milliards de dollars malgré le coût croissant des importations d’énergie.

Dans la zone de l’euro, le PIB réel a crû de 0,9 % au deuxième trimestre, après un gain révisé de 0,8 % au premier trimestre, grâce aux investissements des entreprises et aux exportations. La production industrielle a faibli en juin cependant avec une reprise dans le cas de l’énergie et des baisses ailleurs en contrepartie. Les nouvelles commandes ont régressé partout après avoir vivement progressé en mai. Le commerce extérieur a été solide, laissant un excédent dans une situation où les exportations de produits chimiques, de machines et d’automobiles ont eu plus de poids que des importations d’énergie en hausse. Les consommateurs ont multiplié les dépenses, notamment en aliments, en boissons et en tabac, à l’occasion de la Coupe mondiale de soccer en Allemagne. En juillet, le taux de chômage a été stable à 7,8 %.

En France, l’économie a progressé de 1,1 % au deuxième trimestre pour connaître son meilleur régime de croissance en cinq ans avec pour principaux appuis les dépenses de consommation et la production industrielle. Les investissements des entreprises ont encore sommeillé, mais les exportations de biens d’équipement se sont accélérées. En juillet, l’emploi a crû à son rythme le plus rapide en cinq ans et le taux de chômage a baissé à 8,9 %, avec des gains dans les services, les finances et la construction et une perte en contrepoids dans l’industrie.

En Allemagne, le PIB réel s’est élevé de 0,9 %. C’est en plus de cinq ans son rythme le plus rapide et il le doit surtout aux investissements des entreprises, puisque la construction a secoué une léthargie ayant duré une décennie. En juin, la production industrielle a décru à la suite d’une deuxième baisse mensuelle des nouvelles commandes. En juillet, les consommateurs ont bien moins dépensé et le taux de chômage est demeuré inchangé à 10,6 %.

En Grande-Bretagne, l’économie a crû de 0,8 %, améliorant légèrement son rythme du premier trimestre. La production a ralenti en juin et les importations ont encore dépassé les exportations en croissance. Les dépenses de consommation ont battu leur plein et, en volume, les ventes au détail ont un peu baissé en juillet pour la première fois en 2006. Le taux de chômage a été stable à 5,4 %.

En Italie, le PIB a progressé de 0,5 %. La production industrielle s’est enlisée en juin dans des conditions de faiblesse des commandes. Les consommateurs hésitaient toujours à dépenser et, en volume, les ventes au détail ont accusé une cinquième baisse cette année. La confiance tant des entrepreneurs que des consommateurs a laissé à désirer.

Au Japon, le PIB réel a crû de 0,2 % avec des diminutions sur le marché de l’habitation et à l’exportation qui ont en partie contrebalancé des augmentations dans les investissements des entreprises et les dépenses de consommation. L’investissement a crû de 18 % cette année, la plus forte hausse depuis 1990. En juillet, la production industrielle a régressé, amortie par la faiblesse des exportations, bien que les commandes à l’exportation aient repris en août pour évoluer à leur cadence la plus rapide depuis plus d’un an. Les prix n’ont que peu gagné sur leur valeur d’il y a un an à cause d’une méthode révisée de calcul qui est venue modifier l’année de référence et le panier de produits. En juillet, le taux de chômage a faibli à 4,1 % et le rapport emplois-demandeurs a grimpé à 1,09, qui est son plus haut niveau depuis juin 1992.


Note

* Basée sur les données disponibles le 8 septembre; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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