Système de comptabilité économique et environnementale du Canada : utilisation d'énergie et émissions de gaz à effet de serre, 2023
Diffusion : 2025-12-11
En 2023, l'utilisation totale d'énergie au Canada a diminué de 58 945 térajoules (-0,5 %) comparativement à un an plus tôt, et les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont diminué de 7 002 kilotonnes (kt), ce qui représente une baisse de 0,9 %. Parallèlement, la croissance de l'économie canadienne s'est poursuivie en 2023, le produit intérieur brut (PIB) réel par industrie s'étant accru de 2,0 % par rapport à 2022.
Il y a plus d'une façon de mesurer les émissions de gaz à effet de serre
Les estimations des émissions de GES qui figurent dans le présent communiqué sont fondées sur les lignes directrices du Système de comptabilité économique et environnementale des Nations Unies. La méthodologie utilisée dans ces lignes directrices diffère de celle utilisée par Environnement et Changement climatique Canada, qui est responsable de la production du Rapport d'inventaire national : sources et puits de gaz à effet de serre au Canada. Par conséquent, ces ensembles de données ne doivent pas faire l'objet d'une comparaison directe. Pour obtenir plus de renseignements sur les différences méthodologiques, veuillez consulter la note aux lecteurs.
Les émissions de gaz à effet de serre du Canada diminuent, tandis que le produit intérieur brut continue de croître
En 2023, l'utilisation industrielle d'énergie à l'échelle nationale (+0,05 %) a peu varié, tandis que les émissions industrielles de GES (-0,7 %) ont diminué, témoignant d'un changement notable après deux années successives de hausses pour ces deux mesures. En revanche, l'économie canadienne, mesurée selon le PIB réel, s'est accrue de 2,0 % en 2023 (graphique 1). C'est la première fois depuis 2019 que les émissions de GES diminuent alors que le PIB augmente.
L'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz demeure le principal utilisateur industriel d'énergie et émetteur de gaz à effet de serre au Canada
En 2023, l'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz est demeurée le principal utilisateur industriel d'énergie au Canada, représentant un peu moins du quart (23,7 %) de l'utilisation industrielle totale d'énergie au pays.
L'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz a également émis le plus de GES de 2009 à 2023, et elle a représenté 29,4 % des émissions industrielles totales de GES au Canada en 2023. L'Alberta a été à l'origine de 79,7 % des émissions de GES provenant de cette industrie en 2023.
Avant 2014, les émissions de GES provenant de l'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz augmentaient parallèlement au PIB. Toutefois, de 2014 à 2023, la contribution économique de cette industrie a augmenté de 28,4 %, tandis que ses émissions ont diminué de 9,6 % (graphique 2).
L'industrie de la production, du transport et de la distribution d'électricité continue de réduire ses émissions de gaz à effet de serre
Les émissions de GES provenant de l'industrie de la production, du transport et de la distribution d'électricité (-0,8 %) ont continué de diminuer en 2023, principalement en raison d'une baisse de 24,0 % (-1 038 kt) au Nouveau-Brunswick et d'une baisse de 16,1 % (-908 kt) en Nouvelle-Écosse.
Au cours de la période allant de 2009 à 2023, l'industrie de la production, du transport et de la distribution d'électricité a fortement réduit ses émissions de GES à l'échelle nationale, et les réductions les plus importantes ont été enregistrées en Alberta (-25 233 kt; -50,6 %), en Ontario (-7 899 kt; -47,9 %) et en Nouvelle-Écosse (-5 242 kt; -52,6 %). Ces réductions sont attribuables en grande partie à l'abandon de l'utilisation du charbon par cette industrie pour la production d'électricité, au profit de sources d'énergie générant moins de GES. Les émissions de GES de cette industrie ont ainsi diminué de 43,4 % à l'échelle nationale de 2009 à 2023, tandis que son PIB a augmenté de 17,4 % (graphique 3).
L'utilisation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre de l'industrie du transport aérien continuent de prendre de l'altitude en 2023
Dans la foulée des perturbations sans précédent du transport aérien observées à l'échelle mondiale au cours de la première année de la pandémie de COVID-19, l'utilisation d'énergie dans l'industrie du transport aérien a diminué de 58,9 % d'une année à l'autre en 2020, tout comme les émissions de GES (-58,9 %).
Ces restrictions ont été considérablement assouplies en 2022, ce qui a entraîné une augmentation de près du double de l'utilisation de l'énergie (+98,0 %) et des émissions de GES (+97,7 %) dans cette industrie de 2021 à 2022. Cette croissance s'est poursuivie en 2023, mais à un rythme plus lent, et ce, aussi bien pour l'utilisation d'énergie (+13,2 %) que pour les émissions de GES (+13,3 %).
Les ménages consomment plus du cinquième de l'énergie totale utilisée au Canada
En 2023, les ménages ont été à l'origine de plus du cinquième (21,5 %) de l'énergie totale utilisée au Canada et de moins du sixième (15,4 %) des émissions totales de GES au pays. Il s'agit de proportions pratiquement inchangées par rapport à l'année précédente.
Les émissions de GES des ménages par habitant ont diminué de 5,0 % pour s'établir à 2,8 tonnes par habitant en 2023, après avoir augmenté de 2,2 % en 2022. Comme lors des années précédentes, les émissions par habitant ont varié considérablement selon la province et le territoire en 2023. La Saskatchewan (4,1 tonnes) et l'Île-du-Prince-Édouard (4,0 tonnes) ont enregistré les émissions par habitant les plus élevées, tandis que le Nunavut (0,7 tonne) a enregistré les émissions par habitant les plus faibles (carte 1). Les émissions par habitant ont diminué dans toutes les provinces et tous les territoires par rapport à 2022, à l'exception du Nunavut, où elles sont restées stables (graphique 4).
Principaux émetteurs de gaz à effet de serre selon la province et le territoire
En 2023, l'utilisation de carburants et de lubrifiants par les ménages était la principale source des émissions totales de GES dans quatre provinces : l'Île-du-Prince-Édouard (29,5 %), Terre-Neuve-et-Labrador (19,8 %), le Québec (18,3 %) et l'Ontario (15,8 %).
En Nouvelle-Écosse, l'industrie de la production, du transport et de la distribution d'électricité était la principale source (36,4 %) d'émissions de GES.
Au Manitoba, c'est l'industrie des cultures agricoles et de l'élevage (sauf le cannabis) qui était à l'origine de la plus grande part (36,1 %) des émissions totales de GES.
En Colombie-Britannique, ce sont les usines de pâte à papier, de papier et de carton qui étaient les principales sources (17,2 %) d'émissions de GES. Elles étaient également à l'origine de la plus grande part (23,0 %) des émissions de GES au Nouveau-Brunswick, remplaçant l'industrie de la production, du transport et de la distribution d'électricité (21,1 %), qui est généralement l'industrie émettant le plus de GES dans cette province.
En 2023, l'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz a le plus contribué aux émissions de GES en Alberta (53,4 %) et en Saskatchewan (30,2 %).
Dans les territoires, le secteur de l'extraction minière était le plus grand émetteur de GES. L'extraction de minerais métalliques a été à l'origine de près des deux tiers (63,8 %) des émissions de GES au Nunavut et d'environ le sixième (16,4 %) des émissions de GES au Yukon. Parallèlement, l'extraction de minerais non métalliques a été à l'origine de plus du cinquième (22,4 %) des émissions de GES dans les Territoires du Nord-Ouest en 2023.
Note aux lecteurs
Les estimations des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui figurent dans le présent communiqué sont fondées sur les comptes des flux physiques (CFP) de Statistique Canada, qui servent à enregistrer les flux annuels de certaines ressources naturelles, de certains produits et de certains résidus entre l'économie canadienne et l'environnement. Les données sont présentées de manière à refléter les activités des industries, des ménages et des administrations publiques, et elles s'appuient sur le système de classification des industries et des produits utilisé dans les tableaux des ressources et des emplois de Statistique Canada. S'appuyant sur le Système de comptabilité économique et environnementale (SCEE) des Nations Unies, ce système de classification permet d'intégrer des statistiques économiques canadiennes, comme le produit intérieur brut, aux comptes environnementaux.
Environnement et Changement climatique Canada est responsable de la production du Rapport d'inventaire national : sources et puits de gaz à effet de serre au Canada. Cet inventaire, qui permet au Canada de s'acquitter de ses obligations de déclaration aux termes de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), est conforme aux lignes directrices publiées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat; il constitue également le point de référence officiel pour les émissions de GES au Canada. Les inventaires nationaux selon la CCNUCC et les comptes de GES fondés sur le SCEE des Nations Unies reposent sur des cadres méthodologiques différents, ce qui donne lieu à des estimations des émissions de GES différentes. Les définitions de secteurs qui figurent dans ces deux produits sont différentes, de sorte que les produits ne doivent donc pas faire l'objet de comparaisons directes. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les différences méthodologiques, consultez la page sur les métadonnées du Système de comptabilité économique et environnementale du Canada - Comptes des flux physiques et la page Web Émissions de gaz à effet de serre du Centre canadien d'information sur l'énergie.
Il est maintenant possible de consulter les données provisoires des CFP sur l'utilisation de l'énergie à l'échelle nationale (38-10-0096-01) et les émissions de GES à l'échelle nationale, provinciale et territoriale (38-10-0097-01) pour l'année 2023. Les estimations sur l'utilisation d'énergie et les émissions de GES de 2009 à 2022 ont également été mises à jour pour tenir compte des données sources révisées. Les données provisoires des CFP pour les émissions de GES de 2023 selon le type de gaz pour le Canada, les provinces et les territoires sont également accessibles sur demande. Les types de gaz inclus sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l'oxyde nitreux (N2O), exprimés en équivalents de CO2.
Les produits « Compte des flux physiques de l'utilisation de l'énergie : outil interactif » et « Compte des flux physiques des émissions de gaz à effet de serre : outil interactif », qui font tous deux partie de la série de Statistique Canada — Produits de visualisation de données (71-607-X), sont aussi accessibles. Pour connaître les dernières nouvelles sur l'énergie au Canada, visitez le site Web du Centre canadien d'information sur l'énergie.
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