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11-010-XIB |
| Conditions
économiques actuelles
Tableau sommaire - Indicateurs principaux Vue générale* En 2002, l’économie a été en plein essor toute l’année, mais le mouvement s’est effrité les derniers mois et, en novembre et décembre, la production n’a présenté que de très faibles gains. Il faut cependant dire que l’emploi a rapidement réévolué en hausse en février. Le retour d’un temps froid de saison après plusieurs hivers relativement cléments a rendu plus instables des secteurs comme celui de l’habitation, mais le secteur de l’énergie s’en est trouvé plus stimulé. Le renchérissement de l’énergie a porté l’IPC à un maximum en 11 ans. La dernière fois que les prix de l’énergie ont été si élevés, c’est dans les premiers mois de 2001 où l’excédent a atteint un sommet au compte courant. Au quatrième trimestre, le taux de croissance du PIB a fléchi à 0,4 % en volume après s’être établi en moyenne à plus de 1 % trois trimestres de suite. D’une année à l’autre, sa valeur (4 % environ) était pratiquement inchangée. Le ralentissement observé au dernier trimestre tenait largement à un recul de 2 % des exportations à cause des automobiles. C’est ainsi que l’excédent au compte courant est tombé à 3,3 milliards de dollars, son plus bas niveau en trois ans. La demande intérieure finale était toujours en progression à environ 1 %, nourrie par la constante fermeté des dépenses d’habitation et de consommation. Le revenu disponible croissait toujours à 1 %, quoique l’augmentation de la demande de logements et d’automobiles ait obligé les ménages à encore multiplier les emprunts en valeur nette. En revanche, les entreprises ont réduit leurs investissements, bien qu’étant devenues plus rentables. Depuis un an, les bénéfices se sont accrus de près du tiers, mais sans que les investissements en installations et en matériel évoluent outre mesure. Les entreprises ont affecté leurs excédents financiers à un remboursement accéléré de leurs dettes au second semestre. Elles ne prévoient pas modifier leurs dépenses en immobilisations en 2003 – selon les données de l’Enquête sur les investissements privés et publics – après les avoir mises en coupe réglée ces deux dernières années. Le recul de 2002 s’explique par des réductions dans les branches de ressources naturelles et de la haute technologie. La stabilisation des projets d’investissement cette année est attribuable à la disparition de la source de faiblesse que constituait le secteur des ressources naturelles et à la persistance des très fortes compressions de dépenses dans le secteur de la technologie.
Le secteur des TIC prévoit dépenser 7,4 % de moins. L’an dernier, il avait diminué ses dépenses de 20 %. Les industries de l’informatique et de l’électronique ont continué à mener le mouvement, prévoyant une réduction de 19 % après des compressions de 43 % en 2002. C’est chez les fabricants de produits informatiques qu’on s’attend à la baisse la plus rapide. Dans le cas des fabricants d’appareils de communication, des dépenses de 210 millions ne représentent plus que le cinquième de leur valeur de l’an 2000. Dans cette branche, la construction non résidentielle s’est contractée de près de 90 % depuis deux ans, ce qui indique une surcapacité. Ailleurs dans le secteur des TIC, les services de radiodiffusion et de télécommunication prévoient une baisse de 6 %, le tiers seulement de la diminution de l’an dernier. On s’attend à ce que les secteurs de la conception de systèmes informatiques et de la recherche scientifique planifient sabrer tous deux leurs investissements qui, en 2002, ont connu une décroissance à deux chiffres. Dans l’ensemble, les dépenses en immobilisations des industries de technologie devraient baisser de près d’un milliard de dollars. L’année précédente, elles avaient diminué de 3,3 milliards de dollars. Dans le secteur des ressources naturelles, la stabilisation des investissements fait suite à des compressions généralisées en 2002. On s’étonnera quelque peu cependant que cet affermissement ne soit pas attribuable au secteur de l’énergie, où les prix approchent des valeurs records. Par ailleurs, le secteur pétrolier prévoit multiplier ses dépenses d’investissement en « pétrole classique », mais la fin de projets extracôtiers, l’achèvement de nouveaux oléoducs et des plans moins ambitieux de dépenses des services d’électricité ont freiné les dépenses en énergie dans l’ensemble. Le secteur des ressources a plutôt été soutenu par d’amples gains (près de 2 milliards de dollars) dans le cas du bois d’œuvre, du papier et de l’aluminium affiné. Le renchérissement des métaux a aussi aidé à au moins mettre un terme aux réductions des investissements dans les mines métalliques, mais la fermeté de la demande n’a pas empêché les mines non métalliques de diminuer considérablement leurs dépenses. Ailleurs, le climat d’investissement a semblé s’améliorer lentement. Les détaillants prévoient relever de 7 % leurs budgets d’investissement, surtout l’industrie alimentaire qui, dans son mouvement de construction de grands magasins d’alimentation, a rendu compte de 37 % de tous les investissements du commerce de détail. Le secteur des finances entend émerger avec un petit gain de la descente en piqué qui a suivi l’arrivée du nouveau millénaire, alors que l’industrie de l’automobile lie les cordons de la bourse à cause de marges bénéficiaires rétrécies. La plupart des autres industries ne prévoient guère changer leurs projets d’investissement à l’exception du secteur public. Les administrations publiques de tous les paliers ont accru leurs budgets d’investissement, surtout les municipalités. Les secteurs de la santé et de l’éducation devraient faire de même après l’injection de fonds dont ils ont récemment bénéficié. Marché du travailL’emploi s’est rapidement remis à croître. La progression a été de 0,4 % en février après une pause en janvier qui mettait fin à une suite ininterrompue de hausses en 2002. Elle s’est répartie également entre l’emploi à plein temps et à temps partiel. Elle était concentrée chez les jeunes. Comme la population active est revenue à un fort régime de croissance après avoir marqué un temps d’arrêt d’un mois, le taux de chômage est resté fixé à 7,4 %. En fabrication, l’emploi a progressé de presque 1 % après un fléchissement en début d’année. En construction, il s’est contracté un deuxième mois de suite après avoir offert des gains spectaculaires l’an dernier. Dans le secteur de l’habitation, l’activité a en effet été entravée par les rigueurs de l’hiver. La forte poussée des cours des produits de base a encore stimulé l’emploi dans les ressources naturelles, mais la hausse n’a pas été importante en valeur absolue en raison du caractère capitalistique de ce secteur. Quant aux services, ils ont été soutenus par la constante fermeté de l’emploi dans le secteur public et une progression nourrie dans les secteurs financier et immobilier. Sur le plan régional, la Colombie-Britannique a dominé au tableau des hausses de l’emploi, gardant la croissance de cet indicateur d’une année à l’autre au-dessus de la moyenne nationale de 3,4 %. On a relevé les gains les plus imposants dans les industries primaire et secondaire. Par ailleurs, la Colombie-Britannique a été la seule région à connaître un hiver inhabituellement doux. L’Ontario a ajouté à son augmentation de janvier pour se joindre à la Colombie-Britannique et former le peloton de tête des deux provinces où la croissance de l’emploi a été supérieure à la moyenne. Enfin, des pertes d’emplois dans le tertiaire ont empêché l’Alberta de tirer pleinement parti de la vigueur de la demande d’énergie. Indicateurs avancésEn janvier, l’indicateur avancé composite est revenu au taux de croissance de 0,1 % enregistré en novembre, après s’être brièvement redressé à 0,3 % en décembre. Six composantes sur dix étaient en baisse, quatre de plus qu’en décembre, et le plus grand nombre depuis plus d’un an. En 2002, une croissance aussi lente traduisait surtout les lourdes pertes du marché boursier. La lenteur de janvier s’explique par la retraite du marché boursier et du logement en terrain négatif tandis que la demande des entreprises se relâchait.
La bourse de Toronto a mis fin en janvier à une relance boursière de trois mois pour répéter le scénario des deux précédentes années d’amères baisses boursières. Les actions immobilières et du secteur de la consommation ont marqué un recul tandis que la demande des ménages amorce l’année de manière inégale. L’indice du logement chute de 2,3 %, en grande partie en raison du ralentissement des mises en chantier dans l’Ouest et l’Est du pays. Elles sont demeurées fortes cependant au centre du pays, malgré le retour de températures saisonnières, après plusieurs hivers particulièrement cléments.Les dépenses de biens durables étaient partagées entre une hausse continue des ventes de biens reliés au logement et un retour à la faiblesse des ventes de voitures. La demande des entreprises s’est affaiblie tant du côté de la fabrication que des services. La baisse dans les services était concentrée dans l’Ouest où les permis non résidentiels se sont aussi retirés de leur sommet enregistré au milieu de l’année. Les nouvelles commandes ont diminué en raison de la faiblesse étendue des exportations où une majorité d’industries ont baissé. La durée hebdomadaire moyenne de travail est tout de même demeurée près des sommets atteints après la deuxième guerre mondiale, un indice que les fabricants sont demeurés optimistes. C’est d’ailleurs ce qu’ils ont exprimé quant à leurs prévisions de production au premier trimestre dans l’enquête des perspectives du monde des affaires tenue en janvier. En même temps, les possibilités d’exportations pourraient s’améliorer à la suite du retour de l’indicateur américain à une tendance positive pour la première fois depuis juin 2002, ce qui annule l’écart avec l’indicateur canadien enregistré depuis presque deux ans. Le relèvement des indicateurs du marché financier se poursuit et le logement se raffermit de façon marquée. En janvier, l’emploi aux États-Unis a enregistré sa meilleure performance depuis novembre 2000. ProductionEn valeur mensuelle, le PIB réel a progressé de 0,1 % en décembre, ce qui faisait la période de trois mois où la production a augmenté le plus lentement dans l’année. De fortes réductions de production chez les constructeurs automobiles ont encore enfoncé les industries de biens. Pour soutenir la croissance, il y a eu de solides gains dans le secteur de l’habitation et une reprise dans celui des ressources naturelles. Le marasme des marchés financiers en fin d’année a concouru à un arrêt de croissance de la production dans les services pour la première fois en 2002. Les fabricants ont encore diminué leur production de 0,3 %, prolongeant ainsi la succession de baisses depuis août. Dans cette période, la production de véhicules automobiles a fléchi de 15 %, ce qui contraste vivement avec sa progression antérieure de 22 % en 2002. C’est un affaissement qui a nui, comme on pouvait le prévoir, à une grande diversité d’industries qui alimentent l’industrie de l’automobile. Le ralentissement de la production d’automobiles s’est aussi traduit par un affaiblissement de la demande dans les industries de distribution et de manutention de biens, notamment dans celles du camionnage et du commerce de gros. En fin d’année, les constructeurs automobiles semblaient avoir finalement réussi à réaligner la production sur les ventes. La production s’est redressée en janvier. La construction résidentielle est restée le secteur le
plus dynamique de l’économie. Le bâtiment était
en hausse un huitième mois de suite. Le gain de 16 % de cette
année est le meilleur depuis 1987. Une grande diversité d’industries
liées en ont profité, plus particulièrement celles
des minéraux non métalliques, des meubles et des appareils électroménagers. L’activité financière s’est encore contractée avec une perte de 1,1 % en décembre, le pire de cinq revers consécutifs. La demande s’est largement contractée tant pour les services bancaires que pour le courtage en valeurs mobilières. Dans la plupart des autres services, elle a fermement progressé. Cette constatation vaut particulièrement pour les services de consommation et plus précisément pour le commerce de détail et les services alimentaires. La demande de services aux entreprises était également en croissance soutenue. Quant au secteur public, il a présenté son gain le plus modeste en six mois. Demande des ménagesDans le commerce de détail, la demande s’est élevée de 0,6 % en volume en décembre, couronnant une année de solide croissance à 5 %. Les ventes d’automobiles ont prédominé comme elles l’ont fait toute l’année. Dans l’ensemble, un nombre record de 1,7 million de véhicules ont été écoulés l’an dernier. On doit surtout ce record aux camions importés, car plusieurs producteurs d’outre-mer ont fait leur apparition sur le lucratif marché des utilitaires sportifs. Précisons cependant qu’une brève tentative de privation des consommateurs des taux nuls de financement auxquels ils étaient habitués a fortement fait baisser les ventes en janvier. Dans le sillage d’un marché de l’habitation en plein régime de croisière, les ventes de meubles et d’appareils électroménagers ont fait un autre bond de 1,8 % en décembre. L’augmentation des ventes est de 10 % pour l’année, le cédant uniquement à la progression de la demande d’ordinateurs. Les détaillants de vêtements ont clos une année de croissance soutenue avec un gain en décembre qui équivalait au gain annuel de 5 %. Il reste que la hausse de décembre s’expliquait en grande partie, tant pour les ordinateurs que pour les vêtements, par les généreuses remises de prix consenties avant Noël. La demande qui s’attache aux biens non durables a été gênée par le renchérissement de l’essence et un recul de 7 % de la vente de tabac l’an dernier après des majorations de taxes par les autorités. L’habitation a entrepris l’année d’une manière inégale. Perdant 9 %, les mises en chantier sont tombées à leur plus bas niveau en plus d’un an. L’hiver le plus froid qu’on ait connu depuis des années serait en partie à blâmer, alors que, l’an dernier, un hiver clément comme jamais avait largement stimulé la construction. L’activité a été soutenue par des ventes toujours fermes sur le marché de l’habitation. En janvier, le marché de la revente a ajouté à ses gains du quatrième trimestre et presque toutes les grandes villes ont contribué à cette progression. Les ventes d’habitations neuves sont également restées vigoureuses, d’où une autre diminution du parc de logements invendus. Commerce de marchandisesEn décembre, les courants commerciaux ont constitué un microcosme de l’année avec des exportations un peu en baisse et des importations un peu en hausse. Une demande américaine défaillante explique principalement la faiblesse des exportations. Les importations en provenance des États-Unis ont encore été plus faibles, perdant près de 4 %, mais pour compenser il y a eu une croissance à deux chiffres des importations d’outre-mer. Dans l’ensemble, l’excédent n’a guère évolué au compte des biens. Le total annuel se situait à son plus bas niveau en trois ans, soit à 54,2 milliards de dollars, dans un double mouvement de fléchissement de 0,6 % des exportations et de progression de 1,6 % des importations. La baisse de l’excédent au compte des biens a largement déterminé la diminution de 30 à 17 milliards de dollars de l’excédent global au compte courant. Ajoutons que le solde du compte des revenus de placements s’est détérioré en partie à cause d’un taux de rendement moins élevé dans une économie américaine amortie que dans l’économie canadienne.
Si les exportations se sont contractées de 0,3 % en valeur mensuelle, c’est que les exportations d’automobiles ont marqué un quatrième recul consécutif par suite de longues fermetures des usines des constructeurs dans la période des fêtes. Depuis août, la perte cumulative est de 14 %. Les exportations de machines et de matériel ont également fléchi un deuxième mois de suite en raison de la faiblesse des secteurs des télécommunications et de l’informatique. Les exportations de ressources naturelles ont repris partout, aidées
en cela par un redressement des cours des produits de base. Les produits
industriels ont mené le mouvement avec un gain de 5 % et
des hausses généralisées pour les métaux.
Les exportations de produits énergétiques ont été stimulées
par le renchérissement du pétrole et du gaz préalablement à la
montée spectaculaire des prix en début d’année.
Les exportations de produits forestiers ont augmenté à cause
du bois d’œuvre, les mises en chantier d’habitations
ayant atteint un sommet en 16 ans aux États-Unis. Les exportations
céréalières ont commencé à se stabiliser
après des pertes causées tout l’été par
la sécheresse, mais le secteur alimentaire demeure le seul à avoir
régressé à l’exportation d’une année à l’autre. La demande de machines et de matériel importés dans les entreprises oscillait toujours autour d’une tendance de non-croissance. Elle a en effet perdu 3,5 % en décembre, ce qui effaçait tous ses gains du mois précédent. Les appareils de télécommunication et les ordinateurs ont été particulièrement faibles, restant proches des minima dans ce qui était déjà une année de faiblesse : en 2002, ils ont respectivement baissé de 14 % et 12 % à l’importation pour un deuxième recul annuel consécutif. Un fléchissement temporaire du prix du pétrole en décembre a allégé la facture de nos importations. PrixMesurés par l’indice du PIB, les prix des biens et services canadiens étaient en hausse de 1,2 % au quatrième trimestre. D’une année à l’autre, leur taux de progression s’établit à 4 %. On doit le gros de ce redressement à l’affermissement des cours des produits de base sur le marché mondial. Le consommateur intérieur a fait face à une hausse des prix de 0,6 % seulement pour un troisième trimestre de suite. L’essor des prix à l’exportation était déjà un aiguillon pour une industrie primaire en difficulté. Ce secteur sera encore plus stimulé par l’ample montée des prix au début de la nouvelle année. C’est notamment le cas du prix de l’énergie qui approche du niveau record atteint pendant la crise californienne au début de 2001, et ce, à cause des rigueurs hivernales en Amérique du Nord et des menaces de guerre au Moyen-Orient.
De décembre à janvier, l’indice des prix à la
consommation a fait un bond de 1,0 %, ce qui devait porter le taux
annuel d’inflation à un maximum en 11 ans de 4,5 %.
Le mouvement de renchérissement du pétrole et du gaz a été renforcé par
la fin du programme ontarien de remboursement partiel des factures d’électricité. Entraînés à la hausse par le prix de l’énergie, les cours des produits de base se sont envolés en février à leur plus haut niveau depuis les premiers mois de 2001, où la crise de l’électricité en Californie avait fait monter en flèche ce même prix de l’énergie. L’indice de l’énergie de la Banque du Canada se situait à 151 en février et le niveau record de 175 atteint en janvier 2001 était à sa portée. Les cours pétroliers s’étaient déjà accrus de la « prime de guerre » d’une intensification des préparatifs américains contre l’Iraq, mais une autre vague de froid à la fin du mois devait faire s’envoler les prix du pétrole et du gaz vers un sommet en 12 ans à mesure que les stocks s’amenuisaient. La plupart des prix hors énergie se sont aussi affermis dans le mois – et notamment les cours des métaux – à la faveur d’une reprise de l’activité industrielle aux États-Unis. La hausse de notre taux de change a déjà une incidence sur les prix. Les prix de fabrication se sont élevés de 0,3 % de décembre à janvier, surtout à cause des produits tirés des ressources naturelles. L’augmentation aurait été de 0,7 % si le taux de change canado-américain n’avait pas évolué en hausse. Marchés financiersLe dollar canadien a continué de se redresser, franchissant la barre des 67 cents américains pour la première fois en deux ans. Il a quitté son bas niveau de près de 63 cents vers la fin de la dernière année : en novembre et décembre, la différence persistante de taux d’intérêt d’environ 150 centièmes en faveur du Canada s’est mise à attirer les fonds du marché monétaire selon les données de la balance des paiements. Les bourses continuent à descendre depuis le début de l’année après s’être brièvement affermies à la fin de 2002. La bourse de Toronto a pu profiter de nouveaux gains des actions du secteur de l’énergie, mais il y a eu des délestages comme contrepoids, notamment dans le cas des actions de la technologie de l’information et de la « consommation de base ». La reprise du dollar mise à part, les agrégats financiers n’ont guère évolué pour la plupart. Le crédit à court terme aux entreprises s’est stabilisé en janvier après quatre baisses consécutives. En revanche, les fonds communs de placement du marché non monétaire ont régressé un deuxième mois de suite après avoir constamment progressé pendant le plus clair de la dernière année. Économie régionaleLe recul du secteur de l’automobile de l’Ontario domine la baisse des livraisons et des exportations au pays en décembre, cependant, la réduction des mises à pied et la hausse de la production en janvier laissent présager un redressement à l’amorce de la nouvelle année. Alors que se relâchait la fabrication, la demande des ménages était partagée entre des ventes au détail qui ont récupéré en décembre leur baisse de novembre, mais des mises en chantier qui ont continué de reculer en janvier, en baisse du tiers par rapport à leur sommet de l’année précédente, lorsque l’hiver très doux avait encouragé l’activité. La demande des ménages était également partagée au Québec. Contrairement à l’Ontario, cependant, ce sont les ventes au détail qui sont faibles, avec en décembre, une troisième baisse en quatre mois. Par la suite, en janvier, la confiance des ménages, selon l’enquête du Conference Board, ne s’est pas relevée autant qu’ailleurs au pays. Les mises en chantier se démarquaient cependant de la tendance à la baisse dans les autres provinces avec une hausse de plus de 10 %. La force des dépenses d’investissement faisait aussi contrepoids. C’est donc encore en grande partie en raison des matériaux de construction que les livraisons se sont redressées en décembre. Pendant ce temps, avec le temps froid, les livraisons de produits pétroliers ont enregistré leur meilleur niveau de l’année. Alors qu’elle hésite au centre du pays, l’économie a continué de se raffermir dans l’Ouest qui bénéficie de la hausse des prix et de la demande de ressources, en particulier d’énergie. L’énergie est demeurée en tête des exportations au pays une deuxième année d’affilée en 2002 et constitue plus de la moitié des exportations totales de l’Alberta. Devant un début d’hiver particulièrement froid dans le centre et l’Est de l’Amérique du Nord, elles se sont envolées pour constituer en décembre presque le double de ce qu’elles étaient un an auparavant, un niveau qui talonne les sommets enregistrés au tournant de l’année 2001 lorsque l’Ouest avait contribué aux besoins d’une Californie contrainte à priver la population en alternance à cause de pénuries. Tout comme en novembre, les livraisons en décembre ont continué de récupérer leurs pertes d’octobre, vives pour toutes les industries reliées à la demande des ménages. L’amélioration de la conjoncture est moins étendue en Colombie-Britannique où les ventes au détail mettent fin à une suite de quatre hausses, la première qui avait été enregistrée depuis le printemps 2000. La confiance des consommateurs était aussi à l’arrière du reste du pays dans cette province en janvier. É conomies internationalesAux États-Unis, la demande industrielle a remonté en janvier, soutenue par l’industrie de l’automobile et la perspective qui se précise d’une relance des investissements des entreprises. Il reste que, en janvier, les ventes d’automobiles et d’habitations ont été tempérées par les rigueurs du climat et le peu de confiance des consommateurs. Les ventes d’automobiles devaient encore ralentir en février pour tomber à un bas régime de croissance qui est deuxième en importance en près de cinq ans dans une situation où le renchérissement de l’essence a nui à la demande de grands utilitaires sportifs. En janvier, les ventes au détail ont fléchi de 1 %, cédant la moitié du terrain conquis en décembre (mois dont le taux de croissance a été révisé de 1,2 % à 2 %). Le ralentissement des ventes d’automobiles a dominé à ce tableau, les consommateurs américains réagissant aussi mal que les consommateurs canadiens à la réduction des encouragements à l’achat. Les ventes n’ont guère été vigoureuses en dehors de la consommation d’aliments et d’essence (le produit de la vente d’essence s’est trouvé gonflé de 19 % depuis un an par le renchérissement du carburant). Notons en particulier que la demande de meubles, d’appareils électroménagers et de produits électroniques est retombée à son niveau de janvier 2002, ce qui témoigne du ralentissement du secteur de l’habitation (bien que les dépenses en matériaux de construction se soient redressées). Les ventes d’habitations ont chuté de 15 % en janvier, mais les mises en chantier dépassent leur niveau de décembre, le plus élevé de 2002. L’hésitation des ménages à acheter des produits chers va de pair avec la perte de confiance des consommateurs mesurée par l’indice du Conference Board. Il s’agit d’une baisse de 19 %, une troisième de suite, ce qui laisse cet indicateur à son plus bas niveau en 10 ans. Précisons que l’évaluation que fait le consommateur tant de la situation actuelle que des conditions futures est en cause. L’industrie de l’automobile a largement contribué à une hausse globale de 0,7 % de la production industrielle en janvier, laquelle effaçait en majeure partie une baisse au quatrième trimestre. Si on exclut cette industrie, la production n’a guère changé depuis deux mois. Elle reste à court de 0,1 % de sa valeur de janvier 2002. Les industries de la défense sont demeurées la source de croissance la plus sûre avec un gain mensuel de 1,6 % qui suivait des augmentations trimestrielles moyennes de plus de 3 % au second semestre de 2002. Après le temps doux hors saison de décembre, le retour à des températures plus normales en janvier a fait monter en flèche (4 %) la demande dans les services publics. La production de biens de consommation autres que les automobiles est restée peu ferme. Elle avait accusé trois baisses coup sur coup à la fin de la dernière année : les pertes subies dans l’industrie du vêtement s’étaient propagées dans les industries des meubles et des appareils électroménagers. La production de matériel destiné aux entreprises s’est affermie. La production d’appareils de télécommunication s’est stabilisée après avoir constamment décru l’an dernier. Le ralentissement du secteur de l’habitation a freiné la demande de matériaux de construction. Les nouvelles commandes se sont améliorées en janvier surtout grâce à un bond de la demande de produits militaires et de matériel de communication. Toutefois, un autre mois de faibles ventes en février devait inciter les constructeurs automobiles à réviser à la baisse leurs plans de production pour le deuxième trimestre. Dans la zone de l’euro, la valorisation de cette monnaie a commencé à faire sentir ses effets : la contraction des exportations a nui à la confiance tant des consommateurs que des entrepreneurs, tout comme la crainte d’une guerre en Iraq. Les ventes au détail ont chuté de 1,1 % en décembre après avoir fléchi de 0,7 % en novembre. La production a un peu repris de son rythme en novembre. La production industrielle s’est accrue de 1 % après avoir été stable les deux mois précédents. Les biens durables de consommation ont prédominé à ce tableau, suivis de près des biens d’équipement. L’excédent du commerce extérieur a rétréci en décembre. Pour l’année, il s’est établi à 102 milliards d’euros. C’est plus du double de sa valeur en 2001, ce que l’on doit principalement à une diminution de 4 % des importations et à une maigre augmentation de 1 % des exportations. Le taux de chômage a légèrement monté à 8,6 % en janvier et, de décembre à janvier, le taux annuel d’inflation a faibli, passant de 2,3 % à 2,2 %. En France, l’économie a stagné au quatrième trimestre, les entreprises élaguant leurs stocks et la fermeté de l’euro ayant un effet d’amortissement à l’exportation. Le PIB réel s’est élevé de 0,2 % dans le trimestre. C’est son taux d’accroissement le plus bas depuis la fin de 2001. Pour l’ensemble de l’année, il est en hausse de 1,2 %. En décembre, la production industrielle a régressé de 1,7 %, faisant oublier sa progression des deux mois précédents. Les dépenses de consommation ont fléchi en novembre et décembre. Les entreprises sont demeurées optimistes cependant, relevant leurs projets d’investissement de 7 % pour 2003. L’excédent du commerce extérieur a augmenté en décembre malgré des exportations plus lentes; les importations ont reculé de 5 % dans le mois. En Allemagne, le PIB a été stationnaire au quatrième trimestre. Une hausse des investissements a compensé un ralentissement des exportations. Celles-ci ont piétiné après avoir marqué une avance de 3 % au trimestre précédent. L’Allemagne n’en a pas moins continué en décembre à afficher l’excédent le plus imposant de la zone de l’euro dans son commerce extérieur, les importations diminuant plus vite que les exportations. Les consommateurs allemands ont réduit leurs dépenses de 4 % les deux derniers mois de l’année, plus que tous les autres consommateurs européens. La confiance a été ténue devant la montée incessante du chômage. Les prix ont été stables et le taux annuel d’inflation était inchangé à 1,1 % au début de la nouvelle année. En Grande-Bretagne, l’économie a montré de nouveaux signes de ralentissement en fin d’année avec des pertes pour la fabrication, les dépenses de consommation et le marché de l’habitation. L’industrie manufacturière était toujours en proie à un profond marasme : en janvier, les commandes ont été inférieures à la moyenne pour un 60e mois de suite. Les ventes au détail ont diminué de 1 %, car les consommateurs ont encore freiné leurs dépenses. Le prix de l’habitation, qui montait à un rythme annuel de 15 %, s’est mis à ralentir le mouvement malgré des taux hypothécaires en baisse. En janvier, le taux annuel d’inflation était toujours, à 1,3 %, un des plus bas de la zone de l’euro. À 5,1 %, le taux de chômage en Grande-Bretagne demeurait le moins élevé parmi les pays membres du Groupe des Sept. Au Japon, l’économie a progressé un quatrième trimestre de suite à la fin de l’année. Le PIB réel s’est accru de 0,5 % grâce aux solides dépenses des consommateurs et des entrepreneurs et à une demande revitalisée d’outre-mer à l’exportation. La production a augmenté de 0,3 % dans toute l’année 2002. Les dépenses d’investissement ont gagné 1 % dans le trimestre, bien que les projets d’investissement aient été révisés à la baisse de presque 8 % dans l’exercice en cours. À l’exportation, le stimulant a été l’industrie de l’automobile avec en 2002 un sommet en neuf ans. Les consommateurs ont perdu de leur confiance un cinquième mois de suite en janvier et le taux de chômage a égalé son record de 5,5 % en décembre. La demande intérieure a repris dans le Sud-Est asiatique, ce qui a aidé à compenser un nouveau ralentissement des exportations. À Singapour, l’économie s’est accrue de 2,2 % en 2002, regagnant en majeure partie le terrain que lui avait fait perdre une contraction de 2 % un an auparavant. Au Brésil, la production s’est accrue de 1,5 % en 2002 et une dévalorisation de 35 % de la monnaie par rapport au dollar américain a poussé les exportations en hausse. * Basée sur les données disponibles le 7 mars; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.
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