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Informations financières des universités pour l'année scolaire 2018-2019 et projections des répercussions de la COVID–19 pour l'année scolaire 2020-2021

Diffusion : 2020-10-08

Au cours de l'année universitaire 2018-2019, les 147 universités publiques au Canada ont dépensé 28,9 milliards de dollars, soit le même montant qu'en 2017-2018. Leurs revenus ont progressé de 3,1 % pour s'établir à 30,7 milliards de dollars. Les droits de scolarité des étudiants internationaux étaient à l'origine de plus du tiers des droits de scolarité perçus par les universités canadiennes en 2018-2019.

La pandémie de COVId-19 a eu des répercussions considérables sur l'économie canadienne, et les établissements postsecondaires ne font pas exception, surtout à la lumière de l'incertitude entourant l'inscription des étudiants internationaux. Afin de mieux évaluer l'incidence financière possible de la pandémie sur les universités canadiennes, des scénarios de projections ont été élaborés. Selon ces scénarios, dans l'ensemble, ces établissements pourraient perdre de 377 millions de dollars (-0,8 %) à 3,4 milliards de dollars (-7,5 %) au cours de l'année universitaire 2020-2021.

Le financement du gouvernement représente la plus grande source de revenus

Les universités et les collèges décernant des grades universitaires reçoivent environ les trois quarts de leur financement de sources gouvernementales (45,8 %) et des droits de scolarité (29,4 %). Le reste provient de dons, de subventions privées, d'investissements et d'autres sources de revenus secondaires. Le financement des gouvernements provinciaux a augmenté de 48,1 millions de dollars par rapport à l'année précédente pour atteindre 10,9 milliards de dollars en 2018-2019. Toutefois, la part du financement total que représente le financement provincial a diminué au fil du temps pour passer de 38,6 % en 2013-2014 à 35,4 % en 2018-2019.

En plus du financement provincial, le financement du gouvernement fédéral représentait 3 milliards de dollars en revenus en 2018-2019. La presque totalité du financement du gouvernement fédéral (93,4 %) était allouée à la recherche subventionnée au moyen de programmes de subventions de recherche, comme ceux du Conseil de recherches en sciences humaines et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie. La proportion restante de 6,6 % a été utilisée pour les dépenses de fonctionnement général, les dépenses à objectif spécifique, les dépenses relatives aux entreprises auxiliaires et les dépenses en capital. Le financement provincial, pour sa part, visait principalement les coûts d'exploitation des établissements et les dépenses en capital.

Les droits de scolarité et les autres frais représentent une part croissante des revenus

Les établissements ont reçu 9,0 milliards de dollars en revenus provenant des droits de scolarité et d'autres frais en 2018-2019, en hausse de 619,5 millions de dollars par rapport à 2017-2018. Contrairement à la part du financement provenant des gouvernements provinciaux, qui a diminué au fil du temps, celle des revenus provenant des droits de scolarité a connu une hausse et est passée de 24,7 % en 2013-2014 à 29,4 % en 2018-2019. Les revenus totaux provenant des droits de scolarité ont augmenté de près d'un tiers au cours de la même période pour passer de 6,9 milliards de dollars à 9,0 milliards de dollars.

Le fait d'avoir recours aux droits de scolarité comme source de revenus est de plus en plus courant depuis les 10 dernières années. L'un des principaux facteurs ayant contribué à cette situation est le nombre croissant d'étudiants internationaux, lesquels paient des droits de scolarité beaucoup plus élevés que les étudiants canadiens et représentent une proportion croissante des étudiants postsecondaires au Canada.

Graphique 1  Graphique 1: Distribution des revenus des universités, selon la catégorie principale, 2018-2019
Distribution des revenus des universités, selon la catégorie principale, 2018-2019

Graphique 2  Graphique 2: Distribution des dépenses universitaires, selon la catégorie principale, 2018-2019
Distribution des dépenses universitaires, selon la catégorie principale, 2018-2019

En 2008-2009, les universités canadiennes comptaient 88 014 étudiants internationaux, ce qui représentait 7,9 % de tous les étudiants. En 2017-2018, ce nombre est passé à 196 563, soit 14,7 % de tous les étudiants universitaires. En 2020-2021, les étudiants internationaux de premier cycle ont payé des droits de scolarité annuels moyens de 32 041 $, ce qui représente près de cinq fois la moyenne de ceux payés par les étudiants canadiens (6 610 $). Il est estimé que les étudiants internationaux ont payé presque 40 % de tous les droits de scolarité et ont généré des revenus annuels de près de 4 milliards de dollars pour les universités canadiennes en 2017-2018.

Répercussions possibles de la pandémie sur les revenus des universités en 2020-2021

La pandémie pourrait avoir une incidence sur le nombre d'étudiants internationaux et canadiens inscrits dans les universités canadiennes pour l'année universitaire 2020-2021, ce qui pourrait entraîner des répercussions sur les revenus que les universités tirent des droits de scolarité.

Pour évaluer l'incidence financière possible de la pandémie sur les universités canadiennes au cours de l'année universitaire 2020-2021, cinq scénarios de projection préliminaires ont été élaborés, en fonction des possibles changements qui pourraient survenir quant aux inscriptions des étudiants internationaux et canadiens. Ces scénarios tiennent également compte des 450 millions de dollars investis par le gouvernement fédéral pour les universités dans la création du Fonds d'urgence pour la continuité de la recherche au Canada (voir la note aux lecteurs).

Les hypothèses de projection des inscriptions d'étudiants internationaux en 2020-2021 sont fondées sur les données sur les titulaires internationaux de permis d'études d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, qui ont historiquement été corrélées avec les inscriptions d'étudiants internationaux. Le nombre de permis d'études délivrés de juin à août 2020 a diminué de plus de la moitié (-58 %) par rapport à 2019. Parmi les permis accordés jusqu'en août 2020, près d'un huitième (13 %) n'était plus valide au début de septembre 2020, et près d'un tiers (32 %) ne le seront plus d'ici janvier 2021.

Les scénarios de projection, qui sont fondés sur les tendances relatives aux titulaires de permis d'études, indiquent que les universités canadiennes pourraient perdre de 377 millions de dollars (ou 0,8 % des revenus projetés) à 3,4 milliards de dollars (ou 7,5 % des revenus projetés) en 2020-2021, selon l'importance de la réduction du nombre d'inscriptions d'étudiants internationaux et de la perte subséquente de droits de scolarité (non corrigée pour tenir compte de l'inflation).

Le premier scénario, prévoyant la plus forte perte de revenus (-3,4 milliards de dollars), suppose une réduction de 58 % du nombre d'étudiants internationaux et un nombre stable d'étudiants canadiens. Le deuxième scénario indique que si le nombre d'étudiants internationaux devait diminuer de près du tiers (-32 %) et que le nombre d'étudiants canadiens demeurait inchangé, la perte financière serait de 1,6 milliard de dollars ou de 3,6 % de l'ensemble des revenus des universités projetés pour 2020-2021. Selon le troisième scénario, si le nombre d'étudiants internationaux diminuait de 13 %, les universités canadiennes perdraient 377 millions de dollars.

Graphique 3  Graphique 3: Pourcentage projeté de la perte totale de revenu, selon les différents scénarios, universités, 2020-2021
Pourcentage projeté de la perte totale de revenu, selon les différents scénarios, universités, 2020-2021

La COVId-19 pourrait également avoir une incidence sur l'inscription d'étudiants canadiens dans les universités canadiennes. Selon l'Enquête sur la population active, de mai à août, une moyenne de 20 % des jeunes de 17 à 24 ans qui fréquentaient l'école à temps plein en mars et qui avaient prévu y retourner à temps plein à l'automne ont déclaré qu'ils n'y retourneraient pas. Ce nombre exclut les étudiants du Québec de 17 à 19 ans qui sont plus susceptibles d'être au CÉGEP. Une quatrième projection tient en compte de cette possible diminution de 20 % des inscriptions d'étudiants canadiens et du scénario intermédiaire indiquant un recul de 32 % du nombre d'étudiants internationaux. Dans ce scénario, les pertes financières projetées pourraient s'élever à 3,1 milliards de dollars, ou 6,9 % des revenus projetés.

Le cinquième scénario suppose une augmentation de 7 % du nombre d'étudiants canadiens. Ce scénario est fondé sur ce qui a été observé après la récession de 2008, où les inscriptions ont augmenté. Il s'applique également au scénario intermédiaire (diminution de 32 % des étudiants étrangers). Compte tenu de ces hypothèses, les pertes financières s'élèveraient à 1,1 milliard (2,4 % des revenus projetés).

La pandémie peut aussi avoir une incidence négative sur d'autres sources de revenus des universités, comme les revenus d'entreprises auxiliaires (librairies, cafétérias et résidences) et les revenus d'investissements. Les revenus d'entreprises auxiliaires, qui représentent environ 8 % des revenus totaux, ne dépendent pas directement des inscriptions, mais plutôt du nombre d'étudiants qui fréquentent le campus ou d'autres installations de l'université.

Près de 6 dollars sur 10 sont consacrés aux salaires et avantages sociaux du personnel universitaire et des enseignants

En prévision de la perte de revenus, certains établissements ont annoncé des plans de réduction des coûts de fonctionnement (voir la note aux lecteurs pour quelques exemples). La plupart des coûts de fonctionnement sont liés aux salaires et dépenses en capital Près de 6 dollars sur 10 sont consacrés aux salaires et avantages sociaux du personnel universitaire et des enseignants. La plus importante part des dépenses des universités a été consacrée à la rémunération du personnel (salaires, traitements et avantages sociaux), soit 17 milliards de dollars en 2018-2019, en hausse de 319 millions de dollars par rapport à 2017-2018. Néanmoins, la rémunération totale a reculé en proportion des dépenses totales pour passer de 60,3 % en 2013-2014 à 59,0 % en 2018-2019.

En 2018-2019, les dépenses nettes en capital des universités et des collèges décernant des grades ont diminué de 616 millions de dollars par rapport à l'année précédente pour s'établir à 3 milliards de dollars, ce qui représente 10,6 % des dépenses totales. Les dépenses en capital concernent les acquisitions à long terme, comme les propriétés, les immeubles, les rénovations importantes et les achats d'équipement.

Des fluctuations annuelles importantes des dépenses en capital sont fréquentes, celles-ci étant consignées au moment où elles sont effectuées et l'amortissement n'étant pas consigné pendant la durée de vie de l'actif. En 2020-2021, les universités pourraient devoir faire face à des dépenses en capital supplémentaires pour appuyer l'expansion des cours en ligne. Ces types de dépenses et les réductions de coûts supplémentaires n'ont pas été pris en compte dans les scénarios de projection ci-dessus et pourraient avoir une incidence sur la situation financière globale des universités.

  Note aux lecteurs

Les données relatives aux revenus et aux dépenses sont réparties par fonds. Ces fonds sont les suivants : les fonds de fonctionnement général (fonds non affectés qui servent à financer les principales activités d'enseignement et de recherche de l'établissement, à l'exception de la recherche subventionnée); les fonds à objectif spécifique et les fonds en fiducie; les fonds destinés à la recherche subventionnée, aux entreprises auxiliaires et aux dépenses en capital; ainsi que les fonds de dotation.

Les données figurant dans le présent communiqué visent 147 universités et collèges décernant des grades universitaires. Tous les chiffres en dollars sont corrigés pour tenir compte de l'inflation, sauf indication contraire.

Il convient de faire preuve de prudence lors de la comparaison directe des données provinciales, car les provinces ont des formules et des mécanismes de financement différents.

Une série d'hypothèses méthodologiques a servi à produire les projections financières de l'incidence de la pandémie sur les revenus des universités en 2020-2021. Ces projections sont faites en intégrant diverses sources de données administratives et d'enquête déjà disponibles à Statistique Canada, comme l'Information financière des universités et collèges, le Système d'information sur les étudiants postsecondaires (SIEP), les Frais de scolarité et de subsistance des étudiants à temps plein dans les universités et collèges du Canada qui confèrent des grades (FSSUC) et l'Enquête sur la population active. Pour estimer les inscriptions d'étudiants internationaux en 2020-2021, on a utilisé les données d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada sur les titulaires internationaux de permis d'études. Les FSSUC et le SIEP fournissent des données sur les droits de scolarité moyens et les inscriptions selon la province et le domaine d'études, et ils peuvent être utilisés ensemble pour calculer la proportion approximative des revenus totaux tirés des droits de scolarité provenant d'étudiants internationaux et canadiens, ces données n'étant pas disponibles dans les FSSUC.

Cinq scénarios de projections financières plausibles ont été élaborés :

  • Scénario 1 : Élevée (E2) : forte diminution des inscriptions d'étudiants internationaux (-58 %) + 450 millions de dollars de financement fédéral de la recherche.
  • Scénario 2 : Moyenne (M1) : diminution moyenne des inscriptions d'étudiants internationaux (-32 %) + 450 millions de dollars de financement fédéral de la recherche.
  • Scénario 3 : Faible (F1) : faible diminution des inscriptions d'étudiants internationaux (-13 %) + 450 millions de dollars de financement fédéral de la recherche.
  • Scénario 4 : Élevée (E1) : M1 + diminution de 20 % des inscriptions d'étudiants canadiens + 450 millions de dollars de financement fédéral de la recherche.
  • Scénario 5 : Moyenne (M2) : M1 + diminution de 7 % des inscriptions d'étudiants canadiens + 450 millions de dollars de financement fédéral de la recherche.

Voici quelques exemples d'établissements qui ont annoncé des plans de réduction des coûts de fonctionnement :

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