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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Août 2006

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

L’emploi et la production n’ont guère changé dans les estimations les plus récentes. Ils n’ont pu ajouter aux gains appréciables qu’ils ont réalisés plus tôt dans l’année. Les prix à la consommation et dans l’industrie ont évolué en baisse en juin.

Les consommateurs ont fait une pause en mai après avoir fait progresser les ventes au détail sept mois de suite. En juin, le marché de l’habitation est demeuré ferme, ce qui contraste vivement avec la situation aux États-Unis où le grand facteur de ralentissement de la croissance économique au deuxième trimestre a été le recul de la demande sur ce même marché.

La demande s’est améliorée ailleurs qu’aux États-Unis. La Chine a vu son économie croître à son rythme le plus rapide en plus d’une décennie. En Europe, la production industrielle s’est redressée en mai et, au Japon, la reprise de la demande a contribué à mettre un terme à six années de déflation. Ces gains ont concouru à un rebondissement des cours des produits de base en juillet; le mouvement s’est étendu de l’énergie et des métaux aux denrées agricoles. Le renchérissement des produits de base et la stabilité des taux d’intérêt ont enfin aidé à la relance boursière en juillet.

Marché du travail

L’emploi n’a guère évolué en juillet, connaissant un autre mois de plafonnement après l’ample progression de mai. Le changement le plus digne de mention a plutôt été une forte augmentation de la population active, plus particulièrement chez les femmes en Ontario. C’est ainsi que le taux de chômage a monté de 6,1 % à 6,4 %; ce gain est attribuable à l’Ontario dans une proportion des deux tiers.

Le secteur de la fabrication et l’industrie des transports ont éliminé des emplois en juillet. Ce sont les seuls secteurs non agricoles où l’emploi le cède à sa valeur d’il y a un an. En revanche, la construction et les ressources naturelles ont été les chefs de file pour la croissance de l’emploi au cours de la dernière année (augmentation de 7 %); l’éducation ne suivait pas loin derrière. Dans l’ensemble, la composition de l’emploi a continué à se déplacer des postes à temps partiel vers les postes à plein temps.

Le chômage a monté dans toutes les régions en partie parce que le taux d’activité s’est élevé partout sauf en Alberta et dans les provinces de l’Atlantique. Les provinces centrales ont encore subi le gros des pertes d’emplois en fabrication avec de forts gains pour compenser dans le commerce et la construction. En Alberta, l’emploi a plafonné après avoir pris des valeurs records en mai. C’est en Colombie-Britannique que l’emploi a crû le plus, surtout grâce à l’essor de l’industrie de la construction dans cette province.

Indicateurs avancés

L’indice composite a progressé de 0,2 % en juin, après avoir été révisé à la hausse à 0,4 % en mai. L’estimation pour le mois de mars a aussi été revue à la hausse à 0,6 %. Les dépenses des consommateurs continuent d’être le levier de la croissance, tandis que la faiblesse en fabrication a été moins prononcée. Par ailleurs, le logement et le marché boursier ont été les composantes les plus faibles, elles qui avaient été les fers de lance de la croissance au début de 2006.

Les ménages ont déplacé leurs dépenses du logement aux biens durables. Le logement avait mené la croissance au cours du premier trimestre, pour reculer légèrement au cours du deuxième trimestre. Les ventes de meubles et d’appareils ménagers ont augmenté de façon constante, tandis que les dépenses pour les autres biens durables ont rattrapé le recul enregistré au début de 2006 pour afficher une tendance à la hausse au cours des trois derniers mois. L’augmentation était sous l’impulsion du secteur hors automobile. Le secteur des particuliers a aussi aiguillonné l’emploi dans les services, devançant les services aux entreprises qui ont ralenti après un départ rapide au début de l’année.

Les composantes liées à la fabrication se sont légèrement améliorées. La semaine moyenne de travail et le ratio livraisons-stocks se sont redressés après avoir reculé le mois précédent. Les nouvelles commandes ont fléchi, bien que les estimations provisoires du mois précédent – qui indiquaient un recul – aient été révisées pour afficher une hausse. L’emploi dans la fabrication s’est stabilisé au cours du deuxième trimestre après avoir connu sept reculs consécutifs.

L’indicateur avancé au États-Unis a baissé de 0,1 %, son premier recul en un an. Le prix élevé de l’essence a eu une incidence négative plus prononcée sur la confiance des consommateurs aux États-Unis qu’au Canada, en raison de la plus grande rapidité des augmentations du prix de l’essence aux États-Unis et d’un marché de l’emploi plus ferme au Canada. Le nombre de permis de construire a aussi chuté, après avoir connu un regain de vigueur au cours des derniers mois causé par la reconstruction après les ouragans et un hiver doux.

Les indicateurs financiers ont été variables. La masse monétaire a crû avec régularité.

Production

En valeur mensuelle, le PIB réel est demeuré le même en mai avec de cuisantes pertes dans les mines et la construction qui ont fait contrepoids aux hausses relevées ailleurs. La production minière a régressé une quatrième fois en cinq mois. Le temps doux et la faiblesse des prix gaziers ont continué à amortir la production énergétique, alors que les mines métalliques voyaient leur production fléchir un cinquième mois de suite malgré des prix records en mai. L’activité de construction revenait toujours à des niveaux plus normaux après avoir été en plein essor dans les conditions clémentes du dernier hiver. Une reprise des mises en chantier d’habitations en mai et juin annonce une nouvelle période de gains.

Depuis le début de 2006, les services rendent compte de toute la croissance de l’économie. Le secteur tertiaire a encore progressé de 0,2 % en mai surtout grâce au commerce de gros, suivi à cet égard des industries des finances et de l’information qui ont enregistré de francs gains. Le secteur du transport de marchandises est demeuré en expansion dans un contexte d’accroissement du commerce. C’est notamment le cas des transports aérien et routier, et ce, malgré le renchérissement des carburants. Le transport urbain est le seul sous-secteur où la demande est en baisse depuis un an, en partie à cause de grèves en mai. Un grand nombre d’industries liées à la consommation ont marqué un temps d’arrêt après avoir haussé rapidement leur production ces derniers temps. Ce mouvement a partiellement été contrebalancé par une reprise des dépenses des administrations publiques, plus particulièrement pour le recensement.

Le secteur de la fabrication a offert son premier gain – encore maigre – de production de l’année. Cette croissance a des bases étroites. L’aérospatiale a continué à mener le mouvement avec une huitième augmentation consécutive, alors que l’industrie chimique profitait de la croissance de l’industrie pharmaceutique. Le secteur de l’affinage des métaux s’est ressenti de l’insuffisance de la production minière. Par ailleurs, le ralentissement de la construction résidentielle s’est répercuté sur le bois d’œuvre et les minéraux non métalliques. Jusqu’ici cette année, la production automobile continue à évoluer davantage en baisse au Canada qu’aux États-Unis, car la popularité des modèles fabriqués au Canada (en particulier les gros camions) a souffert de la cherté de l’essence.

D’après l’Enquête sur les perspectives du monde des affaires, les fabricants s’attendent à ce que leur production résiste bien au troisième trimestre après avoir traversé un deuxième trimestre de faiblesse. Les nouvelles commandes se sont améliorées, tandis que les stocks étaient gardés bien en main. Les secteurs du pétrole, des produits chimiques et des métaux étaient les plus optimistes, bien que des pénuries de main-d’œuvre aient encore nui à la production dans tout l’Ouest canadien.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail se sont contractées de 0,4 % en mai après avoir marqué sept grandes avances de suite. La demande s’est enlisée partout dans sa croissance : les biens durables ont subi les effets d’un ralentissement des ventes d’automobiles et les hausses de prix ont amorti la demande de vêtements, d’aliments et d’énergie. La perspective d’une réduction de 1 % de la TPS le 1er juillet (mesure annoncée dans le budget de mai) pourrait avoir retardé les ventes de gros articles chers et les détaillants ont réagi à cette annonce en abaissant leurs prix de 1 % en juin.

En dehors de l’industrie de l’automobile, les dépenses en biens durables ont battu leur plein, ce qui s’explique en partie par les remises de prix qui ont régulièrement été consenties depuis le début de l’année (pour une valeur totale de 2 % en mai). Les baisses de prix ont nettement contribué à une augmentation de la demande de téléviseurs, deuxième élément en importance sur le marché pour la croissance. La fermeté des ventes sur le marché de l’habitation a aussi entretenu une croissance rapide de la demande de meubles et d’appareils électroménagers. Par ailleurs, les achats de vêtements ont fléchi pour la première fois en neuf mois en partie parce que les consommateurs n’ont pas voulu payer davantage les articles de mode estivale.

Ils ont continué à ne pas tenir compte de la cherté de l’essence. Le prix élevé des carburants n’a donc pas influé outre mesure sur les types de véhicules achetés ni sur la consommation d’essence. Les camions et les utilitaires sportifs ont figuré pour 47,7 % des ventes du premier semestre; c’est à peu près autant qu’en 2005 (48,6 %) et en 2004 (47,9 %). La consommation d’essence a d’ailleurs toujours été en croissance soutenue.

Les mises en chantier d’habitations ont augmenté de 4,5 % pour atteindre en juin le niveau des 232 000 logements (aux taux annuels). C’est leur deuxième gain de suite. Il y a eu au printemps une forte contraction de mises en chantier, l’activité de construction revenant à des niveaux plus normaux après l’effet de stimulation sur cette activité de la clémence des conditions hivernales. Pour mener le mouvement, il y a eu les provinces des Prairies (et l’Alberta en particulier). L’Ouest canadien est la seule région à présenter une valeur supérieure de mises en chantier pour le deuxième trimestre. En Alberta, la construction a été stimulée par une forte montée des prix, ceux-ci étant en hausse de 41 % à Calgary et de 24 % à Edmonton depuis un an.

Les ventes d’habitations neuves ont atteint leur plus haut niveau depuis les derniers mois de 2004. Sur le marché de la revente, les ventes ont régressé en juin, mais conservent un rythme record pour le premier semestre. Enfin, les prix ont maintenu leur progression à deux chiffres.

Commerce de marchandises

La valorisation du dollar canadien a continué en mai à amortir la valeur tant des exportations que des importations dont les prix ont respectivement décru de 1,6 % et 1,2 %. L’excédent commercial gravite toujours autour des 4 milliards de dollars. Les exportations sont en baisse de 3 milliards de dollars depuis décembre, dont 1,7 milliard à cause de la diminution des revenus tirés de l’énergie, conséquence avant tout de la baisse des prix du gaz naturel. Ajoutons que, en volume, les exportations d’automobiles ont fléchi de plus de 10 %.

En mai, les exportations ont reculé de 0,2 %, ce qui les laisse un peu au-dessus du niveau des 37 milliards de dollars un quatrième mois de suite. En volume, elles se sont élevées de 1,4 %, mais les prix se sont trouvés amortis par la descente persistante des prix du gaz naturel et la montée en flèche du dollar canadien.

Si les revenus tirés des exportations ont décru, c’est surtout par suite d’une perte de 5 % subie dans les exportations d’énergie. Des prix élevés ont gardé le pétrole brut près de son haut niveau record atteint en avril, mais les prix du gaz naturel ont fléchi de près de 10 % en situation d’engorgement du marché nord-américain après un hiver clément. Les exportations de gaz se situent à moins de la moitié du record de 4,5 milliards de dollars établi en octobre 2005. Le gaz naturel sert surtout au chauffage et à la climatisation de l’habitation, mais le pétrole brut est employé pour plus de moitié dans les transports (le plus souvent sous forme d’essence dont la demande est restée ferme).

On a aussi relevé des baisses des exportations de produits forestiers et alimentaires. Pour les produits forestiers, c’est un quatrième recul consécutif, car la demande de bois d’œuvre a faibli aux États-Unis. Le blé a constitué le facteur premier de baisse dans le cas des produits alimentaires, mais la demande mondiale est toujours ferme et, en juillet, les prix ont atteint leur niveau le plus élevé en 10 ans, les intempéries ayant étouffé les cultures aux États-Unis et en Europe. Les métaux ont fait bande à part dans ce contexte de faiblesse des exportations de ressources, s’appuyant sur les francs gains réalisés pour l’or et le cuivre.

Les exportations de produits fabriqués se sont redressées en mai. Les automobiles se sont remises de leur faible performance d’avril. Les revenus tirés à l’exportation des machines et du matériel ont été stables malgré une forte baisse des prix. Des hausses dans le cas des produits de haute technologie ont en effet compensé des pertes dans le cas des aéronefs. Cette année, les ventes d’aéronefs se sont caractérisées par des pertes pour les porteurs régionaux qui ont plus que contrebalancé des gains pour les avions d’affaires.

La diminution des prix a aussi allégé la facture de nos importations (-0,8 %) en mai. La tendance foncière en volume des importations autres que de produits énergétiques est ferme depuis le début de l’année, indice de la vigueur des dépenses des consommateurs et des entrepreneurs canadiens. Les importations de machines et de matériel se sont redressées de 1,9 % en mai. Elles ont atteint un niveau record en volume surtout grâce à la demande insatiable du secteur pétrolier. En volume, les importations de biens de consommation ont également été en croissance soutenue, puisque les prix ont baissé de près de 4 % depuis janvier. L’industrie de l’automobile a fait exception en raison de la double faiblesse des ventes et de la production au Canada. Enfin, les importations pétrolières se sont contractées depuis que les raffineurs ont reconstitué leurs stocks en avril.

Prix

De mai à juin, l’IPC a fléchi de 0,1 % après trois hausses consécutives d’une valeur totale de 1 %. C’est ainsi que le taux annuel d’inflation a ralenti à 2,5 %, égalant sa moyenne du premier semestre.

Les prix ont diminué en juin pour une grande diversité de biens. Une explication partielle en est que les détaillants en général et les concessionnaires automobiles en particulier ont abaissé leur prix pour que les consommateurs ne reportent pas leurs achats après le 1er juillet, date à laquelle la TPS devait être réduite de 1 %. D’autres diminutions de prix ont été de plus de 1 % et paraissent liées davantage aux baisses en accélération des prix à l’importation cette année, notamment pour ce qui est des vêtements et des produits électroniques. Précisons enfin que les consommateurs ont payé leur énergie un peu moins cher en juin après les fortes hausses du printemps.

L’habitation est demeurée la grande source de pressions à la hausse sur les prix, principalement à cause de l’escalade du prix de l’habitation en Alberta. Les aliments ont également renchéri, les fruits et le pain avant tout. Le prix du pain a monté de 7 % depuis un an, car les cours du blé ont fait un bond sur le marché mondial.

Les cours des produits de base ont approché de leur sommet récent après avoir un peu évolué en baisse les deux mois précédents. Tous les grands secteurs ont contribué à ce mouvement. Dans les cours énergétiques, c’est le pétrole qui prédomine (avec les derniers conflits au Moyen-Orient qui ont poussé les prix en hausse), sans oublier le gaz naturel (avec une vague de chaleur aux États-Unis qui a fait monter les prix). Les cours des métaux ont progressé à cause du nickel dont le prix a atteint un niveau record.

Les prix des produits agricoles se sont redressés cet été après avoir été à la traîne des autres produits dans leur montée actuelle. Le blé a mené sur ce plan, son prix s’étant accru de près du tiers à cause du temps très chaud et sec qui a endommagé les cultures aux États-Unis et en Europe. Ce sera là un bienfait des plus nécessaires pour les producteurs de blé dont les recettes monétaires ont décru l’an dernier à 1,7 milliard de dollars, tombant à leur plus bas niveau depuis 1978. Dans ce mouvement, la floriculture (à 2,0 milliards de dollars) a devancé le blé pour la première fois dans l’histoire comme culture commerciale dominante. Les autres céréales avec le maïs ont profité de l’augmentation de la demande d’éthanol.

En juin, les prix des produits fabriqués ont diminué de 0,4 %. Un fort recul des prix des métaux affinés a surtout joué comme facteur. Ces mêmes prix avaient été portés à des niveaux records en avril et mai. Il n’y a que trois autres produits dont les prix soient en baisse. C’est partiellement la confirmation de la rapidité avec laquelle la diminution du taux de change a pour effet d’augmenter les prix.

Marchés financiers

Les taux d’intérêt à court terme n’ont pas changé au Canada, bien qu’ils aient continué à monter aux États-Unis. Ainsi, le taux de base s’est établi à 8,25 % aux États-Unis et à 6 % seulement au Canada. Les rendements obligataires à 10 ans sont inférieurs de près d’un point entier au Canada. Après avoir gravité autour des 90 cents américains trois mois durant, le dollar canadien s’est replié à 88 cents en juillet.

Le marché boursier s’est remis de sa correction printanière, gagnant 2 % en juillet. Cette reprise tient en majeure partie au retour à la croissance de la demande de métaux et à des gains pour les actions financières et immobilières. Les entreprises ont continué en juin à marquer nettement leur préférence pour les nouvelles émissions d’actions et le remboursement de leur dette à long terme.

Économie régionale

Toutes les composantes de la demande des ménages poursuivent sans relâche leur ascension dans les Prairies. Les ventes au détail ont encore augmenté en mai et sont en hausse de près de 10 % depuis décembre. Les mises en chantier ont augmenté à 51 000 unités (au taux annuel) en juin pour se retrouver près de leur sommet de tous les temps enregistré en mars. Près de 10 000 personnes s’additionnent aux chiffres de la population de l’Alberta chaque mois cette année, ce qui représenterait pour eux seuls un besoin de 50 000 logements supplémentaires environ par an. En effet, selon les données du recensement de 2001, chaque ménage en Alberta était constitué en moyenne de 2,6 personnes.

Après avoir connu un lent départ à l’entrée du deuxième trimestre, la conjoncture se raffermit rapidement en Colombie-Britannique. La construction non résidentielle était demeurée forte plus tôt dans l’année et son impact se fait sentir en mai sur la production manufacturière.

L’Ontario a encore principalement compté sur le secteur du logement pour sa croissance, alors que les mises en chantier ont continué de se relever en juin par rapport à leur bas niveau d’avril. Les exportations et les livraisons du secteur automobile ont cependant continué de baisser malgré la reprise à partir des usines canadiennes des fabricants étrangers. Cette faiblesse a eu un effet négatif sur les ventes au détail qui ont enregistré un repli de 1,9 %, le plus marqué au pays.

La demande des ménages est aussi demeurée lente au Québec. La fabrication reprend cependant, tout comme dans l’Ouest. Les livraisons ont bondi de 3,2 % en mai, entraînées par les biens d’investissement qui compensent largement la chute soudaine de plus du tiers des livraisons dans les raffineries à la suite d’arrêts temporaires pour l’entretien. Les livraisons ont augmenté de 67 % pour l’équipement de transport (dont près de 600 millions de dollars d’aéronefs), de 11 % pour les métaux de première transformation, de 9 % pour les produits électriques, de 5 % pour les machines et de 3 % pour les produits fabriqués en métal. Les métaux sont destinés à l’exportation et les aéronefs, au marché canadien.

Économies internationales

Aux États-Unis, le PIB réel a progressé de 0,6 % au deuxième trimestre; c’est moins de la moitié de sa croissance au premier trimestre. Le gros de ce ralentissement est imputable au marché de l’habitation, qui s’est contracté pour la première fois en plus de trois ans. Les dépenses de consommation ont également ralenti, plus particulièrement dans le cas des biens durables, et les revenus réels n’ont augmenté que légèrement. La croissance a de plus en plus dépendu des investissements des entreprises et des exportations. L’un et l’autre de ces indicateurs ont ralenti après une vive progression au premier trimestre. On a révisé à la baisse (0,3 point) la croissance du PIB pour chacune des trois années précédentes.

Les nouvelles commandes ont augmenté pour la quatrième fois en cinq mois, surtout dans le cas des biens d’équipement et des aéronefs. C’est ce dont témoigne une production industrielle en hausse de 0,8 % en juin. C’est ainsi que l’utilisation de la capacité de fabrication a fait un bond et est passée à 81,1 %, nouveau sommet dans le cycle en cours, et ce, malgré un gain de 2,4 % de la capacité dans la dernière année grâce à des investissements supérieurs des entreprises. Dans l’industrie minière, l’utilisation de la capacité a atteint son niveau le plus élevé en cinq ans (91,1 %), bien que les exploitations pétrolières et gazières du golfe du Mexique ne soient pas revenues à leur niveau antérieur à l’ouragan Katrina.

En mai, les exportations se sont élevées de 2,4 % (elles ont gagné 12 % d’une année à l’autre), ce qu’elles doivent aux biens d’équipement. Le déficit commercial s’est toutefois alourdi un peu, car le prix du pétrole à l’importation a monté de 5 $ à 61,7 $ le baril, ajoutant ainsi 4 milliards de dollars à la facture globale des importations. Les importations hors énergie ont légèrement évolué en baisse.

Le marché de l’habitation a continué à s’affaiblir. Les mises en chantier d’habitations ont fléchi de 5 %. Elles ont reculé de 11 % depuis un an. Sur le marché de la revente, les ventes ont régressé de 9 % depuis juin 2005, ce qui a fait tomber le rythme de renchérissement de l’habitation de 12 % l’an dernier à 1 % seulement cette année.

En juin, les ventes au détail ont été inertes un deuxième mois de suite. Les ventes d’automobiles ont fléchi un deuxième mois d’affilée elles aussi, bien que, exprimées en unités, elles aient augmenté en réaction aux remises de prix. En dehors de l’industrie de l’automobile, la demande est restée stable, tout comme la confiance des consommateurs, et ce, malgré les prix élevés de l’essence.

Dans la zone de l’euro, la croissance économique a changé de régime en mai. La production industrielle a fait un bond de 1,6 % dans un contexte de vive reprise de tous les secteurs sauf celui de l’énergie. Les nouvelles commandes ont progressé de 2,3 % et la demande a été ferme partout. Le déficit du commerce extérieur s’est alourdi en mai avec une hausse des importations d’énergie qui a continué à contrebalancer les gains relevés pour les produits chimiques, les machines et les automobiles à l’exportation. Les dépenses de consommation ont été léthargiques et le taux d’inflation a été stable à 2,5 % en juin. Le taux de chômage a faibli à 7,9 %.

En Allemagne, la production a battu son plein en mai, la production industrielle ayant amplement monté à la suite d’une vague récente de grèves et d’intempéries. Les nouvelles commandes ont un peu régressé cependant, parce que les entreprises ont commencé à perdre de leur confiance devant la cherté persistante des hydrocarbures. Les exportations sont restées vigoureuses malgré la fermeté de l’euro, et la demande de consommation a été stimulée par la Coupe du monde de soccer, qui a stimulé les ventes au détail un troisième mois de suite en juin. Ce même mois de juin, le taux d’inflation a fléchi à 2 %.

En France, la production industrielle a continué à évoluer en dents de scie en mai, regagnant 2 % pour ainsi plus qu’effacer sa perte d’avril. Les nouvelles commandes se sont élevées une première fois cette année grâce au regain de confiance des entreprises. Les dépenses de consommation ont décru, car le taux annuel d’inflation a fait un bond à 2,4 % en mai.

En Grande-Bretagne, la production industrielle a légèrement repris en mai, aiguillonnée par la vigueur de la demande intérieure. De fortes dépenses de consommation, jointes au prix élevé du pétrole, ont continué de soutenir les importations, alors que les exportations étaient encore amorties par la constante valorisation de la livre.

Au Japon, la demande de consommation a un peu repris en juin et les prix se sont élevés un huitième mois de suite au-dessus de leurs niveaux d’il y a un an. La fin apparente de la période de déflation devait inciter en juillet la Banque du Japon à hausser les taux d’intérêt pour la première fois en six ans. Le taux de chômage a un peu monté à 4,2 %, mais 108 emplois étaient disponibles pour 100 demandeurs.

En Chine, l’économie a crû de 11,3 % au deuxième trimestre, prenant sa cadence la plus rapide presque en 12 ans à la faveur de la montée des exportations et des investissements des entreprises. En valeur mensuelle, l’excédent commercial a atteint en juin un niveau record de 14,5 milliards de dollars américains. Les exportations se sont élevées de 23 % et les importations, de 18,9 % d’une année à l’autre. Les réserves de devises se montaient à 941 milliards de dollars américains à la fin de juin, la Chine dépassant le Japon comme premier pays détenteur de réserves au monde.


Note

* Basée sur les données disponibles le 4 août; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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