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11-010-XIB
L'Observateur économique canadien
Janvier 2004

Étude spéciale

La recherche et le développement dans le secteur des services

par J. Rosa et F. Gault*

Introduction

Le secteur des services constitue l’activité dominante dans l’économie canadienne. Les services contribuent pour 68 % du PIB par industrie et 75 % des emplois. Un des faits marquants pour le secteur des services dans la dernière décennie a été la forte poussée des activités liées aux technologies de l’information et des communications (TIC). La production réelle des TIC imputable au secteur des services a augmenté de 81 % entre 1997 et 2002, passant de 24,5 à 44,6 milliards de dollars, alors que dans le même temps, la croissance des TIC dans le secteur manufacturier a été de 55 %. Parmi les activités à haut contenu technologique, plusieurs se retrouvent dans le secteur des services. Les (TIC) n’en sont qu’un exemple; nous pouvons également mentionner les services liés à la biotechnologie, à l’environnement, à la santé ou encore les services liés à la logistique.

L’ensemble de ces services demande un soutien considérable en ressources humaines spécialisées. De fait, comme nous le verrons dans de cet article, ces services sont intensifs en connaissances, c’est-à-dire qu’ils exigent souvent des études universitaires ou techniques hautement spécialisées. Cette caractéristique procure au secteur des services une capacité à mener des activités de recherche et de développement ainsi qu’à produire des innovations. Ces innovations se font par l’introduction de produits ou procédés nouveaux ou nettement améliorés.

En effet, pour maintenir ou accroître leurs parts de marché, les entreprises œuvrant tout particulièrement dans ces domaines de pointe doivent pratiquer un éventail d’activités allant de la R-D à l’amélioration de la qualité des produits, en passant par la volonté d’accroître l’inventaire des connaissances, sans quoi elles perdent inévitablement leur niveau de compétitivité. Plus généralement, l’innovation dérivée de la R-D contribue à notre croissance économique.

Traditionnellement on suppose que la R-D est davantage un attribut des manufacturières. Or, le secteur des services a un rôle de plus en plus important à jouer dans la recherche et le développement. Le présent article a pour objectif de faire l’examen descriptif de la R-D dans le secteur des services. Pour appuyer notre propos, nous tracerons un portrait général de l’activité de R-D et de son évolution au cours de la période 1997 à 2002. Nous accorderons une attention toute particulière aux ressources humaines engagées dans la R-D. Nous décrirons également la R-D dans certaines activités de pointe en expansion telles que la biotechnologie, les technologies de l’information et de la communication, les services de logistique, de santé et d’environnement. Enfin, nous aborderons la question du financement et du contrôle des activités de la R-D au Canada. 1

Le secteur des services commerciaux

En 2000, le secteur des services a généré plus des deux tiers du PIB. La part des entreprises de services publics, l’éducation ainsi que la santé et les administrations publiques représente 16 % de cette production. L’autre partie revient aux services commerciaux, qui représentent 51 % du PIB. Le tableau 1 donne la répartition des services commerciaux selon la branche d’activité.

Tableau 1: Part des services dans l'industrie, en 2000

  PIB Emploi
  Millions $ Part % Milliers de personnes Part %
         
Services de distribution 148 179 15,8 3 097,9 20,8
         
Transport et entreposage 45 198 4,8 779,8 5,2
Commerce de gros 53 493 5,7 548,2 3,7
Commerce de détail 49 488 5,3 1 769,9 11,9
         
Services de production 311 103 33,3 3 985,2 26,7
         
Communications 38 527 4,1 665,5 4,5
         
Finance, assurances et services immobiliers 180 944 19,4 867,0 5,8
Services aux entreprises 91 632 9,8 2 452,7 16,4
         
Autres services 20 818 2,3 695,8 4,7
         
Total des services commerciaux 480 100 51,4 7 778,9 52,2
Total des services non-commerciaux 453 613 48,6 7 130,8 47,8
Total 933 713 100,0 14 909,7 100,0

L’industrie financière et immobilière représente une portion relativement importante du PIB des services commerciaux, soit 19,4 % du PIB total. Par contre, sa contribution à la population active est trois fois moindre. On constate le phénomène inverse dans la branche des services aux entreprises et du commerce de détail où la population active explique respectivement 16,4 % et 11,9 % du total, alors que le pourcentage relatif dans le PIB est de 9,8 % et 5,3 %.

R-D selon le secteur d’exécution et de financement

En 2001, la dépense totale intérieure brute en recherche et développement (DIRD) a atteint 20 871 millions de dollars, ce qui représente 1,9 % du PIB, soit une progression de 26 % par rapport à la proportion de 1,5 % en 1990. Nous constatons que la part de la DIRD de tous les secteurs a diminué au cours de la période allant de 1998 à 2001, excepté dans les établissements d’enseignement supérieur (tableau 2). Ce phénomène s’est inversé par rapport à ce que nous constations au cours de la période allant de 1993 à 1996, où c’était le secteur des entreprises qui augmentait sa part d’exécution, alors que tous les autres secteurs la diminuait (Gault, 1998). L’enseignement supérieur a également augmenté significativement sa part de financement de 1998 à 2001, tandis qu’au cours de cette période les autres secteurs ont soit diminué, soit augmenté très légèrement leur part de financement. En fait, les établissements d’enseignement supérieur expliquent ces dernières années une part grandissante de la R-D dans le secteur des services.

Tableau 2: Répartition de la DIRD* selon le secteur d'exécution et de financement

  Administration publique Entreprises Établissements d'enseignement supérieur Institutions privées sans but lucratif Établissements étrangers
Pourcentage de la DIRD selon le secteur en 1998          
Exécution 12,2 59,6 27,1 1,1  
Financement 21,7 45,2 14,6 2,6 15,9
           
Pourcentage de la DIRD selon le secteur en 2000          
Exécution 11,2 56,8 31,0 1,0  
Financement 22,7 42,5 16,4 2,6 15,8
           
Pourcentage de la DIRD selon le secteur en 2001          
Exécution 10,6 55,8 32,7 0,9  
Financement 22,5 42,0 17,3 2,7 15,5
* Dépenses intérieures brutes en R-D
Source: Statistique Canada (Enquête sur la recherche et le développement dans l'industrie canadienne menée en 2001)

R-D dans les services

La recherche et le développement des entreprises de services représente en 2002 près de 29 % du total de la R-D des entreprises commerciales (DIRDE). De ce pourcentage,
17,3 % sont accaparés par l’industrie des services aux entreprises. Sur la période 1998 à 2002, la DIRDE des services aux entreprises a progressé de 35 % (tableau 3). C’est la branche qui exécute le plus de R-D, mais c’est également celle qui en finance le plus.

Sur la période 1998 à 2002, le taux de croissance annuel moyen pour la R-D dans les services commerciaux a été de 3,8 %, soit un taux légèrement inférieur au reste de l’économie. La croissance a été particulièrement soutenue dans le transport et entreposage, ainsi que dans les services aux entreprises. La forte croissance de la branche des services aux entreprises s’explique en partie par la montée fulgurante des TIC. La croissance de la branche du transport et de l’entreposage est plus difficile à interpréter : possiblement dans ces dernières années nous notons une forte croissance des activités liées aux services de la logistique qui assurent une meilleure planification et une gestion plus efficace des flux et des stocks de marchandises (voir Bess et McKeown,1997). Nous devons aussi noter que dans cette industrie un nombre restreint de grandes entreprises accapare la quasi-totalité des efforts menés en matière de R-D.

Tableau 3: R-D selon l'industrie des services, en millions de dollars

  1998 1999 2000 2001 2002  
Services commercialisables DIRDE DIRDE DIRDE DIRDE DIRDE Taux de croissance moyen %
             
Services de distribution 634 666 563 575 591 -1,4
             
Transport et entreposage 23 25 32 35 34 10,8
Commerce de gros 558 604 498 506 522 -1,1
Commerce de détail 53 37 33 34 35 -8,8
             
Communications 318 306 321 344 348 2,4
             
Finance, assurances et services immobiliers 131 108 125 132 150 4,4
Services aux entreprises 1 438 1 610 1 675 1 924 1 940 7,9
             
Conception de systèmes informatiques et services connexes 515 542 624 690 709 8,4
Architecture, génie et services connexes 363 406 398 526 499 9,2
Conseils en gestion et conseils scientifiques et techniques 35 40 39 38 39 3,0
Sciences, soins de santé et assistance sociale 525 622 614 670 693 7,4
             
Autres services 241 212 177 175 174 -7,6
             
Total des services commerciaux 2 763 2 900 2 862 3 149 3 202 3,8
             
Total des services non-commerciaux 6 913 7 328 8 587 8 824 8 042 4,3
             
Total DIRDE 9 676 10 228 11 449 11 973 11 244  
DIRDE représente les dépenses en R-D des entreprises
Source: Statistique Canada (Enquête sur la recherche et le développement dans l'industrie canadienne menée en 2001)

Les ressources humaines dédiées à la R-D

Le secteur des services commerciaux emploie 37 % du total des effectifs affectés à la R-D, dont 64 % sont des professionnels, 27 % des techniciens et les 9 % restant se répartissent sur toutes les autres catégories (tableau 4).

Tableau 4: Nombre de personnes affectées à la R-D, selon la catégorie d'occupation dans le secteur des services commerciaux, en 2000

  Année-personne %
     
Professionnels 21 720 64,3
Baccalauréat 18 083 83,2
Maîtrise 2 258 10,4
Doctorat 1 379 6,4
Techniciens 9 140 27,1
Autres 2 900 8,6
     
Total 33 760 100,0
Source: Statistique Canada (2002a)

Les proportions du personnel affecté à la R-D dans le secteur des services commerciaux sont tout à fait comparables à ce que l’on retrouve dans le secteur manufacturier. Le secteur des services commerciaux devient de plus en plus intensif en main-d’œuvre hautement qualifiée. En effet, le pourcentage relatif d’emplois affectés à la R-D dépasse le pourcentage relatif de dépenses en R-D (29 %) qui sont réalisées dans ce secteur. L’utilisation des nouvelles technologies met davantage l’accent sur la connaissance et dans le même temps nécessite de moins en moins de personnel de soutien.

En termes de croissance, le nombre de personnes affectées à la R-D dans les services commerciaux s’est accru au même rythme que dans le reste de l’économie sur la période 1997 à 2000. En règle générale, la progression des emplois affectés à la R-D a suivi la tendance de l’accroissement des dépenses affectées à la R-D, mais à un rythme moins élevé. Nous notons, néanmoins, une exception pour la finance et les services immobiliers, où la hausse des dépenses en R-D s’est accompagnée d’une forte baisse du nombre d’emplois en R-D (voir tableau 5). Il est fort possible que les dépenses en R-D dans ces industries aient été principalement allouées au capital physique plutôt qu’au capital humain.

Ce sont essentiellement les activités liées au développement de logiciels, aux TIC et à la biotechnologie qui emploient du personnel qui se consacre à plein temps à la R-D. Mais, ce sont les activités de biotechnologie, ainsi que les activités relatives à l’environnement qui emploient les proportions relatives les plus importantes de diplômés de haut niveau (maîtrises et doctorats) en recherche et développement, avec respectivement 23 % et 18 % de l’ensemble du personnel de R-D de leur branche.

Tableau 5: Nombre de personnes affectées à la R-D, selon l'industrie

  1997 1998 1999 2000  
  Année-personne Année-personne Année-personne Année-personne Taux de croissance moyen %
           
Services de distribution 5 110 5 338 5 422 4 531 -3,5
           
Transport et entreposage 242 192 254 351 16,6
Commerce de gros 4 325 4 624 4 587 3 674 -4,6
Commerce de détail 543 522 581 506 -1,8
           
Communications 4 375 4 276 4 487 5 014 4,8
           
Finance, assurances et services immobiliers 1 920 1 414 1163 1042 -18,2
Services aux entreprises 16 296 18 551 19 938 21 130 9,1
           
Conception de systèmes informatiques et services connexes 7 075 8 131 8 827 9 718 11,2
Architecture, génie et services connexes 4 232 4 461 4 607 4 455 1,8
Conseils en gestion et conseils scientifiques et techniques 779 695 780 780 0,5
Sciences, soins de santé et assistance sociale 4 210 5 264 5 724 6 177 13,9
           
Autres services 2 619 2 582 2 734 2 043 -6,9
           
Total des services commerciaux 30 320 32 161 33 688 33 760 3,7
           
Total des services non-commerciaux 52 406 53 690 54 158 58 521 3,8
           
Total DIRDE 82 726 85 851 87 846 92 281 3,7
Source: Statistique Canada (Enquête sur la recherche et le développement dans l'industrie canadienne menée en 2001)

Indicateur de performance pour la R-D

Le tableau 3 ne nous permet pas de comparer le niveau d’effort qui est fait en matière de dépenses en R-D par personne engagée. Pour faire une telle comparaison par entreprise ou au niveau agrégé par industrie, il nous faut calculer le ratio des dépenses en R-D (tableau 3) au nombre de personnes affectées à la R-D à plein temps (tableau 5). Ce ratio est un indicateur de la performance des dépenses en R-D (tableau 6).

Cependant il faut faire attention, car le dénominateur comprend à la fois le personnel professionnel, technique et peu qualifié. Ainsi, une industrie avec relativement plus de travailleurs moins qualifiés et relativement peu de capital investi en R-D devrait avoir un ratio faible. Inversement, une industrie avec relativement plus de capital investi et relativement plus de travailleurs professionnels devrait avoir un ratio élevé. Ceci peut expliquer la performance des services de distribution, où le nombre de travailleurs professionnels est relativement plus faible que le nombre de personnes peu qualifiées, et la contre-performance des conseils en gestion et scientifiques. Notons néanmoins, sur la période 1998 à 2000, une forte croissance du ratio dans le domaine financier en raison du recul du dénominateur.

Tableau 6: Ratio de dépenses en R-D par personne en R-D, 1998 à 2000

  1998 1999 2000  
  $ Taux de croissance moyen %
Services de distribution 118,8 122,8 124,2 2,2
         
Transport et entreposage 119,8 86,6 91,2 -11,2
Commerce de gros 120,7 131,7 135,5 6,0
Commerce de détail 101,5 63,7 65,2 -17,4
         
Communications 74,4 68,2 64,0 -7,2
         
Finance et services immobiliers 92,6 92,9 119,9 14,7
Services aux entreprises 77,5 80,7 79,3 1,2
         
Conception de systèmes informatiques et services connexes 63,3 61,4 64,2 0,78
Architecture, génie et services connexes 81,4 88,1 89,3 4,8
Conseils en gestion et conseils scientifiques et techniques 50,3 51,3 50,0 -0,27
Sciences, soins de santé et assistance sociale 99,7 108,7 99,4 0,24
         
Autres services 93,3 77,5 86,6 -2,6
         
Total des services commerciaux 85,9 86,1 84,8 -0,64
         
Total des services non-commerciaux 128,7 135,3 146,7 6,78
         
Total DIRDE 112,7 116,4 124,1 4,95
Source: Statistique Canada (Enquête sur la recherche et le développement dans l'industrie canadienne menée en 2001)

La R-D dans les services en forte croissance

La R-D fait partie du système national d’innovation, qui englobe la R-D, les inventions, l’innovation et la diffusion de la technologie, ainsi que les personnes spécialisées qui participent à toutes ces activités (Gault, 1998). Dans les prochaines sections, nous relevons quelques faits saillants se rapportant à la R-D dans certaines activités en croissance du secteur des services. Ces activités, telles que mentionnées ci-dessous, ne sont pas mutuellement exclusives. Certaines de ces activités ne correspondent pas à une classification officielle, mais ce sont toutes des activités qui font l’objet d’un intérêt croissant de la part de la communauté scientifique et qui ont un impact important sur l’activité du secteur des services.

Les statistiques que nous présentons sont issues de l’enquête « Recherche et développement dans l’industrie canadienne » (RDIC), menée en 2001. Cette enquête a révélé qu’il y a 7 896 entreprises qui ont déclaré exécuter des activités de R-D en 2000 et de ce chiffre, 3 856 se retrouvent dans le secteur des services.

(a) La biotechnologie

Les activités de la biotechnologie visent la transformation des procédés, produits et des services essentiellement dans la santé, l’agriculture et particulièrement l’agro-alimentaire ainsi que dans les ressources naturelles. La biotechnologie est une activité qui prend de l’importance du point de vue des montants consacrés à la R-D, augmentant sa contribution à 649 millions de dollars pour l’année 2000, comparativement à 425 millions en 1997. De la somme en biotechnologie consacrée à la R-D en 2000, 66 % provient des activités de R-D en biotechnologie dans le secteur des services. En effet, dans l’année 2000, les activités de R-D en biotechnologie représentent 5,7 % du total des DIRDE.

La biotechnologie génère des flux commerciaux intra-sectoriels importants, puisque cette activité s’appuie aussi sur des technologies faisant appel à l’informatique et aux technologies de communications. En d’autres termes, la hausse des activités liées à la biotechnologie peut avoir des répercussions non négligeables sur de nombreuses industries, particulièrement sur les autres technologies de pointe.

(b) L’environnement

L’enquête sur la RDIC recueille des données sur les dépenses de R-D affectées à la prévention, au traitement et au ré-emploi de déchets et polluants, ainsi qu’à la réduction de l’utilisation de matières énergétiques. Dans ce domaine d’activité, ce sont 329 entreprises qui ont déclaré avoir des activités de R-D, dont la moitié, soit 156, appartiennent au secteur des services. Les dépenses de R-D de cette activité ne représentent que 2,5 % de la DIRDE totale en 2000, mais seulement 12 % des dépenses de R-D environnementales proviennent du secteur des services. Cette modeste part des dépenses est probablement sous-estimée puisqu’elle ne tient pas compte des investissements en R-D qui visent surtout à améliorer la production (Statistique Canada, 1997).

La lutte contre la pollution est un objectif socio-économique dont les bénéfices à long terme devraient compenser les dépenses qu’il en coûterait si l’on n’applique pas ces mesures aujourd’hui. L’urgence de la mise en application de ces mesures explique en partie pourquoi les activités de R-D liées à l’environnement sont en plein essor. Ainsi, entre 1997 et 2000, la DIRDE dans les activités environnementales du secteur des services a augmenté de 88 %. Les préoccupations publiques en matière de décontamination de sites pollués et les récents accords de Kyoto dont le Canada a ratifié le protocole sont des indicateurs qui nous font croire que les dépenses de R-D dans ce domaine vont continuer à s’accroître.

(c) La santé

Les dépenses de R-D dans le secteur de la santé du secteur des entreprises sont estimées d’après les données sur l’industrie des produits pharmaceutiques et des médicaments; l’industrie de commerce de gros des médicaments; l’industrie des soins de santé et des services sociaux; et des entreprises sélectionnées dans les autres industries (Statistique Canada, 2002b).


Le secteur de la santé a connu une progression quasi- constante de sa part des dépenses intérieures brutes en
R-D (DIRD) depuis 1988, cette part étant passée de 13,5 % en 1988 à 20,5 % en 2001. Le total des dépenses a atteint 4,2 milliards de dollars dont plus de la moitié (60 %) est imputable à l’enseignement supérieur. La R-D dans cette industrie s’exécute principalement par les universités, les hôpitaux, les laboratoires gouvernementaux et les organismes privés sans but lucratif (Statistique Canada, 2002b).

Le vieillissement de la population canadienne a accéléré les besoins en soins de toute nature. De nouvelles techniques doivent être constamment élaborées pour améliorer la précision des diagnostiques. Les laboratoires médicaux et d’analyses de diagnostiques sont les plus intensifs en efforts de R-D. En effet, plus de 60 % des activités de R-D dans les soins de santé et d’assistance sociale sont imputables aux laboratoires médicaux et centres d’analyses de diagnostiques (Statistique Canada, 2002a).

(d) TIC

Les industries TIC ont été sans doute celles qui ont le plus contribué aux changements de la nature des activités dans le secteur des services. La répartition de l’activité des TIC est inégale entre le secteur manufacturier et le secteur des services. En effet, la part de l’activité la plus importante des TIC se situe dans les services à 69 % de la production TIC en 2001. De ce pourcentage, 64 % sont exécutés par l’industrie des télécommunications et 26 % par l’industrie des systèmes informatiques, le reste étant partagé par les éditeurs de logiciels, la câblodistribution et autres services.

Bien que ces industries soient très dynamiques, elles connaissent néanmoins quelques soubresauts conjoncturels à la baisse depuis la deuxième partie de l’année 2000. Cette baisse est entièrement imputable au secteur manufacturier des TIC. Cette baisse est essentiellement le reflet du faible niveau des ventes de matériel de radiodiffusion et de communication ainsi que de matériel téléphonique.

Les activités de recherche et développement sont aussi inégalement réparties dans les TIC. En effet, le secteur des services n’accapare que 21 % de la R-D consacrée à cette activité en 2002. De plus, cette part a diminué, puisqu’elle atteignait 24 % en 1997. Quand même, le montant des dépenses de R-D du secteur des services en TIC s’est accru de 28 % entre 1997 et 2002.

Les télécommunications dominent largement en termes de parts d’activités dans les services des TIC. Cependant, les montants dépensés en R-D dans l’industrie des télécommunications ont diminué de 28 % entre 1997 et 2002. Cette baisse est largement imputable à la diminution du nombre d’exécutants de R-D, passant de 48 à 28 entreprises (voir tableau 3).

La R-D consacrée à l’informatique est une autre composante importante des TIC. Le développement de logiciels prend une part très importante de ces activités. En effet, en 2000, ce sont 3 581 millions de dollars qui ont été exécutés en R-D visant les logiciels, 30 % de ce montant provenant des services. Ce qui est remarquable dans cette activité, c’est le grand nombre d’entreprises dans les services exécutant de la R-D, qui est passé de 252 en 1997 à 1 135 en 2000. Le développement des logiciels est très lié aux autres domaines de pointe. Ce sont les industries de la communication, de la logistique, de la biotechnologie et des transports qui sont en demande pour ce type de produit et service.

La R-D dans les services de la logistique

«  Les services logistiques visent à assurer l’efficacité des flux de produits dans le processus d’approvisionnement » (Bess et McKeown, 1997). Cette définition bien que générale, révèle le type d’activités menées par les services de logistiques, c’est-à-dire les opérations permettant la baisse des coûts de livraison et de gestion des entrepôts ou encore l’amélioration de la qualité et les délais de livraison de ces services.

La R-D dans cette branche d’activité a connu une croissance de 70 % entre 1997 et 2000. La croissance rapide des TIC, la déréglementation des années 90 en matière de transports et l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique ont permis aux activités de logistique d’améliorer leurs services.

Les dépenses de R-D pour les services de logistiques atteignent en 2002 plus de 52 millions de dollars, soit plus que le montant de R-D consacré à l’environnement en 2000 avec 33 millions de dollars, et un peu moins que les 57 millions de dollars pour la R-D en télécommunication en 2002 (voir les différents tableaux en annexe). Quant au nombre d’exécutants de travaux de R-D en logistique, il est resté relativement stable depuis 1998, oscillant entre 92 et 88 entreprises.

Qui finance la R-D?

C’est près de 31 % du total des dépenses en R-D, soit 3 492 millions de dollars, qui sont financées par des sources étrangères, alors que la contribution de l’administration fédérale représente près de 2 % et les autres sources canadiennes, 4 % (Statistique Canada, 2002b). Cependant, le financement de la R-D d’origine étrangère demeure relativement faible dans le secteur des services. Sur le total du montant de R-D financé par des sources étrangères, seulement 10 %, soit 364 millions de dollars, sont alloués au secteur des services, comparativement à 89 % du financement étranger de R-D qui va au secteur manufacturier (Statistique Canada 2002c).

Conclusion

Cet article a montré que la dépense à titre de recherche et développement dans le secteur des services commerciaux représente presque un tiers du total des montants dépensés en recherche et développement. Nous avons également fait le constat que le secteur des services (notamment les services aux entreprises) est intensif en main-d’œuvre hautement qualifiée dans le domaine de la recherche et du développement. Enfin, nous avons mis de l’avant l’importance des dépenses consacrées à la R-D dans certaines branches en pleine expansion du secteur des services. Parmi ces branches, les technologies de l’information et de communication, ainsi que la biotechnologie sont apparus comme des joueurs importants en matière de R-D, mais d’autres activités moins traditionnelles dans le secteur des services sont depuis 1997 en pleine croissance; c’est notamment le cas des activités liées à l’environnement et à la logistique. La structure et le dynamisme de la R-D dans le secteur des services sont en pleine mutation.

Bien que le rôle des entreprises œuvrant dans le secteur des services domine l’économie au Canada, nous ne sommes pas encore en mesure de comprendre toutes les implications qu’ont les nouvelles branches d’activités sur la structure économique ainsi que sur les changements organisationnels qu’elles entraînent. La R-D est un des indicateurs qui nous permet de mieux saisir ces changements. La croissance de cet indicateur nous donne une bonne information concernant la possible évolution dans les nouvelles technologies du secteur des services. Mais, nous devrons encore faire d’importants efforts pour comprendre comment se font les transferts de connaissances dans les services. En ce sens, notre approche qui donne des statistiques sur des activités économiques ne faisant pas l’objet d’une classification industrielle officielle, démontre que la compréhension des technologies et de l’innovation ne dépend pas directement d’une telle classification, mais plutôt d’un besoin d’information sur une économie en pleine évolution. À cet effet, nous devons simplement nous rappeler que la R-D et l’innovation sont des activités et non des industries et qu’elles ne peuvent être adéquatement captées par l’actuelle classification industrielle.

Études spéciales récemment parues

Références

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Note
1. Mentionnons que la R-D aux États-Unis dans ce secteur a été abordée par Jankowski (2001) dans un article qui fait une comparaison internationale en se basant sur les données de l’OCDÉ.

* Adapté de Indicateurs des services, no 63-016 au catalogue.



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Date de modification : 2008-11-21 Avis importants
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