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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Mars 2004

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

Terminant décembre avec un gain de 0,5 %, le PIB réel a progressé de 0,9 % au quatrième trimestre après avoir été pour ainsi dire stationnaire les deux trimestres précédents. Grâce à ce redressement, le Canada a repris sa place dans le peloton de tête du Groupe des Sept pour la croissance, égalant les États-Unis et le Royaume-Uni et dépassant nettement l’Europe continentale où le taux moyen de croissance a été de 0,3 %. Il n’y a que le Japon qui ait connu une progression plus rapide, mais son taux de croissance de 1,6 % s’est malheureusement accompagné d’une baisse des prix de 1,1 %.

Notre excédent trimestriel au compte courant a fléchi à 6,7 milliards. C’est en gros sa moyenne de l’année après un bond à 7,8 milliards au troisième trimestre. Si les soldes des comptes des biens et du revenu de placements ont diminué, le déficit a augmenté une quatrième fois de suite au compte des voyages, où il y a eu une remontée provisoire du nombre de visiteurs américains au Canada après deux trimestres de grande faiblesse de cet indicateur et, en contrepoids, un nombre record de visiteurs canadiens à l’étranger.

La suite ininterrompue d’excédents commerciaux et la montée du dollar au Canada se sont répercutées sur les courants d’investissement direct. Les investissements directs du Canada à l’étranger ont quadruplé à 17 milliards, dont plus de la moitié en acquisitions. Cet indicateur a atteint un sommet en trois ans (plus particulièrement en Europe). En revanche, les investissements directs de l’étranger au Canada ont régressé un deuxième trimestre de suite. Ce sont les premières baisses en plus d’une décennie, l’accroissement du taux de change faisant payer plus cher aux étrangers leurs participations dans des sociétés canadiennes.

En volume, les exportations ont mis fin à un dérapage de quatre trimestres avec un gain de 3,2 %. C’est la meilleure avance qu’elles aient marquée depuis le début de l’éclatement du secteur TIC au milieu de l’an 2000. Les métaux, l’automobile et l’énergie ont tous tiré parti d’une croissance soutenue aux États-Unis. Les stocks non agricoles se sont aussi élevés après avoir baissé au troisième trimestre. Les fabricants ont tenu leurs stocks bien en laisse et le gros de l’augmentation observée paraît lié à des ventes d’automobiles en forte décroissance au Canada.

L’ascension de la demande intérieure finale a ralenti. Son taux de croissance n’est plus que de 0,3 % après quatre hausses consécutives d’une valeur moyenne de 1 %. L’habitation est demeurée un moteur des dépenses intérieures. Le revirement le plus net a été observé dans les dépenses de consommation qui se sont enlisées à cause d’une chute de 8 % des ventes d’automobiles et de baisses des ventes de vêtements et d’énergie. Les investissements des entreprises se sont affaiblis après s’être largement renforcés au troisième trimestre, ce qui s’explique là encore dans une large mesure par l’affaissement des ventes de véhicules. Il faut toutefois dire que les quatre trimestres consécutifs de progression des investissements dans la dernière année marquent hors de tout doute la fin d’un marasme des dépenses en immobilisations qui durait depuis l’an 2000.

Les entreprises prévoient dépenser 3,2 % de plus l’an prochain en installations et en matériel d’après les données de l’enquête sur les intentions d’investissement. Si les prix devaient encore décroître (le coût des biens d’équipement a diminué de près de 3 % l’an dernier et, au début de 2004, il était déjà inférieur de 2 % à sa moyenne de 2003), il pourrait y avoir une augmentation appréciable de la demande en volume.

Ce sont les services publics qui prévoient le plus dépenser en immobilisations (9 %) parmi les secteurs de l’économie. Dans ce secteur, les chefs de file sont les stations d’épuration des eaux et des eaux usées qui ont doublé leurs investissements depuis la catastrophe de Walkerton. Le secteur de la fabrication suit immédiatement malgré la contraction de ses bénéfices, indice de l’importance qu’il attache à l’investissement sur un marché de plus en plus concurrentiel. Ces dépenses se feront surtout en machines et en matériel, élément qui est plus lié à la compétitivité que l’accroissement des capacités. Ce sont les secteurs de la première transformation des métaux et du raffinage pétrolier qui prévoient le plus relever leurs dépenses dans ce secteur.

Dans la plupart des autres secteurs, les intentions d’investissement sont bien plus modestes. Malgré des prix et des bénéfices élevés, le secteur minier entend hausser ses investissements de 2,5 % seulement. Il reste que la montée des cours pétroliers a amené les producteurs à accroître de 35 % leurs investissements dans l’industrie de l’extraction de métaux. Il y a cependant eu en contrepoids des baisses dans le cas des minéraux non métalliques. L’exploration a en effet ralenti et le secteur du pétrole et du gaz s’est immobilisé après avoir progressé de 8 % en 2003. La situation n’a guère changé dans la plupart des services. Les magasins de détail et les casinos ont reculé dans le domaine de l’investissement après une flambée en construction neuve l’an dernier, alors que les services de télécommunication et les fournisseurs de services Internet mettaient fin à un marasme de leurs immobilisations.

Marché du travail

La croissance de l’emploi s’est faite encore plus lente dans la nouvelle année après un solide gain au quatrième trimestre. L’emploi a fléchi de 0,1 % en février après avoir offert un maigre gain de 0,1 % en janvier. Toute cette faiblesse a cependant été concentrée dans l’emploi à temps partiel en baisse de 2,2 % ces deux derniers mois. Quant à l’emploi à plein temps, il s’est accru de 0,4 %. Le recul a surtout eu lieu chez les jeunes qui ont aussi mené un mouvement d’exode du marché du travail, qui a été assez ample pour que le taux de chômage reste fixé à 7,4 %.

Le secteur public a été le seul à avancer, présentant un gain de 0,8 % en février. Les industries de biens ont accusé une baisse de 0,5 % dans chacun des deux derniers mois. L’industrie de la construction a dominé à ce tableau (comme aux États-Unis), en partie à cause de conditions météorologiques défavorables, mais la hausse des mises en chantier d’habitations en février annonce un regain de vigueur au printemps. Le redressement de la demande de produits manufacturés depuis octobre a pris fin en février, ce qui laisse le déficit total à ce chapitre à 2,8 % pour la dernière année, le pire de toute l’industrie. En revanche, le renchérissement des produits de base a continué à aiguillonner la croissance de l’emploi dans le secteur des ressources naturelles.

Dans les services, l’emploi a cessé de croître en février après cinq hausses consécutives qui ont apporté 200 000 nouveaux postes. Les secteurs des finances et des services aux entreprises ont diminué leurs effectifs d’environ 1 % depuis deux mois. Ce sont les transports et les services professionnels qui restent le plus en croissance.

Sur le plan régional, tout le recul de l’emploi a eu lieu en Colombie-Britannique. C’est ainsi que, dans cette province, le taux de croissance d’une année à l’autre est passé de janvier à février d’un sommet de 4,1 % à l’échelle nationale à un niveau de 1,8 % qui dépasse à peine la moyenne canadienne. Il s’y est surtout perdu des emplois dans la construction et le commerce de détail. Le taux de chômage provincial est ainsi passé à un maximum de 7,9 % en cinq mois. Dans le mois, la plupart des autres régions ont vu leur nombre d’emplois s’accroître très légèrement. Le nombre d’heures travaillées a fortement baissé en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard à cause des violentes tempêtes de neige que ces provinces ont dû subir et la moitié des personnes occupées dans ces provinces ont été absentes du travail à un moment ou l’autre. La perte, qui s’établit à 14 heures par personne occupée, explique la totalité de la baisse de 0,4 % des heures travaillées totales.

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé composite a augmenté de 0,6 % en janvier, sur les talons de progressions qui oscillent autour de 0,8 % depuis quatre mois. La fabrication est en tête de la croissance après avoir tiré de l’arrière la plus grande partie de l’année dernière. Sa remontée est en partie le résultat du retournement de l’économie américaine, que l’amélioration de l’indicateur avancé des États-Unis continuait de souligner. La demande des ménages a fermé la marche, au moment où sévissait un froid inhabituel. Six composantes ont progressé, une de moins qu’en décembre.

Plusieurs indicateurs pointent vers l’amélioration de l’activité manufacturière au début de l’année. Les industries de biens d’investissement et d’exportations contribuaient à alimenter rapidement la tendance des nouvelles commandes et à raffermir le ratio des livraisons aux stocks de produits finis. Les fabricants ont relevé la durée hebdomadaire moyenne de travail un troisième mois de suite pour la première fois depuis avril 2000. Ces hausses vont de pair avec la vive amélioration des perspectives de production déclarées par les fabricants dans l’enquête sur les perspectives du monde des affaires de janvier. L’optimisme des entreprises a continué de se refléter sur les marchés boursiers qui, après avoir terminé 2003 en hausse de près de 25 % par rapport à l’année précédente, se relèvent encore fermement en janvier.

L’indicateur américain a continué son accroissement, de 0,3 % cette fois-ci. L’amélioration de la confiance a continué de stimuler la demande des ménages. Les mises en chantier d’unités simples ont fracassé des records historiques presque chaque mois depuis juillet l’an dernier. De pair avec la remontée de l’activité industrielle, ces tendances ont stimulé les exportations du Canada qui ont augmenté de près de 10 % en volume depuis les creux de l’été dernier.

Au Canada, la demande des ménages a continué de s’adoucir et explique la baisse des mêmes deux composantes que le mois précédent. Le recul de l’indice du logement s’accentue et passe à -2,5 % tandis que les mises en chantier baissent fortement dans les régions touchées par le froid. Les ventes de biens durables enregistrent leur deuxième recul d’affilée, alors que les ventes d’automobiles se sont affaiblies. Le recul marqué dans les services aux personnes faisait plafonner l’emploi dans les services. La croissance des ventes de meubles et d’articles ménagers est demeurée étroite à 0,6 %.

Production

Le PIB réel a augmenté de 0,5 % en décembre après avoir progressé de 0,2 % (valeur révisée à la hausse) en novembre et autant en octobre. Ensemble, ces gains égalent la croissance de l’emploi dans les trois derniers mois de l’année.

La fabrication et les mines ont formé le peloton de tête avec des hausses de plus de 1 % dans le mois. Le second de ces secteurs a été soutenu par la constante vigueur du secteur de l’énergie. Tant la production que l’investissement y ont largement progressé un deuxième mois de suite. Des prix élevés ont stimulé le secteur de l’extraction de métaux une troisième fois en quatre mois. La fermeté du secteur minier a eu des retombées en aval sur la fabrication de produits primaires. Ajoutons que l’industrie de l’automobile a vu sa production s’élever le plus depuis janvier dernier grâce à une hausse des exportations. Un certain nombre d’industries liées à l’investissement ont aussi étoffé leurs gains du mois précédent, notamment les secteurs de la machinerie et des produits TIC.

Le secteur des services a profité de gains de production dans les industries de distribution de biens, mais les résultats ont été inégaux dans les autres services. La demande de services TIC (plus particulièrement de services de télécommunication) est restée en proie au marasme qui règne depuis six mois déjà. La valorisation du dollar a aussi contribué à ralentir la croissance de l’industrie du cinéma. La demande de consommation qui s’attache aux marchandises vendues au détail et aux services d’hôtellerie et de restauration est demeurée peu ferme. Enfin, dans les services gouvernementaux, la production s’est accrue un deuxième mois de suite, surtout grâce au secteur de l’éducation.

Demande des ménages

En volume, la demande s’est contractée de 1,1 % en décembre dans le commerce de détail. C’est sa quatrième baisse en cinq mois. Le ralentissement des ventes d’automobiles a encore une fois amorti la demande globale. Ces ventes sont restées faibles en janvier, plus particulièrement dans le cas des constructeurs automobiles nord-américains.

À la différence des derniers mois toutefois, la faiblesse de la demande a gagné les ventes de produits autres que les automobiles. Le temps chaud a concouru à une diminution des ventes de vêtements une cinquième fois en six mois malgré les remises de prix consenties. Des prix en hausse ont découragé la consommation d’aliments et d’essence.

La vague de froid de janvier a beaucoup nui aux mises en chantier d’habitations, qui ont fléchi de 11 % pour glisser sous la barre des 200 000 logements (aux taux annuels) pour la première fois depuis mai dernier. Les logements multifamiliaux ont le plus reculé, ces mises en chantier étant plus touchées par des conditions météorologiques extrêmes. Il faut aussi dire que l’augmentation du nombre de permis de construire en décembre n’annonçait guère une soudaine atténuation des intentions des constructeurs.

Ajoutons que le marché de la revente s’est un peu affaibli en janvier après un fléchissement au quatrième trimestre. Les ventes d’habitations neuves ont cependant gardé leur fermeté et le parc de logements invendus est tombé à son plus bas niveau en six mois.

Commerce de marchandises

Les échanges se sont accrus en décembre tant à l’exportation qu’à l’importation. Un plafonnement des prix a fait voir la progression sous-jacente de la demande en volume depuis deux mois.

Les revenus tirés des exportations ont marqué une avance de 3,6 %, leur meilleure depuis mars (abstraction faite de la relance qui, en septembre, a suivi la panne d’électricité qu’avait subie l’Ontario). À l’exportation, l’industrie de l’automobile a mené le mouvement avec une augmentation de 8 %, assez pour présenter son premier gain d’une année à l’autre depuis janvier. Ce sont les voitures et les camions – par opposition aux pièces automobiles – qui ont été à l’origine de cette avance, bien que les ventes aient ralenti aux États-Unis en début d’année.

Un fort renchérissement des minerais métalliques a poussé en hausse les exportations de produits industriels. Les machines et le matériel ont mis fin à un dérapage de deux mois à l’exportation, en grande partie à cause d’un vif redressement dans le cas des aéronefs. Les produits primaires non métalliques ont clos l’année sur une faible note. La contraction des livraisons de bois d’œuvre a entraîné les produits forestiers vers le bas. Les exportations d’aliments se sont enlisées même avant que les États-Unis ne multiplient encore les restrictions sur les exportations canadiennes de viande de bœuf dans le dernier différend causé par la maladie de la vache folle. Les exportations d’énergie n’ont guère changé avec des gains pour le gaz naturel qui ont été contrebalancés par des pertes pour le pétrole brut.

Les importations ont progressé de 0,7 % après avoir offert un solide gain en novembre. Le secteur des machines et du matériel est demeuré le plus ferme à l’importation ces deux mois, mais la croissance s’est largement limitée à une augmentation de 20 % des importations d’aéronefs. Les importations d’énergie ont fait un bond de 7 %, ce que l’on doit avant tout au gaz naturel importé par le sud-ouest de l’Ontario. La faiblesse des ventes au détail au Canada s’est traduite depuis deux mois par un net recul à l’importation tant des automobiles que des autres biens de consommation.

Prix

L’IPC a légèrement monté de 0,1 % en janvier. Le taux annuel d’inflation a ainsi été coupé de près de moitié à 1,2 %. C’est son niveau le plus bas depuis mai 2002. S’il est ainsi en forte baisse, c’est en grande partie que l’IPC a fait un bond de 1,1 % en janvier 2003 par suite d’une flambée des cours de l’énergie. Si on exclut l’énergie, on constate que le taux d’inflation est seulement tombé de 1,7 % à 1,5 %.

C’est l’énergie qui a continué à pousser l’IPC le plus vers le haut, car les cours pétroliers n’ont cessé de s’élever. Les prix des automobiles ont aussi évolué en hausse une deuxième fois en trois mois malgré la vive contraction de la demande et la montée du taux de change. Il reste que les prix de la plupart des autres biens durables ont continué à baisser, notamment ceux du matériel récréatif. Dans le secteur des services, on a observé à la fois une hausse des prix de l’habitation et une forte baisse des prix des voyages (ce qu’a favorisé la valorisation du dollar).

Les prix des aliments ont décru de 0,3 %. Le prix de la viande de bœuf est redescendu après la découverte d’un cas de maladie de la vache folle aux États-Unis qui a amené les autorités américaines à restreindre les importations canadiennes, d’où une augmentation de l’offre intérieure de viande de bœuf. Ajoutons que la vogue des aliments pauvres en hydrates de carbone a contribué à une diminution des prix de produits comme la pomme de terre, le pain et les pâtes.

Les cours des produits de base se sont encore affermis en février. Le prix du pétrole brut s’est établi en moyenne à plus de 34 dollars américains le baril. C’est sa plus forte hausse depuis l’époque ayant précédé la guerre en Iraq, mouvement provoqué par les inquiétudes au sujet de la décroissance des stocks pétroliers. Les cours des métaux ont accéléré leur croissance pour la plupart à l’exception du nickel depuis deux mois. La remontée de la demande dans le secteur de l’habitation a porté le prix du bois d’œuvre presque à un sommet en cinq ans.

Les prix industriels ont encore subi les pressions à la baisse du taux de change. Dans ce secteur, il y a eu plus de diminutions (10) que d’augmentations (9), mais le fort renchérissement des hydrocarbures a fait que l’indice d’ensemble a laissé un maigre gain de 0,4 %.

Marchés financiers

Le marché boursier a allongé sa période de gains avec une hausse de 3 % en février. En un an, il a connu deux successions ininterrompues d’augmentations séparées seulement par une diminution de 1 % en septembre. La constante flambée des cours des produits de base l’a fait monter encore plus : on a relevé des gains de 8 % tant pour les actions liées à l’énergie que pour les métallifères. La plupart des autres composantes ont un peu évolué en hausse. On peut cependant parler presque d’un exploit pour les actions liées à la technologie de l’information qui avaient fait un bond du tiers de leur valeur en janvier.

Au début de mars, le taux d’escompte a été réduit d’un quart de point. C’est sa quatrième diminution semblable dans la dernière année. Les rendements obligataires ont accusé une baisse du même ordre. Ce recul accompagnait un affaiblissement du taux de change qui s’est fixé à 75 cents américains environ après avoir culminé autour des 79 cents au début de l’année. Mentionnons aussi que, avec la diminution des taux, les investisseurs devraient continuer à délaisser les fonds communs de placement du marché monétaire. Cet indicateur a décru un dixième mois de suite en janvier, l’investisseur étant en quête de rendements supérieurs ailleurs.

La demande de mobilisation de fonds des entreprises a repris en janvier dans le sens même de l’intention avouée des entrepreneurs d’investir davantage cette année. La fermeté du marché boursier a favorisé la montée des nouvelles émissions d’actions. Enfin, le crédit à court terme aux entreprises a légèrement évolué en hausse, mettant ainsi fin à neuf mois de baisses coup sur coup.

Économie régionale

Le retour d’une température plus clémente pousse les mises en chantier à la hausse en février en Ontario. Ce raffermissement fait suite au bond du revenu du travail en décembre, qui avait relevé à 0,9 % la progression pour l’ensemble du trimestre, la plus marquée en un an, entraînée par la fabrication. La province avait clôturé 2003 sur une note positive pour ses exportations. Les mêmes industries, véhicules automobiles et machines, qui les avaient fait baisser de 8,4 % pour l’ensemble de l’année se raffermissaient face à une forte demande en provenance des États-Unis. Les ventes au détail sont demeurées à la traîne du reste du pays cependant, tombant au taux accéléré de 2 % en décembre.

La construction commence l’année 2004 au Québec comme elle l’a fait en 2002 et 2003. Les mises en chantier sont de retour près de leur sommet de 15 ans à 47,3 milliers d’unités en février. Les taux d’inoccupation demeurent près de leur minimum historique dans le logement simple partout dans la province et dans le logement multiple hors de Québec et Montréal. À Gatineau, aucune unité neuve n’est inoccupée dans le secteur multiple depuis six mois. Même du côté non résidentiel, la valeur des permis augmente fortement en raison du secteur commercial pour lequel il s’agit du plus haut niveau depuis deux ans. Les exportations auraient augmenté si ce n’avait été de la faiblesse dans le papier. L’équipement informatique, qui avait été un des principaux facteurs derrière le recul des exportations depuis le début de la décennie, continue de remonter. Les livraisons manufacturières réussissent à mettre fin à deux mois de baisse.

À l’opposé du centre du pays, la conjoncture était partagée dans l’Ouest. En Colombie-Britannique, les exportations de produits forestiers diminuent fortement, alors qu’une grève touche environ 10 000 travailleurs forestiers sur la côte de la province. Les ventes au détail enregistrent la baisse la plus marquée au pays et la province est la seule à enregistrer une diminution des mises en chantier. Les livraisons manufacturières reculent de 2,3 %. Plusieurs secteurs de la demande continuent de prospérer en Alberta et se reflètent dans les livraisons manufacturières qui présentent une sixième hausse en sept mois. Les Prairies sont avec les provinces de l’Atlantique la seule région du pays à avoir enregistré une hausse des livraisons manufacturières en 2003. Des augmentations à deux chiffres ont été enregistrées dans le secteur des matières industrielles (énergie, métaux et produits chimiques).

Économies internationales

Aux États-Unis, l’emploi était toujours en croissance lente, gagnant seulement 21 000 postes en février dans un contexte d’inertie de l’emploi dans le secteur privé. Les employeurs hésitaient encore à embaucher. Le secteur de l’emploi temporaire est resté le plus en croissance avec un gain de 32 000 postes dans le mois, ce qui devait porter son taux de progression à 9 % d’une année à l’autre. Par ailleurs, la construction a remplacé la fabrication comme première source de faiblesse de l’emploi contrairement à ce qui s’était passé en 2003.

Le recul de l’emploi manufacturier qui dure depuis dix ans a pour ainsi dire cessé ces derniers mois; depuis octobre, la baisse n’est plus que de 0,3 %. C’est ce dont témoigne l’indice de diffusion de l’emploi en fabrication sur trois mois, lequel a franchi la barre de 50 pour la première fois depuis le début de ce marasme au milieu de l’an 2000. Il faut y voir l’effet d’une constante amélioration de la production. Dans ce secteur, le plus grand revirement a été observé dans des industries liées à l’investissement comme celles des ordinateurs, des produits électroniques et de la machinerie. Ce sont aujourd’hui les industries de biens non durables qui subissent les plus grands revers, plus particulièrement les industries du textile et du vêtement avec des pertes à deux chiffres depuis un an dans un contexte d’intensification de la concurrence à l’importation.

En janvier, les ventes au détail ont régressé de 0,3 % après avoir progressé de 0,2 % en décembre. Ce sont les ventes d’automobiles qui ont ralenti, puisque les ventes se sont élevées de 0,9 % en dehors de l’industrie de l’automobile. Les ventes au détail de vêtements ont dominé à ce tableau avec un bond de 3 %, les consommateurs s’emmitouflant pour combattre une vague de froid. Le ralentissement de l’habitation a également nui aux ventes de meubles, d’appareils électroménagers et de matériaux de construction. La lenteur du marché du travail a fortement affecté la confiance des consommateurs en février.

Les données sur les ventes électroniques au quatrième trimestre indiquent que les consommateurs multiplient les achats en ligne. Le commerce électronique a augmenté du quart depuis un an, passant à 17,2 milliards ou 1,9 % de la masse des ventes au détail (le chiffre correspondant était de 1,6 % 12 mois auparavant). Ces chiffres ne comprennent pas les services vendus par Internet, qu’il s’agisse d’achat de billets d’avion ou de location d’automobiles.

La vague de froid a paralysé le secteur de l’habitation. Les mises en chantier y ont diminué de 8 %, surtout dans les régions du nord-est et du Midwest (baisse de 14 % dans les deux cas) qui ont été les plus touchées. Les ventes d’habitations neuves sont demeurées fermes, perdant 2 % seulement dans le mois et conservant leur avance de 10 % sur leur niveau d’il y a un an.

La production industrielle a continué à se redresser avec une hausse de 0,8 % en janvier. Dans les services publics, la production a fait un bond de 5 %, ce que l’on doit à la demande de chauffage. La production manufacturière s’est aussi accrue de 0,3 % – un cinquième gain de suite – surtout grâce aux automobiles et aux biens d’équipement. L’indice de diffusion montre bien l’étendue de cette récente relance de l’activité manufacturière : presque 70 % des industries ont relevé leur production depuis octobre, doublant les minima du printemps dernier. Les nouvelles commandes de biens durables ont cédé le terrain qu’elles avaient gagné en décembre en grande partie à cause d’un recul dans l’industrie de l’automobile. Cet indicateur a continué à s’améliorer dans le cas des biens d’équipement. Enfin, les stocks ont augmenté une troisième fois en quatre mois. C’est le signe qu’ils se situent à un bon niveau.

La récente revitalisation de l’industrie tient en partie à une reprise de la demande extérieure. Le mouvement a pris fin, du moins temporairement, en décembre, les exportations (notamment de biens d’équipement) ayant un peu diminué et les importations ayant augmenté (surtout dans le cas de l’énergie et de ces mêmes biens d’équipement). Le déficit commercial américain au compte des biens et services s’est alourdi en conséquence. C’est ainsi que ce pays a présenté pour l’année un déficit record de 489 milliards (4,5 % du PIB) en hausse sur les 418 milliards (4,0 %) de 2002.

Dans la zone de l’euro, le PIB s’est élevé de 0,3 % au dernier trimestre de 2003. C’est un peu moins que son taux de croissance de 0,4 % au troisième trimestre. La demande intérieure en a été le moteur avec un gain de 1 % attribuable aux stocks et aux investissements des entreprises. Pour faire contrepoids en grande partie, il y a eu une montée des importations. La production industrielle s’est accrue de 0,2 % en décembre à la faveur d’une reprise de la production énergétique. Les nouvelles commandes ont marqué une forte avance de 5,7 % principalement à cause d’une demande renouvelée de produits électroniques et de matériel de transport. Les dépenses de consommation ont remonté au début de la nouvelle année alors que les ventes au détail ont augmenté en volume après avoir stagné pendant deux mois. L’excédent du commerce extérieur a rétréci en décembre, la reprise dans le domaine de l’énergie ne suffisant pas à compenser la contraction de la demande de machines et d’automobiles. Le taux annuel d’inflation a été stable à 2 % en janvier et le taux de chômage est resté à 8,8 %.

En Allemagne, le PIB réel a progressé de 0,2 % au quatrième trimestre, autant qu’au troisième. Les ventes au détail ont toutefois repris de la vigueur au début de l’année. Elles ont monté de 3,8 % en janvier grâce à un regain de confiance des consommateurs. L’excédent commercial s’est encore accru, puisque les exportations ont plus que contrebalancé en volume la baisse des prix dans un contexte de constante valorisation de l’euro. Les nouvelles commandes et la production se sont respectivement élevées de 3,5 % et 0,5 %.

En France, l’économie a crû de 0,5 % au quatrième trimestre. La production industrielle a remonté en décembre, effaçant la moitié de la perte subie le mois précédent. Les nouvelles commandes ont fait un bond dans le mois, ce que l’on doit surtout à une hausse des commandes de matériel de transport. Les dépenses de consommation ont poursuivi leur redressement en janvier; les ventes au détail ont augmenté en volume un deuxième mois de suite. Tant les exportations que les importations se sont affaiblies en fin d’année, alors que le taux de chômage restait à 9,5 %.

Au Japon, l’économie a progressé de 1,6 % au dernier trimestre de 2003 avec pour moteur les exportations et les investissements des entreprises. Elle a arboré son meilleur gain depuis 1990. Elle demeurait toutefois en proie à la déflation. Son indice des prix a accusé une nouvelle baisse de 1,1 % d’un trimestre à l’autre. En valeur nominale, le taux de croissance s’est établi à 0,9 % d’une année à l’autre. Les exportations sont restées fermes et la demande émanant en 2003 de la « Grande Chine » (Chine, Taïwan et Hong Kong) a dépassé la demande américaine pour la première fois. La production industrielle a repris en janvier après s’être légèrement contractée en décembre. Les dépenses de consommation ont encore été le reflet du recul du revenu et de la sécurité d’emploi. En janvier, le taux de chômage a un peu monté à 5 % après être un peu descendu en décembre.

En Asie du Sud-Est, la reprise économique était toujours solide. La Thaïlande a dominé à ce tableau avec un PIB en hausse de 7,8 % depuis un an. C’est son meilleur gain depuis la crise financière de 1997. Au quatrième trimestre, le taux de croissance du PIB a augmenté à 6,4 % en Malaisie; le PIB de Taïwan s’est élevé de 5,3 % dans la même période. En Chine, la production industrielle s’est accrue à un rythme record de 19 % en janvier après une progression de 18 % en décembre.


* Basée sur les données disponibles le 12 mars; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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