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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Mars 2007

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

L’économie a progressé à un rythme soutenu au quatrième trimestre et, en décembre, le PIB a présenté une pointe de croissance de 0,4 % en valeur réelle, connaissant son meilleur mois de l’année. La production a légèrement excédé la croissance de l’emploi au cours des deux derniers mois après avoir accusé un retard les deux mois précédents, bien que l’emploi ait pressé le pas au début de la nouvelle année.

La composition sectorielle de la croissance n’a guère évolué au quatrième trimestre. Les investissements des entreprises sont demeurés le secteur le plus en croissance, plus particulièrement les investissements en projets d’ingénierie. Les dépenses de consommation se sont constamment élevées, mais les dépenses dans le domaine de l’habitation se sont stabilisées après avoir légèrement décru au cours de l’été. Les exportations se sont redressées au second semestre après avoir fléchi au premier. Ce qui a surtout changé au quatrième trimestre, c’est que la forte accumulation de stocks des deux derniers trimestres a pris fin à la fois parce que les ventes ont augmenté et que les importations ont légèrement diminué. Abstraction faite des stocks, le PIB a affiché le gain le plus élevé en plus de trois années.


Les entreprises ont l’intention de relever leurs investissements de près de 5 % en 2007 après trois hausses consécutives pour une moyenne de 9 % (chaque année, les entreprises ont dépensé un peu plus qu’elles ne le prévoyaient). Cet optimisme se remarquait dans presque toutes les branches d’activité; il n’y avait que les industries du pétrole et du gaz et des forêts qui prévoyaient des diminutions (de 3 % dans chaque cas).

Les services d’électricité et de gaz naturel planifiaient augmenter le plus leurs investissements sur leur lancée de l’an dernier où ils avaient multiplié les projets d’accroissement des capacités nationales, plus particulièrement en énergie éolienne. Les transports prévoient aussi une croissance à deux chiffres, surtout dans les infrastructures de transport urbain et les aménagements aéroportuaires et portuaires. La Colombie-Britannique, qui accueillera les Jeux olympiques de 2010, a mené le mouvement dans les arts et les loisirs. Les fabricants prévoient investir davantage cette année, contrairement à ce qu’ils ont fait en 2006. L’industrie de la première transformation des métaux, l’industrie chimique (avec quatre nouvelles usines d’éthanol, entre autres) et le secteur alimentaire ont été les chefs de file, faisant plus que compenser la diminution des investissements de l’industrie de l’automobile. Les mines métalliques prévoient aussi des gains, bien que la hausse relevée de 8 % ne contrebalance que partiellement une baisse en 2006 et que le mouvement paraisse timide si on considère les prix et les bénéfices records de cette branche d’activité.

C’est l’industrie du pétrole et du gaz qui a vu la situation le plus évoluer depuis 2006. Les entreprises de pétrole et de gaz classiques ont retranché 5,2 milliards de dollars (15 %) à leurs budgets d’investissement surtout à cause de la diminution des cours du gaz naturel. Les sociétés de forage pétrolier et gazier entendent elles-mêmes réduire leurs investissements de 22 % (0,8 milliard de dollars). On prévoit en outre que l’aménagement de pipelines diminuera un peu après avoir plus que doublé en 2006.

Ces reculs ont été compensés dans une large mesure par une vive progression des investissements dans les sables pétrolifères qui ont connu une hausse de 35 % (4 milliards de dollars) pour s’établir à 15,5 milliards de dollars. Les investissements dans les sables bitumineux correspondent au tiers de toutes les dépenses du secteur pétrolier et gazier en 2007; ils n’étaient que du quart il y a à peine deux ans. Si on considère le gain dans les services publics, l’investissement total en énergie devrait être porté à près de 70 milliards de dollars, le double de sa valeur en 2002. Toutefois, sa progression de 4 % en 2007 suit quatre augmentations consécutives à deux chiffres.

Marché du travail

Dans sa croissance, l’emploi a ralenti à 0,1 % en février après avoir globalement fait un bond de 0,8 % les deux mois précédents. Le gros de cette progression a eu lieu chez les jeunes travailleurs. La population active n’a guère évolué dans le mois, mais le taux de chômage est revenu à son minimum record de 6,1 %.

Le taux de chômage a atteint des minimums records sur les côtes de l’Atlantique et du Pacifique, bien que pour des raisons différentes. Dans la région de l’Atlantique, une faible croissance de l’emploi et une décroissance de la population active ont fait descendre le taux de chômage à 8,9 %, après avoir augmenté à plus de 10 % en janvier, pour la première fois en huit mois. Le Nouveau-Brunswick a mené le mouvement et le taux de chômage y a glissé sous les 7 % pour la première fois dans l’histoire, surtout parce que sa population active a rétréci de 2,4 % dans la dernière année. La Colombie-Britannique se situe aussi à un bas niveau record avec un taux de chômage de 4,0 %, mais on y a observé une remarquable progression de l’emploi de 3,5 % dans la dernière année.

L’Alberta arbore toujours la feuille de route la plus impressionnante, une fois de plus grâce à son secteur des ressources et à son industrie de la construction. Comme il y a eu un apport de jeunes sur le marché du travail, le taux de chômage n’a pas diminué. La situation n’a guère évolué dans l’ensemble dans les provinces centrales, mais des gains dans les services (notamment les services financiers) ont compensé de nouvelles pertes dans la fabrication.

Indicateurs avancés

La croissance de l’indicateur avancé composite est revenue à 0,5 % en janvier, après un bref ralentissement à 0,2 % en décembre. L’accélération est en majeure partie redevable au logement puisque le temps doux du début de l’année a stimulé les mises en chantier. Les marchés financiers sont demeurés actifs, tandis que la plupart des autres composantes ont affiché une croissance lente, mais stable.

L’indice du logement s’est élancé d’un recul à 0,5 % en décembre pour afficher un gain de 2,8 % en janvier. Ce revirement était entièrement attribuable aux mises en chantier, quoique l’effet de la clémence de la météo n’ait pas duré plus longtemps que la deuxième semaine de janvier. Les ventes de biens durables ont enregistré une croissance de 0,4 %, ce qui constitue sans doute une meilleure représentation de la tendance sous-jacente des dépenses des consommateurs. Le revenu des particuliers a été soutenu par une croissance stable de l’emploi au début de la nouvelle année.

Les marchés boursiers ont aussi soutenu le patrimoine des ménages en atteignant un nouveau sommet en janvier. La croissance est passée des métaux et de l’énergie à des secteurs qui relèvent davantage de la demande intérieure. La masse monétaire a pris de l’ampleur de façon régulière (compte tenu que le M1 n’est plus disponible, nos estimations de la croissance se fondent dorénavant sur le M1+).

L’indicateur avancé des États-Unis a progressé de 0,1 %, après une réduction révisée à la baisse de 0,1 % en décembre. L’amélioration graduelle des perspectives de notre plus important marché d’exportation s’est traduite par une reprise des nouvelles commandes de biens fabriqués. Toutefois, les fabricants se sont débattus pour préserver l’équilibre entre les stocks et les livraisons et ont continué de réduire la semaine de travail de leurs employés.

Production

En valeur mensuelle, le PIB a progressé de 0,4 % en décembre après avoir augmenté (valeur révisée à la hausse) de 0,3 % le mois précédent. Dans ces deux gains, les services ont prédominé. Le secteur de la fabrication s’est redressé, mais les industries de biens n’ont augmenté leur production que de 0,1 % dans l’ensemble dans ces deux mois, car la demande d’énergie a faibli de plus de 3 % en raison du temps clément.

Presque toutes les principales industries des services ont alimenté la croissance en décembre. Les dépenses de consommation ont dominé grâce à de solides gains du commerce de détail, des jeux de hasard et d’une grande diversité de services liés aux voyages (qu’il s’agisse des transports aériens ou du secteur de la restauration et de l’hôtellerie). Les industries de distribution de biens dans le commerce de gros et les transports ont aussi profité d’une multiplication des échanges transfrontaliers. En comparaison, les services aux entreprises n’ont connu qu’une croissance modeste et les services gouvernementaux ont subi des réductions au palier fédéral.

Le secteur de la fabrication a terminé l’année avec des gains consécutifs qui contrebalançaient ses pertes en septembre et octobre, mais qui laissaient toujours sa production de 2,8 % à court de sa valeur de culmination la plus récente en décembre 2005. Dans ce redressement, on note une forte reprise dans le cas de l’industrie automobile. Le secteur des biens d’équipement a aussi offert de solides gains, notamment les industries des machines et des produits informatiques et électroniques.

Le secteur des ressources a baissé sa production dans l’ensemble un deuxième mois de suite. L’industrie du pétrole et du gaz a dominé à cet égard et les forages ont fortement diminué un cinquième mois de suite parmi les inquiétudes manifestées au sujet d’un autre hiver doux comme en 2006 (les rigueurs hivernales habituelles sont revenues à la mi-janvier). En fin d’année, l’activité s’est affaissée même dans le reste du secteur des ressources (hors énergie). Les mines métalliques ont accusé une baisse après deux hausses consécutives et, dans les industries des forêts et du bétail, la production a aussi diminué.

Demande des ménages

Le secteur des ménages est encore celui qui a le plus contribué à la croissance au quatrième trimestre. Le revenu du travail a progressé à un taux annuel de 6 % à cause d’une vive croissance de l’emploi, alors que les prix des biens et des services de consommation demeuraient inchangés. L’habitation s’est stabilisée après avoir subi des baisses coup sur coup grâce à une remontée du marché de la revente et de la rénovation.

En volume, les ventes au détail ont fait un bond de 2,3 % en décembre après deux mois consécutifs de décroissance de la demande. L’industrie du vêtement a prédominé avec une hausse de 5 % qui faisait suite à des pertes les deux mois précédents. En partie, l’instabilité récente pourrait être imputable aux aléas des conditions météorologiques, facteur qui joue un grand rôle dans les achats de vêtements.

Les ventes d’automobiles se sont raffermies un deuxième mois de suite, couronnant un second semestre de vigueur après un premier semestre de faiblesse. Les dépenses en autres biens durables sont demeurées solides. Les remises de prix qui ont recommencé ont stimulé la demande de produits informatiques et électroniques. Les ventes d’habitations en fin d’année ont stimulé les ventes de meubles et d’appareils électroménagers.

Dans l’ensemble, la demande de biens de consommation a été contenue par des besoins moindres en énergie avec la clémence inhabituelle de la météo. Les restaurants et les tavernes ont fait de bonnes affaires dans tout le pays, sauf au Québec où leurs recettes étaient en baisse de 1 % comparativement à l’an dernier et depuis l’interdiction du tabac dans les établissements. Le recul s’est fait sentir le plus dans les restaurants (-8 %) et les tavernes (-11 %) à service complet, puisque les services de traiteur et de restauration rapide n’ont pas été touchés.

Le secteur de l’habitation a entrepris l’année sur une note encourageante. En janvier, les mises en chantier d’habitations ont fait un bond de 19 % pour se situer à un niveau annuel de 250 000 logements, le plus élevé en plus de deux ans. Les températures élevées records du début de l’année ont certes joué un grand rôle, puisque la hausse s’est trouvée concentrée dans une proportion de 85 % dans les logements multifamiliaux, secteur qui, le plus souvent, se ressent bien plus des rigueurs de l’hiver que celui des logements unifamiliaux.

Sur le marché de la revente, les ventes ont progressé de 4 % après avoir augmenté de 5 % en décembre. On observait ce mouvement dans tout le pays. La croissance des prix est demeurée à deux chiffres sur le marché de la revente.

Commerce de marchandises

Au compte courant, l’excédent trimestriel a baissé de près de moitié à 3,0 milliards de dollars. Un alourdissement des déficits aux comptes des revenus de placements et des services l’a emporté sur une légère augmentation de l’excédent au compte des biens. Presque toute la détérioration au compte des revenus de placements s’explique par des bénéfices qui ont augmenté pour les sociétés étrangères au Canada (notamment dans les mines) et diminué pour les sociétés canadiennes à l’étranger. Si le déficit au compte des services s’est accru, c’est à cause d’une hausse des voyages des Canadiens hors du pays.

Les exportations tout comme les importations ont terminé l’année sur une bonne note. Elles ont en effet monté les unes et les autres de près de 4 % en décembre, parce que l’activité avait repris dans l’industrie de l’automobile. Dans le cas des importations, il s’agissait d’une troisième augmentation consécutive. Les exportations ont ajouté nettement à leur gain de novembre (valeur révisée à la hausse). Elles ont recouvré presque toutes leurs pertes depuis le début de l’année et ne sont qu’un peu à court du record établi en décembre 2005. L’excédent mensuel s’est élevé à 5 milliards de dollars, atteignant son plus haut niveau en dix mois.

Les voitures ont dominé dans la montée des exportations de l’industrie de l’automobile grâce au lancement des nouveaux modèles, et ce, après certains retards de présentation des modèles. Les exportations d’autres produits fabriqués ont été inégales avec une forte reprise pour les biens de consommation et une demande inerte pour les machines et le matériel.
Les exportations de ressources naturelles ont progressé dans tous les cas. Pour les produits industriels, on a relevé un huitième gain consécutif attribuable à des expéditions records d’aluminium, de zinc et de nickel. Les exportations d’énergie ont continué à se remettre des fortes pertes subies à l’automne en situation de raffermissement des prix. Les exportations d’aliments et de produits forestiers ont augmenté d’environ 4 % les unes et les autres. Dans le cas des produits forestiers, c’était une première hausse en six mois qui était largement à mettre au compte d’une remontée provisoire de la construction résidentielle aux États-Unis.

Si les importations d’automobiles se sont accrues, c’est à cause d’une augmentation des ventes de véhicules et des pièces dont ont besoin les chaînes de montage de cette industrie. Pour les autres biens de consommation, on a relevé une cinquième hausse consécutive. La demande de machines et de matériel dans les entreprises a été de plus de 10,0 milliards de dollars pour la première fois depuis la culmination du marché des TIC en l’an 2000. En décembre, la demande a été nourrie par le secteur pétrolier.

Prix

Le renchérissement d’une année à l’autre des biens et des services produits au Canada a ralenti, tombant d’un sommet de 4,1 % dans les derniers mois de 2005 à un niveau de 0,5 % seulement à la fin de 2006. Le gros du ralentissement est imputable aux prix à l’exportation qui sont passés d’une hausse de 7 % à une baisse de 3 % au cours des quatre derniers trimestres. Les prix payés par les consommateurs ont fortement diminué en majeure partie à cause de la baisse des prix de l’énergie. Si les prix sont demeurés à peu près inchangés à l’importation, les prix de la construction d’habitations et de la construction non résidentielle ont été poussés en hausse par les pénuries qu’a connues l’Alberta.

Les prix à la consommation n’ont pas changé de décembre à janvier et, d’une année à l’autre, le taux d’inflation a été ramené à 1,2 %. Les prix de l’énergie ont diminué de 1,6 % en majeure partie à cause du prix moindre de l’essence à la pompe.

En dehors du secteur de l’énergie, on peut observer que l’industrie du vêtement a fait légèrement monter les prix, puisque les remises consenties par les détaillants à Noël ont pris fin. Les pressions à la hausse sur les prix de l’habitation en Alberta ont commencé à faiblir et, à Calgary, les prix de l’habitation neuve ont un peu diminué. Ces hausses ont été en partie compensées par de nouvelles baisses de prix dans le cas du matériel récréatif.

Les cours des produits de base ont continué à s’affermir, revenant à leurs maxima du début de décembre. Ce redressement est en majeure partie à mettre au compte de l’énergie, car une vague de froid prolongée dans toute l’Amérique du Nord a fait monter la demande de pétrole et de gaz. Les cours des métaux se sont également redressés. Le prix du cuivre a remonté, après un marasme de 10 mois, au niveau où il se trouvait en gros au début de l’année. Le prix de l’aluminium a atteint son plus haut niveau depuis mai et le prix du nickel, en hausse de 20 % depuis le début de l’année, bat de nouveaux records.

Marchés financiers

En valeur nette, les apports de capitaux ont progressé dans une large mesure au Canada au quatrième trimestre. Pour un deuxième trimestre de suite, les acquisitions d’entreprises canadiennes par l’étranger ont été importantes (plus particulièrement dans le lucratif secteur minier).

De forts délestages en fin de mois ont laissé les cours boursiers inchangés en février et en progression infime depuis le début de l’année. C’est un recul qui, une fois de plus, est à imputer à l’énergie et à la consommation. Les actions liées aux biens immobiliers, aux métaux et aux produits de haute technologie sont toujours recherchées. Les taux d’intérêt n’ont guère évolué non plus et le taux de change a regagné presque tout le terrain perdu en janvier.

La demande de fonds des entreprises s’est modérée en janvier après avoir fortement augmenté au quatrième trimestre. L’ampleur de ce dernier mouvement a de quoi étonner si on considère l’excédent financier record des entreprises. L’épargne nette des entreprises a atteint un niveau annuel de 82 milliards de dollars. Si les bénéfices des sociétés ont augmenté de moins de 1 %, les revenus de placements ont été fermes et les entreprises de bois d’œuvre ont eu droit à de larges compensations versées par le gouvernement américain à l’égard des tarifs imposés ces dernières années. On peut ajouter que les sociétés ont dépensé bien moins en stocks au quatrième trimestre.

Économies internationales

Aux États-Unis, la croissance s’est enlisée en début d’année et la faiblesse de la demande d’automobiles et d’habitations a fait reculer la production industrielle. Cela fait suite à une révision appréciable à la baisse de la croissance du PIB (0,5 %) au quatrième trimestre surtout à cause d’une contraction des stocks.

Les ventes au détail ont été inertes en janvier. Les ventes d’automobiles ont à nouveau ralenti, car les constructeurs ont continué à ne pas privilégier les remises de prix. La flambée de la demande de produits électroniques en novembre et décembre n’a pu se poursuivre dans la nouvelle année. L’apparition tardive de l’hiver a stimulé la demande de vêtements.

Le redressement provisoire de l’habitation vers la fin de 2006 a pris fin avec l’arrivée de janvier. Les mises en chantier d’habitations ont chuté de 14 %. On ne sait au juste ce qu’ont été les répercussions d’un début d’année singulièrement doux. Les mises en chantier ont augmenté dans les États du nord-est où le temps a été le plus clément, mais elles ont périclité de 29 % dans les États de l’ouest. Dans cette région, les permis de construire ont diminué de seulement 2 %, d’où l’impression que la tendance est foncièrement à la hausse. Les ventes de maisons neuves ont été amputées de 17 % en janvier, surtout dans l’ouest du pays. La confiance des consommateurs n’en devait pas moins atteindre un sommet en cinq ans, nourrie par la constante fermeté du marché du travail.

En janvier, la production industrielle a diminué de 0,5 %, effaçant la totalité de ses gains de décembre. Le gros de ce recul est imputable à la fabrication (la demande de services publics s’est redressée à cause d’une vague de froid dans la seconde quinzaine du mois). Plus de la moitié de la baisse est à mettre au compte de l’industrie de l’automobile. À de nouvelles baisses pour les voitures se sont ajoutées de fortes diminutions pour les camions lourds (qui avaient pourtant stimulé la production en 2006 pour combler une demande supérieure avant que de nouvelles normes relatives aux émissions n’entrent en vigueur cette année). Le marasme du marché de l’habitation a aussi fait baisser de 1 % la production de matériaux de construction. Les perspectives de reprise des dépenses d’investissement ont été assombries par une vive contraction des commandes de biens d’équipement en janvier.

Dans la zone de l’euro, la production a été ferme au dernier trimestre de 2006 et, en valeur réelle, le PIB a présenté un taux de croissance de 0,9 %, presque le double du taux du troisième trimestre. La production industrielle a été vigoureuse en décembre surtout à cause de l’énergie et d’un redressement dans le secteur des produits semi-finis. Les nouvelles commandes ont suivi en faisant plus que doubler leur progression de novembre avec une demande en hausse dans tous les secteurs. Le commerce extérieur a continué à battre son plein, bien que l’année 2006 se soit terminée par un déficit; les excédents répétés dans les secteurs des produits chimiques, de la machinerie et des véhicules n’ont pu contrebalancer les déficits en plein essor dans le secteur de l’énergie. Les consommateurs ont continué à dépenser sans limites tout au long de l’année, ce qui devait faire monter les ventes au détail de 1,4 % en volume. Le taux de chômage a un peu baissé en janvier à 7,4 %. Il a perdu près d’un point depuis janvier 2006. De même, le taux d’inflation a évolué en baisse pour s’établir en valeur annuelle à 1,8 % en janvier 2007 comparativement à 2,4 % un an auparavant.

En France, l’économie a avancé de 0,6 % au quatrième trimestre après avoir piétiné au troisième. En décembre, l’industrie s’est redressée et a effacé toutes les pertes subies les trois mois précédents. Les nouvelles commandes ont cependant décru après s’être solidement accrues depuis septembre. Les dépenses de consommation ont remonté en fin d’année; en janvier, elles ont présenté leur gain le plus rapide presque en sept ans grâce à de généreuses remises de prix qui ont stimulé la demande de vêtements et d’appareils électroménagers. La confiance des entreprises s’est renforcée, car l’inflation a ralenti à un taux annuel de 1,4 % en janvier et le taux de chômage est tombé à 8,4 %.

En Allemagne, le PIB réel a progressé de 0,4 % au dernier trimestre de 2006, dépassant un peu son rythme du troisième trimestre, car les exportations ont offert leur meilleur résultat trimestriel en six ans. De janvier à novembre, l’excédent du commerce extérieur est le plus imposant qui ait été relevé en Europe. En décembre, la production industrielle a diminué après s’être vivement redressée le mois précédent. Les nouvelles commandes ont également décru après avoir présenté des hausses consécutives. Les consommateurs ont multiplié les achats en décembre et, en volume, les ventes au détail ont augmenté de 2,4 % avant une majoration de 3 % de la taxe à la valeur ajoutée. Cette hausse a attisé l’inflation au début de la nouvelle année et, de décembre à janvier, le taux annuel d’inflation est passé de 1,4 % à 1,8 %. Enfin, le taux de chômage a continué à décroître, tombant à 7,7 % en janvier.

En Grande-Bretagne, l’économie a pris au dernier trimestre de l’année son rythme le plus rapide en plus de deux ans. En valeur réelle, le PIB a progressé de 0,8 %, surtout à cause d’une remontée des dépenses des ménages. La production industrielle a ralenti en décembre, car la vigueur renouvelée de la livre a amorti une fois de plus la demande à l’exportation. Le taux d’inflation est demeuré au-dessus de la moyenne pour la zone de l’euro en fin d’année, ce qui devait mener à une hausse des taux d’intérêt au début de 2007.

Au Japon, le PIB réel s’est accru de 1,2 % au quatrième trimestre grâce aux dépenses de consommation et aux investissements des entreprises. Les exportations ont repris, plus particulièrement vers la Chine où l’ample progression a été de 51 % en janvier en raison de la fermeté de la demande de circuits intégrés et d’automobiles. La production industrielle devait néanmoins accuser une baisse de 1,5 %, sa plus importante en trois ans. Les ventes au détail ont également ralenti en janvier. Bien que les prix demeurent faibles, la Banque du Japon a fait sortir en février les taux d’intérêt de leur plage de valeurs presque nulles.


Note

* Basée sur les données disponibles le 9 mars ; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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