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Répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les étudiants du niveau postsecondaire

Diffusion : 2020-05-12

L'ampleur de la crise liée à la COVID-19 est sans précédent et a de profondes répercussions sur la santé ainsi que sur les activités sociales et économiques des Canadiens. Statistique Canada est déterminé à appuyer les décideurs et à informer les Canadiens en produisant des données et des analyses riches, opportunes et pertinentes au sujet de la pandémie actuelle.

Récemment, Statistique Canada a fait appel à la relation unique qu'il entretient avec les Canadiens pour mettre au point une nouvelle initiative permettant de générer des données et des analyses rapidement et efficacement par l'intermédiaire d'une approche participative à la collecte des données. Des questionnaires fondés sur l'approche participative sont utilisés fréquemment pour obtenir des renseignements d'actualité sur des questions importantes, comme la mesure dans laquelle la COVID-19 touche la vie et le bien-être de différents groupes de Canadiens, qui sont invités à consulter régulièrement le site Web pour participer à l'initiative.

Les Canadiens sont confrontés à des défis sans précédent en raison de la COVID-19. Les étudiants n'y échappent pas. Non seulement leurs études ont été interrompues, mais ils sont nombreux à avoir perdu un emploi ou une perspective d'emploi, ce qui soulève des préoccupations en ce qui concerne leur situation financière et leur avenir scolaire.

Du 19 avril au 1er mai 2020, plus de 100 000 étudiants du niveau postsecondaire ont pris part à une initiative de collecte de données en ligne fondée sur une approche participative au sujet des répercussions de la pandémie de la COVID-19 sur leur situation à l'égard de leurs études, du marché du travail et de leurs finances. Statistique Canada tient à remercier les participants qui ont pris le temps de répondre à ces questions importantes en ces temps incertains.

Aujourd'hui, Statistique Canada diffuse les résultats initiaux de ce questionnaire. Les lecteurs doivent noter que, contrairement aux autres enquêtes menées par Statistique Canada, l'initiative d'approche participative ne repose pas sur un plan de sondage s'appuyant sur un échantillonnage probabiliste. Les résultats diffusés ci-dessous ne peuvent donc pas être appliqués à l'ensemble de la population d'étudiants du niveau postsecondaire au Canada; ils s'appliquent uniquement aux étudiants ayant rempli le questionnaire. Cependant, les résultats dressent un portrait de l'expérience vécue par les étudiants participants. En raison du nombre élevé de participants, ils fournissent des données utiles.

La majorité des participants ont fait état de perturbations scolaires en raison de la pandémie de COVID-19

La pandémie de COVID-19 a entraîné la fermeture des collèges et des universités partout au Canada, ce qui a fait en sorte qu'un plus grand nombre de cours ont dû être suivis en ligne. En outre, de nombreux étudiants ont dû quitter les résidences étudiantes ou les logements réservés aux étudiants. La vie scolaire a été perturbée d'une certaine manière pour la majorité des étudiants du niveau postsecondaire, tandis que 57 % des participants ont déclaré que leur placement en milieu de travail ou que leurs cours ont été reportés, repoussés ou annulés.

Graphique 1  Graphique 1: Proportion des participants dont les activités scolaires ont été touchées par la pandémie de COVID-19, selon le type de répercussions
Proportion des participants dont les activités scolaires ont été touchées par la pandémie de COVID-19, selon le type de répercussions

La perturbation la plus fréquemment déclarée par les participants en raison de la pandémie de COVID-19 est le report ou l'annulation de leur placement en milieu de travail (35 %). Un peu plus du quart (26 %) ont déclaré qu'une partie de leurs cours ont été repoussés ou annulés par leur établissement d'enseignement, y compris les travaux de cours, comme les laboratoires, l'apprentissage appliqué et l'enseignement pratique, qui ne peuvent pas être faits en ligne.

En outre, 11 % des participants ont indiqué ne pas être en mesure de terminer leur grade, certificat ou diplôme comme prévu, tandis que 10 % n'ont pas été en mesure de terminer une partie de leurs cours de la session d'hiver.

Lorsqu'on a comparé les résultats des participants prévoyant obtenir leur diplôme en 2020 avec ceux des étudiants poursuivant leurs études, les résultats ont été semblables pour tous les indicateurs scolaires, sauf un. Deux fois plus de diplômés éventuels ont déclaré qu'ils ne pourraient pas terminer leur grade, certificat ou diplôme comme prévu (17 % par rapport à 8 % des étudiants poursuivant leurs études).

Parmi les diplômés éventuels incapables d'obtenir leur diplôme comme prévu, 54 % ont également indiqué être très ou extrêmement préoccupés par le fait que leur grade, certificat ou diplôme ne serait pas considéré comme l'équivalent de celui des personnes dont les études n'ont pas été touchées par la COVID-19.

La pandémie a eu des répercussions considérables sur les plans en matière d'emploi des étudiants du niveau postsecondaire

Comme cela a été le cas pour de nombreux Canadiens, la pandémie de COVID-19 a grandement perturbé le marché du travail des étudiants, qui étaient plus susceptibles d'occuper des emplois plus précaires dans des industries durement touchées comme les services d'hébergement et de restauration. Cette situation fait écho à la diffusion la plus récente de l'Enquête sur la population active, qui a montré que le taux d'emploi des étudiants âgés de 20 à 24 ans a été de 29,8 % en avril, par rapport à 52,5 % en février.

Dans le questionnaire de l'initiative d'approche participative, on a demandé aux étudiants du niveau postsecondaire de répondre à des questions sur leurs plans en matière d'emploi au début de mars. On leur a ensuite demandé comment ces plans ont changé en raison de la pandémie de COVID-19.

Au début du mois de mars, les deux tiers des participants ont déclaré avoir des plans fermes en matière d'emploi ou des perspectives d'emploi à la fin de la session : 28 % ont déclaré avoir planifié conserver l'emploi qu'ils occupaient à l'époque, 18 % ont mentionné avoir un emploi avec une date d'entrée en fonction confirmée, et 22 % ont indiqué avoir des perspectives d'emploi. De plus, 26 % des participants étaient à la recherche d'un emploi, mais n'avaient pas de perspectives fermes, et 6 % n'étaient pas à la recherche d'un emploi.

Graphique 2  Graphique 2: Plans des participants en matière d'emploi à la fin de la session
Plans des participants en matière d'emploi à la fin de la session

La pandémie de COVID-19 a eu différentes répercussions sur ces plans en matière d'emploi, tandis que de nombreux participants ont perdu leur emploi ou leurs perspectives d'emploi. Parmi les participants prévoyant continuer d'occuper l'emploi qu'ils avaient au début de mars, la majorité avait perdu son emploi (21 %) ou avait été mise à pied (34 %) deux mois plus tard. En outre, 26 % des participants travaillaient toujours, mais leur nombre d'heures avait été réduit. Moins du quart (24 %) des étudiants ont continué de travailler comme prévu.

La situation était semblable chez les participants qui avaient un emploi avec une date d'entrée en fonction confirmée au début de mars. Près du tiers (31 %) ont déclaré avoir perdu leur emploi au moment où ils ont rempli le questionnaire en ligne, tandis que 40 % ont mentionné que leur date d'entrée en fonction avait été reportée. Aussi, 13 % ont déclaré avoir encore cet emploi.

Parmi les participants ayant des perspectives d'emploi au début de mars, 6 % pouvaient encore compter sur ces perspectives au moment de la collecte, tandis que près de la moitié (49 %) ont indiqué avoir perdu ces perspectives.

De nombreux étudiants participants manifestent d'importantes préoccupations au sujet de leur situation financière en raison de la COVID-19

Les étudiants participants ont déclaré qu'ils subissaient les répercussions économiques de la COVID-19. Dans l'ensemble, 58 % ont indiqué être très ou extrêmement préoccupés par le fait de perdre un emploi à l'avenir, et 67 % ont mentionné être très ou extrêmement préoccupés par le fait de ne pas avoir de perspectives d'emploi dans un avenir rapproché. Sans emploi ou sans perspective d'emploi, de nombreux étudiants poursuivant leurs études s'inquiètent de la manière dont ils paieront les frais de scolarité futurs, en plus de leurs dépenses courantes.

En réaction aux préoccupations croissantes relatives à la COVID-19, le 22 avril, le gouvernement fédéral a lancé la Prestation canadienne d'urgence pour les étudiants (PCUE), qui propose un soutien financier aux étudiants qui ne sont pas admissibles à la Prestation canadienne d'urgence (PCU). L'annonce de la PCUE a été faite au milieu de la collecte des données effectuée au moyen de l'approche participative. Cela donne une occasion unique de comparer les préoccupations financières manifestées par les participants ayant rempli le questionnaire avant l'annonce de la prestation avec celles de ceux l'ayant rempli après l'annonce.

Dans l'ensemble, à la suite de l'annonce de la PCUE, la proportion des étudiants poursuivant leurs études ayant déclaré être très ou extrêmement préoccupés par leurs finances a baissé dans toutes les catégories. Malgré cette baisse, un nombre important de participants font encore état de préoccupations importantes.

Par exemple, avant l'annonce de la PCUE, 73 % des participants ont indiqué être très ou extrêmement préoccupés par l'épuisement de leurs économies. Cette proportion est passée à 61 % des participants après l'annonce.

Dans le même ordre d'idées, la proportion de participants manifestant d'importantes préoccupations quant au paiement des frais de scolarité de la prochaine session, à l'augmentation de leur dette d'études ou au paiement des dépenses courantes a diminué de 10 à 14 points de pourcentage après l'annonce de la PCUE, tandis que de 44 % à 47 % des étudiants ont déclaré être très ou extrêmement préoccupés par chacun de ces enjeux.

Graphique 3  Graphique 3: Proportion des participants ayant déclaré être très ou extrêmement préoccupés par leurs finances, selon le type de préoccupation et la date de la participation
Proportion des participants ayant déclaré être très ou extrêmement préoccupés par leurs finances, selon le type de préoccupation et la date de la participation

Au cours des prochains jours, Statistique Canada diffusera deux articles supplémentaires qui mettent en évidence les répercussions scolaires et les préoccupations financières des étudiants en raison de la pandémie de COVID-19. Ces articles seront accessibles sur le portail La COVID-19 : sous l'angle des données, qui comprend les diffusions les plus récentes de l'organisme au sujet de la pandémie. Les Canadiens sont invités à fournir leurs données sur les répercussions qu'a la pandémie de COVID-19 sur eux, en répondant aux questionnaires de l'initiative d'approche participative de Statistique Canada.




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Il est maintenant possible de consulter l'infographie intitulée « Comment les étudiants du niveau postsecondaire au Canada sont-ils touchés par la pandémie de COVID-19 ? »

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