Nouveaux contacts avec la police parmi les auteurs présumés vivant dans les régions rurales des provinces du Canada, 2014 à 2023
Diffusion : 2025-12-09
Parmi une cohorte de personnes qui ont eu des contacts avec la police en tant qu'auteurs présumés en 2014, les deux tiers (67 %) de celles vivant dans les régions rurales des provinces ont eu de nouveaux contacts avec la police au cours de la période de suivi de neuf ans.
Il a été bien démontré qu'une petite partie de la population, communément appelée les récidivistes ou multirécidivistes, est responsable d'une part disproportionnée des crimes commis. L'article de Juristat intitulé « Tendances en matière de récidive chez les auteurs présumés vivant dans les régions rurales des provinces canadiennes, 2014 à 2023 », diffusé aujourd'hui, porte sur les nouveaux contacts avec la police parmi une cohorte de personnes vivant dans les provinces et ayant été inculpées d'une infraction criminelle déclarée par la police en 2014.
L'article, qui s'appuie sur des données du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, permet d'examiner des dimensions clés relatives aux nouveaux contacts avec la police, et met l'accent sur les auteurs présumés vivant dans les régions rurales des provinces. Selon des recherches antérieures, le taux de crimes déclarés par la police est plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines, et l'article de Juristat permet d'évaluer si les tendances en matière de récidive contribuent à cet écart.
Les deux tiers des auteurs présumés vivant dans les régions rurales ont eu de nouveaux contacts avec la police au cours de la période de suivi de neuf ans
En 2014, 436 915 personnes vivant dans les provinces ont eu un contact avec la police en tant qu'auteurs présumés d'au moins une infraction, qu'il s'agisse d'une infraction avec violence, d'une infraction contre les biens ou d'une autre infraction au Code criminel (sauf les délits de la route) déclarée par la police. Le quart (25 %) des personnes formant cette cohorte vivaient dans une région rurale au moment de leur premier contact avec la police.
De 2014 à 2023, les deux tiers (67 %) de la cohorte de personnes vivant dans les régions rurales ont eu au moins un nouveau contact avec la police en tant qu'auteurs présumés, par rapport à 57 % pour la cohorte de personnes vivant dans les régions urbaines. L'écart entre les régions rurales et urbaines est attribuable en grande partie à la proportion plus élevée d'auteurs présumés vivant dans les régions rurales du Nord qui ont eu un nouveau contact avec la police (77 %). La proportion d'auteurs présumés vivant dans les régions rurales du Sud qui ont eu un nouveau contact (61 %) était considérablement plus faible.
Parmi les auteurs présumés vivant en région rurale qui ont eu au moins un nouveau contact avec la police, près de 1 personne sur 3 a eu plus de 10 nouveaux contacts
Parmi les auteurs présumés vivant en région rurale qui ont eu au moins un nouveau contact avec la police au cours de la période de 2014 à 2023, 1 personne sur 5 (20 %) a eu 1 nouveau contact, 33 % ont eu de 2 à 5 nouveaux contacts, 17 % ont eu de 6 à 10 nouveaux contacts et 30 % peuvent être considérés comme des multirécidivistes, c'est-à-dire qu'ils ont eu plus de 10 nouveaux contacts avec la police (graphique 1). Notamment, dans les régions rurales du Nord, près de 4 auteurs présumés sur 10 (37 %) ont eu plus de 10 nouveaux contacts, par rapport à 25 % de ceux vivant dans les régions rurales du Sud. Environ le quart (24 %) des auteurs présumés vivant en milieu urbain ont eu plus de 10 nouveaux contacts avec la police.
Les multirécidivistes des régions rurales ont en moyenne 27 contacts avec la police
De 2014 à 2023, 21 435 auteurs présumés vivant dans les régions rurales ont eu plus de 10 nouveaux contacts avec la police et ont été à l'origine de 574 060 contacts au total durant cette période. Cela représente une moyenne par auteur présumé de 27 contacts avec la police au total (y compris le premier contact). Autrement dit, 68 % de l'ensemble des contacts avec la police parmi la cohorte de personnes vivant dans les régions rurales est attribuable au cinquième (20 %) des membres de cette cohorte. À titre de comparaison, la moyenne de contacts totaux avec la police parmi les auteurs présumés vivant en région urbaine et ayant eu plus de 10 contacts s'est chiffrée à 25.
Parmi les auteurs présumés vivant dans les régions rurales, 2 sur 5 ont eu un nouveau contact avec la police durant l'année qui a suivi le premier contact
Le temps écoulé jusqu'au nouveau contact, une mesure qui indique le temps écoulé entre le premier contact d'une personne avec la police et le premier nouveau contact suivant, permet de renseigner sur le moment et la fréquence des récidives. De 2014 à 2023, parmi les auteurs présumés vivant dans les régions rurales, 2 sur 5 (41 %) ont eu un nouveau contact avec la police dans l'année suivant le premier contact, et de cette proportion, 59 % ont eu plus de cinq nouveaux contacts durant l'année. En particulier, les deux tiers (67 %) des auteurs présumés vivant dans les régions rurales du Nord qui ont eu un nouveau contact dans l'année suivant le premier contact ont eu plus de cinq nouveaux contacts pendant cette période, par rapport à 53 % de ceux vivant dans les régions rurales du Sud.
À titre de comparaison, une proportion plus faible (35 %) des auteurs présumés vivant dans les régions urbaines a eu un nouveau contact au cours de la première année, et la moitié (51 %) de ceux-ci ont eu cinq nouveaux contacts ou plus.
La majorité des auteurs présumés qui ont eu de nouveaux contacts ont eu au moins un nouveau contact en raison d'un crime violent
Parmi les auteurs présumés qui ont eu un nouveau contact de 2014 à 2023, 74 % de ceux vivant dans les régions rurales et 67 % de ceux vivant dans les régions urbaines ont eu au moins un nouveau contact pour un crime violent. Dans les provinces, la proportion des auteurs présumés qui ont eu un nouveau contact en raison d'une infraction avec violence était plus élevée dans le nord que dans le sud des régions rurales (78 % des auteurs présumés dans le nord par rapport à 72 % dans le sud) et des régions urbaines (72 % dans le nord par rapport à 67 % dans le sud).
Note aux lecteurs
Cette analyse, qui repose sur des données du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, porte sur les nouveaux contacts avec la police parmi une cohorte de personnes qui ont eu un contact avec la police en tant qu'auteurs présumés en 2014.
Les régions rurales et urbaines peuvent être définies de plusieurs façons. Dans la présente analyse, un auteur présumé est classé dans la catégorie « rural » ou « urbainv» selon qu'il résidait à l'intérieur ou à l'extérieur d'une région métropolitaine de recensement ou d'une agglomération de recensement au moment de son premier contact avec la police, plutôt que selon le service de police qui a déclaré l'affaire. Lorsque les renseignements sur l'adresse de l'auteur présumé étaient manquants ou inconnus, l'adresse du service de police chargé de l'affaire a été utilisée comme variable de substitution. Il est possible que certaines de ces personnes aient déménagé dans une autre province ou dans un territoire à un moment donné pendant la période de suivi.
Aux fins de la présente analyse, un contact est défini comme une intervention officielle de la police à l'égard d'un auteur présumé dans le cadre d'une affaire criminelle. Pour être considérée comme faisant partie du champ de la présente analyse et incluse dans la cohorte, la première intervention doit avoir été menée à la suite d'un crime violent, d'une infraction contre les biens ou d'une autre infraction au Code criminel (sauf les délits de la route) ayant été déclaré par la police au cours de la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014. Des accusations peuvent ou non avoir été portées ou recommandées par la police pour ces affaires. Dans le cas des auteurs présumés qui ont eu plusieurs contacts avec la police dans des affaires comprises dans le champ de l'enquête en 2014, le contact dont la date était la plus ancienne a été retenu. Si plusieurs affaires ont été déclarées au cours d'une même journée, le premier contact a été établi en fonction de l'infraction, de l'Indice de gravité de la criminalité et de l'état de l'accusation. Il se peut qu'un auteur présumé ait eu d'autres contacts avec la police avant la première affaire déclarée en 2014, ou après la fin de la période de suivi. Les données sur les nouveaux contacts fournissent des renseignements précieux sur le nombre ou le volume d'infractions criminelles qui sont portées à l'attention de la police et qui ont été commises par la même personne au cours d'une période de référence précise, mais il convient de noter que les données déclarées par la police ne tiennent compte que des affaires qui sont portées à l'attention de la police. Par conséquent, elles sous-estiment probablement la prévalence réelle de la récidive.
Un nouveau contact désigne tout contact subséquent avec la police (c.-à-d. une affaire où une nouvelle accusation a été portée ou recommandée ou une affaire qui a été classée par d'autres moyens) pour une infraction avec violence, une infraction contre les biens ou une autre infraction au Code criminel (sauf les délits de la route) survenue après le premier contact avec la police en 2014. Les personnes ont été suivies pendant exactement neuf ans après la déclaration de la première affaire (c.-à-d. si la première affaire a été déclarée le 1er janvier 2014, tout contact subséquent avec la police jusqu'au 1er janvier 2023 faisait partie du champ de la présente analyse).
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L'article de Juristat intitulé « Tendances en matière de récidive chez les auteurs présumés vivant dans les régions rurales des provinces canadiennes, 2014 à 2023 » (85-002-X) est maintenant accessible. L'infographie intitulée « Contacts subséquents avec la police chez les auteurs présumés vivant dans les régions rurales des provinces canadiennes, 2014 à 2023 » (11-627-M) a également été diffusée aujourd'hui.
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