Étude : Le temps d'écran a-t-il une incidence sur les jeunes? Étude longitudinale sur le temps passé devant un écran et le bien-être, 2019 et 2023
Diffusion : 2026-03-19
Aujourd'hui, Statistique Canada fournit de nouveaux renseignements sur l'utilisation du temps d'écran chez les jeunes grâce à l'examen des tendances relatives au temps d'écran d'une cohorte de jeunes, et ce, à deux moments : en 2019, lorsqu'ils avaient de 12 à 17 ans, et de nouveau en 2023, lorsque les mêmes jeunes avaient de 16 à 21 ans.
L'étude intitulée « Le temps d'écran a-t-il une incidence sur les jeunes? Étude longitudinale sur le temps passé devant un écran et le bien-être » examine le lien entre le temps d'écran et les comportements sains, et cherche à déterminer si le temps d'écran est associé à certains résultats en matière de bien-être pour cette cohorte de jeunes. En raison de la nature de l'Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes, cette étude mesure les associations plutôt que les relations de cause à effet.
Les résultats indiquent que près de 6 jeunes sur 10 (58 %) qui ont respecté les directives relatives au temps d'écran à la fois en 2019 et en 2023 ont déclaré que leur santé mentale était excellente ou très bonne, comparativement à 38 % des jeunes qui ont dépassé les recommandations au cours des deux années.
Relativement peu de jeunes canadiens respectent les directives concernant le temps d'écran
Plus de 1 jeune canadien sur 3 (37 %) faisant partie de la cohorte à l'étude a déclaré avoir dépassé les recommandations relatives au temps d'écran (de deux à trois heures par jour, selon l'âge), lorsqu'on leur a posé la question en 2019 et en 2023. Parallèlement, plus de 1 jeune sur 10 (14 %) a respecté les directives relatives au temps d'écran les deux années, et près de la moitié (49 %) des jeunes les a suivies l'une des deux années.
Les hommes et les garçons+ (40 %) étaient plus susceptibles de dépasser les recommandations relatives au temps d'écran pendant les deux années que les femmes et les filles+ (34 %). En revanche, une proportion identique de personnes des deux genres (14 % dans les deux cas) a respecté les recommandations les deux années. Chez les jeunes ayant respecté les recommandations au cours d'une seule des deux années, les résultats en matière de bien-être étaient mitigés, se situant souvent entre ceux enregistrés chez les jeunes ayant suivi les directives et ceux observés chez les jeunes ne les ayant pas suivies. Par souci de simplicité, ces résultats ne sont pas présentés dans le présent communiqué.
Les jeunes qui dépassent les recommandations concernant le temps d'écran sont plus susceptibles d'avoir de moins bons résultats en matière de bien-être
L'un des objectifs principaux des recommandations relatives au temps d'écran est de limiter les comportements sédentaires. En effet, les jeunes qui ont respecté les recommandations relatives au temps d'écran à la fois en 2019 et en 2023 étaient presque deux fois plus susceptibles de respecter les directives relatives à l'activité physique en 2023 que ceux qui ont dépassé les recommandations relatives au temps d'écran les deux années (20 % pour ceux qui ont respecté les recommandations par rapport à 12 % pour ceux qui les ont dépassés).
D'autres différences en ce qui a trait à divers résultats en matière de bien-être provenant du Cadre de qualité de vie pour le Canada ont été observées entre les jeunes qui ont respecté les directives concernant le temps d'écran les deux années et ceux qui les ont dépassées.
Les jeunes qui ont respecté les directives concernant le temps d'écran en 2019 et en 2023 étaient plus susceptibles que ceux ayant dépassé les recommandations de déclarer que la plupart de leurs journées n'étaient pas du tout stressantes (37 % pour ceux qui ont respecté les recommandations par rapport à 25 % pour ceux qui les ont dépassées), plus susceptibles de mentionner que leur santé mentale était excellente ou très bonne (58 % par rapport à 38 %) et plus susceptibles de déclarer être en excellente ou en très bonne santé (76 % par rapport à 63 %) en 2023.
Les jeunes qui ont respecté les recommandations relatives au temps d'écran les deux années étaient aussi plus susceptibles que ceux qui les ont dépassées au cours des deux années de déclarer être au moins plutôt heureux et intéressés par la vie (95 % pour ceux qui ont respecté les recommandations par rapport à 84 % pour ceux qui les ont dépassés) et de faire état d'une grande satisfaction à l'égard de la vie (89 % par rapport à 78 %) en 2023.
De plus, les jeunes qui ont suivi les recommandations en 2019 et en 2023 étaient moins susceptibles de signaler des problèmes d'image de soi; en 2023, 3 jeunes sur 4 (75 %) ayant suivi les recommandations les deux années ont déclaré n'avoir jamais été préoccupés par le désir d'être plus minces ou ne l'avoir été que quelques fois au cours des 12 précédents mois. À titre de comparaison, la proportion correspondante s'élevait à 69 % chez ceux qui ont dépassé les recommandations relatives au temps d'écran au cours des deux années.
Les moyennes scolaires étaient également plus élevées chez les jeunes qui ont respecté les recommandations relatives au temps d'écran en 2019 et en 2023. Les jeunes qui ont suivi les recommandations au cours des deux années étaient plus susceptibles d'obtenir une moyenne générale de 70 % ou plus (94 %) que ceux qui avaient dépassé les recommandations (88 %).
L'incidence de l'activité physique sur l'association entre le temps d'écran et les résultats en matière de bien-être
Une explication possible des différences en matière de bien-être pourrait être liée aux écarts observés en ce qui a trait à l'activité physique globale plutôt qu'au temps d'écran. Il est possible que l'augmentation de l'activité physique puisse diminuer l'association observée entre le temps d'écran et les résultats en matière de bien-être.
Le respect à la fois des directives relatives au temps d'écran et à l'activité physique a été associé à un meilleur bien-être que le non-respect des directives. Par exemple, les jeunes qui ont respecté les deux ensembles de directives étaient plus susceptibles de percevoir la plupart de leurs journées comme étant non stressantes (46 %) que les jeunes qui n'ont respecté aucun des deux ensembles de directives (23 %).
Les jeunes qui ont respecté les directives relatives à l'activité physique en 2019, mais pas celles relatives au temps d'écran en 2019 et 2023 — comparativement à ceux qui n'ont suivi aucun des deux ensembles de recommandations — ont déclaré un meilleur bien-être se manifestant par de faibles niveaux de stress (37 % pour ceux qui ont seulement respecté les directives relatives à l'activité physique en 2019 par rapport à 23 % pour ceux qui n'ont pas suivi les deux ensembles de recommandations), par une bonne santé physique (76 % par rapport à 60 %) et par une bonne santé mentale (55 % par rapport à 36 %). Cependant, en ce qui a trait aux autres résultats de bien-être évalués dans le cadre de l'étude, aucune différence significative en matière de bien-être n'a été observée entre les jeunes qui ont respecté les directives relatives à l'activité physique, mais pas celles relatives au temps d'écran et les jeunes qui n'ont suivi aucun des deux ensembles de recommandations.
Note aux lecteurs
Les directives de la Société canadienne de pédiatrie sur le temps d'écran sont fondées sur l'âge : pas plus de 2 heures de temps de loisir passé devant un écran par jour pour les personnes âgées de 5 à 17 ans et pas plus de 3 heures pour les personnes de 18 ans et plus.
Cette étude repose sur les données des composantes longitudinales de l'Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes (ECSEJ) de 2019 et 2023, qui a été menée du 11 février 2019 au 2 août 2019, puis de mars 2023 à juin 2023. L'ECSEJ de 2023 est une enquête transversale et longitudinale qui permet de recueillir des renseignements sur une variété de facteurs qui influencent la santé physique et mentale des enfants et des jeunes au Canada. Elle couvre un large éventail de sujets, y compris l'activité physique, l'utilisation d'appareils électroniques, le temps passé à l'école, les activités parascolaires, la santé mentale, les expériences vécues pendant l'enfance, la toxicomanie et les répercussions de la pandémie de COVID-19. L'enquête ciblait la population âgée de 1 à 17 ans, en date du 31 janvier 2019, vivant dans les 10 provinces canadiennes. Les personnes exclues de la couverture de l'enquête comprenaient les enfants et les jeunes habitant dans des réserves des Premières Nations et dans d'autres établissements autochtones des provinces, les enfants et les jeunes demeurant dans des foyers d'accueil, la population institutionnalisée ainsi que les résidents du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.
De plus amples renseignements sur l'ECSEJ sont accessibles sur le site Web de Statistique Canada à la page Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes (ECSEJ).
Analyse statistique
Cette étude porte sur les jeunes âgés de 12 à 17 ans au 31 janvier 2019 qui ont répondu à la question EDV_Q050 de l'ECSEJ de 2019 : « Au cours des 7 derniers jours, combien de temps au total est-ce que tu as passé à utiliser n'importe quel appareil électronique tel qu'un appareil mobile, un ordinateur, une tablette, une console de jeu vidéo ou un téléviseur alors que tu étais assis ou étendu? »; et à la question EDV_Q050 de l'ECSEJ de 2023 : « Pendant une journée typique, combien de temps au total est-ce que tu passes à utiliser n'importe quel appareil électronique tel qu'un appareil mobile, un ordinateur, une tablette, une console de jeu vidéo ou un téléviseur alors que tu es assis ou étendu? ». Les moyennes quotidiennes ont été obtenues en divisant par sept les moyennes hebdomadaires calculées pour 2019. Cette étude a également évalué les résultats des jeunes qui respectaient les directives relatives à l'activité physique et au sommeil.
Des estimations représentatives de la moyenne de la population, ainsi que les limites supérieure et inférieure de la moyenne à un niveau de confiance de 95 %, ont été produites à l'aide des poids bootstrap pour les jeunes de l'ECSEJ et de la méthode d'estimation de la variance des répliques répétées équilibrées. De plus, la méthode de Bonferroni a été utilisée pour ajuster les comparaisons multiples.
Limites
L'utilisation d'appareils électroniques en période d'inactivité a été mesurée différemment dans le cadre de l'ECSEJ de 2019 et de celle de 2023. En 2019, l'ECSEJ a mesuré l'utilisation d'appareils électroniques en période d'inactivité en fonction du temps total sur les sept derniers jours, tandis qu'en 2023, l'enquête l'a mesurée en heures totales sur une journée typique. Le temps sédentaire moyen passé devant un écran n'a donc pas pu être calculé pour 2019.
L'étude n'a pas permis de tenir compte du type de contenu consommé pendant le temps passé devant un écran ni de la proportion de temps d'écran consacrée à diverses activités en ligne.
Il convient de noter que les questions utilisées dans l'analyse provenaient de données autodéclarées. Les réponses pourraient donc comporter des erreurs de remémoration (p. ex. le nombre d'heures passées à utiliser un écran en période d'inactivité).
Les collectivités des Premières Nations et de l'Inuit Nunangat n'ont pas été incluses dans l'échantillon, car elles étaient hors du champ de l'enquête. La connectivité de ces régions est souvent faible et elles peuvent présenter des différences au chapitre du temps d'écran chez les jeunes par rapport à d'autres régions.
Produits
L'étude intitulée « Le temps d'écran a-t-il une incidence sur les jeunes? Étude longitudinale sur le temps passé devant un écran et le bien-être » est maintenant accessible dans la publication Regards sur la société canadienne (75-006-X).
L'infographie intitulée « Temps d'écran et bien-être chez les enfants », qui fait partie de la série Statistique Canada – Infographies (11-627-M), est maintenant accessible.
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