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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Avril 2005

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

La production et l’emploi étaient toujours en progression modérée tôt dans la nouvelle année. Cette croissance soutenue dans l’ensemble nous dissimule cependant de grands changements dans certaines branches d’activité, notamment une nouvelle tendance saisonnière des ventes au détail à cause des certificats-cadeaux. Le Canada a continué à tirer parti de la fermeté des cours des produits de base, surtout des métaux, en février, et de l’énergie, en mars. C’est pourquoi les entreprises investissent davantage dans les secteurs en question, plus particulièrement dans l’exploitation des sables pétrolifères pour lesquels on a prévu déjà de fortes hausses en 2005. Malgré le boom des prix des produits de base, le taux de progression de l’Indice des prix à la consommation a été stable à 2,1 % en février et les taux d’intérêt n’ont pas bougé.

Le mouvement de renchérissement devait toutefois poser davantage un problème aux États-Unis. La hausse de 3 % des prix à la consommation (qui n’est que de 2,4 % si on exclut les aliments et l’énergie) s’est accompagnée d’une majoration de tous les taux d’intérêt. En outre, le chômage a atteint un taux de 5,2 %, le plus bas depuis les attentats du 11 septembre. L’économie a gardé l’ample cadence de sa croissance : des mises en chantier records et une relance qui se poursuit dans l’activité manufacturière ont plus que compensé la faiblesse des ventes d’automobiles les deux premiers mois de l’année. Ces ventes pourraient avoir fini par ralentir en réaction au renchérissement de l’essence; la demande a diminué dans le cas des plus gros véhicules. En revanche, ces mêmes ventes d’automobiles se sont affermies au Canada les premiers mois de l’année.

Un fait digne de mention en début d’année est l’absence de flambée des importations de vêtements et de textiles à la suite du décontingentement des livraisons en provenance de la Chine. En fait, ces importations ont décru en volume en janvier, alors que les prix évoluaient un peu en hausse à l’importation. Les livraisons chinoises ont été toutefois plus considérables à destination des États-Unis et de l’Union européenne. Les prix dans l’industrie ne semblent indiquer non plus aucune flambée de l’offre, puisque les entreprises intérieures ont été en mesure de hausser les prix des textiles et des vêtements les deux premiers mois de l’année. Signalons enfin que, dans les industries du textile et du vêtement, l’emploi a augmenté de décembre à février selon les données non désaisonnalisées, tandis que la production était stable en janvier.

Marché du travail

L’emploi a été stationnaire en mars, au dernier mois d’un trimestre de croissance anémique de 0,2 % seulement. La masse des heures travaillées a été compressée en partie par substitution d’emplois à temps partiel à des emplois à plein temps. Il reste que le taux de chômage a fléchi à 6,9 %, les jeunes étant les plus nombreux dans ce cas à quitter le marché du travail.

L’industrie primaire a réduit les emplois un deuxième mois de suite et ceux-ci sont tombés à leur plus bas niveau depuis septembre 2004. Depuis le début de l’année et malgré les hausses de prix, l’emploi a diminué dans le secteur des ressources naturelles, dans l’industrie de la construction et dans le secteur de la fabrication. Il s’est aussi contracté depuis le début de l’année dans les services aux entreprises, notamment dans les provinces centrales. Pour le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, les pertes s’accumulent en partie parce que la fermeté du dollar a dissuadé un certain nombre d’Américains de voyager au Canada. La vigueur de la demande des ménages a aidé le commerce et les finances à afficher de solides gains. Dans le secteur public, l’emploi a encore augmenté en mars.

Le tableau régional de l’emploi s’est inversé depuis le début de l’année. Dans les Prairies et en Colombie-Britannique, la croissance a ralenti, plus particulièrement dans l’industrie de la construction où l’activité bat son plein. L’Ontario a continué à se remettre de la perte cuisante subie en janvier malgré de nouvelles réductions dans son parc manufacturier. Quant au Québec, il a profité de nouveaux gains en fabrication; c’est la seule région canadienne où l’emploi manufacturier a été en progression dans la dernière année.

La croissance de l’emploi aux États-Unis a ralenti en mars après être sortie d’un marasme qui a duré toute l’année précédente. L’écart de l’emploi entre le Canada et les États-Unis se rétrécit, mais le taux aux États-Unis demeure inférieur (62,4 % contre 62,6 %).

Indicateurs avancés

Après s’être raffermi de 0,1 % en décembre et janvier, l’indicateur composite demeure stable en février. La faiblesse du secteur automobile entraîne la baisse d’une composante de plus qu’en janvier. Quatre composantes sur dix ont donc diminué, et une composante est demeurée inchangée, soit l’indicateur avancé des États-Unis, tout comme il l’avait été le mois précédent. La bourse est demeurée de loin la source de croissance la plus importante. Les intentions d’investissement se sont améliorées.

Le secteur automobile renverse la vigueur des ventes de biens durables. En janvier, les ventes d’automobiles au Canada étaient en baisse de presque 20 % depuis leur sommet enregistré en décembre 2002. La montée des prix de l’essence réduisait la demande, plus particulièrement dans la catégorie des camions, des fourgonnettes et des véhicules utilitaires des constructeurs Nord-américains.

Ce sont deux composantes de la fabrication qui se replient le plus rapidement tandis que la faiblesse est concentrée dans l’automobile. La baisse de la durée hebdomadaire moyenne de travail s’accentue. Sur une base annuelle, l’industrie de l’équipement de transport est la seule parmi les biens durables à indiquer une diminution de ses heures de travail (de 40,0 à 37,7 heures de travail par semaine). Le ratio des livraisons aux stocks connaît une deuxième baisse d’affilée face à une nouvelle accumulation des stocks. Le secteur automobile était également la principale source de faiblesse, notamment en raison des pièces.

Par contre, toujours en fabrication, les nouvelles commandes s’accélèrent, ce qui traduit la fermeté de l’investissement, de la construction et de la demande persistante de métaux. Les intentions d’investissements des entreprises progressent de 8,8 % en 2005 après avoir crû en 2004. La bourse traduit cette effervescence et enregistre ainsi sa croissance la plus forte de sa tendance depuis février 2004.

Encouragés par le logement qui commence l’année du bon pied, les achats de meubles et d’articles ménagers poursuivent leur essor. Les mises en chantier ont fortement augmenté tant dans les Prairies qu’en Colombie-Britannique avec le retour d’une température plus saisonnière. Elles n’ont pas rattrapé tout le terrain perdu en janvier au Québec et en Ontario, cependant. Dans l’ensemble, l’indice du logement est demeuré essentiellement inchangé.

L’indicateur avancé américain est demeuré stable pour le deuxième mois d’affilée, ce qui met fin à trois mois de baisses. La bourse s’accélère. Le raffermissement des composantes reliées à la consommation des ménages a fait place à une forte progression des indicateurs de l’investissement.

Production

Le PIB réel est resté sur sa lancée avec une progression de 0,2 % en janvier, une troisième de suite. Dans le secteur des ressources naturelles et l’industrie de la construction, la production a été gênée par les intempéries qui ont sévi dans certaines régions du pays. Ces branches d’activité avaient dominé pour la croissance pendant le plus clair de l’année 2004. Il y a cependant eu les dépenses de consommation et la fabrication pour compenser cette faiblesse.

La production manufacturière s’est accrue de 0,6 % après avoir remonté de 0,4 % le mois précédent, signe éloquent qu’elle se rétablit du marasme où elle s’est trouvée plongée au second semestre en raison de l’appréciation du dollar. Les industries de biens d’équipement ont été en tête à la faveur de la multiplication des projets d’investissement des entreprises. La demande a particulièrement été ferme dans le cas de la machinerie des mines et de la construction; elle était en hausse de 21 % d’une année à l’autre. La demande de transport des ressources naturelles a fait monter en flèche la production de camions lourds. On note aussi une reprise de la production dans les industries de l’aéronautique et des TIC.

Il y a eu une relance en fabrication malgré une plus grande faiblesse de l’industrie de l’automobile. La production des usines de montage de cette industrie a été inerte en janvier et la lenteur des ventes aux États-Unis n’annonce guère d’amélioration sur ce plan. Les gains dans l’industrie du textile ont fait contrepoids à des pertes dans l’industrie du vêtement en ce premier mois de décontingentement international.

La production s’est légèrement contractée en construction et dans les ressources naturelles. Le bâtiment a été le plus touché, plus particulièrement le bâtiment en hauteur et la construction non résidentielle où la force des vents suffit à faire fermer des chantiers. Les forages pétroliers et gaziers ont également ralenti et un incendie a nui à la production dans le secteur des sables bitumineux. Le minerai de fer demeure une note encourageante dans le secteur minier. Les prix se sont en effet envolés à cause de la demande d’acier de la Chine.

Les services ont traversé un mois de lenteur de production à l’exception du commerce de détail. Pour les industries de distribution de biens, les flux de marchandises n’ont guère évolué. Les dépenses de consommation hors commerce de détail ont un peu diminué dans l’ensemble, peut-être parce qu’elles subissent moins l’influence des certificats-cadeaux (surtout distribués par les grands détaillants). La production a offert des gains modestes dans les services aux entreprises et les administrations publiques.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail ont fait un bond de 2,3 % en janvier. Pour février, il y aurait un autre gain imposant que paraît garantir un bond de 10 % des ventes d’automobiles à la pièce. De plus, les ventes devraient reprendre en février dans la région de l’Atlantique, rudement éprouvée par les tempêtes en janvier. La solide performance observée en début d’année dans le secteur des dépenses de consommation marque un retour aux fortes hausses du second semestre de 2004, mouvement qui s’est étiolé dans la faiblesse des ventes qui a caractérisé les fêtes de fin d’année.

Rétrospectivement, on a l’impression que le gros du fléchissement de 1,3 % des ventes en décembre est imputable à la vogue grandissante des certificats-cadeaux. Ceux-ci sont vendus en grande quantité avant Noël, mais ne sont pas pris en compte dans les ventes au détail tant qu’ils n’ont pas été honorés, ce qui se produit dans ce cas-ci après les fêtes lorsque les consommateurs font la chasse aux aubaines. Les deux tiers des grands détaillants offrent des certificats-cadeaux. Ces ventes ont augmenté de moitié depuis 2003, reflet de l’engouement croissant des consommateurs pour ces bons d’achat.

La demande s’est affermie partout. Les ordinateurs et les produits électroniques mènent le mouvement comme ils l’ont fait tout au long de la dernière année. Les meubles et les appareils électroménagers ont continué à profiter de la fermeté de la demande sur le marché de l’habitation. Les ventes d’automobiles ont entrepris la nouvelle année avec des gains consécutifs, surtout grâce aux camions, et ce, malgré la cherté de l’essence.

Le marché de l’habitation s’est rétabli de sa contraction de janvier. Les mises en chantier d’habitations ont progressé de 5 %, ce qu’elles doivent avant tout à un bond de 16 % dans le cas des logements multifamiliaux pourtant les plus touchés par la faiblesse du mois précédent. Les mises en chantier de logements unifamiliaux ont fléchi un deuxième mois de suite, ce qui a aidé à prévenir toute hausse du carnet de logements invendus. Sur le marché de la revente, on a constaté une progression des ventes de 3 % grâce à un marché albertain en plein essor et à la remontée ayant suivi les tempêtes qui ont traversé la région de l’Atlantique.

Commerce de marchandises

À l’importation, la demande s’est élevée un deuxième mois de suite pour retourner au sommet de juillet 2004. Les exportations ont cédé plus de la moitié du terrain conquis en décembre, revenant à cette évolution à la baisse qui a marqué le gros du second semestre de 2004. C’est ainsi que l’excédent commercial a chuté à un minimum en deux ans de 4 milliards de dollars. Cette baisse s’explique en majeure partie par une hausse du déficit des échanges avec l’Union européenne et le Japon.

Les importations ont progressé de près de 2 %. Environ la moitié de ce mouvement a pour origine les importations d’alcool de l’Europe, les magasins de la Société des alcools du Québec ayant à se réapprovisionner après une grève. Par ailleurs, la demande de machines et de matériel s’est encore affermie, notamment dans le cas de la machinerie. La diminution des importations de pièces pour l’industrie canadienne de l’automobile a été compensée par une augmentation de la demande de voitures de tourisme. Fait étonnant, le secteur des biens de consommation a été le seul à évoluer en baisse à l’importation.

Les exportations ont régressé de 1,6 % entièrement du fait du recul des cours énergétiques qui devaient pourtant parvenir à de nouveaux sommets par la suite. Dans tous les autres secteurs de demande à l’exportation, on a relevé de modestes gains. Les biens industriels sont demeurés au premier rang avec de fortes hausses pour le cuivre et les autres métaux non ferreux. L’essor du marché de l’habitation aux États-Unis a aidé les produits forestiers à reprendre le cap après avoir piqué du nez pendant sept mois. Les produits fabriqués ont présenté de menus gains, aidés en cela par une reprise des prix en raison de la faiblesse relative de notre dollar.

Prix

L’IPC a monté de 0,2 % de janvier à février, ce qui devait laisser le taux annuel d’inflation à 2,1 % après un léger recul le mois précédent. Le renchérissement de l’essence à la pompe a dominé à ce chapitre et d’autres hausses sont à prévoir après le sommet atteint par les cours du pétrole brut en mars. Les prix des vêtements ont également augmenté : à l’importation, ils ont un peu monté en janvier malgré la crainte d’un afflux d’importations chinoises bon marché à la suite du décontingentement.

Les prix des biens durables ont continué à descendre. Les constructeurs d’automobiles ont multiplié les programmes d’encouragement, réussissant ainsi à stimuler les ventes. Par ailleurs, les prix des ordinateurs et des produits électroniques ont encore évolué en baisse.

En mars, les cours des produits de base ont encore connu une progression presque à deux chiffres. Le prix de l’énergie s’est remis de sa légère contraction du mois précédent. Les cours des métaux ont plafonné après avoir mené le mouvement en février.

Ce même mois, le renchérissement des produits de base et la diminution du taux de change ont aiguillonné les prix industriels. Avec une hausse mensuelle de 1,1 % qui succédait à un redressement de 0,7 % les deux mois précédents, les fabricants ont recouvré les deux tiers des pertes subies sur le plan des prix au cours de la période d’appréciation du dollar observée de mai à novembre 2004. La progression constatée en février est due en majeure partie aux prix élevés des hydrocarbures et des produits forestiers et métalliques sur le marché mondial. Il n’y a qu’un quart qui soit à mettre au compte de la diminution du taux de change.

Le renchérissement persistant des produits de base a attisé l’inflation aux États-Unis. Les prix à l’importation se sont élevés de 6 % dans la période de 12 mois s’étant terminée en février. Un bond de 30 % du prix du pétrole à l’importation en est presque entièrement responsable. Devant ces conditions de plus grande inflation et de fermeté de la croissance, la Réserve fédérale a majoré les taux d’intérêt une septième fois en un an, les portant à leur niveau antérieur aux attentats du 11 septembre.

Marchés financiers

L’indice de la bourse de Toronto s’est replié de 1 % après avoir fait un bond de 5 % en février. Les émissions d’actions des secteurs des mines et de l’énergie ont fait du surplace après avoir marqué une avance à deux chiffres le mois précédent. L’énergie et les métaux sont à l’origine de la totalité des gains de l’indice depuis le début de l’année, car la majorité des autres actions ont été en décroissance pendant cette période.

Contrairement à ce qui s’est passé aux États-Unis, les taux d’intérêt n’ont guère évolué au Canada. Les obligations gouvernementales à long terme ont été stables et les taux obligataires à court terme sont inertes depuis le début de 2005. Malgré la hausse des taux américains, le dollar canadien n’a monté que lentement au cours du mois.

Le crédit à court terme aux entreprises n’a guère bougé en janvier et février (+0,5 %) après une hausse de 2,2 % au quatrième trimestre dans une période d’accumulation des stocks. Les entreprises ont émis pour plus de 2 milliards de dollars de nouvelles actions lorsque les cours boursiers ont fait un bond en février.

Économie régionale

La conjoncture s’améliore en Ontario. Les mises en chantier, qui avaient reculé chaque mois depuis septembre dernier, se redressent de 5,5 %. Les ventes au détail, à la baisse au cours de trois des quatre derniers mois, enregistrent leur plus forte croissance (2,3 %) depuis février 2004. Même situation pour les livraisons qui ont également renversé leur faiblesse des derniers mois et enregistrent leur plus forte progression (3,3 %) depuis le début de 2004. La progression des livraisons traduit en grande partie l’amélioration des exportations, deux mois après la baisse du dollar. Elles enregistrent une hausse d’une année à l’autre de 8,8 % avec, en tête, de fortes augmentations pour les produits industriels telles que les métaux et le papier ainsi que les machines et l’équipement de transport. Les voitures, le secteur d’exportation le plus important en Ontario, n’ont pas contribué à cette hausse cependant depuis un an.

Tout comme en Ontario, les livraisons manufacturières ont bondi au Québec (4,5 %) et la progression est étendue parmi les industries. L’activité est particulièrement forte dans l’aéronautique. Les vêtements diminuent à la suite de la fermeture d’un certain nombre de petites usines. Les pressions de la demande sur la production intérieure sont pourtant demeurées soutenues, puisque les importations ont fortement baissé (d’environ 5 % par rapport à janvier 2004) malgré la fin des restrictions, alors que les ventes au pays ont progressé de 0,2 % (les prix baissaient de 0,8 %). Les exportations se sont raffermies en janvier, en hausse de 11 % par rapport à la même période l’an dernier. La baisse de 3,7 % des ventes au détail qu’a provoqué par la grève à la Société des alcools était compensée par la croissance de 4,7 % enregistrée en janvier.

La conjoncture demeure favorable dans l’Ouest, mais les Prairies prennent de nouveau la tête. Les ventes au détail renversent leur baisse des deux derniers mois de 2004. Les mises en chantier se redressent également. Cette amélioration fait suite à la progression de près de 2 % du revenu du travail au quatrième trimestre, deux fois plus rapide que la moyenne nationale. Les livraisons ont progressé, mais beaucoup moins que dans les provinces à l’Est. L’alimentation est demeurée un secteur de faiblesse, qui tire sa source tant du côté des animaux de boucherie que des céréales. Les expéditions de produits pétroliers ont légèrement continué de baisser de leur sommet historique enregistré en novembre en raison d’un incendie survenu dans les champs pétrolifères.

Les ménages en Colombie-Britannique ont continué de reprendre leur souffle après avoir dominé les tendances nationales depuis la fin de l’été. Les permis dans le secteur non résidentiel ont baissé de leur sommet en trois ans atteint en 2004. Les mises en chantier ont augmenté avec le retour d’une température plus clémente, cependant. La construction et les services commerciaux expliquent la plus grande partie de la croissance de l’emploi en 2004 comme depuis le début de 2005.

Économies internationales

Aux États-Unis, la demande des ménages s’est caractérisée par un clivage croissant entre des gains pour l’habitation et des pertes pour l’automobile. En février, les mises en chantier d’habitations se sont accrues de 0,5 %, battant le record de 20 ans établi seulement le mois précédent. Janvier aurait pu être encore meilleur s’il n’y avait eu ces intempéries dans les États du Nord-Est et le Midwest. Un redressement de 20 % dans ces régions est à l’origine du gain de février.

Par ailleurs, les ventes au détail n’ont pas entrepris l’année en force, augmentant de 0,4 % en février après avoir offert un maigre gain de 0,7 % en janvier, à peine de quoi devancer l’inflation. La demande qui s’attache aux articles liés à l’habitation et aux vêtements est demeurée ferme, mais les ventes d’automobiles n’ont reconquis que le tiers du terrain abandonné en début d’année.

La fermeté de la demande hors industrie de l’automobile s’explique par la constante vigueur de l’emploi et du revenu. Si on exclut l’énorme paiement de dividendes de Microsoft en décembre, on constate que le taux d’élévation du revenu personnel a été presque le même en janvier (0,5 %) qu’en décembre. En janvier, le revenu du travail était en hausse de 5,8 % d’une année à l’autre. C’est la meilleure avance qu’il ait marquée en quatre ans, car la croissance de l’emploi s’est accélérée ces derniers mois.

Le bel appétit manifesté par les consommateurs a contribué à un alourdissement du déficit commercial, qui est passé de 55,7 milliards de dollars en décembre à 58,3 milliards de dollars en janvier. Les exportations ont piétiné et les importations ont fait un pas en avant (malgré une baisse de 1 milliard de dollars des importations pétrolières), surtout pour les biens de consommation. Environ le quart de l’augmentation des importations de ces biens est dû aux vêtements et aux textiles; les livraisons de la Chine ont augmenté après le décontingentement. Le prix du pétrole à l’importation s’est établi en moyenne à 35 $ en janvier; c’est sa valeur la plus basse depuis juillet.

En février, la production industrielle s’est élevée de 0,3 % à la suite de gains (révisés un peu à la hausse) les trois mois précédents. Les biens de consommation ont mené le mouvement, mais l’essor de la production automobile semble ne pas être soutenu par la demande. Comme la construction résidentielle a augmenté, la production de matériaux de construction a présenté de nouvelles hausses. Pour l’outillage des entreprises, la tendance est la plus forte à l’échelle des secteurs de l’industrie. Le temps clément a largement fait baisser une deuxième fois de suite la demande de services publics. Les nouvelles commandes de biens durables sont restées fermes. On a relevé des hausses pour les biens d’équipement et, en contrepartie, observé une faiblesse des commandes dans l’industrie de l’automobile.

Dans la zone de l’euro, la production industrielle a progressé de 0,5 % en janvier. La demande de biens d’équipement et de biens durables de consommation a été contrebalancée par un recul de la production énergétique. Les nouvelles commandes ont régressé après quatre mois de progression, ce qui tient à un recul dans le secteur instable du matériel de transport. Le déficit du commerce extérieur s’est accentué avec une énergie déficitaire et, toujours en contrepoids, des machines, des automobiles et des produits chimiques excédentaires. Le taux annuel d’inflation a fait un bond à 2,1 % en février en raison du renchérissement de l’énergie. Le taux de chômage a légèrement monté de 8,8 % à 8,9 % au début de l’année.

En France, l’économie a connu une baisse de régime dans la nouvelle année après avoir été solidement en croissance à la fin de 2004. Les ventes au détail ont fléchi de 1,3 % en février, cédant en partie leurs gains de janvier. La production industrielle s’est accrue de 0,2 % seulement en janvier, amortie par une double baisse de la production automobile et énergétique. Les nouvelles commandes ont fait un pas en arrière après un bond en décembre. Le déficit commercial s’est encore alourdi avec un renchérissement de l’énergie qui a poussé les importations en hausse. Enfin, le taux de chômage a monté à 9,8 % en février.

En Allemagne, l’économie a pressé le pas en janvier et les exportations ont crû de 6,1 % malgré la constante fermeté de l’euro. La production industrielle a augmenté de 3,2 % à la suite d’une légère hausse en décembre. Les dépenses de consommation sont demeurées hésitantes dans le sillage des réformes du marché du travail. En mars, les autorités ont annoncé un important allégement de la fiscalité des entreprises où le taux effectif d’imposition est désormais inférieur aux taux correspondants de la France et de l’Italie.

Au Japon, les données révisées sur le PIB indiquent que, au dernier trimestre de 2004, l’économie a progressé de 0,1 % au lieu de régresser d’autant. La production industrielle s’est propulsée en avant en janvier – elle est en hausse de 2,5 % depuis décembre – mouvement favorisé par une ample montée de la production dans l’industrie de l’automobile. Une reprise des revenus a aidé à nourrir les dépenses de consommation et, à l’importation, la demande est restée vigoureuse, particulièrement en ce qui concerne la Chine et les États-Unis.

En Chine, l’excédent commercial a monté en flèche pour atteindre les 11 milliards de dollars américains dans les deux premiers mois de l’année. Les exportations ont en effet augmenté de 36 % d’une année à l’autre, notamment les livraisons de textiles et de vêtements aux États-Unis et à l’Union européenne à la suite du décontingentement. La Chine tend à présenter des déficits en début d’année lorsque ses usines importent des matières premières et des produits de base à transformer en produits finis et à exporter par la suite. Au Brésil, le commerce a aussi battu son plein, ce pays arborant un excédent record en 2004 grâce à la demande mondiale de produits de base.


Note

* Basée sur les données disponibles le 8 avril toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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