Le Quotidien
|
 En manchette  Indicateurs  Communiqués par sujets
 Sujets d'intérêt  Calendrier de diffusion  Information

Plus de la moitié des personnes vivant dans les territoires ont déclaré avoir subi une agression physique ou sexuelle depuis l'âge de 15 ans

Warning Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Diffusion : 2020-12-02

Plus de la moitié des femmes (52 %) et des hommes (54 %) vivant dans les territoires du Canada ont été victimes d'au moins une agression physique ou sexuelle depuis l'âge de 15 ans. Les femmes étaient cependant trois fois plus susceptibles que les hommes d'avoir été agressées sexuellement au moins une fois depuis l'âge de 15 ans.

En 2018, l'Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) a été menée afin d'enrichir les connaissances sur la violence fondée sur le sexe. Celle-ci s'entend de tout acte de violence perpétré contre une personne en raison de son identité de genre, de son expression de genre ou de son identité présumée et englobe un large éventail de comportements, lesquels vont de comportements qui ne sont pas nécessairement de nature criminelle (comme les attentions sexuelles non désirées subies en public) à ceux qui sont classés comme des actes criminels (comme les agressions physiques et sexuelles).

Bien que ces données aient été recueillies avant le début de la pandémie de COVID-19, les résultats de récentes enquêtes montrent que les enjeux de violence continuent d'être une préoccupation pour de nombreux Canadiens. Par exemple, un projet de collecte par approche participative mené au début de la pandémie a révélé que 1 femme sur 10 se disait beaucoup ou énormément inquiète de la possibilité de violence à la maison.

Les résultats détaillés découlant de l'ESEPP sont diffusés aujourd'hui dans l'article de Juristat intitulé « La violence fondée sur le sexe : les agressions sexuelles et les agressions physiques dans les territoires du Canada, 2018 » ainsi que dans des tableaux de données offerts en ligne. Ces résultats excluent la violence commise dans le cadre d'une relation intime, laquelle sera analysée ultérieurement.

Les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes de subir une agression sexuelle au cours de leur vie

Dans les territoires, un peu plus de la moitié des femmes (52 %) et des hommes (54 %) ont été victimes d'au moins une agression physique ou sexuelle depuis l'âge de 15 ans, alors que 7,8 % des femmes et des hommes l'ont été au cours des 12 mois précédant l'enquête.

En revanche, ces proportions étaient plus faibles dans les provinces : 39 % des femmes et 35 % des hommes ont déclaré avoir été victimes d'une agression au moins une fois depuis l'âge de 15 ans, alors que 4,4 % des femmes et 4,3 % des hommes l'ont été au cours des 12 mois précédant l'enquête.

Les femmes résidant dans les territoires étaient beaucoup plus susceptibles que les hommes d'avoir été agressées sexuellement. Plus précisément, les femmes étaient plus de trois fois plus nombreuses à avoir été agressées sexuellement au moins une fois depuis l'âge de 15 ans (39 % par rapport à 12 %) et six fois plus susceptibles de l'avoir été au cours des 12 mois précédant l'enquête (3,6 % par rapport à 0,6 %).

Les femmes LGBTQ2+ (63 %), les femmes ayant subi de la violence durant l'enfance (62 %) et les femmes ayant une incapacité physique ou mentale (51 %) figuraient parmi les personnes les plus susceptibles de déclarer avoir été agressées sexuellement depuis l'âge de 15 ans.

Certaines personnes dont l'identité recoupe différents groupes de population ont affiché des taux relativement élevés de victimisation avec violence. Par exemple, 75 % des personnes LGBTQ2+ ayant une incapacité ont été victimes d'une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans, comparativement à moins de la moitié (45 %) des personnes n'étant pas LGBTQ2+ et n'ayant aucune incapacité. De même, près des deux tiers (64 %) des femmes des Premières Nations ayant une incapacité ont été agressées sexuellement au moins une fois depuis l'âge de 15 ans, comparativement à un peu plus du tiers (38 %) des femmes non autochtones n'ayant aucune incapacité physique ou mentale.

Les plus fortes prévalences de victimisation avec violence depuis l'âge de 15 ans s'observent au Yukon, alors que les plus faibles prévalences sont enregistrées au Nunavut

Parmi les trois territoires, c'est au Yukon que les femmes et les hommes étaient les plus susceptibles de déclarer avoir subi au moins une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans. Dans ce territoire, un peu plus de 6 femmes sur 10 (61 %) et autant d'hommes (61 %) ont subi au moins une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans.

Dans les Territoires du Nord-Ouest, 52 % des femmes et 55 % des hommes ont déclaré avoir subi une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans. Le Nunavut a enregistré les plus faibles prévalences de victimisation avec violence : 42 % des femmes et 46 % des hommes de ce territoire ont déclaré avoir subi une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans.

Au Nunavut, c'est surtout dans les plus petites collectivités que la prévalence des agressions était relativement faible. Dans les plus grandes collectivités comme Iqaluit (58 %) ou Rankin Inlet (56 %), la prévalence de la victimisation avec violence était relativement similaire à celle observée à l'échelle de l'ensemble des territoires. En revanche, dans les autres plus petites collectivités, un peu plus du tiers (37 %) ont déclaré avoir subi au moins une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans.

Une majorité d'Inuits vivent dans les petites collectivités du Nunavut et, incidemment, la prévalence de la victimisation avec violence depuis l'âge de 15 ans déclarée par les femmes (41 %) et les hommes (42 %) inuits s'est avérée inférieure à celle enregistrée chez les non-Autochtones (56 % des femmes et 58 % des hommes). Des études ont aussi fait état d'une normalisation de la violence chez certaines Inuites, conséquence des violences et traumatismes intergénérationnels découlant de la colonisation et de l'expérience des pensionnats autochtones, ce qui aurait pu mener à une sous-déclaration de la victimisation avec violence chez celles-ci.

Par ailleurs, les femmes (60 %) et les hommes (66 %) des Premières Nations ainsi que les femmes (51 %) et les hommes (45 %) métis vivant dans les territoires ont déclaré avoir subi au moins une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans; ces proportions étaient relativement semblables à celles observées chez les non-Autochtones.

Dans l'ensemble, environ la moitié des femmes (48 %) et des hommes (50 %) autochtones vivant dans les territoires ont déclaré avoir été victimes d'au moins une agression depuis l'âge de 15 ans, soit des proportions similaires à celles enregistrées par les Autochtones résidant dans les provinces (55 % des femmes et 55 % des hommes).

En revanche, les proportions de non-Autochtones ayant été victimes d'au moins une agression sexuelle ou physique depuis l'âge de 15 ans étaient beaucoup moins élevées dans les provinces (38 % des femmes et 35 % des hommes) que dans les territoires (56 % des femmes et 58 % des hommes).

Plus du quart des femmes qui ont été agressées sexuellement au moins une fois depuis l'âge de 15 ans estiment que leur santé mentale est mauvaise ou passable

Les personnes résidentes des territoires qui ont été agressées sexuellement ou physiquement au moins une fois depuis l'âge de 15 ans étaient plus susceptibles de déclarer faire face à certains enjeux de santé, à consommer de l'alcool ou des drogues ou à avoir déjà été sans logement. Par exemple, un peu plus du quart des femmes qui ont été victimes d'une agression sexuelle (27 %) ou d'une agression physique (27 %) ont évalué leur santé mentale comme étant passable ou mauvaise, comparativement à 10 % des femmes qui n'ont jamais été agressées. De même, plus du tiers des femmes victimes d'agression sexuelle (34 %) ou d'agression physique (35 %) ont déclaré avoir déjà été sans logement, comparativement à 14 % des femmes n'ayant jamais été victimes d'agression.

Il convient toutefois de souligner que ces données ne permettent pas d'établir de lien de cause à effet. Il est impossible de déterminer si les expériences de victimisation sont la cause des autres enjeux sociaux ou de santé (p. ex. consommer de l'alcool ou des drogues afin de composer avec les expériences de violence), ou si ces enjeux peuvent contribuer à accroître l'exposition à la violence, ou encore de déterminer si la victimisation et les enjeux sociaux ou de santé ont simplement des racines communes.

Les femmes vivant dans les territoires sont le plus souvent agressées physiquement dans une résidence privée, généralement par un homme qu'elles connaissent et agissant seul

Une résidence privée ou ses alentours a été le lieu de l'agression la plus grave dans le cas de 43 % des femmes qui ont été victimes d'une agression physique au cours des 12 mois précédant l'enquête. Parmi les autres lieux mentionnés figuraient notamment la rue ou un autre endroit public (23 %) et un commerce ou un établissement institutionnel (19 %).

Dans la majorité des cas, tant les femmes que les hommes ont été agressés par un homme et, en général, cette personne a agi seule. Un peu plus de la moitié (53 %) des hommes victimes d'agression physique ont dit avoir été agressés par une personne qu'ils ne connaissaient pas ou qu'ils connaissaient de vue seulement.

En revanche, les femmes étaient moins susceptibles d'être ciblées par des étrangers : 34 % des femmes victimes d'agression physique et 42 % des femmes victimes d'agression sexuelle au cours des 12 mois précédant l'enquête ont déclaré que l'agression la plus grave avait été perpétrée par une personne qu'elles ne connaissaient pas ou qu'elles connaissaient de vue seulement.

Une agression sexuelle sur huit est signalée à la police

La majorité des personnes résidant dans les territoires qui ont été agressées au cours des 12 mois précédant l'enquête ont indiqué que l'agression la plus grave n'avait pas été portée à l'attention de la police. Environ le tiers des victimes d'agression physique (39 % des femmes et 32 % des hommes) ont déclaré que la police avait eu connaissance de l'agression la plus grave. Parmi les victimes d'agression sexuelle, cette proportion a toutefois diminué pour s'établir à 13 %.

Outre la police, la plupart des femmes victimes d'agression physique (94 %) ou d'agression sexuelle (82 %), de même qu'une majorité d'hommes victimes d'agression physique (88 %), ont dit avoir parlé de l'agression la plus grave à au moins une autre personne — que ce soit à un membre de la famille, à une amie ou un ami, ou à toute autre personne. Les femmes victimes d'agression sexuelle étaient beaucoup plus susceptibles de se confier à une amie ou un ami (64 %) qu'à un membre de la famille (36 %) ou à une autre personne (27 %).

Le terme « victimisation secondaire » est parfois utilisé pour désigner les reproches faits à la victime ou le fait de lui faire sentir qu'elle est responsable de sa propre victimisation. Au total, 1 femme victime d'agression sexuelle sur 5 (20 %) a déclaré qu'une personne lui avait fait sentir qu'elle était responsable de sa propre victimisation. Par comparaison, cette proportion atteignait 29 % chez les femmes victimes d'une agression physique, alors qu'elle était de 16 % chez les hommes victimes d'une agression physique.

Graphique 1  Graphique 1: Victimisation avec violence subie depuis l'âge de 15 ans, selon le genre de la victime et le territoire, 2018
Victimisation avec violence subie depuis l'âge de 15 ans, selon le genre de la victime et le territoire, 2018

  Note aux lecteurs

Le présent article de Juristat est fondé sur les résultats de l'Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) menée en 2018 dans les territoires. La collecte de données et l'enrichissement des connaissances au sujet de la violence fondée sur le sexe forment un élément central de la stratégie Il est temps : Stratégie du Canada pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe. Dans le cadre de la stratégie fédérale, l'ESEPP a permis de recueillir des renseignements sur les expériences en matière de comportements non désirés et de victimisation avec violence subies par les personnes résidentes des territoires. L'ESEPP a également été menée dans les provinces dont les résultats ont été publiés à la fin de 2019 dans l'article de Juristat intitulé « La violence fondée sur le sexe et les comportements sexuels non désirés au Canada, 2018 : Premiers résultats découlant de l'Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés ».

Dans les rapports futurs, il sera possible de combiner les résultats des provinces et des territoires pour rendre compte des constatations à l'échelle du Canada.

La conception de l'ESEPP, la collecte de ses données et l'analyse de ses résultats ont été financées par Femmes et Égalité des genres Canada.

L'analyse a été réalisée selon le genre du répondant, lequel était établi au moyen de la question qui lui permettait de préciser s'il était de genre masculin, de genre féminin ou de diverses identités de genre. Un article à paraître sera consacré à une analyse de la population transgenre, de la population de diverses identités de genre et de la population de minorité sexuelle.

Étant donné qu'on a posé des questions générales aux répondants de l'enquête sur l'ensemble des expériences de violence qu'ils ont vécues, et non seulement sur celles qui étaient perçues comme fondées sur le sexe, l'analyse des principales différences entre les sexes au chapitre de la prévalence, de la nature et des répercussions des comportements non désirés et de la victimisation avec violence a permis d'examiner la violence fondée sur le sexe au Canada.

La population LGBTQ2+ comprend les personnes qui ont déclaré une orientation sexuelle autre que l'hétérosexualité, les personnes transgenres, ainsi que les personnes bispirituelles dans la mesure où celles-ci ont indiqué leur bispiritualité à la question sur l'orientation sexuelle. La population LGBTQ2+ a été identifiée au moyen de trois questions portant sur le sexe à la naissance, l'identité de genre (avec possibilité de réponse ouverte) et l'orientation sexuelle (avec possibilité de réponse ouverte). Bien que les acronymes 2ELGBTQ2+ et 2ELGBTQQIA soient parfois utilisés pour désigner cette population, l'acronyme LGBTQ2+ est utilisé dans le présent rapport par souci de cohérence avec les autres rapports de Statistique Canada.

La population autochtone a été identifiée au moyen de la question suivante : « Êtes-vous un Autochtone, c'est-à-dire, Première Nation, Métis ou Inuk (Inuit)? ». Dans le présent article, le terme « Autochtone » englobe les Premières Nations, les Métis et les Inuits. Dans la mesure du possible, les résultats sont présentés pour chaque groupe distinct.

Produits

L'article de Juristat intitulé « La violence fondée sur le sexe : les agressions sexuelles et les agressions physiques dans les territoires du Canada, 2018 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca) ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

Signaler un problème sur cette page

Quelque chose ne fonctionne pas? L'information n'est plus à jour? Vous ne trouvez pas ce que vous cherchez?

S'il vous plaît contactez-nous et nous informer comment nous pouvons vous aider.

Avis de confidentialité

Date de modification :