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Le portrait socioéconomique de la population agricole changeante du Canada, 2016

Diffusion : 2018-11-27

En 2016, il y avait 187 492 entreprises agricoles, selon le Recensement de l'agriculture (REAG). En plus des entreprises agricoles, environ 6 000 fermes d'agrément ont également été dénombrées dans le cadre du REAG en 2016 et elles sont comprises dans ce couplage. Toutefois, les logements collectifs ne le sont pas. La distinction entre la ferme d'agrément et l'entreprise agricole se fait principalement en déterminant si les activités agricoles ont un objectif récréatif ou commercial.

La présente publication dresse un profil socioéconomique de la population agricole du Canada en couplant des données du REAG de 2016 avec des données du Recensement de la population de 2016. Ce couplage permet d'établir les caractéristiques socioéconomiques de la collectivité agricole canadienne. La population agricole du Canada comprend les exploitants agricoles (les personnes responsables de prendre les décisions de gestion relatives à l'exploitation d'un établissement agricole) et les membres de leur ménage.

La population agricole du Canada continue d'évoluer comme l'ont fait les activités agricoles

Le profil de la population agricole du Canada a changé. Les résultats du REAG de 2016, couplés aux données du Recensement de la population de 2016, indiquent que les familles agricoles sont non seulement plus petites qu'avant, mais qu'elles sont également plus aisées et moins nombreuses à vivre dans les régions rurales.

La croissance de l'automatisation, de la complexité et de la taille des exploitations agricoles s'est traduite par une baisse du nombre d'exploitations au Canada, baisse qui a également touché la population agricole. En 1971, 1 Canadien sur 14 faisait partie de la population agricole. En 2016, cette proportion avait diminué pour se situer à 1 Canadien sur 58. De 1971 à 2016, la population agricole a diminué de 62,7 % pour se chiffrer à 592 975 personnes.

Les ménages agricoles sont non seulement plus petits, mais ils sont aussi plus aisés

Avec l'avènement de l'automatisation, le recours au travail manuel des exploitations agricoles a diminué au fil du temps. Le taux de natalité à la baisse a contribué à la réduction de la taille des ménages, mais il est possible que la décroissance de la demande en travail manuel des exploitations agricoles ait elle aussi eu une incidence sur la taille des ménages agricoles. En 1971, le ménage agricole moyen comptait 4,3 personnes. En 2016, il avait diminué de 35,5 % pour s'établir à 2,8 personnes.

En comparaison, la taille moyenne d'un ménage de la population canadienne en général était de 3,5 personnes en 1971. En 2016, elle avait diminué de près d'un tiers pour s'établir à 2,4 personnes.

Non seulement les ménages agricoles sont-ils plus petits qu'avant, mais leur revenu total est aussi plus élevé que celui des ménages de la population totale. En 1971, le revenu total médian des ménages agricoles était de 33 737 $ en dollars constants de 2015, et était 33,8 % moins élevé que celui des ménages de la population totale. Cette tendance a toutefois changé.

En examinant les trois dernières périodes de recensement, on constate que le revenu total médian des ménages agricoles était supérieur à celui des ménages de la population canadienne en général. Le revenu total médian des ménages agricoles était de 65 088 $ en 2006, et était 2,6 % supérieur à celui des ménages de la population totale (63 457 $). En 2016, le revenu total médian des ménages agricoles avait atteint 82 456 $, soit 17,3 % de plus que celui des ménages de la population totale (70 275 $).

La population agricole gravite autour de certains types d'exploitations, qui génèrent des revenus du ménage plus élevés

Les exploitations agricoles peuvent être classées selon le type de travail principal qui y est effectué. Certains types d'exploitations génèrent un revenu du ménage plus élevé que d'autres au sein de la population agricole.

Par exemple, en 2016, près d'un tiers de la population agricole a déclaré travailler à la culture de plantes oléagineuses et de céréales. De 2006 à 2016, les ménages ayant déclaré cultiver des plantes oléagineuses et des céréales ont vu leur revenu total médian croître de 41,2 %. L'une des raisons possibles de cette augmentation du revenu des ménages tient au fait que la culture de plantes oléagineuses et de céréales avait l'un des meilleurs ratios des dépenses aux revenus à l'échelle nationale de 2010 à 2015.

Le prix de ces produits a atteint un sommet en 2012 et en 2013, mais a diminué depuis pour la majorité des cultures. Au cours de la même période, le coût des intrants de ce type de production a augmenté. Par conséquent, le ratio des dépenses aux revenus de ce type d'agriculture était moins favorable en 2015 qu'en 2010.

Après la culture de plantes oléagineuses et de céréales, le deuxième type d'exploitation agricole le plus couramment déclaré par la population agricole était l'élevage de bovins de boucherie, y compris l'exploitation de parcs d'engraissement. En 2016, 17,5 % de la population agricole a déclaré travailler à ce type d'exploitation. Les ménages associés à l'élevage de bovins de boucherie, y compris l'exploitation de parcs d'engraissement, ont déclaré un revenu total médian de 78 411 $, soit 8 136 $ de plus que le revenu total médian de la population totale.

Les sources possibles de revenu de la population agricole se sont diversifiées au fil du temps

Il est possible que le revenu total médian des ménages agricoles ait augmenté en raison de la prédominance de certains types d'exploitations agricoles, mais la présence de nouvelles possibilités de revenu autres que les activités agricoles pourrait être un autre facteur.

En 1971, le revenu moyen provenant d'un travail autonome non agricole était de 776 $. En 2016, il avait augmenté de 97,8 % pour se chiffrer à 1 535 $. Cette augmentation du revenu non lié aux activités agricoles pourrait indiquer que l'exploitation agricole n'est pas la seule source de revenu des ménages agricoles. Les possibilités de revenu externes de la population agricole pourraient également dépendre de la densité de population de la région où réside le ménage.

La population agricole s'adapte aux tendances migratoires changeantes de la population canadienne totale

Un plus grand nombre de la population totale se déplace des régions rurales vers les régions urbaines, et il en va de même pour la population agricole. En 1971, 7,9 % de la population agricole résidait en région urbaine, alors qu'en 2016, cette proportion avait augmenté pour se situer à 16,1 %. Cette tendance suggère que la population agricole qui réside en région urbaine met à profit sa région de résidence. La part de la population agricole qui vit en région urbaine varie beaucoup selon la province; les plus grandes proportions ont été enregistrées à Terre-Neuve-et-Labrador et en Colombie-Britannique.

En 2016, près du tiers de la population agricole ayant déclaré travailler à la culture de fruits et de noix ou à la culture de légumes et de melons résidait en région urbaine. Ces deux types d'exploitations étaient plus susceptibles de se livrer à des activités de marketing direct comme source de revenu. Il est donc avantageux pour ces ménages d'être situés près d'endroits plus peuplés, car cela facilite la vente directe de leurs produits aux consommateurs.

Graphique 1  Graphique 1: Répartition de la population agricole rurale et urbaine selon le type d'exploitation agricole au Canada, 2016
Répartition de la population agricole rurale et urbaine selon le type d'exploitation agricole au Canada, 2016

Bien qu'une part croissante de la population agricole migre vers les régions urbaines, une partie de cette population demeure résolument en région rurale. Pour la plupart de ces ménages, c'est une question de nécessité, car de nombreux types d'exploitations agricoles situés principalement en région rurale ont besoin de vastes terres agricoles pour faire brouter leurs troupeaux ou pousser leurs grandes cultures.

Par exemple, en 2016, 92,4 % de la population agricole travaillant à l'élevage de porcs vivait en région rurale.

Une proportion importante de la population agricole associée aux exploitations d'élevage de bovins laitiers et de production laitière a également déclaré vivre en région rurale; cette proportion s'élevait à 96,2 % en 2016. Les exploitations de ce type occupent la troisième superficie agricole moyenne en importance au Canada, et pourraient donc difficilement exister en région urbaine. En outre, les bovins laitiers ont besoin de supervision et d'interventions fréquentes (p. ex. deux traites par jour), de sorte que les exploitants et les membres de leur ménage sont susceptibles à vivre à proximité de l'exploitation agricole.

L'exploitation agricole moderne

En bref, la population agricole évolue comme le font les activités agricoles. Le stéréotype des grands ménages agricoles vivant uniquement en région rurale ne correspond plus à la réalité. De 1971 à 2016, la taille moyenne des ménages de la population agricole a diminué de 35,5 %. Durant la même période, le revenu total médian des ménages agricoles a augmenté de 144,4 % et en est venu à dépasser le revenu total médian des ménages de la population totale.

Non seulement la population agricole qui habite en région rurale a-t-elle diminué, mais une partie de la population agricole urbaine est associée à des types d'exploitations agricoles qui modernisent leurs pratiques commerciales. Les exploitations productrices de légumes et de melons et celles produisant des fruits et des noix sont deux des trois types d'exploitations dont la plus grande proportion est située en région urbaine. Elles sont également deux des trois types d'exploitations qui se livrent le plus souvent à des activités de marketing direct.

En raison de la modernisation et de l'automatisation croissantes des activités agricoles, la population agricole a évolué de manière à mieux tirer profit du contexte agricole actuel, et accorde une importance accrue à la formation scolaire. Veuillez consulter « Portrait de la scolarité des exploitants agricoles canadiens » (Numéro au catalogue11-627-M) pour obtenir de plus amples renseignements sur le niveau de scolarité des exploitants agricoles au Canada.




  Note aux lecteurs

Les données démographiques excluent le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ainsi que les logements collectifs.

La population agricole se rapporte à toutes les personnes faisant partie de ménages d'exploitants agricoles.

Le ratio des dépenses aux revenus représente le montant moyen des dépenses d'exploitation engagées par dollar de revenus agricoles bruts. Ce ratio est calculé en dollars courants, tandis que les autres mesures agricoles sont calculées en dollars constants.

On a utilisé des indices des prix pour obtenir des estimations en dollars constants des revenus, des dépenses et des valeurs du capital afin d'éliminer l'effet de la variation des prix dans les comparaisons d'une année à l'autre.

Le concept « urbain » inclut les petits centres de population, les moyens centres de population et les grands centres de population urbains, définis dans le dictionnaire du Recensement de la population.

Produits

Le produit Données du couplage Agriculture–Population (Numéro au catalogue95-633-X) est maintenant offert.

Les infographies : « Portrait socioéconomique de la population agricole en évolution du Canada », « Exploitants agricoles canadiens : un portrait éducatif » et « La population agricole immigrante du Canada », qui font partie du produit Statistique Canada–Infographies (Numéro au catalogue11-627-M) sont également disponibles.

Pour obtenir une liste complète de nos produits, visitez le Recensement de l'agriculture de 2016.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca) ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

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