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La traite des personnes au Canada, 2024

Diffusion : 2025-12-08

De 2014 à 2024, un peu plus de 5 000 affaires de traite de personnes ont été déclarées par les services de police au Canada, et la grande majorité des victimes identifiées étaient des femmes et des filles.

La traite de personnes, aussi appelée « trafic de personnes », consiste à recruter, à transporter ou à héberger des personnes, et à exercer un contrôle sur leurs mouvements, en vue de les exploiter, généralement à des fins sexuelles ou de travail forcé. La traite de personnes ne nécessite pas le passage de frontières internationales et peut se produire entièrement à l'intérieur d'un même pays.

L'article de Juristat intitulé « La traite des personnes au Canada, 2024 », diffusé aujourd'hui, porte sur les tendances et les caractéristiques des affaires de traite de personnes déclarées par la police de 2014 à 2024, ainsi que sur les décisions et les résultats des causes réglées par des tribunaux de juridiction criminelle pour adultes.

Les affaires de traite de personnes déclarées par la police ont généralement augmenté d'une année à l'autre depuis 2014

De 2014 à 2024, 5 070 affaires de traite de personnes ont été déclarées par les services de police au Canada, ce qui représente un taux annuel moyen de 1,2 affaire pour 100 000 habitants. D'une année à l'autre, il y a eu environ trois fois plus d'affaires de traite de personnes en 2024 qu'en 2014, et le nombre d'affaires a augmenté chaque année depuis 2014, sauf en 2018.

Graphique 1  Graphique 1: Affaires de traite de personnes déclarées par la police, selon la loi enfreinte, Canada, 2014 à 2024
Affaires de traite de personnes déclarées par la police, selon la loi enfreinte, Canada, 2014 à 2024

En 2024 seulement, 608 affaires de traite des personnes ont été déclarées par les services de police à l'échelle du pays, ce qui représente un taux de 1,5 affaire pour 100 000 habitants (voir la note aux lecteurs). À l'instar de ce qui a été observé dans les provinces au cours des années précédentes, c'est en Nouvelle-Écosse (4,5 affaires) que la police a déclaré le taux le plus élevé d'affaires. Au total, quatre autres provinces affichaient aussi un taux supérieur au taux observé à l'échelle nationale en 2024 : l'Île-du-Prince-Édouard (2,8), l'Ontario (2,3), le Nouveau-Brunswick (2,0) et la Saskatchewan (1,9).

Conformément aux tendances annuelles précédentes, plus de 8 affaires de traite de personnes sur 10 (83 %) déclarées par la police en 2024 se sont produites dans les plus grands centres urbains du Canada.

La plupart des victimes identifiées de la traite de personnes sont des femmes et des filles, tandis que les hommes et les garçons représentent la majorité des auteurs présumés

La traite de personnes est fortement genrée. De 2014 à 2024, la grande majorité (93 %) des victimes identifiées par la police étaient des femmes et des filles, et la plupart (82 %) des auteurs présumés du crime étaient des hommes et des garçons. Ces tendances sont généralement demeurées constantes au fil du temps. De plus, comparativement aux hommes et aux garçons victimes, les femmes et les filles victimes avaient tendance à être plus jeunes, à être victimes dans des affaires commises contre une seule victime et à entretenir une relation intime avec leur trafiquant.

De 2014 à 2024, environ 3 affaires de traite de personnes déclarées par la police sur 5 (59 %) n'ont pas été classées (voir la note aux lecteurs), mais la plupart (90 %) de celles qui ont été classées l'ont été par le dépôt ou la recommandation d'accusations.

Le nombre d'accusations et de causes de traite de personnes réglées par les tribunaux s'est généralement accru de 2013-2014 à 2023-2024

Cumulativement, de 2013-2014 à 2023-2024 (la période de référence des statistiques sur les tribunaux de juridiction criminelle va du 1er avril au 31 mars), 1 281 causes comportant 4 464 accusations de traite de personnes ont été réglées par les tribunaux de juridiction criminelle pour adultes et ont fait l'objet d'une décision finale. De façon générale, le nombre annuel de causes de traite de personnes ayant fait l'objet d'une décision finale a plus que doublé au cours de cette période, passant de 46 en 2013-2014 à 112 en 2023-2024.

Graphique 2  Graphique 2: Accusations et causes de traite de personnes réglées par les tribunaux de juridiction criminelle pour adultes, selon l'année, Canada, 2013-2014 à 2023-2024
Accusations et causes de traite de personnes réglées par les tribunaux de juridiction criminelle pour adultes, selon l'année, Canada, 2013-2014 à 2023-2024

Les causes de traite de personnes sont souvent très complexes, chacune comportant 18 accusations en moyenne de 2013-2014 à 2023-2024, et celles-ci prennent environ deux fois plus de temps à être réglées par les tribunaux que les autres causes d'infractions avec violence. Par ailleurs, la plupart (84 %) des causes réglées se sont soldées par un arrêt, un retrait, un rejet ou une absolution, tandis que 10 % ont donné lieu à un verdict de culpabilité. Plus de 3 personnes déclarées coupables sur 4 (78 %) ont été condamnées à une peine d'emprisonnement.

  Note aux lecteurs

Les données déclarées par la police proviennent du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), et la catégorie des infractions liées à la traite des personnes comprend six dispositions en vertu du Code criminel et une infraction à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés qui s'applique au trafic de personnes franchissant des frontières internationales. Pour chaque affaire criminelle, les services de police peuvent déclarer un maximum de quatre infractions.

  • Infractions au Code criminel : traite des personnes; traite de personnes de moins de 18 ans; avantage matériel provenant de la traite des personnes; avantage matériel provenant de la traite de personnes de moins de 18 ans; rétention ou destruction de documents; rétention ou destruction de documents en vue de faciliter la traite de personnes de moins de 18 ans.
  • Infraction à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés : faire entrer illégalement des personnes au Canada pour en faire le trafic.

Les affaires de traite de personnes peuvent être classées par le dépôt ou la recommandation d'accusations, ou classées sans mise en accusation. Les affaires non classées comprennent les affaires qui étaient ouvertes et qui font toujours l'objet d'une enquête, les affaires pour lesquelles la preuve est insuffisante et les affaires où la victime ou le plaignant ou la plaignante a refusé d'aller de l'avant (l'auteur présumé n'avait pas été identifié).

Dans le cadre du Programme DUC, les services de police déclarent les renseignements sur les victimes pour les infractions de traite de personnes visées par le Code criminel, mais pas pour les infractions à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. Par conséquent, le nombre de victimes de la traite de personnes déclaré par la police est moins élevé que le nombre d'affaires, et l'analyse des caractéristiques des victimes englobe toutes les victimes dans des affaires de traite des personnes où une infraction au Code criminel était l'infraction la plus grave. La traite de personnes est un crime particulièrement complexe, et le nombre d'affaires peut changer à la suite d'une enquête policière supplémentaire. Des révisions sont acceptées pendant une période d'un an suivant la diffusion initiale des données du Programme DUC. Par exemple, au départ, 570 affaires de traite de personnes ont été signalées en 2023, mais à la suite d'une révision annuelle, ce nombre s'est élevé à 605 affaires. Par conséquent, il convient d'éviter les comparaisons fondées sur les données de l'année la plus récente, jusqu'à ce que les données révisées soient publiées en mai 2026.

Puisque le nombre de victimes déclarées comme « non binaires » pourrait être faible, les données du Programme DUC accessibles au public ont été recodées de sorte à attribuer à ces victimes la valeur « femmes et filles » ou « hommes et garçons » afin d'assurer la protection de leur confidentialité et de la vie privée. Le calcul des pourcentages exclut les victimes et les auteurs présumés dont le genre était inconnu.

Les données des tribunaux sur la traite des personnes proviennent de l'Enquête intégrée sur les tribunaux de juridiction criminelle (EITJC), qui sert à recueillir des renseignements statistiques sur les causes portées devant les tribunaux de juridiction criminelle pour adultes et les tribunaux de la jeunesse qui comportent des infractions au Code criminel et aux autres lois fédérales. Pour les besoins de la présente analyse, une cause de traite de personnes doit comporter au moins une accusation de traite de personnes et peut comprendre une ou plusieurs accusations (liées ou non) contre une personne ou une société qui ont été traitées par les tribunaux en même temps et qui ont fait l'objet d'une décision finale. À l'instar des données du Programme DUC, les données de l'EITJC sont révisées un an après leur diffusion initiale. Par exemple, 122 causes de traite des personnes ont été déclarées comme étant réglées au cours de l'exercice 2022-2023, mais après la révision annuelle, ce nombre est passé à 135. Il faut donc faire preuve de prudence avant d'effectuer des comparaisons fondées sur les données de l'année la plus récente.

La catégorie « verdicts de culpabilité » comprend les décisions où l'accusé est reconnu coupable de l'infraction imputée, d'une infraction incluse, d'une tentative de perpétration de l'infraction imputée ou d'une tentative de perpétration d'une infraction incluse. Cette catégorie comprend également les plaidoyers de culpabilité et les causes ayant donné lieu à une absolution inconditionnelle ou à une absolution sous conditions. Les données correspondent à la peine la plus sévère par rapport à une accusation de culpabilité dans une cause. Les types de peine sont classés de la plus grave à la moins grave, soit la détention, la condamnation avec sursis, la probation, l'amende et les autres peines (restitution, absolution inconditionnelle ou sous conditions, condamnation avec sursis, autre).

Produits

L'article de Juristat intitulé « La traite des personnes au Canada, 2024 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).

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