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La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2018

Diffusion : 2019-12-12

De 2009 à 2018, le taux d'affaires de violence familiale envers les aînés déclarées par la police s'est accru, tandis que le taux de violence entre partenaires intimes a diminué et que le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes est demeuré relativement stable. La violence familiale touche les Canadiens et les Canadiennes de tous âges et peut avoir des effets immédiats et à long terme sur la santé et le bien-être des victimes.

Le taux d'affaires de violence familiale envers les aînés déclarées par la police a augmenté de 11 % de 2009 à 2018, alors que le taux de violence entre partenaires intimes a diminué de 12 % et que le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes est demeuré relativement stable (-1 %). Parallèlement, le taux global d'affaires de violence déclarées par la police a diminué de 17 %.

Comparativement aux tendances à long terme observées depuis 2009, des hausses ont été enregistrées pour tous ces types de violence de 2017 à 2018.

Le rapport annuel de Juristat intitulé « La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2018 » est publié aujourd'hui. Il comprend trois feuillets d'information qui reposent sur les données déclarées par la police et qui permettent d'explorer les sujets suivants : la violence familiale envers les enfants et les jeunes, la violence entre partenaires intimes et la violence familiale envers les aînés. La recherche sur la violence familiale peut aider à identifier les personnes les plus à risque de subir ce type de victimisation. La recherche peut également contribuer à s'assurer que des programmes et des services sont offerts à ceux qui en ont besoin, surtout parce que cette forme de violence est souvent commise loin des yeux du public.

Graphique 1  Graphique 1: Variation du taux en pourcentage, selon le type de violence déclaré par la police, Canada, 2009 à 2018 et 2017 à 2018
Variation du taux en pourcentage, selon le type de violence déclaré par la police, Canada, 2009 à 2018 et 2017 à 2018

Le taux d'affaires de violence familiale envers les aînés déclarées par la police est en hausse pour une troisième année consécutive

Pour la troisième année d'affilée, la police au Canada a déclaré un taux plus élevé de violence familiale envers les aînés de 65 ans et plus (+4 %). En 2018, 67 aînés pour 100 000 personnes ont été victimes de violence; il s'agit d'une hausse par rapport à la proportion de 65 victimes pour 100 000 personnes enregistrée en 2017. Selon les estimations démographiques pour 2018, les personnes de 65 ans et plus représentaient 17 % de la population canadienne. À mesure que la population d'aînés continue de s'accroître, l'enjeu lié à la violence envers les personnes âgées — tant au sein de la famille qu'à l'extérieur de celle-ci — prend de plus en plus d'importance.

Comme pour les autres formes de violence familiale et de violence entre partenaires intimes, les femmes (58 %) étaient plus susceptibles d'être victimes de violence familiale envers les aînés que les hommes (42 %). Les hommes âgés victimes de violence familiale étaient le plus souvent agressés par leur enfant (35 %), tandis que les femmes âgées étaient le plus souvent agressées par leur conjoint (32 %).

À mesure que la population vieillit, le nombre de personnes âgées vivant dans des résidences offrant des services d'aide à la vie autonome continue d'augmenter. Bien qu'ils n'aient pas nécessairement été victimes de violence familiale, 8 % des aînés victimes de violence ont été agressés dans un établissement de soins infirmiers ou dans une maison de retraite. Parmi les affaires comportant une seule victime et un seul auteur présumé, 71 % des aînés victimes de violence dans un établissement de soins infirmiers ont été agressés par une simple connaissance, le plus souvent un autre aîné (85 %).

Le taux d'affaires de violence familiale envers les enfants et les jeunes déclarées par la police est en hausse par rapport à l'année précédente

De 2009 à 2018, le taux d'affaires de violence non familiale envers les enfants et les jeunes au Canada a diminué de près du tiers (-31 %), tandis que le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes est demeuré relativement stable (-1 %). Plus récemment, le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes a toutefois augmenté de 7 % de 2017 à 2018 — une hausse plus marquée que celle observée pour les autres formes de violence familiale.

Les membres de la famille étaient responsables de près du tiers (31 %) de toutes les affaires de violence envers les enfants et les jeunes en 2018, ce qui se traduit par un taux de 266 victimes de violence familiale pour 100 000 personnes. Un parent (59 %) était le membre de la famille le plus souvent responsable, et la plupart des enfants et des jeunes victimes de violence (60 % des victimes de sexe féminin et 69 % des victimes de sexe masculin) vivaient avec le membre de la famille qui les a agressés.

La majorité (60 %) des enfants et des jeunes victimes d'affaires de violence familiale déclarées par la police étaient de sexe féminin. Les filles étaient particulièrement surreprésentées parmi les victimes d'infractions sexuelles perpétrées au sein de la famille, le taux des filles étant près de cinq fois supérieur à celui des garçons (149 victimes de sexe féminin par rapport à 32 victimes de sexe masculin pour 100 000 personnes).

Les victimes de violence aux mains d'un partenaire intime représentent environ le tiers des victimes de crimes violents déclarés par la police

La violence entre partenaires intimes comprend la violence commise par un conjoint ou une conjointe marié, un conjoint ou une conjointe de fait, un petit ami ou une petite amie, ou un autre type de partenaire intime, actuel ou ancien. En 2018, plus de 99 000 personnes de 15 à 89 ans ont été l'objet de violence aux mains d'un partenaire intime au Canada, ce qui représente environ le tiers (30 %) des victimes de crimes violents déclarés par la police. Près des quatre cinquièmes des victimes de violence aux mains d'un partenaire intime étaient des femmes (79 %).

De 2017 à 2018, le taux d'affaires de violence entre partenaires intimes déclarées par la police au Canada a augmenté de 2 %, ce qui a donné lieu au plus haut taux observé depuis 2012. Au cours de cette période, le taux de violence entre partenaires intimes a augmenté de 3 % chez les femmes, mais il a légèrement diminué chez les hommes (-1 %).

Le taux d'affaires de violence entre partenaires intimes déclarées par la police a toutefois connu une baisse à long terme, ayant connu un recul de 12 % de 2009 à 2018. Cette baisse était plus marquée chez les femmes (-13 %) que chez les hommes (-7 %). Au cours de cette période, le recul du taux de violence entre partenaires intimes a été moins prononcé que la diminution globale du taux d'affaires de violence déclarées par la police (-17 %).

En 2018, la violence entre partenaires intimes s'est produite le plus souvent dans une résidence privée (84 %). Parmi les personnes qui ont été agressées par un partenaire intime, la moitié l'ont été dans un domicile qu'elles partageaient avec l'auteur présumé (50 %) et environ le tiers l'ont été dans leur propre domicile (30 %), c'est-à-dire un domicile qu'elles ne partageaient pas avec l'auteur présumé. Dans le cas de 10 % des victimes de violence aux mains d'un partenaire intime, l'agression s'est produite dans une aire ouverte, comme une rue, un parc ou un stationnement.

  Note aux lecteurs

Le rapport « La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2018 » est produit par le Centre canadien de la statistique juridique dans le cadre de l'Initiative fédérale de lutte contre la violence familiale. Il fournit les données les plus à jour sur la nature et l'étendue de la violence familiale au Canada, ainsi que les tendances au fil du temps.

La violence familiale désigne la violence commise par les parents (biologiques, adoptifs, en famille d'accueil et beaux-parents), les enfants (biologiques et adoptés, les beaux-fils et belles-filles, et les enfants en famille d'accueil), les frères et sœurs (biologiques, les demi-frères et demi-sœurs, et les frères et sœurs par alliance, par adoption et de famille d'accueil), les conjoints et conjointes de même sexe et de sexe opposé (mariés, séparés, divorcés et vivant en union libre) et les membres de la famille élargie (p. ex. les grands-parents, les petits-enfants, les oncles et tantes, les neveux et nièces, les cousins et cousines, et les membres de la belle-famille). La violence entre partenaires intimes comprend la violence commise par des conjoints mariés, des conjoints de fait, des petits amis ou des petites amies, ou d'autres partenaires intimes, de même sexe ou de sexe opposé, actuels ou anciens.

Ce rapport s'appuie sur les données déclarées par la police dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire et les données de l'Enquête sur les homicides. Les enfants et les jeunes victimes de violence ont 17 ans ou moins, les victimes de violence aux mains d'un partenaire intime ont de 15 à 89 ans, et les victimes âgées ont de 65 à 89 ans. Les victimes de 90 ans et plus ont été exclues de l'analyse en raison de la possibilité que les affaires pour lesquelles l'âge de la victime était inconnu aient été classées incorrectement dans cette catégorie d'âge.

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L'article de Juristat « La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2018 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible.

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