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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Février 2008

Conditions économiques actuelles

Tableau sommaire - Indicateurs principaux

Vue générale*

La production s’est accrue timidement en novembre au milieu de signes de plus en plus évidents d’un ralentissement de l’économie américaine. L’emploi a toutefois pressé le pas en janvier après avoir fait du surplace en décembre et les gains ont été étalés parmi les grandes industries et les provinces.

L’économie était toujours en expansion en octobre et novembre, mais les indicateurs avancés multiplient les signes d’un ralentissement imminent. La production automobile a fléchi de près d’un tiers en décembre. Avec ses effets secondaires sur d’autres industries, ce recul retranchera 0,2 point au PIB, à en croire des simulations par les tableaux d’entrées-sorties. En septembre et octobre 2006, dernière fois où la production automobile a largement baissé, le PIB s’était contracté de 0,1 %. Par ailleurs, les rigueurs de l’hiver ont restreint l’activité économique dans l’est du pays, touchant plus particulièrement les mises en chantier d’habitations et la masse des heures travaillées. Aux États-Unis, la croissance économique a été anémique au quatrième trimestre avec un marché de l’habitation de plus en plus en proie au marasme et un rétrécissement des stocks. Les places boursières dans le monde ont enfin été en chute libre en début d’année.

Plusieurs facteurs font que la conjoncture économique est la plus complexe depuis des années. Les signes d’un ralentissement cyclique en Amérique du Nord abondent sans manifester les nombreux déséquilibres dont sont géné­ralement marqués les creux de cycle, puisque l’inflation et les stocks sont toujours maî­trisés. La bulle du marché de l’habitation a éclaté aux États‑Unis et déjà les mises en chantier sont tombées à leur plus bas niveau depuis 1970, provoquant le gros de l’agitation que connaissent les marchés financiers dans le monde depuis la mi‑août et amenant des hausses de taux d’intérêt malgré les baisses décrétées par les banques centrales. Que le dollar canadien soit à parité avec le dollar américain a enfoncé les prix et les revenus pour bien des exportateurs, bien que la production garde sa stabilité en volume.

Il se peut que, dans les circonstances actuelles, on doive moins se fier à maints indicateurs de ralentissement cyclique. Ces dernières années, la croissance du PIB s’est faite moins irrégulière à cause d’une meilleure gestion des stocks. Aux États-Unis, les secteurs de l’habitation et de l’automobile se contractent depuis deux ans sans précipiter de descente cyclique du PIB réel, fait sans précédent dans les dernières décennies. Au Canada, le marché de l’habitation et les ventes d’automobiles sont demeurés solides. Signalons enfin que le marché boursier a périclité en 1987, 1998 et 2001 sans qu’une récession s’ensuive au Canada.

D’autres indicateurs cycliques conservent leur fermeté. Les cours des produits de base sont restés élevés; ils ont même été en hausse en janvier malgré la faiblesse de la croissance aux États-Unis. Quand la demande américaine qui s’attache à nos exportations a marqué un ralentissement en 2006 et 2007, nos exportateurs ont entrepris de se diversifier rapidement outre-mer, notamment en Chine. C’est ainsi que la part des États-Unis dans les exportations canadiennes est tombée de 82 % à 75 % entre 2005 et novembre 2007. Le revenu réel des ménages a été soutenu par la ferme croissance de l’emploi et l’élévation des salaires réels jusqu’en janvier; de leur côté, les administrations publiques et les sociétés peuvent compter sur d’importants excédents financiers pour combler les manques à gagner imprévus (même dans le secteur de la fabrication, les bénéfices se sont accrus en 2007 grâce aux gains de productivité). Et bien sûr, la Réserve fédérale américaine s’est empressée d’abaisser les taux d’intérêt, retranchant en deux temps 125 centièmes en janvier.

Marché du travail

Après s’être enlisée en décembre, la croissance de l’emploi a repris avec une augmentation de 0,3 % en janvier, entièrement dans le secteur privé et pour l’emploi à plein temps. Le taux de chômage a décru à 5,8 %, tombant à son minimum d’octobre 2007. Le chômage a diminué dans 8 des 10 provinces.

Les industries produisant des biens ont mené au tableau de la croissance au rebours même de leur mouvement des derniers mois. La construction et la fabrication ont été les chefs de file, compensant des pertes dans le secteur des ressources naturelles (en particulier dans l’extraction pétrolière gazière). Dans les services, on relève des hausses dans la finance et les services aux entreprises et, en contrepoids, des baisses dans le commerce, l’information et la culture.

La croissance de l’emploi a été d’une répartition égale dans les régions. Dans les trois provinces des Prairies, le taux de chômage a glissé sous la barre des 4 %. La Colombie-Britannique est la seule province où les services soient restés à la hauteur des industries de biens pour la progression de l’emploi. Dans les provinces centrales, on observe des gains en construction à la suite des fortes intempéries de décembre, ainsi qu’une remontée en fabrication. Dans la dernière année, l’emploi s’est accru en Ontario et au Québec dans une proportion de 1,8 % qui est proche de la moyenne canadienne de 2,0 %. Au Québec, le pilier a été à la fois la construction (+20 %) et les services et, en Ontario, les services seulement. Dans la région de l’Atlantique, Terre-Neuve‑et-Labrador a dominé avec un gain de 3,5 % dans la dernière année; c’est autant que le maximum albertain.

Indicateurs avancés

L’indicateur avancé a fléchi de 0,1 % en décembre après deux mois sans croissance. Il s’agit de la plus longue période de faiblesse de l’indice composite depuis le début de 2001, lorsqu’il avait très légèrement baissé cinq mois sur six. L’économie canadienne avait ralenti par la suite en 2001, mais avait évité la récession qui a frappé les États-Unis.

Il y a plusieurs raisons de croire que le marasme actuel n’aura pas un effet aussi perturbateur qu’en 2001. La faiblesse se concentre principalement dans l’indice du logement, alors que des tempêtes de neige exceptionnelles pour la saison ont gravement restreint la construction en décembre. S’il n’y avait pas eu cette baisse de l’indice du logement, l’indice composite serait demeuré stable en décembre.

En plus d’avoir eu des conséquences sur l’habitation, la tempête de neige qui a frappé l’est du Canada pendant la semaine de référence de l’Enquête sur la population active a aussi touché les heures travaillées. On a pu ainsi voir une baisse soudaine de l’emploi dans les services, après 21 gains mensuels consécutifs. Les dépenses de consommation ont connu des hauts et des bas; les augmentations de ventes de meubles et d’appareils ménagers ont été contrebalancées par des baisses pour les autres biens durables. Les ventes d’automobiles ont été particulièrement ternes, bien que des données provisoires laissent entrevoir une reprise marquée en décembre.

La conjoncture aux États-Unis est cependant moins ambiguë. L’indicateur avancé des États-Unis a reculé de 0,2 % pour un deuxième mois d’affilée, entraîné par la faiblesse dans le logement et la confiance des ménages. Le ralentissement de la demande américaine s’est à nouveau traduit par une baisse rapide des nouvelles commandes de biens fabriqués au Canada. Le ratio des livraisons aux stocks s’est stabilisé après trois reculs consécutifs.

Production

En novembre, le PIB réel s’est élevé de 0,1 % dans ce qui représente une quatrième augmentation de suite. La progression était toujours concentrée dans les services de consommation et les services aux entreprises. La production de biens a rétréci, l’industrie de la fabrication s’étant une fois de plus affaiblie, et l’activité minière a continué de souffrir d’une piètre productivité.

Les dépenses de consommation ont augmenté non seulement dans le commerce de détail, mais aussi dans les services récréatifs, plus particulièrement dans les jeux de hasard. Notons une septième hausse consécutive dans l’hôtellerie et la restauration et un nouvel envol dans les transports aériens. La demande de services professionnels et administratifs dans les entreprises a fermement progressé. Au tableau des gains dans les services, le commerce de gros a fait bande à part, y allant d’une pause après un grand pas en avant de 1,7 % en octobre.

En fabrication, la production a fléchi de 0,3 % et ainsi annulé le gros de l’augmentation enregistrée en octobre. Le secteur de la fonte et de l’affinage a mené le mouvement avec une quatrième diminution en cinq mois. La production des mines métalliques a en effet accusé une troisième baisse consécutive malgré des prix élevés. La production de bois d’œuvre a régressé un septième mois de suite, le marché de l’habitation cédant de plus en plus au marasme aux États-Unis. La construction automobile avait fléchi de 1,7 % avant les compressions généralisées mises en place chez General Motors en décembre.

En dehors du secteur des métaux, la production s’est quelque peu améliorée. Le renchérissement du gaz naturel a gardé les forages en redressement pour un sixième mois, mais cette activité se situe toujours à de très bas niveaux. La production des mines non métalliques s’est élevée un quatrième mois de suite surtout grâce à la potasse et au diamant.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail se sont élevées de 0,2 % en novembre après avoir progressé de 0,4 % en octobre. Avec des ventes unitaires d’automobiles déjà en hausse de 3 % en décembre, le commerce de détail devrait aisément faire mieux que son gain de 0,3 % du troisième trimestre, et ce, malgré ce qui est rapporté au sujet de consommateurs traversant la frontière pour faire des emplettes aux États-Unis en situation de parité canado-américaine des changes.

En novembre, les augmentations des ventes ont été concentrées dans les vêtements et les biens non durables, un rare événement. Autre phénomène inusité, les ventes de vêtements se sont accrues malgré une hausse des prix. Dans le secteur des biens non durables, les ventes ont progressé à cause des aliments et du chauffage domestique (à la suite de conditions météorologiques singulièrement clémentes en octobre).

Les dépenses en biens durables ont décru de 0,2 % après s’être vivement redressées en octobre. Pour faire pendant à une plus grande demande de véhicules d’occasion, il y a eu moins de ventes de véhicules neufs malgré des prix nettement rabattus. Les achats d’autres biens durables ont régulièrement augmenté; signalons à cet égard les produits informatiques et électroniques, les meubles et les appareils électroménagers en situation de baisse prolongée des prix.

En décembre, les mises en chantier d’habitations ont baissé de 20 % en partie à cause d’intempéries particulièrement rudes en Ontario et dans l’Ouest canadien. Les logements multifamiliaux ont le plus reculé et les logements unifamiliaux ont perdu le terrain qu’ils avaient gagné en novembre. Les ventes résidentielles ont été inégales avec de nouvelles hausses sur le marché de l’habitation neuve et des baisses sur celui de la revente.

Commerce de marchandises

Les exportations de marchandises ont rebondi en novembre, s’élevant de 3,1 % après un effet d’amortissement pendant trois mois de la valorisation du dollar sur les prix et les revenus. Les importations ont progressé à un peu plus de la moitié du rythme des exportations et, de ce fait, l’excédent commercial a monté à 3,7 milliards de dollars.

Perdant presque 10 cents, le dollar canadien s’est fixé à parité avec le dollar américain en novembre, contribuant à un léger renchérissement des exportations et des importations. À l’exportation comme à l’importation, les prix étaient en descente depuis avril et entraînaient largement vers le bas les prix et les valeurs du commerce.

Les gains ont été généralisés à l’exportation en novembre; pour mener le mouvement mensuel, il y a eu les secteurs qui dominent en valeur au Canada, à savoir les produits industriels, les machines et le matériel et l’énergie. Dans le cas des biens industriels, les gains ont été dispersés parmi de nombreux produits de base. Dans le secteur des machines et du matériel, les exportations ont continué à évoluer en hausse dans l’aérospatiale, ajoutant 6 % à la valeur de 2006 en cumul d’année. En volume, la tendance est demeurée haussière pour le pétrole brut au second semestre de 2007 et, avec des prix plus élevés, cette évolution a été le moteur de la croissance dans le secteur de l’énergie.

Comme le renchérissement des produits de base a plus que contrebalancé l’effet de la valorisation du dollar, l’importance relative des produits industriels et énergétiques dans la valeur des exportations a monté d’un peu moins de 30 % en 2002 à plus de 40 % en 2007.

Les exportations ailleurs qu’aux États-Unis dépassent déjà les totaux de 2006 et l’année 2007 passera à l’histoire avec, pour la première fois, un total annuel de plus de 100 milliards de dollars. C’est que les exportations vers l’Europe et la Chine ont nettement excédé les valeurs de 2006 dans les deux cas. Les exportations vers les États-Unis demeurent un peu en deçà de leur valeur de 2006 en cumul d’année : en novembre, elles représentaient les trois quarts du total.

Les importations se sont accrues de 1,7 %, soutenues par la vigueur de la demande de pétrole brut et d’essence dans l’est comme dans l’ouest. Les importations de voitures et de camions ont également progressé, mais pour faire pendant, il y a eu une baisse des importations de pièces du fait des arrêts de production planifiés en décembre. La demande de machines et de matériel dans les entreprises a fléchi après être parvenue à un niveau record en volume pour octobre.

Prix

De novembre à décembre, l’IPC a monté de 0,3 % et, d’une année à l’autre, le taux général d’inflation est tombé à 2,4 %. Les prix ont continué à augmenter le plus pour l’énergie et les services. Les cours énergétiques ont fait un bond de 1,2 % et leur majoration annuelle s’établit à 8,7 % surtout à cause de l’essence. Les prix des services se sont élevés de 0,3 % pour un taux annuel de renchérissement de 3,5 %. Le prix de l’habitation a prédominé à cet égard avec pour principaux facteurs les intérêts hypothécaires et les assurances résidentielles. Si on exclut le logement, on constate que les services coûtent 2,9 % de plus qu’il y a un an, inflation imputable avant tout au tourisme et aux loisirs.

Par ailleurs, les prix des produits hors énergie sont demeurés en baisse. Les biens durables ont mené le mouvement, perdant 3,2 % dans la dernière année à cause des automobiles, des appareils ménagers et d’une grande diversité de produits électroniques. Les prix des vêtements, des livres et des articles de soins personnels ont également diminué. L’explication de certaines de ces baisses est peut-être que des détaillants ont perçu 1 % de TPS de moins avant le 1er janvier pour que les consommateurs ne décident pas de reporter leurs achats après cette date.

En début d’année, les prix des produits de base ont augmenté partout. Les aliments ont été en tête et le blé a battu un record avec un prix de plus de 14 dollars américains le boisseau. Les prix du maïs et du soya ont aussi été en hausse, le législateur américain ayant imposé un enrichissement de l’essence en éthanol. Les cours des métaux se sont affermis. Le prix de l’or a gagné plus de 100 $ l’once et les prix du cuivre, du nickel et de l’aluminium ont également monté. Les cours énergétiques ont été soutenus par le gaz naturel dont le prix a atteint les 8 dollars américains le million de BTU, le temps froid ayant pour effet d’amincir des stocks dont l’abondance avait enfoncé les prix pendant près de deux ans. Les cours pétroliers ont un peu glissé de leur sommet en décembre et le prix du bois d’œuvre est descendu un peu plus.

Les prix des produits fabriqués se sont élevés un deuxième mois de suite (+1,1 %) en décembre; 17 catégories de produits sur 21 ont renchéri. Le fléchissement du taux de change canado-américain explique cette progression en majeure partie. Les gains ont été les plus imposants chez les exportateurs des industries de l’automobile, des pâtes et papiers et du pétrole en particulier. Les cours des métaux ont été les seuls à accuser une baisse à cause du nickel.

Marchés financiers

La bourse de Toronto s’est fortement repliée à la mi‑janvier avant de remonter et de limiter ses pertes à 5 % en fin de mois. Les cours des actions approchaient de leur bas niveau atteint à la mi‑août, alors que le crédit avait commencé à se resserrer dans le système financier international. Le recul de janvier a touché tous les secteurs. Les financières ont essuyé une troisième perte consécutive et les actions liées à la consommation et à l’immobilier ont fortement évolué en baisse. Les actions du secteur de l’énergie et les métallifères se sont affaissées après avoir dominé au tableau des hausses en décembre.

Le dollar canadien a oscillé dans sa zone de parité avec le dollar américain pendant le plus clair de décembre et de janvier. Le taux d’escompte a diminué un deuxième mois de suite; les taux à court terme ont alors décru, tandis que les rendements à long terme étaient stables. Le taux applicable aux prêts interbancaires a largement régressé. Les autres écarts de crédit sont restés nettement supérieurs à ceux de l’été dernier avec l’évolution des attitudes des investisseurs en matière de risques.

La demande de fonds dans les entreprises était toujours ferme en fin d’année. Le crédit à court terme aux entreprises a le plus progressé depuis août. Les émis­sions d’actions se sont maintenues à de hauts niveaux en décembre avant la chute du marché et les émissions d’obligations ont baissé.

Économies régionales

En novembre, le centre du pays domine une première hausse des ventes en fabrication depuis juillet. En Ontario, la croissance s’explique en grande partie par l’essence bien que la moitié des industries restantes enregistrent une hausse, notamment celles de produits qui se rattachent à la demande des entreprises. L’Ontario a connu l’augmentation annuelle cumulative des permis non résidentiels la plus forte (+26,1 %) parmi les provinces en novembre 2007, un autre indice d’une demande des entreprises qui demeure soutenue. En novembre, les niveaux cumulatifs pour 2007 étaient déjà supérieurs aux totaux annuels enregistrés en 2005 et en 2006. Cependant, de faibles mises en chantier ont ralenti la construction dans son ensemble.

Les mêmes industries qu’en Ontario stimulent les livraisons de l’industrie de la fabrication du Québec. À ces industries s’ajoute l’aérospatiale, qui est restée une source de croissance. La tendance des livraisons au Québec demeure depuis maintenant deux ans la plus forte au pays après les Prairies. Les ventes au détail enregistrent une solide deuxième progression mensuelle d’affilée, entraînées par la forte progression de l’emploi au cours de l’automne. Malgré les rigueurs de l’hiver, les mises en chantier ont réussi à se hisser de leur creux enregistré en novembre.

La conjoncture a repris du mieux dans les Prairies après une pause de quelques mois. Là aussi, l’essence, en ce début d’hiver plus froid, a fait gagner de la robustesse aux livraisons. L’hiver a raison cependant de la construction. En effet, les mises en chantier ont enregistré leur plus bas niveau de l’année en décembre. La tendance sous-jacente de la demande des ménages demeure forte, alors que les ventes au détail bondissent de presque un point de pourcentage. Le revenu du travail a progressé cette année de 11,9 % en Alberta.

La fabrication retourne à sa morosité en Colombie-Britannique après une forte hausse en octobre. Le secteur forestier le tire à nouveau en baisse, le papier ayant reculé de 5,5 %, en baisse de 14 % depuis le sommet d’avril. Le secteur de l’imprimerie est également dans la tourmente, enregistrant une troisième baisse d’affilée. Les ventes au détail ont continué de progresser de façon régulière alors que l’activité reste fébrile dans la province à l’approche des jeux olympiques.

Économies internationales

Aux États-Unis, le PIB réel a augmenté de 0,2 % au quatrième trimestre, offrant son gain le plus modeste depuis une hausse de 0,1 % pour entreprendre 2007. D’une année à l’autre, la progression est de 2,5 % en 2007 contre 2,6 % pour les quatre trimestres de 2006. En moyenne annuelle, le taux de croissance est de 2,2 %; c’est moins que les 2,9 % de 2006.

Si on fait abstraction des fluctuations des stocks, on constate une croissance plus lente des ventes finales (0,5 % au quatrième trimestre comparativement à 1 % au troisième). Une accumulation de stocks a fait monter le taux d’accroissement du PIB à 1,2 % au troisième trimestre, alors que, au quatrième, un déstockage retranchait 0,3 point à la croissance.

La demande est restée en hausse dans tous les secteurs sauf dans celui de l’habitation. Les investissements des entreprises ont été particulièrement fermes avec une valeur de près de 2 %. Les dépenses de consommation ont maintenu leur rythme surtout grâce aux biens durables. Les exportations ont ajouté 1 % à leur bond de 5 % au troisième trimestre. En 2007, elles ont été le secteur le plus en croissance aux États-Unis (+8 %), compensant ainsi dollar pour dollar le recul du marché de l’habitation. Celui‑ci s’est encore contracté de 7 % au quatrième trimestre et, pour l’année, la perte subie approche des 20 %.

L’économie américaine a clos l’année en présentant des résultats inégaux. En décembre, les mises en chantier d’habitations ont encore régressé de 15 % pour s’établir à près de 1 million de logements (aux taux annuels); c’est en gros le niveau où elles avaient cessé de descendre pendant les récessions de 1982 et 1991. La baisse a eu lieu presque entièrement dans les logements multifamiliaux dans la région du nord-est et au Midwest qui ont été heurtés de plein fouet par des tempêtes de neige. Les ventes au détail ont régressé de 0,4 % après avoir progressé de 1 % en novembre, mais les ventes d’automobiles ont été fortement en descente en janvier.

En revanche, les investissements des entreprises devaient se redresser en fin d’année. La production de biens d’équipement a progressé de 0,8 % en décembre; les commandes de biens d’équipement dits de base se sont envolées de 4 %. Les exportations ont certes présenté un léger gain, mais les importations en ont eu un plus imposant en raison d’un renchérissement de 13 % des hydrocarbures (mouvement qui s’est modéré en décembre).

L’emploi a légèrement fléchi en janvier; c’est que sa hausse pour décembre est passée après révision du simple au quadruple pour s’établir à un gain de 82 000 postes. La dernière fois qu’une estimation provisoire de l’emploi avait été à la baisse était en août et, après révision, le chiffre finalement dégagé avait été de +74 000. Certaines de ces révisions radicales ces derniers temps tiennent à des retards de déclaration, surtout au niveau des États.

Dans la zone de l’euro, la production industrielle a renoncé en novembre à tout son gain de 0,5 % en octobre, tous les grands secteurs étant en recul sauf ceux de l’énergie et des biens de consommation non durables. Toutefois, les nouvelles commandes se sont élevées de 2,7 % – autant que le mois précédent – grâce au matériel de transport, aux métaux et aux produits chimiques. Les exportations vers les États-Unis et le Japon se sont à nouveau contractées, mais les échanges ont battu leur plein avec la Russie, l’Inde, le Brésil et la Chine. Le déficit a légèrement rétréci au compte de l’énergie et l’excédent s’est accru pour les machines et les automobiles. En volume, les ventes au détail ont diminué un deuxième mois de suite dans des conditions de faiblesse généralisée. Le taux de chômage a été stable à 7,2 % en décembre et le taux d’inflation est resté fixé à 3,1 % en novembre.

En Allemagne, la production industrielle a fléchi de 1 % en novembre après deux mois de stagnation. Les nouvelles commandes ont néanmoins offert un deuxième gain important. La demande extérieure a encore été ferme et ce pays a de loin affiché l’excédent commercial le plus considérable de la zone de l’euro. Les dépenses de consommation ont encore été enfoncées par la cherté de l’énergie et des aliments. Le taux d’inflation a un peu baissé à 3,1 % en décembre et le taux de chômage est tombé à 7,8 %.

En France, la production industrielle a continué à osciller avec une perte de 1,5 % en novembre qui succédait à une reprise de 2,1 % en octobre. Les nouvelles commandes ont un peu décru après s’être redressées en octobre, reflet du mouvement en dents de scie de la production. La demande extérieure a continué à rétrécir à l’exportation, d’où un nouvel alourdissement du déficit commercial. Les consommateurs ont freiné leurs dépenses, car le taux d’inflation a fait un bond à 2,8 %.

En Grande-Bretagne, la production a accusé un léger recul en novembre après avoir entamé une remontée le mois précédent. La demande est restée plus élevée à l’importation qu’à l’exportation et le commerce a laissé un plus grand déficit. Les dépenses de consommation ont toutefois battu leur plein et les ventes au détail se sont élevées un sixième mois de suite. Le taux d’inflation a été stable à 2,1 % en décembre.

Au Japon, la production industrielle a effacé en novembre tout son gain de 1,7 % du mois précédent. Les exportations ont gardé leur vigueur, faisant monter l’excédent commercial. Le taux de chômage est tombé à 3,8 % en novembre, contribuant à une baisse du rapport emplois-demandeurs à 0,99. Les ventes au détail ont ajouté un mois à leur succession de hausses.

En Chine, le PIB réel a augmenté de 11,4 % en 2007, prenant sa cadence la plus rapide depuis 1996. En décembre, l’excédent commercial a diminué un deuxième mois de suite, parce que la fermeté de la demande intérieure et le renchérissement des produits de base ont stimulé les importations.


Note

* Basée sur les données disponibles le 8 février; toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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