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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Juin 2004

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

L’économie a nettement repris au printemps après sa léthargie du début de l’année. La production a fait un bond de 0,7 % en mars, autant que l’emploi dans la période avril-mai.

La construction a dominé au tableau des gains d’emploi et de production, soutenue par le secteur de l’habitation à la suite d’une nouvelle baisse des taux hypothécaires à court terme. Les ventes d’automobiles sont sorties de leur marasme de l’an dernier et leur mouvement s’est encore accéléré en avril grâce à la progression de l’emploi et à un regain de confiance.

Les exportations ont offert leurs meilleurs résultats consécutifs en neuf ans. Une économie mondiale en plein essor a stimulé tant les exportations en volume que les cours des produits de base au moment même où la diminution du taux de change canado-américain aidait à rétablir la demande dans un certain nombre d’industries de fabrication. C’est ainsi que l’emploi manufacturier a poursuivi son redressement en mai après avoir constamment fléchi en 2003.

Dans l’ensemble, l’excédent canadien au compte courant a fait un bond à 9,5 milliards de dollars au premier trimestre, atteignant son plus haut niveau depuis les premiers mois de 2001, période où la crise de l’énergie en Californie avait porté à des niveaux records les revenus tirés de nos exportations. Cette année, l’excédent a été concentré dans les biens, plus particulièrement dans les ressources naturelles. Ce mouvement s’est répercuté sur les bénéfices des sociétés en hausse de 6 %.

Les sociétés hésitaient toujours cependant à dépenser malgré une trésorerie débordante. Les investissements des entreprises se sont contentés d’un très faible gain au premier trimestre, alors que les entrepreneurs réduisaient leurs stocks non agricoles. Les bénéfices non répartis ont augmenté, car les sociétés ont moins payé en dividendes. De même, les entreprises hésitaient toujours à embaucher et, dans le secteur privé, l’emploi n’a progressé que de 0,1 % depuis le début de l’année (cet indicateur a été soutenu par le travail indépendant et l’emploi dans le secteur public).

Comme résultat net de cette situation de revenus solides et de dépenses prudentes, l’épargne nette des sociétés a établi un nouveau record de presque 86 milliards de dollars (aux taux annuels) au premier trimestre, plus donc que le record de 65 milliards de dollars du quatrième trimestre. Ajoutons que les sociétés ont encore amélioré leur bilan en préférant les actions aux titres d’emprunt.

Marché du travail

L’emploi a progressé de 0,4 % en mai après une hausse de 0,3 % le mois précédent. L’emploi à plein temps a encore mené le mouvement. Le secteur public et le travail indépendant rendent compte du gros de cette croissance. La population active a été incapable de se tenir à la hauteur de l’emploi et, par conséquent, le taux de chômage est tombé à 7,2 %.

C’est la construction qui prédomine pour la croissance de l’emploi depuis deux mois. Ce redressement ferme, favorisé par le secteur de l’habitation, confirme l’idée que, si cette industrie a marqué le pas au cours de l’hiver, c’est uniquement en réaction aux rigueurs hivernales. L’emploi a aussi augmenté dans le secteur de la fabrication puisque les exportations ont su secouer leur léthargie de la dernière année. Dans l’industrie tertiaire, le secteur public et les transports ont soutenu l’emploi, mais dans les services aux entreprises et les services récréatifs et touristiques, la demande reste faible.

L’Ontario a dominé au tableau de la croissance de l’emploi grâce au redressement soutenu de son industrie manufacturière. En Alberta, le secteur des ressources naturelles est toujours en progression rapide. En Colombie-Britannique, la croissance a été concentrée dans l’emploi à temps partiel, indice de la dépendance de cette province à l’égard des services pour l’indicateur de l’emploi. Seul le Québec a été incapable d’ajouter à son gain d’avril et, si son taux de chômage a fortement évolué en baisse, c’est entièrement à cause d’une population active qui rétrécit.

Indicateurs avancés

Après une progression de 0,7 % en mars, l’indicateur avancé composite a augmenté de 0,6 % en avril, soit le même taux qu’en janvier et en février. Le logement, qui avait été un pilier de fermeté en septembre et en octobre dernier, reprend la tête. L’indicateur avancé des États-Unis, qui s’accroît constamment depuis presque un an, a continué de contribuer à la croissance. Les composantes du logement et de l’indicateur avancé des États-Unis représentent la moitié de la croissance de l’indice d’ensemble. Six composantes ont augmenté, une de moins que le mois dernier, tandis que deux des trois composantes de la fabrication diminuent.

L’indice du logement, qui avait mis fin à trois baisses d’affilée en mars, a continué de progresser en avril, avec une hausse de 1,4 %, sa croissance la plus forte en six mois. La fermeté traduit la force des ventes puisque, même si les mises en chantier ont enregistré leur quatrième meilleur niveau des quinze dernières années en avril, le nombre de logements inoccupés ne cesse de baisser encore dans plusieurs villes de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.

Ailleurs, l’amélioration est généralisée. Propulsées par l’effervescence dans le logement, les ventes de meubles et d’articles s’accélèrent pour atteindre 1 %. Les ventes d’autres biens durables se sont raffermies car les ventes de voitures ont récupéré tout le terrain perdu depuis novembre.

L’indicateur avancé des États-Unis a enregistré une onzième progression d’affilée. Comme au Canada, la croissance se déplace vers les ménages, au moment où l’emploi a enregistré une deuxième progression consécutive d’importance. Ce sont les premières de cette ampleur depuis 2001.

La demande de travail reste à la traîne, en particulier dans la fabrication. La durée hebdomadaire de travail a de nouveau baissé, sa dernière progression remontant maintenant à presque deux ans. Les fabricants ont continué de répondre à l’accroissement de la demande en abaissant les stocks. Certains fabricants (17 %) sont toujours d’avis que leurs stocks de produits finis sont trop élevés, selon les données de l’Enquête sur les perspectives du monde des affaires d’avril. Les nouvelles commandes n’ont pas pu consolider leur hausse du mois précédent. Pendant ce temps, l’emploi dans les services enregistrait une deuxième baisse d’affilée, entraînée par la faiblesse de la part des entreprises.

Production

En mars, le PIB s’est accru de 0,7 % en valeur mensuelle après deux mois d’absence de variation (la baisse de 0,2 % observée au départ en janvier a été révisée à la hausse). Le secteur de la fabrication a été en tête, dégageant son meilleur résultat mensuel depuis 2002 (si on exclut la reprise qui a suivi la panne d’électricité d’août dernier). La construction est demeurée la source de croissance la plus solide, haussant sa production de 3 % pour offrir son meilleur rendement en plus d’un an. Le secteur de l’habitation est resté vigoureux et la construction non résidentielle a mis fin à un dérapage de huit mois.

La production manufacturière s’est élevée de 1,5 %. Les industries de l’automobile et des produits TIC ont été les chefs de file, mais les gains étaient étalés. Cette montée s’est accompagnée d’une vive croissance des exportations dans une situation où le taux de change a dû rendre environ la moitié de ses gains de l’an dernier, aiguillon pour la compétitivité et la rentabilité de nos usines.

Le mécontentement manifesté par les fabricants dans l’Enquête sur les perspectives du monde des affaires d’avril au sujet de leurs stocks a peut-être de quoi étonner si on considère le bas niveau record du rapport d’ensemble stocks-livraisons. Il faut préciser que cette diminution des stocks tient en majeure partie à de fortes réductions de production dans les industries aérospatiale et ferroviaire. C’est ce dont témoigne la baisse de plus de 40 % des stocks de produits en cours dans ces industries riches en stocks depuis les derniers mois de 2002.

Malgré les prix élevés des produits de base, la production a fléchi en mars dans l’industrie primaire. Il faut y voir en partie un retour à des niveaux plus normaux de production énergétique après les premiers mois de l’année où la demande a battu tous les records. On notera cependant que même les secteurs de l’exploration et de la mise en valeur du pétrole et du gaz sont toujours en décroissance. La production n’a guère évolué les trois premiers mois de l’année dans les mines métalliques malgré les prix élevés qu’elle commande. La seule note encourageante a été les minéraux non métalliques, ce que l’on doit avant tout au diamant.

Demande des ménages

La demande des ménages est restée le moteur de la croissance au premier trimestre à cause de divers facteurs : élévation des revenus, regain de confiance, baisse des taux d’intérêt, réduction des prix dans le cas des biens durables et semi-durables. Les ménages ont continué à s’endetter, mais la chute des taux de financement n’a pas alourdi leur charge d’endettement.

Le secteur de l’habitation a un peu glissé en avril de son niveau très élevé du mois précédent. Les mises en chantier d’habitations ont légèrement baissé à 241 600 logements (aux taux annuels), mais demeurent bien supérieures à leur moyenne de 225 500 au premier trimestre. Les mises en chantier de logements unifamiliaux étaient toujours de plus de 100 000 logements, qui est leur moyenne pour ces deux dernières années de forte demande. Une légère contraction des ventes d’habitations neuves – malgré la baisse des taux hypothécaires  dans une période où la construction progresse à grands pas – a porté le nombre de logements inoccupés à son plus haut niveau en deux ans. Le marché de la revente a aussi un peu régressé après avoir largement progressé les deux mois précédents.

En volume, les ventes au détail se sont accrues de 1,1 % en mars pour un troisième solide gain consécutif et un rendement trimestriel qui, dans l’histoire, n’a été dépassé que par celui du quatrième trimestre de 2001. Les ventes d’automobiles ont mis fin à un long marasme par une deuxième hausse consécutive. En avril, elles ont fait un bond à leur niveau le plus haut depuis le début de leur léthargie en août dernier. Les voitures de tourisme ont mené ce mouvement de reprise après avoir à elles seules entraîné les ventes de véhicules à la baisse au premier trimestre, période où la demande de camions était soutenue.

La demande de produits autres que les automobiles s’est raffermie partout. Elle a connu son meilleur trimestre en 17 ans. L’essor du marché de l’habitation a fait que les meubles et les appareils électroménagers ont présenté une cinquième solide hausse de suite. Les ventes d’ordinateurs se sont rétablies de leur contraction du mois précédent, les détaillants ayant renoncé à une rare tentative de hausser les prix. Les réductions de prix ont aussi permis aux ventes de vêtements d’étoffer les gains que leur avait apportés le temps froid au début de l’année.

Commerce de marchandises

Une augmentation de 4,0 milliards de dollars des exportations de biens rend compte de la totalité de l’accroissement de 2,8 milliards de dollars au premier trimestre de l’excédent canadien au compte courant. Dans l’industrie tertiaire, le déficit au compte des voyages a pris sa valeur la plus élevée depuis 1993. Les dépenses des Canadiens à l’étranger ont progressé deux fois plus vite que celles des étrangers au Canada. Précisons que les dépenses des touristes étrangers sont revenues au niveau antérieur à l’épidémie de SRAS et à la guerre en Iraq l’an dernier. Les dépenses records des touristes canadiens s’expliquent en partie par la migration hivernale en sol américain, laquelle a atteint un sommet en trois ans.

Grâce à la demande grandissante qui s’attache à nos ressources naturelles, les recettes tirées des exportations ont encore remonté en mars; depuis l’automne dernier, la progression a été de 8 % dans l’ensemble, 6 % en valeur (prix) et 2 % seulement en volume. Les prix ont été gonflés par l’énergie, les produits forestiers et les métaux et la diminution du taux de change canado-américain a enrayé la décroissance des prix reçus par les fabricants de biens de consommation et d’équipement. Comme les exportations ont crû plus rapidement que les importations, l’excédent commercial a franchi la barre des 6 milliards de dollars en valeur mensuelle pour la première fois en près de trois ans. Il s’était établi en moyenne à moins de 5 milliards de dollars par mois l’an dernier.

En valeur mensuelle, les exportations se sont accrues de 1,7 % en mars. Elles s’étaient vivement redressées de 7,5 % en février après avoir fléchi en début d’année à cause du temps froid. Les produits forestiers ont dominé à ce tableau grâce à la fermeté de la demande de bois d’œuvre sur le marché américain de l’habitation. Les produits industriels ont établi un nouveau record, soutenus par une demande vorace d’alliages métalliques. À l’exportation, les produits forestiers et industriels ont progressé de plus de 12 % dans la dernière année. Les prix et les exportations dans le secteur de l’énergie sont demeurés élevés avant de faire un nouveau bond au printemps. Pour les automobiles et les machines et le matériel, les hausses ont été modestes après les gains à deux chiffres du mois précédent, mais le revenu tiré de ces produits n’était pas plus élevé qu’il y a un an.

Les importations se sont élevées de 1 % en mars pour ainsi connaître un mouvement de reprise d’une valeur totale de 4,7 % depuis l’automne dernier (les deux tiers en volume et le reste en valeur (prix)). Le redressement des ventes d’automobiles au Canada a fait que les importations de véhicules ont évolué en hausse ces deux derniers mois. Les détaillants ont aussi accéléré leurs importations, notamment de vêtements. À l’importation, les machines et le matériel, qui ont présenté leur meilleur gain trimestriel en plus d’un an, ont légèrement fléchi en mars.

Prix

L’indice des prix du PIB a monté de 1,2 % au premier trimestre surtout à la suite d’une augmentation de 2 % des prix à l’exportation (c’est leur deuxième hausse en importance dans la dernière décennie). Les achats au Canada coûtent seulement 0,6 % de plus en partie parce qu’une baisse des prix des marchandises importées a fait contrepoids à une hausse du prix de l’énergie.

De mars à avril, l’indice des prix à la consommation s’est élevé de 0,2 % après n’avoir guère évolué au premier trimestre. Le taux annuel d’inflation a ainsi été porté à 1,6 %; il avait glissé au-dessous de 1 % chacun des deux mois précédents. Le prix de l’énergie a mené le mouvement avec une augmentation du prix de l’essence (par suite du renchérissement du pétrole brut) et des tarifs d’électricité en Ontario et en Colombie-Britannique.

Par ailleurs, la forte demande de consommation dont sont l’objet les biens durables a fait qu’un certain nombre de détaillants ont haussé leurs prix. Les majorations ont été de près de 1 % pour les automobiles, les meubles et les appareils électroménagers. Le prix des voitures neuves a été stimulé par la reprise du marché des véhicules d’occasion, où les prix se sont affermis après s’être affaiblis de 6 % de juillet 2002 à septembre 2003. Le marché de l’habitation qui bat son plein a aussi fait monter le coût de la propriété d’une habitation. Ces hausses ont partiellement été contrebalancées par des baisses des prix des vêtements et des aliments, plus particulièrement de ceux qui ont un grand contenu importé.

Les cours des produits de base ont encore augmenté en mai. Le prix de l’énergie a prédominé, le pétrole brut ayant augmenté de plus de 2 $ le baril et son prix se situant à son plus haut niveau jamais atteint. Ce renchérissement a gagné le gaz naturel, qui s’est trouvé en hausse un troisième mois de suite. Les cours des métaux se sont redressés après avoir fléchi en avril. La dévalorisation du dollar canadien a encore fait monter les prix des produits industriels (0,8 %) en avril. Les majorations de prix ont été des plus marquées dans le cas des produits forestiers et métalliques.

Marchés financiers

La bourse de Toronto a fait un léger gain de 1 % en mai pour ainsi mettre fin à son dérapage de deux mois. Les aurifères ont été le chef de file après une perte de 20 % en avril et les actions du secteur de la TIC ont aussi repris en partie le terrain qu’elles avaient récemment perdu. Le renchérissement des produits de base a stimulé les métallifères, mais n’a pas eu le même effet sur les actions du secteur de l’énergie.

Les pressions à la hausse qui se sont exercées ces derniers temps sur les rendements obligataires se sont traduites par un léger relèvement des taux hypothécaires sur un et cinq ans. Pour les taux de cinq ans, l’augmentation est de près d’un point entier depuis les derniers jours de mars où ils se situaient à leur plus bas niveau. Quant au dollar canadien, il s’est stabilisé un peu au-dessous des 73 cents américains après avoir constamment fléchi depuis le début de l’année.

La majoration récente des taux d’intérêt à plus long terme a favorisé l’investissement dans les comptes productifs d’intérêts. C’est ainsi que, en avril, l’indicateur M2 a offert son meilleur gain mensuel depuis juillet dernier. Les investisseurs continuaient toujours cependant à bouder les fonds communs de placement du marché monétaire.

En avril, les entreprises ont accru leurs emprunts à court terme un deuxième mois de suite. Ce sont les premières hausses consécutives de leur endettement à court terme en plus d’un an. Contrairement à ce qui s’était passé en mars, le mouvement s’est accompagné en avril d’amples mobilisations de fonds des sociétés sur les marchés des actions et des obligations.

Économie régionale

Alors que le Québec domine la croissance de l’emploi depuis le début de l’année, les ventes au détail bondissent de 2,5 % en mars pour afficher leur croissance trimestrielle la plus forte depuis le deuxième trimestre de 2001. L’investissement a continué d’être particulièrement ferme avec l’émission de 1.1 milliard de dollars de permis de construction d’immeubles non résidentiels pendant les trois premiers mois de 2004, soit 38,6 % de plus qu’au cours de la même période en 2003. Les permis continuent donc de devancer largement la tendance ailleurs au pays comme ils le font depuis presque deux ans. En février et en mars, le secteur industriel est en tête. Les mises en chantier sont demeurées tout près de leur sommet de quinze ans enregistré en mars. Les exportations continuent de tirer de l’arrière avec le recul dans l’aéronautique qui est une des seules sources de faiblesse dans la fabrication.

En Ontario, c’est le secteur de l’automobile qui donne son entrain à l’économie. Il a fait gagner 35 % aux exportations depuis janvier lorsque la température avait paralysé le transport de marchandises. L’automobile domine également la croissance des livraisons manufacturières. La croissance des ventes au détail était légèrement plus faible qu’ailleurs au pays, mais celles-ci enregistrent tout de même une troisième hausse d’affilée. Les ventes au détail avaient été à la traîne des autres régions du pays l’an dernier lorsque la hausse du dollar avait affaibli les exportations et les revenus de la province.

La conjoncture se débarrasse aussi de ses dernières faiblesses dans l’Ouest, encouragée par la reprise du secteur des ressources. C’est dans ces provinces où le revenu du travail a le plus augmenté au premier trimestre, alors que l’emploi reprend fortement dans le secteur des biens où les emplois sont les mieux rémunérés. Les Prairies continuent d’être en tête de la croissance de la fabrication tout comme au long de l’année dernière. La transformation de métaux et les produits pétroliers dominent une hausse particulièrement vive des livraisons (4,5 %), la plus marquée de huit consécutives. En Colombie-Britannique, le secteur des produits forestiers reprend après la fin de la grève de 10 000 travailleurs forestiers. Les ventes au détail enregistrent une deuxième hausse d’affilée de plus de 2 %. Dans cette province, ce sont les mises en chantier qui devancent largement la tendance ailleurs au pays alors que la force du logement se déplace vers l’Ouest.

Économies internationales

Aux États-Unis, le marché de l’habitation a montré des signes d’affaiblissement. Le refinancement hypothécaire a diminué perceptiblement après que les taux hypothécaires se sont mis à remonter au printemps. Les ventes d’habitations neuves se sont contractées de 12 %, tombant à leur plus bas niveau depuis novembre. Le recul a été concentré dans les ventes d’habitations non encore en chantier et dans le marché du sud du pays, ces secteurs chutant de 22 % l’un et l’autre. Le dérapage de la demande a coïncidé avec une forte augmentation du nombre de maisons en vente. Les prix sont toutefois demeurés fermes, le marché de la revente a gardé sa vigueur et les mises en chantier de logements unifamiliaux ont fléchi de moins de 1 % en avril. Le carnet de logements autorisés non encore en chantier a atteint des proportions inégalées, dépassant de 16 % sa valeur d’avril dernier.

Les ventes au détail se sont affaissées de 0,5 % en avril après avoir vivement progressé les deux mois précédents. Tout ce recul tient aux ventes d’automobiles, et notamment de gros véhicules dont la montée en flèche du prix de l’essence a réduit la demande. Les achats de vêtements ont diminué de 2 % après avoir été fortement en demande à cause des rigueurs hivernales. Les ventes de meubles et d’appareils électroménagers étaient toujours en croissance avec presque une progression annuelle à deux chiffres grâce à l’incessante vigueur du marché de la revente. Aujourd’hui, les Américains dépensent 664 millions de dollars de plus qu’il y a un an pour faire le plein, ce qui équivaut à 0,2 % de la masse des ventes au détail.

La production industrielle a regagné 0,8 % en avril après avoir perdu 0,1 % en mars. Le secteur de la fabrication a été en tête avec une huitième hausse consécutive : l’augmentation de 4 % dans la période visée – le meilleur gain en quatre ans – a causé le premier accroissement de l’emploi manufacturier en quatre ans. La montée de la production a porté l’utilisation des capacités à un sommet (75,7 %) en trois ans. Tous les grands secteurs ont affiché une solide croissance. Les matériaux et fournitures de construction ont dominé à ce tableau grâce à la fermeté de la demande sur le marché de l’habitation. Les biens de consommation ont surmonté une autre contraction de la production automobile, ce qu’ils doivent aux meubles, aux appareils électroménagers et à l’énergie. L’outillage des entreprises a été soutenu par une progression digne de mention dans le cas des produits de haute technologie (sans les appareils de télécommunication). Ce qui déconcerte, c’est que tout le gain de production d’avril est allé dans les stocks, puisque les livraisons ont évolué en baisse. Enfin, les nouvelles commandes ont cédé la moitié du terrain conquis en avril, entraînées à la baisse par les biens d’équipement.

Un déficit commercial des États-Unis en plein essor est passé de 42,1 milliards de dollars à une valeur record de 46,0 milliards de dollars en mars. Cet accroissement s’explique pour moitié environ par le renchérissement des hydrocarbures. Le déficit américain avec la Chine s’est alourdi de 2,1 milliards de dollars. Les exportations étaient toujours en redressement. Elles se sont accrues de 15 % dans la dernière année en situation de dévalorisation du dollar américain, plus particulièrement vis-à-vis de l’euro et du dollar canadien.

Dans la zone de l’euro, le taux de croissance a monté au premier trimestre. Le PIB réel a été en hausse de 0,6 % après avoir gagné 0,4 % les trois derniers mois de 2003. D’une année à l’autre, la production a progressé de 1,5 %, prenant son rythme le plus rapide depuis 2001. Les dépenses des ménages et les exportations se sont accélérées, mais les investissements ont rétréci. En mars, la production industrielle a fléchi de 0,2 % et tous les secteurs se sont contractés après avoir marqué une légère avance le mois précédent. Les nouvelles commandes ont encore affiché de solides gains, plus particulièrement pour les textiles et les machines et le matériel. Les dépenses de consommation sont restées anémiques (diminution de 0,2 % en mars), mais les ventes étaient en hausse de 1,5 % d’une année à l’autre. Le commerce a battu son plein, notamment avec la Chine. Dans l’ensemble, le déficit au compte de l’énergie s’est allégé et les excédents ont encore augmenté aux comptes de la machinerie et de l’automobile. L’inflation s’est avivée et le taux annuel est passé de 2 %, en avril, à 2,5 % en mai. Le taux de chômage a été stable à 8,8 % en mars.

En France, le PIB réel s’est élevé de 0,8 % au premier trimestre. C’est sa meilleure progression depuis l’an 2000, ce qui s’explique par un double raffermissement des dépenses des consommateurs et des investissements des entreprises. En volume, les ventes au détail ont présenté en mars un taux de croissance de 2,9 % d’une année à l’autre grâce à un mouvement semblable des salaires. La production industrielle a été inerte après avoir été largement en hausse en février. Les nouvelles commandes se sont redressées de 2,8 %. Le taux de chômage est resté fixé à 9,8 %.

En Allemagne, l’économie a crû de 0,4 % au premier trimestre. Son taux de croissance est de 1,5 % d’une année à l’autre. En mars cependant, la production industrielle a chuté de 2,3 %, enfoncée par la faiblesse des commandes en fabrication et le marasme de la demande intérieure. Les ventes au détail se sont contractées de 0,7 % dans le mois et le taux de chômage a légèrement monté à 10,5 % en avril. L’excédent commercial a augmenté en mars avec des exportations toujours en expansion et des importations en contraction. C’est l’Allemagne qui présentait toujours l’excédent du commerce extérieur le plus imposant de la zone de l’euro.

En Italie, l’économie a été en progression de 0,4 % au premier trimestre et de 0,8 % d’une année à l’autre. La production industrielle a été faible en mars, perdant 0,4 %. Les nouvelles commandes qui s’étaient regarnies en février se sont amincies en mars de 1,2 %. Les dépenses de consommation étaient toujours languissantes et le taux annuel d’inflation s’établissait à 2,1 % en avril.

Au Japon, l’économie a crû de 1,4 % les trois premiers mois de l’année et la descente du chômage a stimulé les dépenses de consommation. Les exportations et les dépenses en immobilisations ont conservé leur vigueur. En avril, les dépenses des ménages se sont élevées un sixième mois de suite. Le gain est de 7 % d’une année à l’autre, le plus important en 21 ans. Il s’est créé 240 000 emplois et le taux de chômage est resté en avril à son plus bas niveau (4,7 %) en trois ans, car les fabricants ont multiplié les embauchages devant la progression de la demande. La production industrielle a fait un bond de 3,3 % en avril. Ce même mois, l’excédent commercial s’est accru un dixième mois de suite, les exportations s’étant élevées de 11 % surtout grâce aux produits de haute technologie destinés à l’Asie. Les échanges avec les États-Unis ont encore diminué à cause des exportations d’automobiles qui rétrécissent.

En Chine, l’économie a marché à grands pas en avril. Pour la production industrielle, le gain est de 19 % d’une année à l’autre et, pour les importations et les exportations, les hausses sont respectivement de 43 % et 32 %. Le gouvernement a resserré à nouveau sa politique monétaire, imposant plus de restrictions aux prêts des banques. À Taïwan, l’économie a été en hausse de 6,3 % d’une année à l’autre au premier trimestre, avançant à son rythme le plus rapide en plus de trois ans. En Malaisie et à Singapour, l’économie a fait un bond et le taux de croissance (7,5 %) a été le plus élevé en quatre ans. Au Chili, le PIB réel a progressé de 4,8 % d’une année à l’autre, ce que l’on doit surtout à la fermeté des exportations (plus particulièrement de cuivre vers la Chine) et à une revitalisation de la demande intérieure.


Note

* Basée sur les données disponibles le 4 juin; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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