Comptes économiques du secteur des ménages canadiens répartis selon le revenu, la consommation, l'épargne et le patrimoine, premier trimestre de 2023
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Diffusion : 2023-07-04
Les augmentations récentes du coût de la vie et la baisse de la valeur des biens immobiliers ont eu des répercussions sans précédent sur l'épargne nette et le patrimoine pour les ménages les plus vulnérables sur le plan financier au premier trimestre, comme ceux ayant un faible revenu, ceux ayant un patrimoine plus bas et ceux plus jeunes.
L'écart se creuse entre les ménages gagnant les revenus les plus élevés et ceux gagnant les revenus les plus faibles
L'inégalité des revenus s'est accrue au premier trimestre, car l'écart entre la part du revenu disponible des ménages des deux quintiles de revenu supérieurs (tranche supérieure de 40 %) et des deux quintiles de revenu inférieurs (tranche inférieure de 40 %) a atteint 44,7 %, en hausse de 0,2 point de pourcentage par rapport au premier trimestre de 2022. Bien que l'écart de revenu ait augmenté au cours de la dernière année, il est demeuré inférieur à ce qu'il était avant la pandémie de COVID-19, où il se chiffrait en moyenne à 45,1 % pour la période de 2010 à 2019.
Les ménages gagnant les revenus les plus faibles tirent profit des prestations de retraite plutôt que de l'emploi et des placements
Les salaires et traitements moyens des ménages gagnant les revenus les plus faibles (tranche inférieure de 20 %) ont augmenté à un rythme relativement lent (+1,0 % comparativement à +4,0 % pour l'ensemble des ménages) au premier trimestre de 2023 et le revenu provenant d'un travail autonome a diminué (-6,7 %). Parallèlement, il y a eu des hausses relativement importantes des paiements de transfert nets (+48,5 % pour les ménages gagnant les revenus les plus faibles par rapport à -18,8 % pour l'ensemble des ménages), provenant principalement des prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Régime de pensions du Canada et du Régime de rentes du Québec, à mesure que davantage de ménages de ce groupe faisaient la transition vers la retraite. Au premier trimestre de 2023, 38,8 % des ménages gagnant les revenus les plus faibles ont déclaré un soutien gouvernemental comme principale source de revenu, en hausse comparativement à 34,2 % un an plus tôt. Comme un plus grand nombre de ménages gagnant les revenus les plus faibles comptaient sur les prestations gouvernementales, leurs paiements d'impôt ont diminué de 28,7 %, ce qui soutient davantage la hausse de leur revenu disponible.
Les pressions inflationnistes et l'augmentation des taux d'intérêt ont eu une incidence négative sur le revenu disponible des ménages gagnant les revenus les plus faibles. Outre l'augmentation du taux directeur de la Banque du Canada, les ménages gagnant les revenus les plus faibles ont vu une diminution de leur revenu net moyen de placements au premier trimestre. L'augmentation des frais d'intérêt sur les soldes de détention de produits de crédit, comme les cartes de crédit et les prêts hypothécaires, a représenté 84,4 % de la réduction du revenu net de placements.
Les ménages gagnant les revenus les plus élevés tirent parti des niveaux élevés des revenus d'investissement et du travail autonome
Au premier trimestre, les ménages faisant partie des 20 % gagnant les revenus les plus élevés ont augmenté leur revenu disponible moyen par rapport à un an plus tôt à un rythme plus rapide que la moyenne (+1,9 % comparativement à -0,2 % pour l'ensemble des ménages). Bien que les frais d'intérêt pour les ménages gagnant les revenus les plus élevés aient augmenté, ces augmentations ont été plus que compensées par les hausses dans les revenus de placements, principalement grâce aux dividendes et aux dépôts bancaires, qui ont augmenté à un rythme près de deux fois supérieur à la moyenne (+22,7 % comparativement à +13,4 % pour l'ensemble des ménages). La hausse du revenu net de placements (+13,2 %) et celle du revenu provenant d'un travail autonome (+13,0 %) ont été en partie contrebalancées par la réduction des paiements de transfert (-2,7 %), principalement du fait de la réduction des prestations d'assurance-emploi et de la hausse des impôts payés (+2,8 %).
Les ménages à revenu faible et moyen sont ceux qui ont vu leur épargne nette diminuer le plus
Pour chaque groupe de ménages, à l'exception des ménages ayant les revenus les plus élevés, l'épargne nette au premier trimestre a diminué sous les niveaux enregistrés il y a trois ans, au début de la pandémie, car les augmentations du coût de la vie ont dépassé les gains de revenu pour la plupart des ménages. Les ménages à revenu moyen (troisième quintile) ont été les plus touchés par les pressions inflationnistes au cours de la dernière année, car ils ont dépensé en moyenne 1 306 $ de plus que leur revenu gagné au premier trimestre, alors qu'ils ont réalisé des économies nettes positives de 521 $ au premier trimestre de 2022. Par ailleurs, l'épargne nette moyenne des ménages du deuxième quintile de revenu a diminué de 84,6 %.
L'écart entre les riches et les pauvres se creuse au rythme le plus élevé jamais enregistré
La majeure partie de la richesse est détenue par relativement peu de ménages au Canada. Les ménages au patrimoine le plus élevé (quintile supérieur de 20 %) représentaient plus des deux tiers (67,8 %) de la valeur nette au premier trimestre, tandis que les ménages au patrimoine le plus bas (quintile inférieur de 40 %) en représentaient 2,7 %.
Les ménages au patrimoine le plus bas ont tendance à être plus jeunes que la moyenne. Alors que les ménages de moins de 45 ans représentaient 36,2 % de tous les ménages, ils représentaient 55,2 % de ceux des deux quintiles au patrimoine le plus faible. Les ménages plus jeunes ont également récemment augmenté leur part au sein de la population totale, puisqu'ils représentaient 47,3 % de toute la croissance depuis le troisième trimestre de 2021. La croissance récente du nombre de ménages plus jeunes s'est accompagnée d'une augmentation de l'immigration. Selon des études démographiques, la croissance démographique record de 2022 a été presque entièrement attribuable à l'immigration (95,9 %), et les immigrants récents sont plus jeunes que la population générale.
L'écart de la valeur nette entre les patrimoines les plus élevés et les plus bas a augmenté de 1,1 point de pourcentage au premier trimestre de 2023 par rapport au même trimestre un an plus tôt. Il s'agit de l'augmentation la plus rapide jamais enregistrée pour ces estimations, qui remonte à 2010. En revanche, l'écart du patrimoine a diminué de 1,6 point de pourcentage sur une période de deux ans allant du premier trimestre de 2020 au premier trimestre de 2022. Malgré les récentes augmentations dans l'écart du patrimoine, il est demeuré plus faible au premier trimestre de 2023 (65,1 points de pourcentage) qu'au premier trimestre de 2020 (65,6 points de pourcentage).
Les ménages ayant le patrimoine le plus bas ont été plus touchés par les pressions économiques récentes, car leur valeur nette a diminué de 13,8 % au cours du premier trimestre de 2023 par rapport au même trimestre un an plus tôt, ce qui représente plus du triple du taux de diminution enregistré par les ménages ayant le patrimoine le plus élevé (-3,8 %).
Les ménages ayant le patrimoine le plus bas et ceux dans les groupes d'âge plus jeunes voient leur patrimoine diminuer à mesure que la dette hypothécaire augmente
La diminution de la valeur nette de tous les ménages au premier trimestre par rapport au même trimestre un an plus tôt était presque entièrement attribuable à l'immobilier (92,1 %). La valeur moyenne des biens immobiliers détenus par les ménages a diminué de 8,6 % au premier trimestre par rapport au même trimestre un an plus tôt. Selon les données sur le prix de vente des propriétés, le prix moyen national d'une maison résidentielle atteignait 686 000 $ à la fin du premier trimestre, en baisse de 13,7 % par rapport au premier trimestre de 2022.
Bien que les ménages ayant le patrimoine le plus bas aient acheté et détenaient des biens immobiliers, leur valeur nette moyenne a diminué au premier trimestre par rapport au même trimestre un an plus tôt, car l'augmentation de la dette hypothécaire pour financer ces actifs (+23,8 %) a dépassé l'augmentation de la valeur moyenne des biens immobiliers (+6,2 %). Les ménages ayant le patrimoine le plus bas ont également augmenté leur dette non hypothécaire de 4,6 % au cours de la même période.
La baisse de la valeur nette moyenne des ménages ayant le patrimoine le plus élevé s'explique entièrement par des baisses dans le secteur immobilier (-9,8 %), tandis que leur dette hypothécaire a diminué (-0,9 %). En moyenne, les ménages ayant le patrimoine le plus élevé étaient relativement moins actifs sur le marché immobilier que les ménages ayant un patrimoine plus faible au cours de la dernière année.
La valeur nette moyenne a le plus diminué pour les ménages de moins de 35 ans, soit un recul de 8,7 % au premier trimestre de 2023 par rapport au même trimestre un an plus tôt, comparativement à un recul de 1,8 % pour les ménages de 55 à 64 ans. Les jeunes ménages ont tendance à être davantage sensibles aux diminutions de la valeur des biens immobiliers, car ils tirent une plus grande part de leur valeur nette de cette catégorie d'actifs, tandis que les ménages plus âgés ont eu plus de temps au cours de leur cycle de vie pour diversifier leur portefeuille d'actifs. Au premier trimestre, l'immobilier représentait 88,3 % du patrimoine des ménages de moins de 35 ans, comparativement à 40,1 % pour les ménages de 65 ans et plus.
Les groupes d'âge plus jeunes courent un risque financier plus élevé à mesure que les ratios de la dette au revenu atteignent des niveaux records
Au premier trimestre, les ratios de la dette au revenu des groupes plus jeunes et du principal groupe d'âge actif étaient les plus élevés jamais enregistré pour ces estimations, qui remontent à 2010, et sont bien au-dessus des taux qui existaient juste avant le début de la pandémie de COVID-19 à la fin de 2019. Seuls les ménages de personnes âgées (âgées de 65 ans et plus) avaient un ratio de la dette au revenu plus faible au premier trimestre de 2023 (71,2 %) qu'au début de la pandémie au premier trimestre de 2020 (71,7 %).
Bien que les ménages de jeunes travailleurs aient augmenté leur revenu d'emploi, les niveaux constamment élevés des taux d'intérêt et de l'inflation ont continué de limiter leur capacité à joindre les deux bouts, car ces ménages ont tendance à détenir des soldes de cartes de crédit et des hypothèques plus élevés par rapport aux groupes d'âge plus âgés. Le ratio de la dette au revenu des ménages les plus jeunes a atteint 207,5 % au premier trimestre, en hausse de 13,4 points de pourcentage par rapport au premier trimestre de 2022.
Le ratio de la dette au revenu des ménages du principal groupe d'âge actif a également enregistré une augmentation sans précédent au premier trimestre, atteignant 275,8 % chez les ménages de 35 à 44 ans, en hausse de 16,6 points de pourcentage par rapport à un an plus tôt, et atteignant 260,6 % chez ceux de 45 à 54 ans, en hausse de 20,5 points de pourcentage.
Les niveaux constamment élevés des taux d'intérêt et de l'inflation continueront probablement à exercer des pressions sur la capacité des ménages à joindre les deux bouts sans augmenter leurs dettes davantage, en particulier auprès des groupes vulnérables comme ceux ayant les revenus les plus bas, ceux ayant les patrimoines les plus bas ainsi que ceux des groupes d'âges plus jeunes. Les plus récents chiffres du programme des agrégats mensuels de crédit indiquent que la croissance de la dette des ménages a continué de croître jusqu'en avril 2023.
Objectifs liés au développement durable
Le 1er janvier 2016, des pays du monde entier ont officiellement commencé à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030, le plan d'action des Nations Unies axé sur la transformation qui vise à relever des défis mondiaux urgents au cours des 15 années suivantes. Ce plan se fonde sur 17 objectifs précis liés au développement durable.
Les comptes économiques du secteur des ménages répartis pour le revenu, la consommation, l'épargne et le patrimoine des ménages canadiens sont un exemple de la manière dont Statistique Canada appuie le suivi des progrès relatifs aux objectifs mondiaux liés au développement durable. Le présent communiqué servira à mesurer l'objectif suivant :
Note aux lecteurs
Statistique Canada publie régulièrement des indicateurs macroéconomiques du revenu disponible des ménages, des dépenses de consommation finales, de l'épargne et du patrimoine des ménages dans le cadre du Système canadien des comptes macroéconomiques (SCCM). Ces comptes sont conformes aux plus récentes normes internationales et sont compilés pour tous les secteurs de l'économie, y compris les ménages, les institutions sans but lucratif, les administrations publiques et les sociétés d'affaires, de même que la position financière du Canada par rapport au reste du monde. Bien que le SCCM fournisse des renseignements de grande qualité sur la position globale des ménages relativement aux autres secteurs de l'économie, les comptes économiques répartis pour le secteur des ménages (CERSM) favorisent une granularité supplémentaire permettant à Statistique Canada d'aborder des questions telles que les vulnérabilités de groupes particuliers et les conséquences qui en résultent sur le plan du bien-être économique et de la stabilité financière. Ces comptes constituent donc un complément important aux données trimestrielles standard liées à l'économie.
Les estimations des CERSM publiées aujourd'hui portent sur le revenu, la consommation, l'épargne et le patrimoine, y compris leurs sous-composantes selon diverses répartitions des ménages pour le premier trimestre de 2023. Les estimations ont également été révisées pour les périodes précédentes afin d'intégrer les derniers repères du SCCM, y compris les révisions jusqu'au premier trimestre de 2022.
Les estimations de la répartition de la valeur nette selon le quintile de patrimoine sont regroupées pour les ménages des deux quintiles les plus faibles pour faciliter la représentation, étant donné que le ménage moyen du quintile le plus faible avait plus de passifs dus que d'actifs détenus, à l'exemple des travailleurs autonomes ayant une valeur nette d'entreprise négative et des nouveaux diplômés devant rembourser les soldes de leurs prêts étudiants.
Comme pour toutes les données, les estimations des CERSM ne sont pas sans limites. Bien que certaines répartitions soient estimées à l'aide de microdonnées ou micromodèles actuels, tels que les salaires et traitements et la dette des ménages, d'autres, y compris les dépenses de consommation finales des ménages, les transferts sociaux en nature et les actifs des ménages reposent sur des hypothèses ou utilisent des données de périodes de référence antérieures. Les utilisateurs doivent garder ces limites à l'esprit lorsqu'ils analysent les estimations incluses dans ce communiqué.
Toutes les valeurs sont exprimées en taux nominaux non rajustés. Par conséquent, les estimations présentées dans le présent communiqué ne sont pas rajustées pour tenir compte des variations qui pourraient survenir au fil du temps en raison des tendances saisonnières ou de l'inflation des prix. Étant donné que les séries trimestrielles ne sont pas désaisonnalisées, les comparaisons ne devraient être faites qu'à l'aide d'estimations pour le même trimestre de chaque année.
Produits
Le produit de visualisation « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages, patrimoine : outil interactif », qui fait partie de Statistique Canada – Produits de visualisation des données (71-607-X) est maintenant accessible.
L'article « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages, estimations des répartitions des actifs, des passifs et de la valeur nette, 2010 à 2022 : rapport technique sur la méthodologie et la qualité », qui fait partie de la publication Comptes des revenus et dépenses, série technique (13-604-M), est maintenant disponible.
Il est possible d'obtenir des précisions relativement aux sources et méthodes à l'origine de ces estimations dans la publication Guide méthodologique : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-607-X). Voir la section « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages » des Comptes satellites et études spéciales.
Le portail Statistiques des comptes économiques, accessible sous l'onglet Sujets de notre site Web, offre un portrait à jour des économies nationale et provinciales et de leur structure.
La publication Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens (13-605-X) est accessible.
Le Guide de l'utilisateur : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-606-G) est accessible.
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