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Étude : Les langues autochtones et le rôle joué par l'apprentissage en tant que langue seconde, 2016

Diffusion : 2018-12-07

Au Canada, un nombre croissant de personnes apprennent une langue autochtone comme langue seconde, de sorte qu'en 2016, 263 840 personnes ont indiqué qu'elles maîtrisaient suffisamment bien une langue autochtone pour tenir une conversation, en hausse de 8 % par rapport à 1996.

Toutefois, au cours de la période de 1996 à 2016, le nombre de personnes dont la langue maternelle est une langue autochtone, c'est-à-dire la première langue apprise durant l'enfance et encore comprise, a légèrement fléchi de 1 %.

Ces résultats proviennent d'une nouvelle étude, intitulée « Résultats du recensement de 2016 : Les langues autochtones et le rôle de l'acquisition d'une langue seconde », fondée sur les données du recensement et publiée dans Regards sur la société canadienne. L'étude s'inscrit dans une série d'articles qui traitent de sujets sociaux et économiques au Canada en s'appuyant sur une analyse approfondie des résultats du Recensement de 2016.

Les langues autochtones font partie intégrante du tissu social et de la culture des collectivités de Premières Nations, de Métis et d'Inuits. Au Canada, plus de 70 langues autochtones sont parlées, dont les langues cries, l'inuktitut et l'ojibwé, qui sont les plus courantes.

Dans le cadre de l'étude, la mesure dans laquelle les langues autochtones sont parlées au Canada est mesurée, de même que les facteurs associés à leur utilisation et à leur conservation.

L'acquisition d'une langue seconde est en hausse chez les locuteurs de langues autochtones

Parmi les locuteurs d'une langue autochtone, la proportion de ceux l'ayant apprise comme langue seconde a augmenté de 1996 à 2016.

En 2016, 26 % de tous les locuteurs d'une langue autochtone l'ont apprise en tant que langue seconde. En 1996, cette proportion était de 18 %.

Les locuteurs d'une langue autochtone l'ayant apprise comme langue seconde sont significativement plus jeunes que ceux l'ayant apprise comme langue maternelle. L'âge moyen des personnes ayant appris une langue autochtone comme langue maternelle était de 37,1 ans, comparativement à 30,8 ans pour les personnes en ayant appris une comme langue seconde.

Le fait que les locuteurs qui ont appris une langue autochtone comme langue seconde étaient plus jeunes donne à penser que de nombreux enfants autochtones ont appris une langue autochtone de leurs parents ou grands-parents vivant avec eux, même s'il ne s'agissait pas de leur première langue apprise. Cela laisse aussi entendre que certains l'ont apprise à l'école, à la garderie ou dans le cadre de programmes destinés aux jeunes enfants dans la collectivité.

La transmission de la langue autochtone est plus fréquente dans les familles où les parents l'ont apprise comme langue maternelle

Un important facteur de l'acquisition d'une langue autochtone est la mesure dans laquelle elle est transmise du parent à l'enfant.

Les parents dont la langue autochtone a été apprise comme langue maternelle sont plus susceptibles de la transmettre à leurs enfants que ceux qui l'ont apprise comme langue seconde.

Plus précisément, parmi les familles dans lesquelles au moins un parent avait une langue autochtone comme langue maternelle, 66 % comptaient un enfant qui pouvait parler une langue autochtone.

Cette proportion s'élève à 78 % chez les familles où les deux parents avaient une langue autochtone comme langue maternelle.

En revanche, parmi les familles dans lesquelles aucun parent n'avait une langue autochtone comme langue maternelle, mais au moins un parent en avait une comme langue seconde, moins de la moitié (49 %) comptaient un enfant à la maison qui pouvait parler une langue autochtone.

Une plus grande proportion de locuteurs autochtones utilisent une langue autochtone à la maison

Le fait de parler sa langue à la maison est un autre aspect important de la vitalité linguistique.

Au cours des 10 dernières années, l'utilisation d'une langue autochtone à la maison a augmenté chez les personnes dont la langue autochtone est leur langue maternelle, ainsi que chez celles dont elle est leur langue seconde.

Parmi les personnes dont la langue autochtone était leur langue maternelle, 90 % la parlaient au moins régulièrement à la maison en 2016, en hausse par rapport à 82 % en 2006. Les langues cries, l'ojibwé, l'oji-cri, le déné et l'inuktitut ont été principalement à l'origine de cette hausse.

Chez celles dont la langue autochtone était leur langue seconde, le pourcentage de locuteurs qui l'utilisaient à la maison a augmenté encore plus, passant de 38 % en 2006 à 73 % en 2016. Au sein de ce groupe, le pied-noir, les langues cries, l'ojibwé, les langues salishennes et l'inuktitut ont principalement été à l'origine de la hausse.

Les personnes dont la langue autochtone était leur langue seconde, toutefois, étaient plus susceptibles de déclarer qu'elles la parlaient régulièrement en tant que langue secondaire (ce qui signifie qu'elles parlaient plus souvent une autre langue à la maison).

Les langues autochtones sont plus susceptibles d'être acquises comme langue maternelle dans les communautés plus petites, où la concentration linguistique est forte

Les facteurs communautaires peuvent aussi avoir des répercussions sur l'utilisation et la conservation des langues autochtones.

Plus précisément, on trouve souvent les fortes concentrations de locuteurs ayant une langue autochtone comme langue maternelle dans les petites collectivités situées loin des grands centres urbains.

Les locuteurs de l'inuktitut en sont un exemple. En 2016, la majorité (94 %) des populations composées de personnes parlant l'inuktitut vivaient dans des collectivités au Nunavut ou au Nunavik. Au sein du Nunavut et du Nunavik combinés, 78 % de la population pouvait parler l'inuktitut.

De plus, la majorité des locuteurs de l'inuktitut l'avaient appris comme langue maternelle, alors que 12 % l'avaient appris comme langue seconde.

En revanche, les langues affichant une proportion supérieure d'apprenants d'une langue seconde étaient moins susceptibles de se trouver dans des régions où il y avait une forte concentration de personnes les parlant.

  Note aux lecteurs

Les données utilisées dans l'étude sont tirées du Recensement de la population de 2016, ainsi que de ceux de 1996, de 2001 et de 2006, et de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011. Des taux de croissance ont été appliqués au moyen d'une base corrigée afin de vérifier les différences dans les réserves partiellement dénombrées d'un cycle à un autre. Cependant, les estimations ponctuelles — sauf indication contraire — ont été comparées sans correction tenant compte du dénombrement partiel.

Les locuteurs d'une langue autochtone sont définis comme les personnes qui ont déclaré pouvoir parler suffisamment bien une langue autochtone pour tenir une conversation. La définition se fonde sur la variable de la connaissance d'une langue autochtone.

Le groupe des locuteurs autochtones qui ont acquis une langue autochtone comme langue maternelle comprend les personnes qui ont déclaré avoir comme langue maternelle une langue autochtone et pouvoir toujours parler cette langue suffisamment bien pour tenir une conversation.

Le groupe des locuteurs qui ont appris une langue autochtone comme langue seconde comprend les locuteurs d'une langue autochtone qui n'ont pas déclaré cette langue à la question sur la langue maternelle.

Presque tous les locuteurs d'une langue autochtone (99 %) faisaient partie de la population ayant une identité autochtone. Bien que le nombre de locuteurs d'une langue autochtone ait augmenté de 8% de 1996 à 2016, la proportion de la population autochtone pouvant parler une langue autochtone a diminué, passant de 29 % à 16 %. Ce résultat s'explique par le fait que la population autochtone a augmenté plus rapidement que le nombre de locuteurs de langues autochtones, en grande partie en raison d'une probabilité accrue d'auto-identification. Une grande partie de la croissance du nombre de personnes s'identifiant comme ayant une identité autochtone s'est produite dans de grandes villes, où les langues autochtones sont moins souvent parlées.

Produits

L'étude intitulée « Résultats du recensement de 2016 : Les langues autochtones et le rôle de l'acquisition d'une langue seconde » est maintenant accessible dans la publication Regards sur la société canadienne (Numéro au catalogue75-006-X).

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Pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes ou la qualité des données, ou pour plus de renseignements au sujet de Regards sur la société canadienne, communiquez avec Sébastien LaRochelle-Côté (613-951-0803; sebastien.larochelle-cote@canada.ca).

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