Statistique Canada - Statistics Canada
Sauter la barre de navigation principaleSauter la barre de navigation secondaireAccueilEnglishContactez-nousAideRecherche site webSite du Canada
Le quotidienLe Canada en statistiquesProfils des communautésNos produits et servicesAccueil
RecensementLe Canada en statistiquesProfils des communautésNos produits et servicesAutres liens

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Mars 2008

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

Au quatrième trimestre, le rythme de croissance du PIB réel a ralenti à 0,2 %; cette évolution trimestrielle a été ponctuée en décembre d’une baisse de 0,7 % de la production. Cette baisse avait surtout été causée par un net fléchissement de la production automobile avec pour facteur aggravant de piètres conditions météorologiques qui ont nui à la construction et paralysé les autres travaux en plein air. De plus, la diminution imminente de la TPS paraît avoir incité les ménages à retarder certains achats après le début de la nouvelle année.

Au quatrième trimestre, la demande intérieure finale s’est accrue de 1,7 %; c’est son gain trimestriel le plus imposant depuis le début du nouveau millénaire. Les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ont mené le mouvement. Ce sont des gains avant tout déterminés par l’élévation des revenus réels grâce à de nouvelles améliorations des termes de l’échange. La fermeté des dépenses intérieures a largement fait contrepoids à la première contraction trimestrielle des exportations dans l’année, alors que les importations faisaient un bond en situation de dépassement de la parité canado-américaine pour notre dollar. Les importations étaient réparties également entre les biens et les services, ces derniers ayant été soutenus par une hausse des voyages à l’étranger.

On peut voir à plusieurs signes que l’économie a vite oublié son revers de décembre pour se remettre à croître dans la nouvelle année. Les mises en chantier d’habitations et les ventes d’automobiles ont offert des gains marqués. Le marché boursier en février s’est remis de son recul en janvier grâce une des hausses mensuelles des cours des produits de base les plus fortes depuis le début de la conjoncture ascendante actuelle, il y a six ans. L’indicateur avancé a évolué à nouveau en hausse en janvier après avoir baissé en novembre et fait du surplace en décembre. Encore plus important, les entreprises ont créé des emplois tant en janvier qu’en février dans une relance de leurs projets d’investissement pour 2008.

Investissement des entreprises

Les entreprises prévoient relever la valeur nominale de leurs investissements d’environ 6 % en 2008 d’après l’enquête annuelle sur les intentions d’investissement (le gain pourrait être meilleur en volume si les prix diminuent comme ils l’ont fait souvent depuis que le dollar canadien est entré en période de valorisation en 2003). Les plans d’investissement dépassent la progression de l’an dernier et se répartissent également entre la construction et les machines et le matériel.

Ce qui est plus important encore, c’est que cette hausse montre que les entreprises entendent dépenser davantage une sixième année de suite. Dans les cycles passés des immobilisations, les dépenses commençaient normalement à décroître dans la cinquième année. Bien sûr, on n’a jamais vu dans ces cycles un essor des prix des produits de base qui entame aussi sa sixième année et qui demeure le moteur de la croissance des investissements.

L’énergie est demeurée l’aiguillon avec une nouvelle augmentation de 10 % en 2008. La production des sables bitumineux et les pipelines ont été en tête, suivis des services publics avec de constants gains. Dans l’année en cours, les investissements en énergie constituent 38 % de toutes les immobilisations des entreprises. C’est un peu moins que leur valeur de culmination de 40 % en 2006. En 1999 encore, ils étaient de moins du quart.

En 2008, les exploitants des sables bitumineux ont l’intention d’investir 19,7 milliards de dollars. C’est là une hausse de 23 % qui succède à une autre de 31 % en 2007. C’est plus que l’ensemble des projets d’investissement d’une valeur de 19,6 milliards pour l’ensemble du secteur de la fabrication. Il y a tout juste une décennie, les investissements en production bitumineuse correspondaient à moins d’un dixième des dépenses en immobilisations des fabricants (1,4 milliard de dollars et 21,6 milliards, respectivement, en 1998).

Ce déplacement de la croissance des investissements hors de la fabrication vers la production des sables bitumineux donne un aperçu saisissant d’un des éléments les plus fondamentaux de l’évolution structurelle de l’économie canadienne dans la dernière décennie. Dans le secteur des sables pétrolifères, les investissements ont monté de 5,2 milliards de dollars en 2003 à une valeur prévue de 19,7 milliards en 2008. Cette croissance est la plus ample qu’ait jamais connue un grand secteur (et partant une industrie) sur une période de cinq ans en dehors du domaine pétrolier. Nous tenons compte ici de l’essor actuel des transports et des mines, de la pointe de 9 milliards de dollars de l’activité en fabrication en 2000 et des largesses de 10 milliards de dollars dans le secteur financier en préparation du passage à l’an 2000 qui ont pris fin en 1999.

L’investissement en production bitumineuse excède l’investissement en fabrication par sa croissance rapide, non parce que les immobilisations dans le secteur de la fabrication ont été faibles. Celles‑ci se situent toujours à des niveaux élevés, même à l’aune des projets des fabricants. Les entreprises prévoient dépenser 7 % de plus cette année dans les usines, surtout en machines et matériel d’amélioration de la productivité. Ce vote de confiance de 19,6 milliards de dollars dans l’avenir de la fabrication au Canada représente l’investissement le plus abondant depuis la culmination du cycle des TIC en l’an 2000. C’est le plus qu’ait fait toute industrie en dehors du secteur de l’énergie. Une majorité d’industries manufacturières (11 catégories sur 20 contre 6 en 2007) ont l’intention de dépenser davantage, surtout les fabricants s’occupant de raffinage pétrolier, d’affinage métallique et de fabrication de biens d’équipement. Dans l’industrie de l’automobile, on prévoit cependant dépenser un peu moins, en partie parce que le chantier d’une nouvelle usine est parvenu à son terme.

L’énergie domine aujourd’hui pour les investissements des entreprises, mais l’extraction des métaux reste le secteur où la croissance est la plus rapide. Depuis que les cours des métaux se sont redressés en 2003, l’investissement a suivi de près la montée des bénéfices. Avec des gains coup sur coup de 33 % et en 2007 et en 2008, l’investissement est presque que passé du simple au triple depuis 2003. À une valeur de 4,7 milliards de dollars, l’investissement se trouve concentré dans les mines d’or, de nickel et de cuivre.

Dans les services, seuls les transports prévoient une croissance à deux chiffres de leurs immobilisations en 2008 à cause de l’extension des pipelines joignant les exploitations bitumineuses aux marchés (les sommes investies feront monter les débits journaliers des pipelines de 1 million de barils d’ici 2009). Le commerce de gros et de détail prévoit des expansions modestes. Dans la plupart des autres services, il n’y a guère de croissance à l’horizon; mentionnons notamment les loisirs, la finance, les services aux entreprises et l’hébergement et la restauration. La plupart de ces branches d’activité ne sont guère capitalistiques, et c’est là une réaction fort discrète aux pénuries grandissantes de main-d’œuvre et aux pressions à la hausse sur les prix sectoriels.

En dehors des secteurs de l’énergie et des métaux, la plupart des industries de ressources ont rabattu leurs intentions d’investissement en 2008. Que les industries du bois d’œuvre et du papier aient constamment réduit leurs projets n’étonnera pas puisqu’elles sont en surcapacité. Que les dépenses en immobilisations des agriculteurs diminuent étonnera davantage si on considère que les cours céréaliers étaient en plein essor en début d’année.

Marché du travail

L’emploi a présenté une autre hausse de 0,3 % en février; c’est autant qu’en janvier. Il avait marqué un temps d’arrêt en décembre. Toute la progression s’est opérée dans l’emploi à plein temps. Elle était concentrée dans le secteur privé un deuxième mois de suite. Comme la population active a augmenté dans une même mesure (plus particulièrement chez les jeunes), le taux de chômage est resté à son minimum récent de 5,8 %.

Au tableau des hausses dans l’industrie, la construction a dominé avec un deuxième gain consécutif de 20 000 postes. Pour les services, la hausse a été de 0,4 % avec des gains étalés dans le commerce, la finance, les services aux entreprises et le secteur public. Le secteur de la fabrication a cédé tout le terrain conquis en janvier et le secteur des ressources naturelles a encore fait un pas en arrière.

L’Ontario a été le chef de file en création d’emplois avec une augmentation d’une année à l’autre qui s’est à nouveau approchée de la moyenne nationale à 2,2 %. La construction et les services aux entreprises ont été les chefs de file, compensant de nouvelles pertes en fabrication. La construction est demeurée vive dans l’Ouest canadien, région où le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique ont tous continué à présenter des valeurs à deux chiffres d’une année à l’autre (avec l’Alberta comme exception digne de mention). Au Québec, la fabrication a miné l’indicateur de l’emploi et cette province a tiré sa croissance du seul secteur des services. L’emploi a un peu régressé tant en Colombie-Britannique qu’en Alberta, notamment dans les ressources naturelles et la construction où le temps le plus froid jamais vu depuis des années dans les régions septentrionales a fait cesser tout travail en plein air (ce qui comprend les chantiers en région d’exploitation bitumineuse).

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé composite a grimpé de 0,2 % en janvier après avoir été révisé à la hausse en décembre pour demeurer inchangé par rapport au mois précédent. L’aug­mentation était générale, cinq des dix composantes affichant une augmentation, contre deux seulement en décembre. Les dépenses des ménages sont demeurées le secteur le plus vigoureux de l’économie, compensant largement l’important recul des marchés boursiers au début de 2008.

La baisse marquée de l’indice du logement en décembre s’est modérée de façon marquée en janvier. Le revirement le plus important touchait l’indice du logement qui est passé d’un recul de 2,6 % en décembre à un gain de 1,0 % en janvier. Les mises en chantier sont revenues à des niveaux plus normaux. La vigueur sous‑jacente du marché de l’habitation s’est traduite par une hausse de 1,1 % des ventes de meubles et d’appareils électroménagers, la plus importante depuis juillet 2006. La demande d’autres biens durables a commencé à se raffermir même avant la réduction de la TPS le 1er janvier. La reprise de la demande des consommateurs au début de la nouvelle année s’est également traduite par une reprise de l’emploi dans les services personnels, qui a été à la source du redressement général de la situation de l’emploi dans le secteur des services en janvier.

Les perspectives pour les industries manufacturières demeurent contrastées. L’indicateur avancé des États‑Unis a continué de reculer lentement en raison de la faiblesse dans les secteurs de l’habitation et de l’automobile. Toutefois, les nouvelles commandes de biens fabriqués au Canada ont bondi de 3,1 %, à la faveur de la vigueur soutenue des biens d’équipement, particulièrement dans l’aérospatiale. Entre‑temps, les stocks sont demeurés stables, contribuant ainsi à relever le rapport des livraisons aux stocks.

Production

En décembre, le PIB réel s’est contracté de 0,7 %, son recul le plus important depuis la panne d’électricité qu’a subie l’Ontario en août 2003. L’industrie de l’automobile a vu sa production péricliter de 27 % à cause aussi bien de changements de modèles dans certaines usines (à l’occasion des pauses normales de fin d’année) que de fermetures temporaires imposées par la faiblesse des ventes de voitures aux États-Unis. Les simulations effectuées avec le modèle d’entrées-sorties indiquent que le fléchissement de la production automobile a eu directement et indirectement pour conséquence une baisse du PIB de 0,5 point. Cette baisse de production d’automobiles s’est répercutée sur toute l’économie, depuis le commerce de gros et les transports jusqu’aux industries d’apport dans le secteur de la fabrication. En janvier, la production automobile devait recouvrer presque la moitié de ces pertes : les conversions de modèles ont duré jusque vers la fin du mois et les fermetures d’usines sont passées du secteur des voitures à celui des camions en raison de la lenteur des ventes.

Il reste que l’activité en fabrication a été faible dans l’ensemble. Les industries du vêtement et du bois d’œuvre ont continué à reculer à grands pas. Même les industries qui avaient profité de l’essor des ressources (comme celles de la construction et de l’outillage minier) ont accusé d’importantes baisses. Une neige abondante dans l’est du Canada a ralenti les livraisons.

De fortes tempêtes de neige ont nui aux activités qui s’exercent surtout dehors, qu’il s’agisse de la construction résidentielle (‑0,4 %), de l’exploitation minière (‑1,2 %) ou du transport ferroviaire (‑6,6 %). Les intempéries ont également découragé les voyageurs américains, ce qui a nui à des services comme les jeux de hasard et la restauration.

Les services qui ne dépendent ni de la distribution de biens ni de la météo ont connu un meilleur sort en décembre. Les finances et les services aux entreprises ont été en croissance lente. Quant au secteur public, il a vu sa production s’élever régulièrement.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail ont progressé de 0,6 % en décembre, y allant d’un troisième gain consécutif. La demande au détail a surtout augmenté pour les automobiles. Les ventes ont commencé à monter en décembre, car les concessionnaires ont consenti des remises de prix en prévision de la baisse de la TPS le 1er janvier. Nombre de consommateurs ont préféré cependant attendre que la TPS baisse effectivement et les ventes d’automobiles devaient faire un bond en janvier. Pour favoriser les ventes au détail au Canada, il y a aussi eu un recul de 8 % du tourisme d’emplettes aux États-Unis en décembre.

Les ventes ont été ternes hors industrie de l’automobile. Rien d’étonnant cependant compte tenu des sommes dépensées pour les automobiles. Il se peut aussi que les fortes tempêtes de neige aient retenu les consommateurs dans le confort de leur foyer. Les achats de vêtements ont diminué une deuxième fois en trois mois. Les ventes d’ordinateurs ont présenté une rare baisse, bien que la demande qui s’attache aux téléviseurs ait confirmé que c’est là le secteur de détail le plus en croissance en 2007 (avec un gain global de 16 % en volume).

Les mises en chantier d’habitations se sont redressées de 25 % en janvier après avoir fléchi de 23 % en décembre. Un temps hivernal particulièrement rude dans certaines régions du pays a nui aux résultats de décembre. Toute la reprise de janvier a eu lieu dans les chantiers de logements multifamiliaux, qui sont le plus à la merci des conditions climatiques.

Quant aux logements unifamiliaux, ils ont entrepris la nouvelle année en faiblesse. Les ventes de maisons neuves ont fortement diminué, ce qui devait accroître le carnet d’invendus dans le parc inoccupé. C’est ainsi que les mises en chantier de logements unifamiliaux ont été amorties un deuxième mois de suite. Sur le marché de la revente, la demande s’est stabilisée après un quatrième trimestre de lenteur. Le marché naguère florissant de l’Alberta a nettement faibli.

Commerce de marchandises

Le solde du compte courant est devenu déficitaire au qua­trième trimestre. C’est que l’excédent a diminué au chapitre des biens et que le déficit s’est alourdi au chapitre des services, alors que les revenus de placements gardaient leur stabilité. Si le solde du compte des biens s’est détérioré, c’est que les exportations ont baissé plus que les importations dans le trimestre. Ces deux mouvements négatifs sont en partie imputables à des fermetures d’établissements dans l’industrie de l’automobile à la fin du trimestre. L’accroissement du déficit au compte des services tient à une augmentation des déplacements de Canadiens à l’étranger.

En décembre, les exportations ont diminué de 3,1 %, tandis qu’une production automobile réduite limitait à 0,7 % le rythme de croissance des importations. Les exportations de canola et de blé, de même que d’engrais et de machines agricoles, ont profité des jours fastes de l’agriculture dans le monde, ont fini l’année en beauté.

Les agriculteurs canadiens ont multiplié les investis­sements en outillage agricole à mesure que s’élevaient leurs rentrées à l’instar de leurs homologues de l’étranger. Cette demande agricole a non seulement fait monter les commandes de machines sur le marché intérieur, mais aussi haussé à près de 1 milliard de dollars les importations au quatrième trimestre, un sommet depuis 1997. Avec la demande d’outillage sur le marché extérieur, une hausse des importations d’énergie en décembre a aidé à compenser une baisse temporaire des importations de pièces automobiles.

Tant les exportations que les importations ont été portées à des sommets en 2007 : elles ont respectivement progressé de 2,1 % et 2,8 % à 465 et 416 milliards de dollars. Pour les exportations de produits primaires (céréales et métaux notamment) et de biens fabriqués (produits chimiques, plastiques, métaux d’affinage, produits aérospatiaux et huile de canola), les gains sont considérables dans l’année. À l’importation, tous les secteurs ont progressé.

Prix

L’indice implicite des prix du PIB a regagné 1 % au quatrième trimestre après avoir évolué en baisse au troisième. La construction est restée la grande source de pressions à la hausse sur les prix. La plupart des autres prix ont subi l’effet d’amortissement d’une descente de 4 % des prix à l’importation : les consommateurs ont payé 0,2 % de plus seulement et les prix des biens d’équipement ont diminué un troisième trimestre de suite. Les prix à l’exportation ont également régressé un troisième trimestre de suite, car l’ample mouvement de valorisation du dollar canadien a eu plus de poids que le renchérissement de produits de base comme l’énergie, les aliments et les métaux.

De décembre à janvier, les prix à la consommation ont légèrement monté de 0,1 % et le taux annuel d’inflation a glissé à 2,2 %. Les pressions à la hausse se sont avivées sur les prix des aliments et de l’énergie. Si on exclut ceux‑ci, on peut voir que l’inflation a diminué en partie à cause de la baisse de 1 point du taux de la TPS.

Les cours énergétiques ont fait un bond de 0,6 %. Les automobilistes ont en effet payé davantage à la pompe au moment où le prix du pétrole brut parvenait à des sommets sur le marché mondial. Les prix des aliments se sont redressés après un ralentissement pendant la majeure partie de 2007. Les prix qui ont le plus augmenté mensuellement sont ceux du pain, des pâtes et des céréales, puisque la flambée récente des cours du blé a commencé à se répercuter sur la consommation.

En janvier, les prix des biens tant durables que semi-durables ont décru d’environ 1 %. Les prix des automobiles ont été réduits un deuxième mois de suite, ce qui devait largement entraîner les ventes à la hausse en décembre et janvier, alors qu’une grande diversité d’autres biens durables et de vêtements subissaient aussi des baisses de prix. Les prix des services se sont modérés depuis leur récente montée, ce que l’on doit à un ralentissement des prix de l’habitation et à l’incidence de la baisse de la TPS sur des secteurs comme celui de la restauration.

En février, les cours des produits de base ont repris pour marquer une de leurs plus fortes avances mensuelles depuis que leur mouvement haussier s’est engagé il y a six ans. Les produits céréaliers ont été en tête et le prix du blé a monté en flèche, parce que plus de pays ont restreint les exportations pour agir sur les prix intérieurs. Les cours des produits de base ont cependant été fermes dans l’ensemble. Le prix du pétrole a clôturé à plus de 100 dollars américains le baril et une vague de froid aux États-Unis a stimulé le prix du gaz naturel. Les cours des métaux ont également progressé, et on a relevé une quatrième hausse consécutive du prix du cuivre.

En janvier, les prix manufacturiers se sont élevés d’environ 1 % un troisième mois de suite. C’est surtout à cause de la flambée des prix des métaux, de l’essence et des aliments. De plus, la baisse du taux de change a légèrement fait monter les prix d’un grand nombre d’exportations, le bois d’œuvre mis à part. Les prix manufacturiers ont recouvré environ la moitié de ce qu’ils avaient perdu lorsque le dollar canadien se trouvait en plein envol à l’été et à l’automne de 2007.

Marchés financiers

Les cours boursiers ont remonté de 5 % en février, effaçant la totalité de leurs pertes du début de l’année, mais le gros de ce redressement concerne les métaux et l’énergie. Dans les deux cas, les actions ont connu une croissance à deux chiffres, portées par l’essor des cours des produits de base sur le marché mondial. La plupart des autres sous-indices ont accusé de légères baisses. La reprise au Canada jure avec la situation aux États-Unis où les pertes se perpétuent, en particulier dans un secteur financier en difficultés.

Les taux d’intérêt et les cours du change n’ont guère évolué en février. L’agitation des marchés financiers en janvier s’est accompagnée d’une conversion du financement des entreprises des actions aux obligations et aux effets à court terme. L’ample montée du crédit aux entreprises en général va dans le sens de l’intention manifestée par les entrepreneurs de multiplier les immobilisations en 2008.

Économies régionales

L’année se termine avec un raffermissement de la demande des ménages pratiquement partout au pays, en particulier en Ontario où le contraste avec le peu de vigueur des deux années précédentes est frappant. Ainsi, tout comme en novembre, l’Ontario domine la croissance nationale des ventes au détail avec une deuxième hausse de plus de 1 % en décembre, alors même que le dollar dépasse la parité au dollar américain et que les villes de la province sont les plus exposées au pays au magasinage transfrontalier (à cause de leur proximité de la frontière). Les dépenses ont été stimulées par les prix des biens qui ont le moins augmenté au pays en Ontario (0,3 % seulement en 2007), tandis que la croissance des revenus du travail était marquée (de plus de 3 % entre septembre et décembre 2007). Du côté du logement, les mises en chantier ont plus que rattrapé leur baisse du tiers de décembre, lorsqu’elles avaient été entravées par d’importantes chutes de neige. La fabrication était frappée de plein fouet par la baisse dans l’automobile.

Les précipitations ont entravé cependant les ventes au détail au Québec en décembre. Les tempêtes semblent également avoir ralenti les livraisons manufacturières alors que plusieurs autoroutes ont été fermées pendant quelques jours. Quelque 15 des vingt industries en fabrication ont en effet enregistré des baisses, les industries pétrolières constituant la principale exception en raison du temps froid. Comme partout ailleurs au Canada, le logement reprend en janvier dans cette province lorsque les mises en chantier ont enregistré leur niveau le plus élevé depuis juillet. Le logement a été particulièrement ferme au Québec en 2007, les ventes de maisons existantes ayant dépassé les taux de croissance enregistrés en Ontario, dans les Prairies et en Colombie-Britannique.

La conjoncture a continué prendre du mieux dans les Prairies après une pause l’automne dernier. Les mises en chantier reprennent après avoir affiché leur plus bas niveau de l’année en décembre. Les ventes au détail ont bondi à nouveau de 0,8 % après leur saut de 1,3 % en novembre. Là aussi, les hydrocarbures, en ce début d’hiver plus froid, demeurent une source de fermeté. Dans l’ensemble, les livraisons ont baissé légèrement cependant, restreintes par la faiblesse continue des produits forestiers.

La fabrication reste morose en Colombie-Britannique en décembre. Le secteur forestier domine de nouveau la baisse, mais la plupart des industries ont enregistré un recul. La Colombie-Britannique est la principale responsable de l’inertie des exportations au pays en 2007 avec une baisse annuelle de 7,9 %. Presque partout ailleurs les exportations augmentent à l’exception du Québec. La demande des ménages demeure vigoureuse cependant : les ventes au détail ont bondi de 1,1 % en décembre et les mises en chantier, de 18 % en janvier.

Économies internationales

Aux États-Unis, la résistance de l’économie réelle a continué en janvier malgré la faiblesse persistante du marché de l’habitation. Jointe à un allégement de la facture des importations, une hausse des exportations de biens d’équipement et de produits industriels a rétréci le déficit commercial. Les ventes au détail et la production industrielle ont légèrement évolué en hausse. Pour combattre les signaux contraires d’une contraction de l’emploi et des nouvelles commandes en fabrication, il y a eu une révision en hausse appréciable des chiffres de l’emploi des derniers mois et une hausse des commandes en décembre.

Sur le marché de l’habitation, les mises en chantier, les ventes et les prix ont continué à évoluer en baisse en 2008. Les permis ont décru de 3 % et les ventes d’habitations neuves, de 2,8 %. Sur le marché de la revente, la demande a été relativement stable, ne perdant que 0,4 %, alors que les mises en chantier montaient légèrement de 0,8 %. Une stabilisation temporaire s’est pourtant opérée en plusieurs points depuis le début de la crise de l’habitation, et il serait prématuré de suggérer que le fond a été atteint.

En janvier, les ventes au détail se sont élevées de 0,3 %. La progression du mois est surtout attribuable à l’industrie de l’automobile, bien que les magasins de vêtements, les pharmacies et les épiceries aient tous eu des hausses. La production industrielle a fait un maigre gain de 0,1 %. La production en fabrication a été stable après deux augmentations de suite. Des baisses de production dans le bois et les textiles ont eu pour contrepartie des hausses dans les produits électroniques, aérospatiaux et pétroliers. Le temps plus froid a stimulé la demande de services publics.

En décembre, le déficit commercial a rétréci à 58,8 milliards de dollars : les importations ont régressé de 1,1 % (malgré le renchérissement du pétrole) et les exportations ont progressé de 1,5 %. À l’importation, le recul a surtout eu lieu dans l’industrie de l’automobile qui est avant tout alimentée par des usines canadiennes ayant prévu des fermetures en décembre. Par ailleurs, la demande des consommateurs et des entrepreneurs est restée solide. En janvier, les nouvelles commandes de biens d’équipement de base ont présenté un troisième gain consécutif. Pour l’ensemble de 2007, les exportations devancent les importations, d’où une diminution annuelle du déficit commercial pour la première fois en cinq ans.

Dans la zone de l’euro, le taux de croissance écono­mique a été amputé de moitié au dernier trimestre de 2007 à cause de la vigueur de l’euro, des taux d’intérêt élevés et des répercussions de la crise financière dans le monde. Le PIB réel s’est accru de 0,4 % après avoir progressé de 0,8 % au troisième trimestre. La production industrielle a encore faibli en décembre, une forte diminution pour les biens d’équipement ne pouvant contrebalancer une augmentation pour l’énergie. Les nouvelles commandes ont également décru, annulant leurs gains des deux derniers mois. La demande a évolué en baisse partout; la seule exception a été une légère hausse dans le cas des produits électroniques. Le solde du commerce extérieur est devenu déficitaire en décembre avec un déficit au compte de l’énergie qui a dépassé les excédents aux comptes des machines et des véhicules. Les exportations vers les États-Unis et le Japon ont continué à faiblir. En décembre, la demande de consommation s’est contractée un troisième mois de suite et les dépenses ont baissé dans tous les grands secteurs. Les prix sont cependant demeurés en hausse, poussant le taux d’inflation à 3,2 % en janvier, alors que le taux de chômage était stable à 7,1 %.

En Allemagne, le rythme de croissance de l’économie a ralenti au dernier trimestre. Le PIB réel a offert un gain de 0,3 %, en baisse sur les 0,8 % du trimestre précédent. La production industrielle s’est redressée en décembre après avoir stagné trois mois durant, et ce, grâce à la fabrication et à l’extraction. Les nouvelles commandes ont diminué malgré la fermeté de la demande à l’exportation et des investissements des entreprises. Les dépenses de consommation ont fléchi en décembre devant la montée des prix de l’énergie et des aliments, mais le taux d’inflation devait un peu baisser à 2,9 % en janvier.

En France, le PIB réel s’est accru de 0,3 % au quatrième trimestre; c’est moins que son gain de 0,8 % au troisième. La production industrielle a repris en décembre et les nouvelles commandes se sont contractées une quatrième fois en cinq mois. Les dépenses de consommation se sont affermies après plusieurs mois de faiblesse et le taux de chômage a encore évolué en baisse, tombant à 7,8 % en janvier.

En Grande-Bretagne, l’économie a crû de 0,6 % au quatrième trimestre, soutenue par les dépenses des administrations publiques et des ménages. Pour l’année, la croissance s’établit à 3,1 %; c’est la plus rapide depuis 2004. En décembre, la production industrielle a diminué un deuxième mois d’affilée par suite d’un fléchissement de la production en fabrication. La dévalorisation récente de la livre sterling a favorisé les exportations, plus particulièrement de biens d’équipement. La demande de consommation a repris en janvier après une fin d’année paresseuse, entraînée par des remises de prix généralisées. Cette modeste hausse est due aux aliments et à l’énergie.

Au Japon, l’économie a progressé de 0,9 % au quatrième trimestre grâce à un bond des investissements des entreprises et à des exportations solides vers le reste de l’Asie (vers la Chine en particulier) et avec pour contrepoids un ralentissement de la demande américaine. La production industrielle a été ferme en décembre, s’appuyant sur la demande intérieure et extérieure. Le marché de l’habitation a cependant continué à sommeiller, amorti par les nouvelles règles de construction antisismique décrétées par le gouvernement.

En Chine, l’économie se propulsait toujours en avant. En janvier, l’excédent commercial a atteint les 19,5 milliards de dollars, en hausse de 23 % sur sa valeur d’il y a un an. Les importations ont encore dépassé en croissance les exportations un quatrième mois de suite. Le taux d’inflation a culminé en 11 ans dans un contexte de rudes conditions hivernales ayant entravé les transports, ainsi que de renchérissement des produits de base sur le marché mondial.


Note

* Basée sur les données disponibles le 7 mars; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



Page d'accueil | Recherche | Contactez-nous | English Haut de la page
Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
Contenu Tableaux Graphiques Conditions économiques actuelles Événements économiques Étude spéciale Informations aux utilisateurs Version PDF