Enquête canadienne sur les conditions de travail, 2024-2025
Diffusion : 2026-01-16
Les conditions et le milieu de travail peuvent avoir une incidence notable sur le bien-être de la population canadienne. Les travailleurs peuvent être exposés à des risques physiques et psychologiques ou être confrontés à des pressions qui peuvent avoir une incidence sur leur capacité à atteindre un bon équilibre entre leur travail et leur vie personnelle. En 2024-2025, plus de la moitié des travailleurs (54,3 %) ont été fréquemment exposés à des facteurs de risque ergonomiques, comme des mouvements répétitifs des mains ou des bras, et 17,0 % ont déclaré effectuer du travail non payé pendant leur temps libre plusieurs fois par mois, c'est-à-dire à des moments où ils ne s'attendaient pas à travailler.
Aujourd'hui, Statistique Canada publie les premiers résultats de l'Enquête canadienne sur les conditions de travail, une nouvelle enquête visant à mieux comprendre les conditions de travail des Canadiens. Cette enquête complète d'autres sources, comme l'Enquête sur la population active (EPA) et les suppléments de l'EPA, afin de brosser un tableau plus complet de la qualité de l'emploi au Canada.
Le risque d'exposition à des risques physiques varie de façon marquée selon la profession
Les milieux de travail peuvent exposer les travailleurs à différents types de risques pour leur santé physique. Ceux-ci incluent les facteurs de risque ambiants (comme les températures élevées et basses et les bruits forts), les risques biologiques et chimiques (comme respirer de la fumée et l'exposition à des produits chimiques) et les risques ergonomiques (comme les mouvements répétitifs des mains ou des bras et les déplacements de lourdes charges).
En 2024-2025, les risques ergonomiques étaient les risques physiques les plus courants, et plus de la moitié des travailleurs (54,3 %) ont indiqué que leur emploi comportait fréquemment de tels risques (la moitié du temps ou plus au cours des 12 mois précédents). Les professions présentant les taux les plus élevés d'exposition fréquente aux risques ergonomiques étaient celles des ressources naturelles, de l'agriculture et la production connexe (74,9 %), des métiers, du transport, de la machinerie et des domaines apparentés (74,5 %) et de la fabrication et des services d'utilité publique (73,2 %).
Les risques physiques ambiants se classaient au deuxième rang des types de risques physiques les plus courants, 28,1 % des travailleurs ayant déclaré être fréquemment exposés à de tels risques. La proportion était nettement supérieure à la moyenne nationale pour les professions de la fabrication et des services d'utilité publique (65,0 %), des ressources naturelles, de l'agriculture et de la production connexe (64,9 %) et des métiers, du transport, de la machinerie et des domaines apparentés (64,7 %).
Dans l'ensemble, près de 1 travailleur sur 5 (17,8 %) était fréquemment exposé à des risques biologiques et chimiques. Toutefois, cette proportion atteignait 46,6 % pour les professions du secteur de la santé. En revanche, proportionnellement moins de travailleurs des catégories professionnelles des affaires, de la finance et de l'administration (4,4 %), des arts, de la culture, des sports et des loisirs (4,5 %) et des sciences naturelles et appliquées (5,5 %) étaient régulièrement exposés à de tels risques.
Les risques d'exposition aux facteurs de risque physiques sont plus faibles chez les travailleurs titulaires d'un baccalauréat ou d'un grade supérieur
La probabilité d'être exposé à des risques physiques variait également selon le niveau de scolarité des travailleurs. En 2024-2025, le fait d'avoir un baccalauréat ou un grade supérieur était associé à la plus faible probabilité d'exposition fréquente aux risques ergonomiques (41,9 % comparativement à la moyenne de 54,3 %), ambiants (15,1 % comparativement à la moyenne de 28,1 %) et biologiques et chimiques (10,4 % comparativement à la moyenne de 17,8 %). Les travailleurs ayant un diplôme d'études secondaires ou moins étaient les plus susceptibles d'avoir été fréquemment exposés aux facteurs de risque ergonomiques (64,0 %) et ambiants (40,8 %). En ce qui concerne les risques biologiques et chimiques, le taux d'exposition fréquente était similaire chez les travailleurs ayant fait des études postsecondaires inférieures à un baccalauréat (23,1 %) et chez ceux ayant un diplôme d'études secondaires ou moins (21,7 %).
Une plus grande proportion d'hommes que de femmes étaient fréquemment exposés à des risques ambiants (35,9 % comparativement à 19,5 %) et biologiques et chimiques (20,2 % comparativement à 15,2 %). Toutefois, les hommes (54,7 %) et les femmes (53,7 %) étaient à peu près aussi susceptibles de déclarer être fréquemment exposés à des risques ergonomiques.
Plus du tiers des travailleurs de la santé sont régulièrement exposés à des clients ou à des patients en colère ou insatisfaits
Les exigences émotionnelles au travail peuvent représenter un facteur de risque distinct qui peut avoir une incidence sur le bien-être psychologique des travailleurs. En 2024-2025, 16,1 % des travailleurs ont dû fréquemment gérer des clients, des patients ou des étudiants en colère ou insatisfaits (au moins la moitié du temps au cours des 12 mois précédents). Toutefois, cette proportion était de 35,2 % chez les travailleurs des professions du secteur de la santé, ce qui représente plus du double du chiffre global pour l'ensemble des professions.
Dans l'ensemble, une plus grande proportion de femmes (20,1 %) occupaient un emploi où elles devaient souvent gérer des clients en colère ou insatisfaits comparativement aux hommes (12,5 %). De plus, les jeunes de 15 à 24 ans (22,1 %) étaient plus susceptibles d'être fréquemment exposés à des clients en colère ou insatisfaits que les travailleurs du principal groupe d'âge actif (25 à 54 ans) (17,0 %) ou les travailleurs de 55 à 69 ans (8,9 %).
Plus de 2 hommes sur 5 ont des journées de travail de plus de 10 heures au moins une fois par mois
Lorsqu'un emploi implique de longues heures de travail ou des heures inhabituelles, le travail peut également avoir une incidence sur la capacité des travailleurs à atteindre un bon équilibre entre leur travail et leur vie personnelle.
En 2024-2025, les deux tiers des travailleurs des professions des ressources naturelles, de l'agriculture et de la production connexe (66,4 %) travaillaient habituellement plus de 10 heures par jour au moins une fois par mois. De plus, le tiers (33,5 %) des travailleurs de cette catégorie professionnelle ont indiqué avoir bénéficié de moins de 11 heures de repos entre deux jours de travail au moins une fois le mois précédent, ce qui représente la plus forte proportion parmi toutes les professions.
Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de travailler la nuit (22,3 % par rapport à 14,5 %) au moins une fois par mois ou d'avoir des jours de travail qui dépassaient 10 heures (43,3 % par rapport à 25,1 %) au moins une fois par mois.
Les personnes occupant des postes de gestion ou des emplois professionnels étaient plus susceptibles d'avoir des délais serrés et de travailler dans leur temps libre
Les personnes occupant des postes de gestion (toutes exigences de scolarité) et des professions exigeant un niveau de scolarité plus élevé sont plus susceptibles d'éprouver des contraintes de temps qui pourraient avoir une incidence sur leur équilibre travail-vie personnelle.
En 2024-2025, la moitié (50,2 %) des personnes occupant des postes de gestion ont déclaré travailler fréquemment dans des délais serrés (la moitié du temps ou plus au cours des 12 mois précédents), une proportion près de 20 points de pourcentage plus élevée que celle observée parmi les travailleurs occupant des emplois qui nécessitent habituellement un diplôme d'études secondaires ou moins (31,6 %).
De plus, 34,6 % des gestionnaires et 29,5 % des travailleurs occupant des emplois qui nécessitent habituellement un baccalauréat ou un grade supérieur ont déclaré effectuer du travail non payé pendant leur temps libre au moins plusieurs fois par mois pour répondre aux exigences de leur travail. Cette proportion était plus faible chez les travailleurs occupant des emplois qui exigent habituellement un diplôme d'études collégiales ou une formation en apprentissage (12,8 %) ou un diplôme d'études secondaires ou moins (6,0 %).
Les employés des services professionnels, scientifiques et techniques ont la plus grande flexibilité pour déterminer leurs horaires de travail
L'accès à un horaire flexible peut aider à atténuer les répercussions négatives des pressions liées au temps sur l'équilibre travail-vie personnelle.
En 2024-2025, la majorité des employés au Canada (58,9 %) travaillaient selon un horaire établi par leur employeur et 8,9 % pouvaient choisir entre différents horaires fixes. Plus du quart (26,2 %) étaient en mesure d'adapter leurs heures de travail à l'intérieur de certaines limites, tandis que 6,3 % pouvaient déterminer leurs heures de travail entièrement par eux-mêmes.
Les employés du secteur des services professionnels, scientifiques et techniques étaient les plus susceptibles (58,3 %) de déclarer être en mesure d'adapter leur horaire ou de déterminer leurs propres heures de travail. En revanche, les employés du secteur des services aux entreprises, des services relatifs aux bâtiments et des autres services de soutien étaient les moins susceptibles (24,2 %) de déclarer être en mesure de le faire.
Bien que les parents de jeunes enfants puissent souvent bénéficier grandement d'horaires souples, les parents du principal groupe d'âge actif vivant avec un enfant de moins de 6 ans (33,7 %) étaient à peu près aussi susceptibles d'occuper un emploi qui leur permettait d'adapter ou de déterminer leurs propres heures de travail que les employés du principal groupe d'âge actif ne vivant pas avec des enfants (32,7 %).
La plupart des employés reçoivent fréquemment du soutien de leurs collègues et de leur gestionnaire
Des collègues solidaires peuvent aider les employés à faire face à diverses situations au travail. Même si la majorité des employés estimaient que leurs collègues (79,5 %) et leur gestionnaire (73,6 %) leur apportaient habituellement du soutien, cette proportion variait selon le secteur d'activité.
En 2024-2025, les employés dans les secteurs de la construction (83,9 %) et de l'agriculture (83,8 %) étaient les plus susceptibles d'indiquer que leurs collègues les aidaient et les soutenaient la plupart du temps ou toujours. Parallèlement, les employés des secteurs de la finance, des assurances, des services immobiliers et des services de location et de location à bail (80,8 %) et des ressources naturelles (79,9 %) étaient les plus susceptibles de déclarer recevoir un soutien fréquent de leur gestionnaire.
À titre de comparaison, la proportion d'employés dont le gestionnaire les soutenait la plupart du temps ou toujours était la plus faible dans les soins de santé et l'assistance sociale (66,2 %). Les employés du transport et de l'entreposage affichaient également un taux inférieur à la moyenne de soutien fréquent de leur gestionnaire (67,9 %) et étaient les moins susceptibles de recevoir du soutien fréquent de la part de leurs collègues (71,4 %).
En 2024-2025, la proportion d'employés déclarant que leurs collègues leur fournissaient un soutien fréquent était plus faible dans plusieurs groupes racisés, y compris les employés noirs (69,4 %), asiatiques du Sud-Est (70,7 %) et arabes (72,3 %), comparativement aux employés non racisés et non autochtones (81,6 %).
Les employés noirs (66,2 %) étaient également moins susceptibles de déclarer avoir fréquemment reçu du soutien de leur gestionnaire que les employés non racisés et non autochtones (74,0 %).
La grande majorité des travailleurs des secteurs de l'agriculture et de la construction ont le sentiment d'effectuer un travail utile
Bien que de nombreux travailleurs soient confrontés à des environnements de travail difficiles, en 2024-2025, plus de 4 travailleurs sur 5 (81,9 %) au Canada avaient le sentiment d'effectuer un travail utile la plupart du temps ou toujours.
Les travailleurs dans l'agriculture (92,3 %) et la construction (88,5 %) étaient les plus susceptibles d'indiquer avoir eu le sentiment d'effectuer un travail utile la majeure partie du temps. Cette proportion était également supérieure à la moyenne nationale dans les soins de santé et l'assistance sociale (87,2 %).
Regard vers l'avenir
L'Enquête canadienne sur les conditions de travail vise à mesurer les dimensions fondamentales de la qualité de l'emploi, y compris le temps de travail et l'équilibre entre le travail et la vie personnelle, le perfectionnement des compétences et la formation, ainsi que les risques physiques et psychologiques, afin de mieux comprendre de quelle manière les différentes caractéristiques de l'emploi sont réparties au sein de la population occupée. Au cours des prochains mois, Statistique Canada publiera d'autres rapports qui exploreront plus en détail des dimensions particulières de la qualité de l'emploi.
Note aux lecteurs
L'Enquête canadienne sur les conditions de travail (ECCT) a été menée de septembre 2024 à juillet 2025 au cours de quatre périodes de collecte :
Vague 1 : Du 23 septembre 2024 au 18 octobre 2024.
Vague 2 : Du 16 décembre 2024 au 17 janvier 2025.
Vague 3 : Du 17 mars 2025 au 17 avril 2025.
Vague 4 : Du 23 juin 2025 au 18 juillet 2025.
Les données de l'ECCT reflètent la moyenne des périodes de référence associées aux quatre périodes de collecte et sont représentatives de la population occupée âgée de 15 à 69 ans vivant dans les provinces. Les personnes vivant dans des réserves et d'autres établissements autochtones, les membres à temps plein des Forces canadiennes et les travailleurs familiaux non rémunérés sont exclus.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur la méthodologie de l'enquête, consultez : Enquêtes et programmes statistiques - Enquête canadienne sur les conditions de travail (ECCT).
Diverses périodes de référence sont utilisées dans le questionnaire. La plupart des questions portent sur l'expérience du répondant au cours des 12 mois précédant l'enquête ou sur ses modalités de travail habituelles.
L'exposition aux différents facteurs de risque physiques au travail est fondée sur des concepts élaborés par la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) :
Les facteurs de risque physiques ambiants sont définis comme une exposition à l'un des éléments suivants : 1) des vibrations causées par des outils à main ou des machines; 2) du bruit si fort que vous devez élever la voix pour parler aux gens; 3) des températures élevées qui vous font transpirer même lorsque vous ne travaillez pas; 4) des températures basses, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur.
Les facteurs de risque biologiques et chimiques sont définis comme une exposition à l'un des éléments suivants : 1) respirer de la fumée, des vapeurs ou de la poussière; 2) respirer des vapeurs, comme des vapeurs de solvants et de diluants; 3) manipuler des produits chimiques ou des substances dangereuses ou avoir la peau en contact avec de tels produits ou substances; 4) manipuler des matières pouvant être infectieuses ou être en contact direct avec de telles matières; 5) la fumée de tabac ou de cannabis ou des aérosols de vapoteuse provenant d'autres personnes.
Les facteurs de risque ergonomiques sont définis comme une exposition à l'un des éléments suivants : 1) des vibrations causées par des outils à main ou des machines; 2) soulever ou déplacer des personnes; 3) transporter, soulever ou pousser manuellement des charges lourdes; 4) faire des mouvements répétitifs avec les mains ou les bras pendant de longues périodes; 5) travailler dans des positions inconfortables, fatigantes ou douloureuses.
Les parents sont définis comme des personnes qui vivent avec leur propre enfant.
Le travail de nuit désigne le fait de travailler au moins 2 heures entre 22 h et 5 h.
Les estimations de l'ECCT sont fondées sur un échantillon et sont donc sujettes à la variabilité d'échantillonnage. La diffusion porte sur les résultats significatifs à un niveau de confiance de 95 %.
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