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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Juillet 2003

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

Si elle a été vive dans la dernière année, la croissance économique a plutôt marqué le pas au début du deuxième trimestre, la production et l’emploi ayant fléchi à la fois. Si l’économie est foncièrement en ralentissement, c’est surtout à cause du peu de fermeté de la demande aux États-Unis et de la valorisation rapide du dollar canadien.

Le secteur de la fabrication s’est le plus ressenti de la faiblesse des exportations jusqu’ici cette année (l’épidémie virale de SRAS n’a pour ainsi dire eu aucun effet sur les industries manufacturières). En fabrication, les emplois accusent une baisse de 3,7 % depuis novembre. On est très loin de la hausse de 5 % de l’an dernier (109 000 emplois). La production manufacturière a ralenti à cause d’une baisse de régime dans l’industrie de l’automobile et de la faiblesse persistante des investissements en Amérique du Nord. Au Canada, les entreprises ont continué de ravaler leurs bilans malgré un autre énorme excédent financier. Au premier trimestre, elles ont largement réduit leur ratio d’emprunt-capitaux propres pour un quatrième trimestre de suite, tandis que le marché boursier s’affermissait de façon prononcée. En remboursant leurs emprunts à court terme, elles ont pu allonger les périodes de règlement de leur dette au moment où les taux d’intérêt se situaient à des niveaux bas presque sans précédent.

La montée du dollar s’est amplifiée en avril avec un gain de 5 % en pondération des échanges qui égalait presque sa hausse de 7 % au premier trimestre. De telles variations du taux de change peuvent grandement influer sur le patrimoine et les termes de l’échange au Canada. Ainsi, la valeur en dollars canadiens de notre dette internationale nette s’est trouvée gonflée au premier trimestre par le taux de change, ce qui a eu pour effet de ralentir la croissance de notre valeur nette. Il faut toutefois dire que la valorisation du dollar vient aussi stimuler la demande intérieure en diminuant le coût des importations et en augmentant le pouvoir d’achat de ceux qui dépensent au pays. Cette constatation vaut particulièrement pour les secteurs à forte consommation de produits importés, plus particulièrement de biens de consommation et d’outillage des entreprises. Quand les prix ont décru en avril, les consommateurs ont multiplié leurs achats pour la plupart des produits. À l’importation ce même mois, les prix ont régressé un sixième mois de suite.



Enfin, divers événements passagers ont amorti l’activité de certaines industries dans plusieurs régions au deuxième trimestre. L’épidémie virale de SRAS a nettement affecté le tourisme, les services de santé et les ventes au détail à Toronto, retranchant 0,1 % à la valeur globale du PIB. La guerre en Iraq a eu des répercussions sur les voyages en mars et en avril. C’est ainsi que le nombre de visiteurs à destination et en provenance du Canada a diminué de 6 % en avril.

Marché du travail

En juin, l’emploi s’est redressé de 0,3 %, effaçant ainsi des baisses de 0,1 % subies coup sur coup en avril et mai. Dans sa composition, la croissance de l’emploi a très largement favorisé l’emploi à temps partiel et le travail autonome. Comme la population active était toujours en progression, le taux de chômage a faibli à 7,7 %.

Dans le secteur public, l’emploi s’est rétabli de sa perte du mois précédent, notamment dans les services de santé où les hôpitaux touchés par l’épidémie de SRAS se sont mis à rouvrir leurs portes. En revanche, le secteur privé a élagué ses emplois une fois de plus et s’est retrouvé exactement là où il avait entrepris la nouvelle année. La faiblesse de la demande des entreprises a été généralisée pendant cette période. Toutes les industries de services sont pratiquement revenues à leur situation du début de l’année (il y a eu une légère reprise en juin dans des secteurs affectés par le SRAS comme ceux du commerce, de l’hôtellerie et de la restauration). Le secteur de la fabrication a encore éliminé des emplois devant le ralentissement des exportations, ce qui devait porter à 4 % sa perte globale depuis le sommet atteint en novembre dernier. La construction et l’industrie primaire ont été les seuls secteurs à voir l’emploi marquer une avance appréciable cette année. Elles ont continué dans cette voie en juin.

La croissance de l’industrie primaire est un des facteurs qui expliquent que l’emploi a augmenté le plus rapidement dans les Maritimes en juin avec pour résultat une forte baisse du taux de chômage. Tant en Ontario qu’au Québec, l’emploi a progressé de 0,3 %, mettant ainsi fin à un marasme de deux mois. Des hausses dans la construction, les transports et les services publics ont compensé de nouvelles baisses en fabrication. L’Alberta est demeurée en tête pour la croissance de l’emploi d’une année à l’autre avec une valeur de 3,3 % grâce à une augmentation de 17 % dans son industrie primaire.

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé composite a enregistré une sixième augmentation consécutive de 0,2 % en mai après révision à la hausse de la progression de 0,1 % originellement publiée en avril. Le marché financier a pris le relais des dépenses des ménages pour contrebalancer l’enlisement du secteur manufacturier entraîné par le relâchement de la demande extérieure. Sans les indicateurs du marché financier, la croissance de l’indice d’ensemble se serait amenuisée, passant de 0,4 % en décembre 2002 à 0 % en mai. La moitié des composantes ont légèrement augmenté ou sont demeurées stables, alors que cinq composantes ont baissé, une de plus qu’en avril.

Parmi les indicateurs de la demande des ménages, seules les ventes de meubles et d’articles ménagers ont continué de progresser. La baisse de l’indice du logement, qui avait émergé en mars et en avril, s’est trouvée atténuée en mai (-0,1 %) par une première hausse en quatre mois des ventes de maisons existantes. Les ventes de biens durables ont mis fin à leur brève percée d’un mois alors que le marché du travail s’est relâché. C’est ainsi que le revenu disponible a affiché au premier trimestre sa croissance en terme réel la plus faible d’une année à l’autre depuis 1997.

L’indicateur américain continue de se comparer défavorablement à l’indicateur canadien et baisse pour la première fois cette année. Les écarts les plus grands proviennent du secteur des ménages, l’emploi ayant encore légèrement diminué en mai pour se situer environ 2 % sous son sommet de février 2001. L’emploi a augmenté de 4,2 % au cours de la même période au Canada.

La faiblesse des exportations contribue largement à l’enlisement de la fabrication au Canada. Le ratio des livraisons aux stocks dans la fabrication a enregistré une deuxième baisse d’affilée, alors que les stocks en particulier sont à la hausse. La tendance des nouvelles commandes de biens durables est demeurée sans éclat. Les fabricants ont diminué leurs besoins de main-d’œuvre en réduisant de nouveau les listes de paye tandis que la durée hebdomadaire de travail est à peu près inchangée depuis maintenant près d’un an. Les entreprises ont continué de diminuer leurs dépenses, ce qui a entraîné une première baisse de l’emploi dans ce secteur au cours de l’année écoulée.

Production

En avril, le PIB réel a régressé de 0,2 %. C’est son premier recul depuis septembre 2001. Le secteur de la fabrication a mené le mouvement, et notamment les industries exportatrices. L’industrie primaire a vu sa production se contracter en réaction à l’affaiblissement des cours des produits de base. Quant à l’industrie tertiaire, elle a subi le contrecoup d’un affaissement du tourisme accentué davantage par l’épidémie de SRAS.

En fabrication, la production a encore perdu 0,4 % pour une baisse totale de 1,3 % depuis le début de la contraction dans ce secteur en août dernier. Elle est aujourd’hui à court de sa valeur il y a un an. Plusieurs industries exportatrices sont à l’origine de ces compressions d’activité. Dans chaque cas, le peu de fermeté de la demande extérieure semble intervenir comme grand facteur et un taux de change qui monte vient aggraver les pertes de bénéfices. La production a le plus rapidement baissé dans l’aérospatiale à cause du marasme de l’industrie touristique dans le monde. Dans le secteur de la TIC, la fabrication a encore fléchi de 1,6 % en raison de la faiblesse persistante de la demande qui s’attache à ces technologies dans les entreprises. La production automobile a également été lente depuis août dernier, bien que s’étant légèrement redressée en avril avec la fin d’une grève. Il reste que la faiblesse des ventes aux États-Unis en mai et juin laisse de sombres perspectives pour l’avenir. Le recul s’est fait sentir dans les industries d’apport, plus particulièrement en sidérurgie où on a relevé une baisse de production pour un huitième mois d’affilée.



Tous les secteurs de l’industrie primaire ont fait un pas en arrière après un solide premier trimestre. La production s’est le plus contractée en agriculture, même avant la fermeture de la frontière américaine aux exportations albertaines de viande de bœuf. Par ailleurs, le ralentissement du marché de l’habitation aux États-Unis a nui à la demande de produits forestiers. Tant dans les mines que dans les services publics, la production s’est affaissée avec le retour des températures et des prix énergétiques à des niveaux plus normaux.

Les industries liées aux voyages ont continué à restreindre les services et, à Toronto, l’épidémie virale de SRAS a aggravé les pertes causées par la valorisation du dollar et la guerre en Iraq. Il reste que ce recul n’a été que de moitié aussi marqué qu’après les attentats terroristes de septembre 2001. Les transports aériens ont vu leur production diminuer de 7 % pour une quatrième perte consécutive et la demande d’hébergement a décru presque autant. On a observé de légères baisses dans d’autres industries liées au tourisme comme celles de la restauration, du taxi, des agences de voyages, de la location d’automobiles et des visites touristiques. En contrepoids partiel, la demande de services hospitaliers s’est élevée. Enfin, l’industrie financière a été stimulée par une progression des échanges de valeurs mobilières après huit pertes subies coup sur coup.

Demande des ménages

En avril, les ventes au détail ont fléchi de 0,3 % en volume après avoir régressé de 0,8 % en mars, ce qui devait amener un mouvement général de remises de prix. En avril, les ventes d’automobiles ont dominé au tableau des baisses, bien que des encouragements encore plus généreux à l’achat aient fait faire volte-face à la demande en mai.

Ailleurs, des diminutions de prix ont généralement eu pour effet d’amplifier la demande. La consommation d’essence a fait un bond, son prix de détail ayant chuté. Les achats d’ordinateurs ont le plus progressé en plus d’un an et les ventes de matériel de divertissement domestique ont aussi remonté. Toutefois, un printemps froid et humide a ralenti les achats de vêtements malgré des réductions de prix.

Depuis le début de l’année, le marché de l’habitation plafonne après avoir offert de solides gains en 2002. En mai, les mises en chantier d’habitations ont fléchi un troisième mois de suite. Les mises en chantier de logements unifamiliaux présentent une baisse de 5 % jusqu’ici cette année comparativement à une hausse de 38 % pour la période correspondante l’an dernier. La construction de logements multifamiliaux a progressé de 13 %. Son rythme est comparable à celui de l’an dernier avec de bas taux d’inoccupation qui nourrissent la demande dans ce secteur. En mai, les ventes d’habitations ont été partagées entre un redressement de la demande sur le marché de la revente et la plus grande contraction depuis septembre 2001 du marché de l’habitation neuve. L’augmentation consécutive du carnet d’invendus a eu pour effet de ralentir encore plus le renchérissement de l’habitation neuve.

Commerce de marchandises

Les exportations ont chuté de 4,5 % en avril – c’est leur plus grand recul mensuel depuis février 2001 – surtout à cause d’une baisse des prix de 3 %. C’est ainsi que l’excédent commercial a diminué de plus d’un  milliard de dollars, bien que les importations soient tombées à leur plus bas niveau en 12 mois. L’ample montée du taux de change en avril a avivé les pressions s’exerçant à la baisse sur les prix : toutes les composantes hors énergie sont en baisse depuis deux mois, alors que celle-ci régressait de 8 % en avril après avoir progressé de plus du tiers pendant l’hiver. À l’importation, les prix ont fléchi une fois de plus (de 0,5 %) dans un mouvement de décroissance qui dure déjà depuis six mois.

Les trois quarts de la perte de revenus à l’exportation sont imputables aux produits énergétiques, ce qui s’explique tant par une baisse des prix que par une nette contraction en volume des produits pétroliers expédiés aux États-Unis, où les températures se sont modérées après les froideurs hivernales qu’ont connues les États du nord-est.



Par ailleurs, les revenus à l’exportation ont diminué d’environ 2 % dans le cas des automobiles, des biens de consommation et des produits forestiers, résultat de baisses de prix ainsi que de la faiblesse des marchés américains de l’automobile et de l’habitation. Les exportations de machines et de matériel ont profité de gains dans l’industrie des aéronefs, mais la demande de produits technologiques est demeurée faible. Les exportations de produits alimentaires ont été stables, l’interruption des exportations de viande de bœuf n’ayant eu lieu qu’en mai. Les exportations albertaines de cette viande se sont montées à 1,1 milliard de dollars en 2001.

Les importations ont décru de 1,3 % en avril, ce qui devait plus qu’effacer la croissance des deux derniers mois. Elles se situaient à leur plus bas niveau en presque un an. Leurs trois principales composantes ont toutes régressé d’environ 3 % et le cèdent à leurs niveaux d’il y a un an. Les importations de produits automobiles ont ralenti, parce qu’on a eu besoin de moins de pièces pour les chaînes de montage canadiennes. Les importations de produits industriels se sont ressenties de baisses des livraisons de produits chimiques. Presque tout le recul à l’importation des machines et du matériel est à mettre au compte des aéronefs qui évoluent à la baisse depuis août dernier par suite de l’affaissement de l’industrie des voyages. Les importations de biens de consommation sont restées vives. En volume, elles ont fait un bond de 7 % depuis que leurs prix ont commencé à baisser en septembre dernier. Des diminutions de prix ont aussi fait s’envoler la demande de pétrole brut de la mer du Nord.

Prix

Les prix à la consommation ont fléchi de 0,1 % en mai après avoir accusé des baisses de 0,7 % et 0,1 % en avril et mars. Le taux annuel d’inflation est tombé à 2,9 %. Les prix des biens ont décru un troisième mois de suite. En mai, l’énergie a dominé au tableau des baisses, alors que des prix décroissants à l’importation contribuaient à un allégement des prix de produits comme les vêtements, les textiles, les jeux et une partie des véhicules automobiles. Avec la réorientation vers les marchés intérieurs des approvisionnements en bovins destinés aux États-Unis, le prix de la viande de bœuf a légèrement baissé, mais n’en demeurait pas moins supérieur de 5 % à sa valeur d’il y a un an.

Les services sont demeurés la grande source de renchérissement. L’augmentation des prix sur le marché de l’habitation a poussé en hausse le coût de l’hébergement et les primes d’assurance ont fait un bond dans la dernière année, surtout à cause de l’assurance automobile.

Le dollar est aussi demeuré le grand facteur dans la diminution de 2,0 % des prix manufacturiers d’avril à mai. Si on fait abstraction de l’incidence du taux de change, les prix n’ont décru que de 0,5 %. Les pressions à la baisse qui se sont exercées sur ces derniers ont été généralisées (on n’a relevé une majoration de prix que pour un produit de base sur 21). On peut notamment mentionner à cet égard les prix des automobiles, du bois d’œuvre, du papier et de l’essence.



En juin, les cours des produits de base se sont redressés tandis que l’indice de la Banque du Canada remontait à son niveau de mars. Les prix de l’énergie ont mené le mouvement, puisque les cours pétroliers ont à nouveau dépassé les 30 dollars américains le baril après un nouveau retard de la reprise des exportations irakiennes. Les prix des produits industriels ont atteint un sommet en deux ans et la fin de la sécheresse dans les Prairies cette année a fait baisser les cours céréaliers à terme.

Marchés financiers

Dans l’évolution des marchés financiers, la montée du dollar canadien a encore joué un rôle prédominant, celui-ci ayant gagné dans le mois près d’un cent entier pour ainsi dépasser les 74 cents américains. Depuis le début de l’année, notre dollar s’est élevé de plus de 15 % par rapport au dollar américain. Il a aussi pris de la valeur par rapport à l’euro, car la BCE a abaissé les taux d’intérêt alors que, au Canada, la plupart des taux demeuraient inchangés.

La bourse de Toronto est restée sur sa lancée des trois derniers mois, bien que, en juin, sa progression ait été réduite de moitié à 2 %. Ce ralentissement est surtout dû aux actions liées à la technologie de l’information et à l’énergie, qui avaient pourtant présenté de fortes hausses en mai. Au premier semestre de 2003, les cours boursiers ont monté de 5,6 %. C’est la moitié de la progression des cours aux États-Unis où le S&P 500 a clos son meilleur trimestre depuis 1998.

Les entreprises ont continué à comprimer leurs emprunts à court terme, qui sont tombés à des minima en mai après s’être brièvement redressés au premier trimestre. Les mobilisations de fonds sur les marchés des actions et des obligations ont également ralenti. Sur le marché non monétaire, la demande de capitaux a offert son premier gain appréciable de l’année en mai, en partie parce que les investisseurs ont continué à bouder le marché monétaire pour ses faibles rendements.

Économie régionale

C’est l’Ontario qui est la plus touchée par les facteurs négatifs affectant l’économie du Canada en avril, notamment l’épidémie de SRAS, la guerre en Irak et la hausse subite du dollar canadien. Elle domine nettement la baisse nationale des ventes au détail tout comme celle du nombre de voyageurs en provenance de l’étranger. Une large étendue de ses exportations vers les États-Unis enregistre des diminutions qui se soldent par une baisse de 8,3 % par rapport à avril 2002, la plus marquée cette année. Son secteur manufacturier revient donc à la faiblesse qui le caractérise depuis le milieu de 2002. Les perspectives dans le secteur de l’automobile, qui explique près de 40 % des livraisons de la province, sont encouragées cependant par la hausse prévue de la production de fabricants étrangers. À Cambridge, notamment, Toyota se prépare à livrer un nouvel utilitaire sportif et ravive ses investissements dans le secteur des pièces.

Entraînées par le recul du secteur de l’énergie en Alberta, les exportations plongent aussi dans l’Ouest, après avoir permis à cette région du pays à prendre la tête de la conjoncture depuis la fin de 2002. L’Alberta domine également la baisse des livraisons, avec 13 des seize industries enregistrant un repli. La demande des ménages a perdu de sa vigueur récente, les mises en chantier ayant reculé de 15 % par rapport à avril et les ventes au détail demeurant inchangées. En Colombie-Britannique, les livraisons ont enregistré une baisse pour un quatrième mois d’affilée, entraînées par une diminution additionnelle des produits forestiers, lesquels constituent plus de la moitié du secteur manufacturier de la province. Les livraisons de bois sont en baisse de 30 % par rapport à leur sommet de janvier 2000. L’emploi dans le secteur forestier a été réduit presque de moitié au cours de cette même période.

Le logement semble en voie de reprendre sa place comme principal secteur de fermeté au Québec comme il l’a été tout au long de l’an dernier avec des ventes de maisons qui enregistrent une vive augmentation en mai, la plus forte au pays. Les mises en chantier se raffermissent un peu pour le deuxième mois d’affilée se rapprochant ainsi de leur récent sommet enregistré en janvier. La construction sera également encouragée par le bond de 15 % des permis non résidentiels en avril entraîné par le secteur commercial qui a enregistré son niveau le plus élevé depuis janvier 2002. L’investissement commercial fait souvent suite aux poussées dans le résidentiel.

Économies internationales

Aux États-Unis, la croissance a encore été paresseuse, d’où de nouvelles pertes d’emplois. Il s’est perdu 30 000 emplois en juin après un recul de 70 000 (valeur révisée à la baisse) en mai. Avec une population active en progression, le taux de chômage a monté de 6,1 % à un sommet de 6,4 % en 9 ans.

Le secteur de la fabrication a encore été l’épicentre des pertes d’emplois : 56 000 emplois y sont disparus, autant que la moyenne de la dernière année. Le recul est de 2,6 millions dans l’ensemble depuis juillet 2000. Toutes les grandes industries manufacturières ont éliminé des emplois en juin. Ces baisses ont été en partie compensées par des hausses dans la construction d’habitations et dans un certain nombre de services, notamment les services de travail temporaire.

La diminution des emplois en fabrication s’explique par la faiblesse de la production industrielle, qui a été à peu près stationnaire en mai après des reculs consécutifs de 0,6 %. Il faut préciser que 33,7 % seulement des entreprises ont augmenté leur production, proportion la plus faible pour la période de contraction de l’économie en cours. L’industrie de l’automobile a mené le mouvement ces derniers mois, plus particulièrement les sous-secteurs des camions et des utilitaires sportifs où les produits importés ont pris la part du lion. Le secteur des biens d’équipement a été inerte, et les dépenses d’investissement montraient peu de signes de revitalisation. Enfin, les nouvelles commandes de biens d’équipement non militaires ont fléchi tant en avril qu’en mai.

L’activité terne sur le marché du travail a eu des répercussions sur les ventes au détail, qui ont offert un maigre gain de 0,1 % après une perte de 0,3 % en avril, principalement à cause du ralentissement des ventes d’automobiles et de la baisse du prix de l’essence. La demande de produits liés à l’habitation est restée solide. Mentionnons à cet égard les meubles, les appareils électroménagers et les produits électroniques, qui ont profité de la vigueur du marché de l’habitation. Les mises en chantier se sont redressées de 6 % en mai et les ventes d’habitations neuves ont monté en flèche de 13 % avec une nouvelle chute des taux hypothécaires.

Le déficit au compte courant des États-Unis a continué de marquer de nouveaux records en atteignant 136,1 milliards de dollars au premier trimestre, pulvérisant ainsi l’ancien record de 128,6 milliards de dollars établi au quatrième trimestre de l’année précédente. La balance s’est détériorée dans toutes ses principales composantes. La moitié de l’augmentation est redevable aux biens, tandis que les importations se sont trouvées gonflées par la hausse du prix du pétrole. Une chute de 10 % des dépenses de voyages, en raison des craintes relatives à la guerre en Iraq et au SRAS, a affaibli les services, tandis que les dépenses relatives à la défense outre-mer ont été catapultées de 10 %. L’aide du gouvernement a affermi les transferts à l’étranger, tandis que l’excédent du revenu d’investissement a trébuché en raison de gains moins élevés de l’actif à l’étranger. Les entrées monétaires nettes aux États-Unis ont ralenti, pour passer de 153 milliards de dollars à 113 milliards de dollars, parce que les investisseurs étrangers ont perdu intérêt et parce que les actifs américains à l’étranger ont augmenté. Les étrangers ont vendu des titres pour une valeur de 3,3 milliards de dollars, après en avoir acheté pour une valeur nette de 12 milliards de dollars au quatrième trimestre. Les achats d’obligations ont peu fluctué, à une valeur de 68 milliards de dollars. Par contre, les Américains ont triplé leurs achats de titres à l’étranger, qui se sont élevés à 33 milliards de dollars.

Dans la zone de l’euro, la production a légèrement repris en avril, montant de 0,4 % après être descendue de 0,7 % le mois précédent. Le gros du redressement de la production a été observé dans les secteurs de l’énergie et des biens non durables. En volume, le commerce de détail s’est contracté en mars et les dépenses ont décru dans presque toutes les catégories. La demande extérieure a remonté en avril avec des exportations en hausse de 1,6 % et des importations en baisse de 1,2 % en raison de la faiblesse de la demande intérieure. Le taux annuel d’inflation a faibli à 1,9 % en mai en partie amorti par une descente des cours pétroliers, tandis que le taux de chômage était stable à 8,8 %.

En France, les consommateurs ont freiné leurs dépenses en mai. Après une progression soutenue dans la dernière année, les ventes au détail ont fortement régressé à la suite de grèves dans la fonction publique. En avril, la production industrielle a fléchi de 0,8 % après avoir marqué un léger recul le mois précédent, les exportations étant toujours gênées par la fermeté de l’euro. Le taux annuel d’inflation s’est établi à 1,8 % en mai comparativement à 1,5 % le mois précédent. Le taux de chômage est resté fixé à 9,1 %.

En Allemagne, l’économie était toujours en contraction en avril. La production industrielle a encore perdu 1 % à cause de la construction, de l’énergie et de la fabrication. La demande a périclité sur le marché intérieur, mais les exportations sont restées vives. Une fois de plus, l’Allemagne a présenté l’excédent du commerce extérieur le plus imposant de la zone de l’euro. Le taux de chômage y est resté à 9,4 % en mai et le taux annuel d’inflation a faibli à 1,1 %. C’est le plus bas de la zone de l’euro.

Au Japon, l’économie a encore régressé en avril. La production industrielle a fléchi de 1,5 % à cause de la décroissance de la demande à l’exportation tant aux États-Unis qu’en Asie. Les dépenses de consommation étaient toujours en baisse dans un contexte de recul salarial et de fort chômage. En mai, le taux de chômage était inchangé à 5,4 %, se situant un peu en deçà du sommet de 5,5 % pour l’après-guerre atteint au début de l’année. La déflation perdurait et, en mai, les prix à la consommation accusaient une baisse de 0,4 % d’une année à l’autre. La Banque du Japon a redoublé d’efforts pour affaiblir le yen, vendant pour 33 milliards de dollars de cette devise en mai seulement.

En Thaïlande au premier trimestre, l’économie avait gagné 6,7 % en un an grâce aux dépenses de consommation et à la fermeté des exportations. Les répercussions du SRAS et de la guerre en Iraq y ont ramené le taux trimestriel de croissance à 1,5 %; celui-ci était auparavant de 2,1 %. L’épidémie du SRAS a largement nui aux ventes de détail et aux industries touristiques en Chine, à Hong Kong, à Singapour et à Taïwan. À Hong Kong, le taux de chômage a grimpé en mai à une valeur record de 8,3 %, les magasins, les hôtels et les restaurants ayant licencié des travailleurs en réaction à une demande en décroissance.

* Basée sur les données disponibles le 11 juillet; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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