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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Juillet 2005

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

Au début du deuxième trimestre, il y a eu un important gain de production. La demande des ménages est demeurée le moteur de la croissance, alors que la fabrication et les mines se redressaient après leurs pertes de l’hiver. L’emploi s’est raffermi tout au long du deuxième trimestre.

Les consommateurs ont continué en avril à faire main basse sur les gros articles chers au détail. Des baisses de prix et une solide progression de l’emploi ont nourri la croissance. La faiblesse des taux d’intérêt a aussi conféré de la stabilité à la demande sur le marché de l’habitation. Un certain nombre de services ont également été fermes, ce qu’on a notamment constaté pour les ventes dans les restaurants dans l’ouest du pays.

Les projets d’investissement des entreprises ont pris leur envol au printemps, comme en témoigne une flambée de la délivrance de permis de construire et de l’adjudication de contrats. Ce mouvement ne se manifeste par un accroissement des dépenses d’investissement qu’avec lenteur cependant, parce qu’un grand nombre des projets d’immobilisations nécessitent une longue mise en valeur.

Par ailleurs, l’excédent commercial s’est trouvé favorisé par une autre amélioration des termes de l’échange en avril, mois où les prix à l’exportation ont fait un bond de 2 %. Une grande diversité de produits primaires à l’exportation était toujours en croissance; dans le mois, ce sont la potasse et les viandes de transformation qui ont dominé sur ce plan.

Les cours des produits de base ont atteint de nouveaux sommets en juin surtout grâce aux hydrocarbures et aux métaux. Cela a aidé la bourse de Toronto à porter son indice au-delà des 10 000 pour la première fois presque en cinq ans. Le dollar canadien est parvenu à un sommet en trois mois malgré la montée des taux d’intérêt aux États-Unis.

En dépit de la cherté des produits de base, l’IPC a vu son taux de progression depuis mai 2004 ralentir à 1,6 %. C’est son niveau le plus bas depuis plus d’un an et presque la moitié du taux américain de 2,8 %. La baisse des prix à l’importation a entraîné vers le bas les prix des biens durables et semi-durables.

Marché du travail

En juin, l’emploi s’est accru de 0,1 %, couronnement d’un solide deuxième trimestre où son taux de croissance s’est établi à 0,4 % après s’être limité à 0,1 % au premier trimestre. Ajoutons que l’emploi à plein temps a fait un bond de 0,4 %, qui devait plus que compenser la contraction de l’emploi à temps partiel. Comme la population active a été stationnaire, le taux de chômage est tombé à 6,7 %, soit au bas niveau historique où il se situait en 2000 et en 1976. La Colombie-Britannique et l’Alberta ont dominé au tableau des baisses de taux de chômage, avec 5,7 % et 3,5 % respectivement, en partie à cause de taux d’activité moindres. Il s’agit des taux de chômage les plus bas jamais enregistrés dans ces provinces sauf au début de 1981.

Le secteur des ressources naturelles et l’industrie de la construction sont restés les chefs de file en fait de croissance de l’emploi, ayant gagné près de 10 % depuis juin 2004. Ils sont à l’origine de plus des trois quarts de l’augmentation de l’emploi dans le secteur privé depuis 12 mois. Pour les services aux entreprises, on a continué à observer de solides gains. Dans le secteur des loisirs et de l’hébergement, on a toutefois relevé des baisses qui s’expliquent en partie par une chute du nombre de visiteurs américains (baisse de 9 % d’une année à l’autre en avril).

Les provinces centrales ont pris le relais des provinces de l’Ouest pour la croissance mensuelle de l’emploi. Le Québec s’est particulièrement affirmé grâce à la construction et aux services de santé et, dans cette province comme en Ontario, le recul de l’emploi dans les usines de fabrication a pris fin, du moins temporairement. En Alberta, l’emploi s’est enlisé et, en Colombie-Britannique, les pénuries de main-d’œuvre ont entre autres joué comme facteur. En Colombie-Britannique, la population active a diminué et, en Alberta, elle a plafonné. Dans la dernière année, le taux de croissance l’a cédé à la moyenne nationale malgré l’abondance des emplois et la faiblesse du chômage.

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé a progressé de 0,3 % en mai, soit au même taux révisé qu’en avril. Les dépenses intérieures ont continué de se raffermir, renforcées par le logement qui a repris son ascension. Sept des dix composantes ont progressé ou étaient inchangées. Trois composantes ont diminué. L’indicateur avancé des États-Unis reprend le mouvement de baisse qui s’est amorcé il y a presque un an sans qu’il n’y ait eu de ralentissement notable de l’économie américaine. Son influence négative a cependant été majeure sur notre indice d’ensemble, réduisant sa croissance de moitié, à 0,2 % depuis septembre. Sans lui, l’indicateur canadien aurait progressé de 0,4 % par mois.

L’indice du logement s’est redressé de 0,1 %, mettant fin à neuf mois de baisse. Les ventes de maisons ont mené ce revirement en atteignant leur niveau le plus élevé depuis mars 2004. Pour les cinq premiers mois de l’année, elles fracassent leur record précédent de la même période dans quatre villes dont trois en Alberta et en Colombie-Britannique : Victoria, Calgary et Edmonton. Cette force s’explique par la vigueur de l’emploi dans ces provinces, au cours de la dernière année, ce qui encourage l’entrée dans ce marché des premiers acheteurs et des nouveaux arrivants. En 2004, pour la première fois en près d’une décennie, la Colombie-Britannique a enregistré son premier solde migratoire interprovincial positif aux dépens de l’Ontario, qui enregistre son premier solde négatif. Les taux hypothécaires demeurent historiquement bas.

Les mises en chantier atteignent aussi des records dans l’Ouest, mais ont baissé au Québec et en Ontario où le nombre de maisons neuves invendues a beaucoup augmenté. Ce nombre a doublé à Montréal et à Toronto en seulement un an. La tendance des ventes de meubles et d’appareils ménagers a continué de s’accroître rapidement. Elle enregistre les trois hausses consécutives les plus marquées depuis l’automne 2003. Les ventes de biens durables reculent pour la première fois en quatre mois en raison de l’automobile.

L’expansion de la demande en fabrication se poursuit alors que la tendance des nouvelles commandes continue de se raffermir. Les industries de biens d’investissement ont principalement contribué à l’accroissement. À cause des délais de production plus longs dans la plupart de ces secteurs, l’impact sur les livraisons actuelles est faible, ce qui fait qu’elles ont plafonné dans l’ensemble et que les stocks ont continué de progresser, faisant baisser le ratio stocks-livraison. L’emploi dans les services commerciaux et la durée hebdomadaire moyenne de travail n’ont pas pu s’accrocher aux gains réalisés récemment.

Les indicateurs du marché financier augmentent également rapidement. Les actions liées à l’énergie et aux biens de consommation sont principalement à l’origine de la progression de l’indice boursier. L’offre de la monnaie a repris ces dernier mois après une baisse de 0,2 % en novembre dernier.

Après une pause de deux mois, l’indicateur avancé américain reprend sa tendance négative avec un recul de 0,2 %. Cette nouvelle baisse ne signifie cependant pas nécessairement que l’économie américaine est sur le point de s’adoucir et que nos exportations vont décliner prochainement. L’indicateur américain est généralement faible depuis un an. Pourtant, nos exportations vers ce pays progressaient les quatre premiers mois de l’année par rapport à la même période l’an dernier, en hausse de 4,6 %. La faiblesse de l’indicateur américain provient surtout de la fabrication, qui est sur-représentée dans l’indicateur des États-Unis par rapport à sa contribution à la production américaine. La courbe de rendement a été la plus prononcée en un an, en partie à cause de la chute du rendement des obligations. L’indicateur avancé a ainsi été amorti quoique les taux d’intérêt n’aient eu qu’un impact négligeable sur le ralentissement de l’économie américaine.

Production

En avril, le PIB réel a entrepris le deuxième trimestre avec un bond de 0,4 % qui contrastait avec une baisse de 0,1 % le mois précédent. Ce mouvement en dents de scie s’explique dans une mesure restreinte par le rétablissement qui a suivi une grève dans le secteur de l’éducation au Québec.

La fabrication et les mines se sont redressées après des revers subis coup sur coup. Dans le second de ces secteurs, le facteur dominant a été les sables pétrolifères dont la production a commencé à se remettre des dommages causés par l’incendie au cours de l’hiver. La production de métaux et de diamant a également été ferme. La production de minerai de fer a été amortie par une grève. Dans le secteur de la fabrication, le bois d’œuvre et les métaux ont constitué un double aiguillon. On a pu observer une sixième augmentation consécutive de la production du secteur des TIC, qui présentait ainsi sa plus longue période de croissance ininterrompue depuis la culmination de cette production en l’an 2000. Ces gains étaient là pour effacer des pertes persistantes de production dans une industrie de l’automobile qui, depuis le début de l’année, n’a encore pu offrir de gains mensuels.

Les autres industries de ressources naturelles et l’industrie de la construction ont diminué leur production. Sur le marché de l’habitation, l’activité a glissé de son sommet de l’an dernier malgré le raffermissement progressif des dépenses en construction non résidentielle. La production forestière a fléchi un septième mois de suite et une vive contraction des exportations de gaz naturel a nui à la production des services publics.

La demande qui s’attache à la plupart des services a été en croissance soutenue. Les consommateurs ont frayé la voie, dépensant davantage en produits de détail, dans l’habitation et au restaurant. Les services aux entreprises ont fait de modestes gains. Quant aux services liés au tourisme et à l’hébergement et aux jeux de hasard en particulier, ils étaient toujours gênés par une valorisation du dollar ayant pour effet de réduire le nombre de touristes américains au Canada. Enfin, les industries de manutention et de distribution de biens ont dû composer avec un ralentissement des échanges internationaux en volume.

Demande des ménages

Les dépenses des ménages ne semblaient pas en voie de ralentir. Les ventes au détail ont fait un grand pas en avant de 1,4 % en volume; c’est autant que leur hausse mensuelle moyenne les trois premiers mois de l’année. Les biens durables ont mené le mouvement, affichant leur meilleur résultat en plus d’un an.

La demande de gros articles chers a été soutenue par des remises générales de prix et la faiblesse des taux d’intérêt. Après un démarrage lent en début d’année, les ventes de camions ont particulièrement bénéficié de telles remises; dans le cas de ces produits, la demande s’est élevée de 5 % en conséquence. Les dépenses en produits électroniques et en articles d’ameublement ont rapidement augmenté.

La demande de vêtements a monté en flèche en réaction à une baisse des prix de près de 2 %. En revanche, le net renchérissement des aliments et de l’énergie en avril a amorti la consommation de biens non durables.

En mai, la demande a régressé sur le marché de l’habitation après avoir solidement progressé en avril. Les mises en chantier d’habitations ont ralenti de 5 %. Le phénomène se trouvait concentré dans le secteur multifamilial. Il reste que la fermeté des ventes a encore limité le carnet de logements invendus.

Les emprunts des ménages se sont élevés de 1,1 % au premier trimestre et l’épargne personnelle a pris une valeur négative. Ces variations ont été éclipsées par des hausses de l’actif au bilan des ménages. À elle seule, la valeur de l’habitation a gagné 15 milliards de dollars; c’est trois fois l’augmentation de l’endettement hypothécaire. Les actifs financiers ont fait un nouveau bond de 50 millions, ce qu’on doit surtout aux actions et aux obligations.

Commerce de marchandises

En avril, l’excédent commercial a légèrement monté à 5,1 milliards de dollars, l’ascension des prix ayant eu un effet de stimulation plus sur les exportations que sur les importations. Le fléchissement du taux de change a fait progresser les prix des biens échangeables. L’Europe et l’Asie ont fait particulièrement sentir leur poids dans la croissance des exportations. Les livraisons vers les États-Unis ont légèrement régressé par rapport tant à mars 2005 qu’à avril 2004.

Les revenus tirés des exportations ont offert un maigre gain, continuant à décrire la courbe paresseuse qui est la leur depuis le début de l’année. Les prix ont fait un bond de près de 2 % surtout grâce à l’énergie et aux minerais métalliques. Pour accompagner ces hausses, il y a eu de modestes augmentations des prix des produits manufacturés.

En 2005, les machines et le matériel sont demeurés le chef de file de la croissance des exportations. La demande s’est révélée particulièrement ferme dans le cas de la machinerie des chantiers de construction et des mines; ce sont des secteurs où le Canada jouit d’une compétence considérable. Les aéronefs se sont bien comportés cette année à l’exportation et d’autres produits TIC se sont renforcés. À l’autre extrémité de l’échelle, les exportations d’automobiles ont continué à évoluer en baisse cette année en raison de la lenteur des ventes de voitures aux États-Unis.

Les exportations de ressources naturelles ont invariablement marqué une avance depuis le début de l’année, car avril a ajouté dans la plupart des cas aux fortes valeurs d’augmentation des prix des produits de base au premier trimestre. Pour les exportations d’aliments, il y a eu un nouveau gain des viandes de transformation; c’est un secteur où les capacités se sont rapidement accrues à la suite de l’embargo décrété par les États-Unis sur le bétail sur pied exporté par le Canada. La forte demande des agriculteurs outre-mer a aussi fait monter depuis l’an dernier les exportations d’engrais en général et de potasse en particulier. Malgré l’essor des prix, les exportations énergétiques se sont ressenties d’une contraction de la demande américaine de gaz naturel.

Après quatre gains consécutifs, un plafonnement des livraisons de machines et de matériel est venu ralentir la demande à l’importation. Pour faire contrepoids à une baisse des importations de machinerie industrielle, il y a eu de nouveaux gains des livraisons d’ordinateurs. L’industrie de l’automobile s’est remise d’une partie de ses pertes à l’importation au premier trimestre. Quant aux biens de consommation, ils sont tombés à leur plus bas niveau depuis le début de l’année par suite du fléchissement des importations de vêtements. La part que détient la Chine dans ces importations a légèrement augmenté à un tiers cette année.

Prix

D’avril à mai, les prix à la consommation ont régressé de 0,2 %, ce qui s’explique en grande partie par un arrêt temporaire du mouvement de renchérissement de l’essence. Les prix des biens durables et semi-durables sont restés sous leurs niveaux d’il y a un an, aidés en cela par la baisse des prix à l’importation dans un contexte de valorisation du dollar canadien. Au tableau des baisses de prix, les ordinateurs, les appareils photo et les appareils électroménagers ont dominé. Le prix des vêtements le cédait de 1 % à sa valeur d’il y a un an. Des coûts supérieurs d’accession à la propriété sont restés la grande source de pressions à la hausse sur les prix des services, ce qui a compensé la faiblesse des prix des voyages (notamment en Ontario).

Toujours supérieur à la moyenne dans l’est du pays, le taux d’inflation était cependant inférieur en Alberta et en Colombie-Britannique malgré une croissance vigoureuse de l’économie de ces deux provinces.

Les cours des produits de base ont remis le cap sur de nouveaux maxima en juin après avoir brièvement dévié de leur courbe ascendante au premier trimestre. Le pétrole brut a montré le chemin une fois de plus, franchissant pour la première fois la barre des 60 dollars américains le baril. Le mouvement ne s’est pas opéré à l’unisson pour tous les produits. Le West Texas Intermediate, qui donne le prix de référence du brut en Amérique du Nord, a battu des records, mais le pétrole plus lourd de nos sables bitumineux n’a pas commandé une hausse aussi rapide à cause de sa teneur supérieure en soufre qu’un grand nombre de raffineries ne peuvent encore traiter. On s’explique ainsi en partie l’intérêt des gens à trouver de nouveaux marchés pour ce type de pétrole, plus particulièrement en Chine.

Les prix des aliments se sont maintenus malgré les risques de sécheresse en Australie et en Europe. Les roches sont restées plus en demande que les arbres. La fermeté de la demande a encore fait monter le prix de la potasse. Les cours du cuivre ont atteint un sommet, alors que la recherche d’autres sources d’énergie causait un renchérissement de l’uranium. Les prix de la plupart des autres métaux étaient toujours en baisse. Les prix des pâtes et papiers sont restés enfoncés par la montée de la production dans les pays de l’hémisphère sud, ainsi que par un marasme de la consommation de papier journal qui dure déjà depuis deux ans aux États-Unis. Le prix du papier de photocopie a également décru, la technologie ayant fait évoluer les utilisations de ce produit dans les bureaux. Les prix dans l’industrie ont plafonné en mai après cinq augmentations consécutives, mais le phénomène est imputable à une simple pause du prix de l’essence. Enfin, les prix des biens à l’exportation ont été stimulés par un dollar plus bas et des cours plus hauts des produits de base.

Marchés financiers

L’indice de la bourse de Toronto a franchi le seuil des 10 000 pour la première fois depuis octobre 2000 pour s’établir à un gain de 3 % en juin, tout comme en mai. Le ralliement à cette bourse est de 73 % depuis sa relance en octobre 2002, mais on est toujours à court du record de plus de 11 000 établi en 2001. Les actions liées à l’énergie ont encore été le moteur avec un gain de plus du tiers depuis le début de l’année et le quart de la valeur de la bourse de Toronto (comparativement à une part de 9 % seulement ailleurs dans le monde). Jusqu’ici, en 2005, l’énergie est à l’origine de plus de 80 % de la montée des cours boursiers dans cette ville. On peut aussi noter des hausses pour les aurifères et les financières.

Le dollar canadien se rétablissait toujours de son marasme printanier. Il s’est élevé au-dessus des 81 cents américains malgré une nouvelle baisse des taux d’intérêt à plus long terme. Notre dollar s’est encore mieux comporté par rapport à l’euro, lequel a été amorti un deuxième mois de suite par l’agitation politique et les remous économiques.

Le patrimoine net national s’est enrichi de 2,3 % au premier trimestre, ce qu’on doit avant tout à la fermeté des investissements des entreprises et du marché de l’habitation. Les sociétés ont puisé dans leurs excédents financiers pour abaisser encore plus leur ratio capitaux d’emprunt-capitaux propres, mouvement qui durait toujours en avril et mai. Enfin, un solide excédent commercial a permis au Canada d’alléger davantage sa dette envers l’étranger.

Économie régionale

L’Ouest canadien maintient son avance sur le reste du pays quant à la croissance de la demande. Alors que l’Alberta continue d’accaparer la plus grande partie des revenus tirés de la croissance des exportations canadiennes, elle consolide en avril ses gains des livraisons des derniers mois avec de nouvelles progressions de l’énergie, des biens d’investissement et des produits de la viande. L’Alberta explique aussi la plus grande partie de la progression nationale des livraisons depuis décembre. En avril, les ventes au détail bondissent de plus de 2 % pour une troisième fois cette année, alors que les ventes de voitures atteignent un sommet de quinze ans. L’Alberta explique donc à elle seule près de la moitié de la progression des ventes automobiles au pays jusqu’à maintenant en 2005, dont les deux tiers sont des camions et fourgonnettes de construction nord-américaine. Cette catégorie de véhicules, en hausse du quart par rapport à l’an dernier comptait pour presque 65 % de toutes les ventes automobiles de la province comparée à moins de la moitié dans le reste du pays. L’Alberta continue aussi de talonner des records de mises en chantier qui touchent en mai un sommet de vingt-cinq ans.

En Colombie-Britannique, si les mises en chantier talonnent leur sommet d’août dernier, le marché des condos, lui, est en pleine furie. À Vancouver, en mai, il s’est construit trois condos pour chaque autre type de logement. Pendant ce temps, le volume des ventes de maisons existantes atteignait son plus haut niveau jamais enregistré. L’expansion dans ces secteurs survient alors que le nombre net de nouveaux arrivants en provenance des autres provinces augmente, la Colombie-Britannique renversant le solde négatif des dernières années. Le tourisme s’est complètement rétabli de la chute qu’il avait connue en 2003 en raison du SRAS. Les livraisons en fabrication enregistrent une troisième baisse cette année alors que nos exportations de produits forestiers ont baissé vers la Chine, en particulier le papier. La demande en Chine a été faible cette année.

En Ontario, la croissance des ventes au détail et des livraisons reprend même si elle n’est pas aussi forte que dans l’Ouest. Les ventes de maisons se sont aussi raffermies, mais elles ont été satisfaites à partir des stocks d’invendus qui avaient beaucoup augmenté depuis le tournant de l’année. Les mises en chantier sont retournées à leur creux d’il y a un an enregistré en janvier. L’Ontario est la seule région du pays à enregistrer une baisse des exportations jusqu’à maintenant cette année par rapport à l’an dernier en raison du recul des livraisons automobiles aux États-Unis. Des réductions de production ont été apportées chez les constructeurs américains depuis le début de l’année. Un filet de lumière dans ce portrait plutôt terne : les permis de bâtir augmentent dans le secteur commercial avec les signes de baisse des taux d’inoccupation dans les tours à bureau de Toronto.

La conjoncture s’améliore également au Québec. Le Québec se situe à mi-chemin entre l’effervescence de l’Ouest et la retenue de l’Ontario. L’orientation de son secteur de fabrication vers les ressources et les biens d’investissements plutôt que les biens de consommation automobile comme en Ontario fait progresser ses livraisons de 1.6 % en avril, après un premier trimestre en hausse de 2 %. Ses exportations sont en hausse de 5 % par rapport à l’an dernier, soit un taux semblable à la Colombie Britannique. En avril, les ventes au détail ont bondi de 0,9 %, soit près du double de la progression de mars.

Économies internationales

Aux États-Unis, l’habitation et les investissements des entreprises ont encore mû l’économie. En mai, les mises en chantier d’habitations ont ajouté à leur gain de 10 % du mois précédent. Sur le marché de l’habitation, les ventes se sont accrochées à leur valeur record d’avril. Par ailleurs, la production industrielle a regagné 0,4 % surtout grâce à l’outillage des entreprises avec sa progression de 8 % depuis un an. Les nouvelles commandes font voir une vigueur qui ne se dément pas, notamment dans le cas des aéronefs et des produits militaires.

En mai, les ventes au détail ont fléchi de 0,5 %. Pour l’année, c’est un premier recul que l’on peut entièrement imputer à l’automobile et à l’essence. Les produits liés à l’habitation sont restés fort en demande, alors que les ventes de vêtements se contractaient. En juin, les ventes d’automobiles ont monté en flèche en réaction aux remises plus généreuses consenties par les concessionnaires. Les consommateurs n’étaient toujours pas effarouchés par la cherté de l’essence. La consommation d’essence est en voie de s’accroître de 1,7 % cette année d’après les prévisions du département de l’Énergie.

Le déficit commercial s’est alourdi. Le déficit au compte courant a monté à 195 milliards de dollars au premier trimestre. Il est de 7 milliards de dollars supérieur au déficit du quatrième trimestre de 2004. Son accroissement s’explique à la fois par le renchérissement des hydrocarbures et par une majoration de 3,3 milliards de dollars de l’aide à l’étranger après le tsunami. En avril, les importations l’emportaient toujours en croissance sur les exportations. Le prix du pétrole à l’importation a présenté une moyenne record de 45 $ le baril. Les importations de vêtements et de textiles chinois depuis le début de l’année excèdent de 52 % celles de 2004. Les exportations d’aliments et de produits industriels ont repris, plus particulièrement vers la Chine et l’Amérique du Sud.

Dans la zone de l’euro, la production industrielle s’est redressée en avril malgré une baisse dans le cas de l’énergie. Les nouvelles commandes ont progressé pour la première fois cette année à cause surtout de la demande de machines et de matériel ainsi que de textiles. La faiblesse des dépenses de consommation a persisté et, en avril, les ventes au détail ont cédé tout le terrain conquis au début de l’année. L’excédent du commerce extérieur a diminué avec une hausse du déficit au compte de l’énergie qui a plus que contrebalancé une augmentation de l’excédent aux comptes des machines et des automobiles. En mai, le taux d’inflation a été ramené à un taux annuel de 1,9 % en raison du ralentissement des cours de l’énergie dans le mois. Le taux de chômage est tombé à 8,8 %

En Allemagne, la production industrielle a été freinée en avril. Les nouvelles commandes ont continué leur mouvement en dents de scie des derniers mois avec une nouvelle baisse qui succédait à une hausse en mars. Le taux d’inflation a un peu monté en mai à un taux annuel de 1,6 %. En avril, l’excédent du commerce extérieur a légèrement décru.

En France, la production a continué à ralentir. En avril, la production industrielle a diminué un troisième mois de suite. Les nouvelles commandes ont effacé tous leurs gains de mars. Elles ont régressé dans trois des quatre derniers mois. Les consommateurs ont continué à multiplier les dépenses, encouragés en cela par la faiblesse des taux d’intérêt.

Au Royaume-Uni, la production industrielle s’est élevée une première fois cette année. Elle a gagné 0,8 % en avril. Les consommateurs hésitaient à dépenser dans un contexte où le marché de l’habitation faiblit encore et où le prix de l’énergie monte en flèche.

Au Japon, les dépenses de consommation sont demeurées le moteur de l’économie en mai. Les ventes au détail ont pris leur meilleur rythme de croissance en huit ans grâce à l’élévation des revenus et à cause de la cherté du pétrole. En volume, les exportations ont régressé une quatrième fois en cinq mois. Les exportations vers l’Asie ont marqué leur pire recul en plus de deux ans. Il y a à cela deux raisons possibles : la Chine accroîtrait sa production de biens industriels et aurait moins de matières premières à importer du Japon; les sociétés japonaises fabriqueraient à l’intérieur même de la Chine des produits destinés au marché chinois. Par ailleurs, les exportations vers les États-Unis ont encore augmenté, soit de 1,9 % en volume. Les investissements directs étrangers au Japon ont dépassé les sorties correspondantes pour la première fois dans l’histoire. En avril, leur valeur était de 38 milliards de dollars depuis le début de l’année.


Note

* Basée sur les données disponibles le 8 juillet toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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