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11-010-XIB |
| Conditions
économiques actuelles
Tableau sommaire - Indicateurs principaux Vue générale* La production en mai s’est remise d’un moment d’accalmie observé en avril, et la croissance de l’emploi a continué jusqu’en juillet. Le taux de chômage se situe à un creux record en 33 ans et les prix des produits de base demeurent élevés, mais les conditions se sont affaiblies sur les marchés financiers en réaction à une réévaluation des risques à l’échelle de la planète. Un des éléments les plus frappants de la conjoncture estivale est un redressement dans le secteur de la fabrication. Dans la reprise de juillet de l’Enquête sur les perspectives du monde des affaires, plus de fabricants ont déclaré vouloir augmenter que diminuer leur production au troisième trimestre. De cet optimisme témoigne la croissance de l’emploi manufacturier dans le mois, lequel a présenté son gain le plus imposant en près d’un an. Ce regain de moral et cette montée de l’emploi font suite à une forte valorisation du dollar qui, au deuxième trimestre, a dépassé les 95 cents américains.
Cette amélioration de l’activité en fabrication se remarque dans les chiffres de production au premier semestre de 2007. Après avoir constamment décru tout au long de 2006, la production du secteur de la fabrication s’est stabilisée au premier trimestre. Après une hausse en mai, elle devrait, selon les prévisions, afficher son premier gain trimestriel depuis les derniers mois de 2005. Dans ce retournement de situation, les industries de biens d’équipement dominent, comme celles de la machinerie et des minéraux non métalliques, dont les produits sont nécessaires à la croissance des investissements des entreprises. Ajoutons que les producteurs en aérospatiale et les fabricants de produits primaires (en dehors des produits forestiers) continuent eux aussi à présenter de bons résultats. Comme le chômage se situe à 6,0 %, on ne s’étonnera pas que les dépenses des ménages demeurent solides. En mai, les ventes au détail ont marqué leur meilleure avance presque en six ans. Parallèlement, les ventes ont atteint un rythme record au premier semestre sur le marché immobilier de la revente. La fermeté des dépenses des ménages au Canada contraste vivement avec la situation aux Etats-Unis où les dépenses de consommation ont ralenti au deuxième trimestre et où le marché de l’habitation est toujours en proie au marasme. La croissance globale ne s’en est pas moins accélérée aux États-Unis grâce à de forts gains sur le plan des investissements des entreprises et des exportations. Les exportateurs canadiens ont toutefois continué à diversifier leurs livraisons en s’éloignant du marché américain, pendant que le dollar canadien approchait de la parité avec le dollar américain. Marché du travailL’emploi a fait un maigre gain de 0,1 % en juillet; il y a surtout eu une croissance soutenue de l’emploi à plein temps. Comme la population active n’a pas varié, le taux de chômage est tombé à 6,0 %. Cette décroissance était concentrée chez les jeunes, cette partie de la population ayant vu l’emploi croître de 3 % dans la dernière année, plus que pour la population masculine et féminine d’âge adulte.
Les industries de biens ont augmenté la masse de leurs emplois le mois dernier et les industries de services ont fait le contraire, contrairement à la tendance observée au premier semestre. Dans ce revirement, le secteur de la fabrication a prédominé avec une hausse de 20 000 emplois. Par ailleurs, une forte baisse dans les services d’enseignement a entraîné l’emploi vers le bas dans les industries de services. Enfin, l’emploi est demeuré en croissance soutenue dans les services aux entreprises et les industries de distribution et de manutention de biens. L’Alberta a dominé parmi les provinces pour la croissance de l’emploi grâce à des gains dans les industries de services. Son taux de chômage est tombé à 3,3 %; à elle seule, l’Alberta rend compte de toute la baisse du taux national. L’Ontario a été la seule autre province à créer des emplois, puisque son secteur de la fabrication a su recouvrer environ la moitié de toutes ses pertes d’emplois au premier semestre. Dans cette province, le taux de chômage n’en a pas moins un peu monté, surtout à Toronto. En fait, le taux de 7,3 % à Toronto était nettement supérieur au taux de 6,7 % relevé à Montréal après avoir devancé celui-ci en juin pour la première fois dans l’histoire. En juillet, l’emploi n’a guère évolué dans les autres provinces. Indicateurs avancésEn juin, l’indice composite s’est accru de 0,2 % après une augmentation, révisée à la baisse, de 0,4 % en mai. Seulement cinq des dix composantes ont progressé, le nombre le plus bas depuis le ralentissement de l’automne dernier, lorsque deux composantes étaient demeurées inchangées et que trois avaient reculé. Les dépenses de consommation demeuraient le rempart de la croissance. La demande de consommation pour les meubles et les appareils ménagers a accéléré pour se traduire par une hausse de 0,7 %, la plus importante cette année. Les dépenses pour les autres biens durables ont aussi égalé leur sommet de l’année, stimulées par la vigueur des ventes d’automobiles. Les services personnels sont toujours la principale source de croissance de l’emploi dans les services. L’indice du logement a ralenti, tandis que la hausse des ventes de maisons existantes était contrebalancée par une réduction des mises en chantier dans la catégorie instable des logements multiples. Les mises en chantier de maisons unifamiliales ont continué de s’affermir. Tous les indicateurs de la fabrication se sont repliés. Les nouvelles commandes ont accusé leur premier recul de l’année, en particulier compte tenu du ralentissement des ventes d’automobiles aux États-Unis. La demande de biens d’équipement est demeurée forte, cependant, en particulier la demande de machines destinées au secteur pétrolier. Les livraisons ont stagné, ce qui a contenu le ratio des livraisons aux stocks. La durée hebdomadaire moyenne du travail a encore reculé. La forte appréciation du taux de change au deuxième trimestre s’est combinée à l’inertie de la demande américaine pour nos exportations. L’indicateur avancé des États-Unis a peu évolué et reflète toujours la faiblesse des marchés de l’automobile et de l’habitation. En partie pour cette raison, les exportations du Canada chez notre voisin du Sud n’ont augmenté que de 2,3 % au cours de la dernière année. Les exportateurs se sont donc tournés plutôt vers les marchés d’outre-mer, sur lesquels nos exportations ont augmenté de 31 % depuis mai 2006. ProductionLe PIB réel a recommencé à progresser avec un gain de 0,3 % en mai. En avril, il n’avait pas bougé et, en mars, le taux d’accroissement avait été révisé à la hausse à 0,4 %. Les services ont joué le premier rôle dans la hausse de mai et les biens ont subi des pertes dans le secteur primaire, ce qui contrebalançait les augmentations relevées en fabrication et en construction.
Les industries de services ont tiré parti de la fermeté des dépenses de consommation. Les détaillants ont eu droit aux gains les plus imposants, mais on constate des hausses aussi pour les services récréatifs (les jeux de hasard en particulier) et les services d’hébergement et de restauration. Dans ce dernier cas, il s’agissait de la première augmentation de l’année et les services d’hébergement se sont particulièrement ressentis de l’effet d’amortissement d’un dollar en progression sur les entrées de visiteurs en provenance des États-Unis. Les services aux entreprises et les services financiers ont encore solidement évolué en hausse, mouvement favorisé par la fermeté des échanges sur les marchés financiers et immobiliers. Des courants commerciaux en plein marasme ont ralenti la croissance dans les industries de biens. La production minière a diminué un troisième mois de suite principalement à cause d’une reduction à deux chiffres des activités d’exploration et de mise en valeur dans le secteur du gaz naturel. Par conséquent, cette industrie a reculé de 40 % depuis janvier seulement et fonctionne à son pire régime de la décennie. La faiblesse des cours du gaz naturel a sans cesse nui aux forages. Les cours pétroliers demeurent élevés par ailleurs, mais les forages de pétrole classique n’ont pas évolué en hausse, car l’industrie s’emploie à mettre en valeur les sables pétrolifères (qui exigent peu de forages). L’activité minière est restée en hausse grâce à des prix élevés. L’extraction des métaux s’est accrue de 6 %, ce que l’on doit à d’amples gains dans le cas du cuivre et du nickel. La production de mines non métalliques a fléchi, mais après 13 hausses consécutives pour une valeur totale de 30 %, cette industrie demeure un des secteurs les plus en croissance dans l’économie, reflet de l’augmentation de la production de potasse.
La fabrication continue à secouer sa léthargie de l’automne dernier. Son gain de 0,3 % en mai était le troisième en quatre mois et, par conséquent, la production excédait de 1,8 % son minimum d’octobre dernier. Les industries de biens d’équipement sont restées en expansion en s’appuyant sur les minéraux non métalliques et la machinerie. Ce sont des industries qui ont haussé leur production en fonction de la progression des investissements des entreprises, notamment en construction non résidentielle où un nouveau bond en mai devait porter le taux de croissance à 8 % depuis le début de l’année. Demande des ménagesEn volume, les ventes au détail ont fait un bond de 2,5 % en mai, ce qui représente leur augmentation mensuelle la plus considérable depuis novembre 2001. L’industrie de l’automobile a donné le ton avec une large majoration de la demande qui s’attache tant aux véhicules neufs qu’aux véhicules d’occasion. Les ventes unitaires de véhicules neufs ont fléchi en juin, mais pour le premier semestre de 2007, elles sont en voie de connaître leur deuxième année en importance dans l’histoire (un peu à court du record établi en 2002). La demande de vêtements chez les consommateurs a fait un bond de 4 %, aidée en cela par de généreuses remises de prix. Les prix des vêtements à l’importation ont diminué de plus de 4 % en mai à cause de la montée du dollar et, de ce fait, leur taux global de décroissance s’établit à 10 % depuis le début de l’année. La fermeté du marché de l’habitation a continué par ailleurs à stimuler les ventes de meubles et d’appareils électroménagers. Pour l’instant, les consommateurs ne dépensent pas davantage en d’autres biens durables comme les téléviseurs, secteur de consommation qui dominait au tableau de la croissance depuis le début de l’année. Les ventes de maisons existantes se sont encore renforcées en juin et sont toujours sur la voie de dépasser les ventes de l’an dernier sur ce marché. Jusqu’ici cette année, elles connaissent une croissance à deux chiffres dans la plupart des grandes agglomérations urbaines. Comme exceptions dignes de mention, il y a Calgary et Vancouver, où un renchérissement à deux chiffres a chassé un certain nombre d’acheteurs du marché de l’habitation. Le marché de l’habitation neuve reste plus discret que celui de la revente. Les ventes se sont sans cesse améliorées au deuxième trimestre, ce qui a entamé le carnet de logements invendus. C’est en partie de ce fait que les promoteurs ont favorisé les mises en chantier de logements unifamiliaux un troisième mois de suite en juin, bien que la moyenne soit de 5,8 % de moins qu’en 2006 pour le premier semestre. Les mises en chantier de logements multifamiliaux étaient en voie de dépasser un peu le sommet en 30 ans atteint l’an dernier malgré un léger recul en juin. Commerce de marchandisesEn mai, une valorisation accentuée du dollar canadien a fait diminuer les prix à l’exportation et à l’importation. Si les valeurs des exportations et des importations ont respectivement décru de 1,2 % et 1,4 %, c’est à cause de baisses de prix. En volume, exportations et importations ont été stables dans le mois. En mai, l’excédent global du commerce de marchandises est demeuré inchangé à 5,9 milliards de dollars avec une double réduction de l’excédent avec les États-Unis et du déficit avec le reste du monde. Le déficit avec les pays autres que les États-Unis est tombé de 3,4 milliards de dollars en février à 1,8 milliard en mai, soit à son plus bas niveau en près de six ans. Pour expliquer principalement cette évolution du déficit extérieur hors États-Unis, il y a une ample montée des exportations avec une hausse des livraisons d’aéronefs et une croissance soutenue des prix des produits industriels. Notons aussi une baisse des valeurs à l’importation par décroissance des prix en situation de valorisation du dollar. Comme les prix ont baissé, les volumes ont été moins touchés que les valeurs des produits agricoles, forestiers et automobiles à l’exportation. Les diminutions ont toutefois pu faire contrepoids aux augmentations en volume pour l’énergie (+1,3 %) et les machines (+3,8 %). Les exportations d’aéronefs ont battu un record en volume, excédant leur sommet antérieur de novembre 2001. Les prix ont continué à soutenir les gains valeur des produits industriels qui, en mai, se situaient à un niveau record de 9,2 milliards de dollars à cause de nouveaux sommets atteints par l’uranium, le minerai de fer et le nickel à l’exportation. Une demande accrue de pétrole brut et raffiné dans l’est du pays explique une hausse de 11,3 % des importations d’énergie. Les denrées agricoles qui, à l’importation, ont fait un maigre gain de 0,3 % dans le mois ont bien mieux évolué en volume, notamment les fruits et les légumes. En mai, la demande de machinerie d’origine étrangère a progressé; le taux de croissance est de 1,2 % en volume. À cause de diminutions des prix, les importateurs ont profité d’une baisse de 2,2 % sur leurs acquisitions de machines dans le mois. Enfin, les Canadiens ont continué à manifester un bel appétit pour les biens de consommation importés et leurs achats ne le cédaient que légèrement aux quantités records d’avril. PrixDe mai à juin, les prix à la consommation n’ont pas varié et le taux annuel d’inflation est resté à 2,2 % un troisième mois de suite. Les cours énergétiques ont plafonné au deuxième trimestre après avoir mené le mouvement des prix au début de l’année. Ce sont plutôt les prix de l’habitation neuve qui ont le plus agi sur l’inflation, notamment en Alberta. C’est ainsi que, dans cette province, le taux d’inflation est devenu presque le triple de la moyenne nationale avec 6,3 % en juin. Le mouvement des prix a ralenti pour un certain nombre de produits non énergétiques en début d’été. Les prix des vêtements ont chuté une fois de plus après l’effet d’amortissement en mai de la valorisation du dollar sur les prix des importations. Les prix des aliments ont constamment décru au deuxième trimestre, notamment ceux des fruits et des légumes qui ont un fort contenu importé. D’une année à l’autre, la croissance des prix des aliments a perdu un point entier par rapport à son sommet de 4,1 % en février malgré les prévisions d’un renchérissement de l’alimentation par une plus grande demande de biocarburants. En juillet, les cours des produits de base ont effacé en majeure partie les légères pertes subies en juin. Les cours énergétiques ont dominé à cet égard et les cours du pétrole brut ont approché de leur record de 78 dollars américains le baril à cause de la forte demande signalée dans le cas des raffineries américaines. Enfin, les cours des métaux sont demeurés en hausse; on a cependant relevé une baisse du prix du nickel. Un dollar canadien en plein essor a continué à amortir les prix reçus par les fabricants. En juin, les prix industriels ont diminué de 1,3 % après avoir régressé de 0,5 % le mois précédent. Le gros de cette décroissance est dû au taux de change, mais sans cela les prix auraient quand même fléchi de 0,5 %, surtout parce que les prix ont baissé pour les métaux d’affinage et l’essence. Marchés financiersLe dollar canadien a continué à monter, dépassant les 96 cents américains en juillet après une escalade rapide au deuxième trimestre. Cette montée a accompagné la première majoration des taux d’intérêt à court terme en plus d’un an. Les rendements obligataires ont été inégaux. Les taux pratiqués par le gouvernement fédéral ont un peu baissé en juillet, mais les taux des sociétés se sont élevés un troisième mois de suite. De même, on s’est mis à délaisser les valeurs plus risquées aux États-Unis.
La bourse de Toronto s’est repliée d’environ 1 % un deuxième mois de suite, essuyant ses premiers revers coup sur coup depuis juin 2006. Ce sont les valeurs immobilières et financières qui ont le plus perdu. Les métallifères ont continué à profiter du renchérissement des métaux, mais les actions liées à l’énergie n’ont pas tiré parti du renchérissement des hydrocarbures. En juin, la demande de crédit à court terme des entreprises s’est contractée pour la première fois en près d’un an. Une explication partielle en est un mouvement en faveur des émissions obligataires qui, un quatrième mois de suite, ont été de plus de 3 milliards de dollars. L’affaiblissement du marché boursier s’est traduit par un ralentissement des nouvelles émissions d’actions en juin. Économies régionalesLa demande des ménages au Québec est en tête de la croissance nationale. L’équité salariale a encore fait bondir les ventes au détail d’un remarquable 4,5 %, ce qui fait que la hausse jusqu’à maintenant cette année est de 7,6 %, devançant même les prospères Alberta (7,1 %) et Colombie-Britannique (6 %). Les mises en chantier ont continué de se relever pour atteindre leur plus haut niveau depuis septembre 2005. C’est surtout la construction d’unités multifamiliales qui a alimenté le marché en juin. Tout de même, les mises en chantier de maisons unifamiliales ont continué de se relever graduellement, le stock d’invendus n’a pas beaucoup bougé de son creux d’il y a dix ans. Les livraisons de biens d’investissement talonnent leurs sommets de l’année. Le secteur du papier et de l’imprimerie pèse sur la fabrication. Il s’agit là d’une des seules sources de faiblesse. Les économies des Prairies continuent de s’élancer à pleine vapeur. Les ventes au détail ont bondi de 2,7 % en mai. La demande de locaux à bureaux au centre-ville de Calgary a fait passer pour la première fois la valeur totale des permis dans cette ville à elle seule à plus de 1 milliard de dollars. Alimentées par la demande des ménages et l’investissement, les livraisons totales sont en hausse de 3,5 % en mai et de 6,5 % depuis le début de l’année. Des hausses à deux chiffres ont été enregistrées pour les livraisons de produits informatiques qui ont augmenté de plus d’un tiers en un an. Néanmoins, il reste que 76 % des livraisons de l’Alberta proviennent d’industries basées sur les ressources en mai, contre 65 % en 1997. La hausse est générale s’étendant à bien des secteurs à part celui des produits pétroliers. La Colombie-Britannique enregistre également une progression marquée des ventes au détail, de 1,7 % en mai après celles de 1,9 % en mars, de 0,6 % en avril. Les mises en chantier ont rejoint leur sommet de janvier. La faiblesse aux États-Unis a cependant fait baisser les exportations de la Colombie-Britannique. Seules les exportations d’énergie outre-mer ont ménagé une progression. La baisse des livraisons est généralisée, même si une grande partie en est attribuable à la forêt. L’Ontario est seule à enregistrer une baisse de ses livraisons depuis le début de l’année, laquelle se poursuit encore en mai ( 0,2 %). Cependant, le recul est concentré dans l’automobile. Ailleurs dans la fabrication, les industries reliées au textile et aux vêtements, si affligées en 2006, progressent de façon marquée. Les livraisons de cuir notamment ont doublé depuis décembre. Ces hausses surviennent alors que les ventes de vêtements ont crû de 8 % depuis un an au pays. Économies internationalesAux États-Unis, le PIB réel a porté son taux de croissance de 0,2 % au premier trimestre à 0,8 % au deuxième. Si la croissance s’est accélérée, c’est en grande partie à cause d’une augmentation des stocks et des dépenses fédérales et d’une diminution des importations. Les dépenses de consommation ont ralenti, car le mouvement d’élévation des revenus s’est enlisé. Les investissements des entreprises ont fortement repris et, sur le marché de l’habitation, le marasme s’est modéré. La demande des ménages a faibli généralement en juin. Les ventes au détail ont fléchi de 0,9 %, surtout en raison du ralentissement des ventes d’automobiles. Pour la première fois dans l’histoire, les modèles étrangers ont pris plus de la moitié du marché américain. Les ventes d’articles liés au logement ont également diminué avec les ventes sur le marché de la revente. Sur le marché de l’habitation neuve, les ventes et les mises en chantier n’en ont pas moins offert de maigres gains au deuxième trimestre. L’industrie américaine a eu de meilleurs résultats en juin. La production industrielle s’est élevée de 0,5 %, ce qu’elle doit à une reprise de la construction d’automobiles. Les nouvelles commandes ont également repris et une forte demande d’aéronefs a compensé une baisse dans le cas des autres biens d’équipement. Les livraisons d’aéronefs ont aidé à garder les exportations en croissance en mai, mais une flambée des importations de biens de consommation a fait monter le déficit commercial à 60,0 milliards de dollars. En mai, la production industrielle a remonté dans la zone de l’euro et tous les secteurs se sont remis de ce qui avait été une faiblesse généralisée en avril. Les nouvelles commandes se sont aussi redressées avec de forts gains pour les machines et le matériel de transport. L’excédent du commerce extérieur a diminué, car les exportations vers les États-Unis ont ralenti avec la valorisation de l’euro et l’affaiblissement de la demande américaine et les importations ont encore abondé en provenance de la Chine. Les consommateurs ont freiné leurs dépenses en mai après plusieurs mois d’achats soutenus. En juin, le taux d’inflation a été stable à 1,9 %, tout comme le taux de chômage à 6,9 %. En Allemagne, la production s’est redressée en mai. La production industrielle a recouvré la totalité de sa perte du mois précédent. Les nouvelles commandes ont fait un bond et la demande extérieure est restée vive malgré la valorisation de l’euro. Les consommateurs hésitaient cependant à dépenser, et ce, malgré la montée de l’emploi et les augmentations de salaire négociées. En volume, les ventes au détail ont décru de 1,8 % en mai. Le taux de chômage était toujours en baisse et le taux d’inflation était stable à 2 %. En France, la production industrielle a légèrement repris en mai après avoir soudainement régressé en avril. Les nouvelles commandes ont aussi évolué en hausse, mais à un rythme qui se relâche depuis mars. La demande de consommation stagnait toujours, malgré un taux annuel d’inflation qui est le plus bas de la zone de l’euro à 1,3 %. En juin, le taux de chômage est tombé à 8 %, soit à son niveau le plus bas en 25 ans, mais un des plus hauts de cette même zone. En Grande-Bretagne, la production a encore pris de la vigueur et le PIB s’est élevé de 0,8 % au deuxième trimestre; les secteurs de la fabrication et de la construction conduisants ce tournant. Au Japon, la production industrielle s’est accrue de 1,2 % en juin, mettant fin à trois mois de décroissance. Dans cette progression, il y a surtout eu comme facteur une production électronique et automobile qui bat son plein. Les prix à la consommation ont diminué un cinquième mois de suite et les ventes au détail ont reculé à cause d’une moindre demande intérieure d’automobiles. La demande extérieure est cependant demeurée solide, stimulant les exportations plus particulièrement à destination de la Chine et de l’Europe. En Chine, l’économie a crû de 11,9 % d’une année à l’autre au deuxième trimestre, prenant son rythme le plus rapide en 12 ans grâce à un excédent commercial en plein essor. En juin, le taux d’inflation a fait un bond, atteignant un sommet de 4,4 % en 33 mois, ce qui devait amener la troisième majoration des taux d’intérêt de l’année. Note* Basée sur les données disponibles le 10 août; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire. |
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