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Préparation aux situations d'urgence et expériences relatives aux conditions météorologiques extrêmes chez les Autochtones, 2024

Diffusion : 2025-04-08

Au cours de leur vie, environ 8 membres des Premières Nations vivant hors réserve sur 10 (82 %) et des proportions semblables de Métis (81 %) et d'Inuit (78 %) ont vécu un phénomène météorologique extrême ou une catastrophe naturelle qui a considérablement perturbé leurs activités quotidiennes.

Ces résultats sont fondés sur les nouvelles données de la Série d'enquêtes auprès des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuit, recueillies du 18 novembre au 15 décembre 2024. Ces données mettent en lumière la préparation aux situations d'urgence et les expériences relatives aux conditions météorologiques extrêmes chez les Autochtones de 15 ans et plus. Cette série d'enquêtes a pour but d'accroître la visibilité des membres des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuit dans les statistiques nationales. Elle vise également à combler des lacunes statistiques clés en fournissant des données récentes et pertinentes sur le plan culturel.

Comme le climat de la Terre continue de changer, le taux de phénomènes météorologiques extrêmes devrait augmenter. Les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuit pourraient être exposés à un risque disproportionné d'effets néfastes liés aux conditions météorologiques extrêmes, en raison de facteurs comme l'éloignement (lien en anglais seulement), la taille de la communauté et l'accès limité aux ressources d'urgence.

Les tempêtes hivernales constituent la source de préoccupation la plus courante chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit

En 2024, environ 1 membre des Premières Nations vivant hors réserve sur 5 (22 %) et des proportions semblables de Métis (18 %) et d'Inuit (17 %) ont déclaré être extrêmement préoccupés ou très préoccupés par les phénomènes météorologiques extrêmes ou les catastrophes naturelles qui pourraient les toucher ou toucher les membres de leur ménage. Ces chiffres concordent avec les résultats observés à l'automne 2022, lorsque 20 % de la population totale du Canada a déclaré le même niveau de préoccupation.

Parmi les personnes ayant déclaré au moins un certain niveau de préoccupation, une tempête hivernale était le type d'événement le plus souvent mentionné : 36 % des membres des Premières Nations vivant hors réserve, 33 % des Métis et 45 % des Inuit ont déclaré être préoccupés par ce type d'événement (graphique 1).

Graphique 1  Graphique 1: Type de phénomène météorologique extrême ou de catastrophe naturelle le plus préoccupant pour les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit de 15 ans et plus, Canada, 2024
Type de phénomène météorologique extrême ou de catastrophe naturelle le plus préoccupant pour les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit de 15 ans et plus, Canada, 2024

Lorsqu'on leur a demandé d'évaluer leur propre niveau de préparation à un phénomène météorologique extrême ou à une catastrophe naturelle, 18 % des membres des Premières Nations vivant hors réserve, 21 % des Métis et 17 % des Inuit ont déclaré être extrêmement préparés ou très préparés. Un peu plus du cinquième (21 %) des Inuit vivant dans l'Inuit Nunangat ont déclaré un haut degré de préparation, tandis que cette proportion était de 11 % chez les Inuit vivant à l'extérieur de l'Inuit Nunangat.

Plus de la moitié des membres des Premières Nations vivant hors réserve (58 %), des Métis (55 %) et des Inuit (53 %) ont déclaré avoir un plan d'évacuation d'urgence pour leur domicile. Parmi les personnes ayant un tel plan, 42 % des membres des Premières Nations vivant hors réserve, 36 % des Métis et 27 % des Inuit ont déclaré avoir passé en revue ou mis en pratique leur plan au cours des 12 derniers mois.

Les personnes interrogées ont aussi été invitées à indiquer la présence d'articles dans leur domicile ou leur véhicule dans l'éventualité d'un phénomène météorologique extrême ou d'une catastrophe naturelle. Les articles les plus courants étaient des dispositifs d'éclairage de secours, des aliments non périssables et une trousse de premiers soins (tableau 1).

Les Autochtones citent les tempêtes hivernales comme étant la cause des plus importantes perturbations

En 2024, la majorité des membres des Premières Nations vivant hors réserve (82 %), des Métis (81 %) et des Inuit (78 %) ont déclaré avoir déjà vécu un phénomène météorologique extrême ou une catastrophe naturelle qui a entraîné une importante perturbation de leurs activités quotidiennes.

Chez les Métis et les Inuit, le phénomène météorologique extrême ayant causé la plus importante perturbation était la tempête hivernale (50 % chez les Métis et 58 % chez les Inuit), suivie du froid extrême (13 % chez les Métis et 13 % chez les Inuit). Pour les membres des Premières Nations vivant hors réserve, la tempête hivernale arrivait au premier rang (48 %), suivie du feu de forêt (13 %).

Les personnes interrogées ayant vécu un phénomène météorologique extrême ou une catastrophe naturelle au cours de leur vie devaient répondre à des questions sur les répercussions à court terme qui en ont découlé. Chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit, les trois répercussions à court terme les plus courantes étaient la perte d'accès à l'électricité (61 % chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve, 52 % chez les Métis et 59 % chez les Inuit), l'incapacité d'utiliser les routes ou les moyens de transport locaux (52 % chez les membres des Premières Nations, 52 % chez les Métis et 48 % chez les Inuit) et l'incapacité de s'approvisionner dans les magasins (44 % chez les membres des Premières Nations, 35 % chez les Métis et 50 % chez les Inuit) (graphique 2).

Graphique 2  Graphique 2: Répercussions à court terme d'un phénomène météorologique extrême ou d'une catastrophe naturelle déclarées par les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit de 15 ans et plus, Canada, 2024
Répercussions à court terme d'un phénomène météorologique extrême ou d'une catastrophe naturelle déclarées par les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit de 15 ans et plus, Canada, 2024

De nombreux Autochtones ont également déclaré avoir subi des répercussions à long terme découlant de phénomènes météorologiques extrêmes ou de catastrophes naturelles.

Chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les répercussions à long terme les plus courantes étaient les dommages à leur résidence qui ont nécessité des réparations majeures (13 %), la perte de contact avec la famille ou les amis (10 %) et une incapacité liée à la santé mentale ou d'autres conséquences psychologiques (10 %).

Chez les Métis, les répercussions à long terme le plus fréquemment citées étaient la perte de contact avec la famille ou les amis (14 %), les dommages à leur résidence qui ont nécessité des réparations majeures (12 %) et une dette financière (11 %).

Chez les Inuit, l'incapacité de chasser, de pêcher, de piéger ou de cueillir des plantes sauvages (17 %) a été citée le plus souvent comme répercussion à long terme.

Les Autochtones déclarent faire le plus confiance aux services d'incendie pour répondre aux urgences météorologiques

Les niveaux de confiance élevés à l'égard des institutions publiques aident les collectivités à renforcer leur résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes ou aux catastrophes naturelles. À l'aide d'une échelle où 1 signifie « aucune confiance » et 5 signifie « une grande confiance », les répondants devaient évaluer leur confiance à l'égard de la capacité des institutions à intervenir en cas d'urgence météorologique.

Parmi ces institutions, les services d'incendie ont reçu le plus haut niveau de confiance en 2024. Les trois quarts (75 %) des membres des Premières Nations vivant hors réserve, 80 % des Métis et 74 % des Inuit ont déclaré un niveau de confiance élevé (une note de 4 ou de 5) à l'égard des services d'incendie.

Un peu plus de la moitié des membres des Premières Nations vivant hors réserve (53 %) ont déclaré un niveau de confiance élevé à l'égard des services médicaux d'urgence, tout comme 59 % des Métis et 53 % des Inuit. Venaient ensuite les militaires (44 % pour chacun des groupes, soit les membres des Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuit) et la police (40 % chez les membres des Premières Nations, 45 % chez les Métis et 38 % chez les Inuit) (graphique 3).

Graphique 3  Graphique 3: Niveau de confiance élevé des membres des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuit de 15 ans et plus à l'égard de certains services publics pour ce qui est de répondre à un phénomène météorologique extrême ou à une catastrophe naturelle, Canada, 2024
Niveau de confiance élevé des membres des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuit de 15 ans et plus à l'égard de certains services publics pour ce qui est de répondre à un phénomène météorologique extrême ou à une catastrophe naturelle, Canada, 2024

Les locataires autochtones sont moins susceptibles d'être assurés en cas de phénomène météorologique extrême

L'héritage colonial contenu dans les politiques, les obstacles juridictionnels, l'aliénation des terres (lien en anglais seulement), les relocalisations forcées, les certificats des Métis et le système des réserves au Canada ont radicalement transformé le mode et le milieu de vie des Autochtones ainsi que leur rapport au territoire. Alors que cet héritage colonial continue d'entraîner des répercussions sur les Autochtones, les conditions météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles se répercutent aussi sur les propriétaires et les locataires autochtones. Les travaux de recherche sur les réclamations d'assurance habitation ont indiqué que la fréquence et la gravité accrues des phénomènes météorologiques extrêmes étaient un facteur important de hausse des coûts, tant pour le secteur de l'assurance que pour les propriétaires. Les Autochtones, surtout dans les régions rurales ou éloignées, peuvent être touchés de façon disproportionnée par les coûts d'assurance élevés en raison de logements situés dans des zones inondables ou des régions touchées par des feux de forêt.

En 2024, parmi les propriétaires, un peu plus de 1 membre des Premières Nations vivant hors réserve sur 5 (22 %) ainsi que 18 % des propriétaires métis et 29 % des Inuit ont déclaré que leur habitation n'était pas couverte pour les dommages structurels causés par des conditions météorologiques extrêmes ou des catastrophes naturelles.

Parmi les locataires, environ la moitié des membres des Premières Nations vivant hors réserve (50 %) et des Métis (47 %) n'avaient pas d'assurance sur le contenu de leur domicile en 2024. Parmi les Inuit locataires de leur logement, 72 % ont déclaré ne pas avoir d'assurance pour couvrir leurs effets personnels dans l'éventualité d'un phénomène météorologique extrême ou d'une catastrophe naturelle. Ces chiffres étaient beaucoup plus élevés chez les locataires que chez les propriétaires des trois groupes (28 % chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve, 27 % chez les Métis et 33 % chez les Inuit). Cela pourrait constituer un problème particulier pour les Inuit vivant dans l'Inuit Nunangat, où une proportion considérablement plus élevée vivait dans un logement loué (82 %) comparativement aux Inuit vivant à l'extérieur de l'Inuit Nunangat (48 %).

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  Note aux lecteurs

Les données figurant dans le présent communiqué sont tirées de la troisième enquête de la Série d'enquêtes auprès des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuit (SEPNMI) de Statistique Canada. La SEPNMI est une nouvelle série d'enquêtes par panel réalisée dans le cadre de l'initiative intitulée « Approche transformationnelle à l'égard des données sur les Autochtones ». La série d'enquêtes vise à combler des lacunes statistiques connues relevées par les partenaires autochtones et les partenaires du gouvernement fédéral. Elle a été élaborée en s'appuyant sur une analyse des indicateurs qui s'harmonisent avec les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, les appels à la justice de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, ainsi que le Cadre d'indicateurs canadien pour les objectifs de développement durable et le Cadre de qualité de vie pour le Canada.

La SEPNMI comprend trois enquêtes en ligne très courtes réalisées auprès des mêmes personnes au cours d'une année. Ces enquêtes à participation volontaire reposent sur un panel probabiliste constitué de 6 206 personnes qui ont accepté de participer à d'autres études après avoir répondu à l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2022. Ces personnes représentent la population canadienne âgée de 15 ans et plus qui vit hors réserve et qui déclare être un membre d'une Première Nation, un Métis ou un Inuit. La troisième enquête de la SEPNMI a permis de recueillir des données sur les expériences des peuples autochtones en matière de préparation aux situations d'urgence et aux conditions météorologiques extrêmes. Dans le cadre de la troisième enquête, 818 répondants étaient des membres des Premières Nations vivant hors réserve (identité unique), 663 étaient des Métis (identité unique), 407 étaient des Inuit (identité unique) et 37 répondants ont déclaré appartenir à plus d'un groupe d'identité autochtone.

Pour cette étude, les facteurs de pondération ont été ajustés pour minimiser tout biais qui pourrait découler de la non-réponse du panel. Les ajustements pour la non-réponse et le calage au moyen de renseignements connexes disponibles ont été appliqués et se reflètent dans les facteurs de pondération d'enquête fournis avec le fichier de données. Malgré ces ajustements, le niveau élevé de non-réponse du panel augmente le risque de biais résiduel, ce qui peut avoir une incidence sur les estimations produites à l'aide des données du panel. Par conséquent, les utilisateurs devraient faire preuve de prudence au moment d'interpréter tous les résultats de l'étude. Il est possible d'obtenir d'autres renseignements sur les lignes directrices et les considérations concernant la qualité des données dans le guide de l'utilisateur de la SEPNMI.

Les réponses uniques et multiples à la question sur l'identité autochtone sont utilisées au moment de la déclaration des données pour les trois groupes autochtones.

La présente diffusion de données est tirée de la troisième et dernière enquête de la série, qui est axée sur la préparation aux situations d'urgence et les conditions météorologiques extrêmes. Les données de la première enquête de la série, qui étaient axées sur l'accès aux soins de santé et les expériences connexes des peuples autochtones, ont été diffusées le 4 novembre 2024. Les données de la deuxième enquête, qui portait sur les répercussions de la hausse de prix sur le bien-être des Autochtones, ont été diffusées le 17 janvier 2025.

Découvrez davantage de statistiques sur les peuples autochtones au Canada.

Définitions

Phénomène météorologique extrême : conditions météorologiques ou environnementales qui diffèrent considérablement des conditions météorologiques habituelles dans une région donnée. Les phénomènes météorologiques extrêmes ont habituellement des répercussions négatives sur la sécurité du public.

Catastrophe naturelle : conditions météorologiques ou environnementales qui touchent des populations au point où celles-ci ont besoin d'aide pour composer avec les préjudices qu'elles ont subis, et éventuellement les dommages causés aux propriétés environnantes et à l'environnement.

Plan d'évacuation d'urgence : document qui décrit ce que le répondant et tous les autres membres du ménage feront en cas d'urgence.

État de préparation autoévalué : les répondants devaient évaluer leur propre niveau de préparation à un phénomène météorologique extrême ou à une catastrophe naturelle, selon les catégories suivantes : extrêmement préparé, très préparé, plutôt préparé, un peu préparé ou pas préparé.

Institutions publiques : les répondants devaient indiquer leur niveau de confiance à l'égard de quatre institutions pour ce qui est de répondre à un phénomène météorologique extrême ou à une catastrophe naturelle. Ces institutions étaient la police, les services d'incendie, les services médicaux d'urgence et les militaires.

Produits

Un nouveau tableau de l'Entrepôt commun de données de sortie (41-10-0081-01) est maintenant accessible dans le cadre du premier panel de la Série d'enquêtes auprès des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuit. Il contient des données sur certaines caractéristiques liées à la santé et à l'accès aux soins de santé.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).

Date de modification :