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L'homicide au Canada, 2017

Diffusion : 2018-11-21

En 2017, le taux d'homicides au Canada a atteint un sommet inégalé depuis près de 10 ans. Cette augmentation est en grande partie attribuable à une croissance du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu et du nombre d'homicides attribuables à des gangs. Le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu a augmenté de 18 % par rapport à 2016 pour s'établir à 0,72 pour 100 000 habitants, ce qui représente le taux le plus élevé depuis 1992.

En 2017, la police a déclaré 660 victimes d'homicide au Canada, soit 48 victimes de plus qu'en 2016. Le taux d'homicides a augmenté de 7 % en 2017 pour s'établir à 1,80 victime pour 100 000 habitants, ce qui en fait le plus haut taux d'homicides observé depuis 2009.

Graphique 1  Graphique 1: Homicides et tentatives de meurtre, Canada, 1967 à 2017
Homicides et tentatives de meurtre, Canada, 1967 à 2017

Bien que l'homicide demeure un crime relativement rare au Canada — en 2017, ce crime représentait moins de 0,2 % de toutes les infractions avec violence au Code criminel déclarées par la police —, les taux d'homicides sont considérés comme un point de repère pour évaluer les niveaux d'activité violente tant au Canada qu'à l'échelle internationale.

L'homicide n'est pas la seule infraction criminelle avec violence au Canada à avoir connu une augmentation depuis 2016. En effet, les taux d'autres infractions graves avec violence, dont les tentatives de meurtre (+4 %), les agressions sexuelles (+13 %), les vols qualifiés (+2 %) et les voies de fait graves (+1 %), ont également augmenté en 2017. Les infractions commises à l'aide d'une arme à feu et la présence d'armes à feu dans les crimes violents ont aussi augmenté au cours des dernières années.

Même si le taux d'homicides au Canada fluctue d'une année à l'autre, il affiche généralement une tendance à la baisse depuis quelques décennies. Le taux d'homicides en 2017 était de 41 % inférieur au sommet atteint en 1975 (si l'on exclut les 329 personnes tuées dans l'affaire d'Air India survenue en 1985). Plus récemment, toutefois, le taux s'est légèrement accru et, en 2017, dépassait de 7 % la moyenne observée pour les 10 années précédentes.

Comme au Canada, le taux d'homicides aux États-Unis, lequel est généralement plus élevé que celui observé au Canada, suit une tendance à la hausse depuis 2013. Cette tendance n'a toutefois pas été observée dans d'autres pays comme le Royaume-Uni, la France et l'Australie.

Des renseignements détaillés sur l'homicide au Canada sont fournis dans l'article de Juristat publié aujourd'hui, « L'homicide au Canada, 2017 », de même que dans l'infographie intitulée « Infographie : L'homicide au Canada, 2017 ».

La Colombie-Britannique et le Québec contribuent de façon considérable à la hausse observée à l'échelle nationale

En 2017, deux provinces ont principalement contribué à l'augmentation du nombre d'homicides au pays, à savoir la Colombie-Britannique, qui a déclaré 118 victimes, soit 30 de plus qu'en 2016, et le Québec, où il y a eu 93 victimes, une augmentation de 26 victimes par rapport à 2016.

Le taux d'homicides en Colombie-Britannique s'est situé à 2,45 homicides pour 100 000 habitants, en hausse de 32 %. Il s'agit du plus haut taux observé dans cette province depuis 2009. Cette hausse a été enregistrée à la fois dans les régions urbaines et dans les régions rurales, et peut s'expliquer en partie par l'augmentation du nombre d'homicides attribuables à des gangs et du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu.

La hausse observée au Québec découle surtout de la croissance du nombre de victimes d'homicides survenus dans les régions rurales et du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec. L'augmentation du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu est attribuable à la fusillade qui a eu lieu au Centre culturel islamique de Québec en janvier 2017. Cet événement a été à l'origine de six des huit homicides commis à l'aide d'une arme à feu de plus à l'échelle de la province. Malgré cette hausse, le taux d'homicides au Québec (1,11 pour 100 000 habitants) arrivait à l'avant-dernier rang parmi les provinces où il s'est produit au moins un homicide.

Les taux d'homicides affichent une hausse plus prononcée en milieu rural qu'en milieu urbain

La criminalité et le maintien de l'ordre dans les régions rurales sont source de préoccupation ces dernières années au Canada.

En 2017, les services de police ont fait état de 148 victimes d'homicide dans les régions rurales du Canada, soit 36 de plus que l'année précédente. Cela représente 22 % de tous les homicides survenus à l'échelle nationale, bien que les personnes vivant en milieu rural représentent 16 % de la population canadienne.

Le taux d'homicides enregistré dans les régions rurales (2,43 pour 100 000 habitants) était de 45 % plus élevé que celui observé dans les régions urbaines du Canada (1,67 pour 100 000 habitants). Bien que les taux d'homicides aient augmenté dans les régions urbaines et rurales en 2017, les régions rurales ont affiché une hausse de 31 %, alors que les régions urbaines ont fait état d'une hausse de 1 %. Tant dans les régions urbaines que rurales, les taux d'homicides étaient plus élevés dans les territoires et le Nord provincial.

Vancouver et Québec affichent les plus fortes augmentations du nombre d'homicides parmi les régions métropolitaines de recensement du Canada

En 2017, la police a fait état de 422 victimes d'homicide dans les RMR du Canada, soit 4 de plus qu'en 2016. Malgré cette faible augmentation, le taux d'homicides enregistré dans les RMR a diminué de 1 % par rapport à l'année précédente pour s'établir à 1,63 pour 100 000 habitants. Cette baisse s'explique par l'augmentation de la taille de la population.

Bien que le nombre global de victimes d'homicide dans l'ensemble des RMR ait peu changé, des variations ont été observées à l'intérieur même des RMR. Vancouver (+11 victimes) et Québec (+9 victimes) ont affiché les hausses annuelles les plus prononcées.

Vancouver a dénombré 52 victimes d'homicide en 2017, soit le nombre le plus élevé enregistré dans la RMR depuis 2009. Cette hausse a contribué à l'augmentation du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu. En tout, 48 % des victimes d'homicide à Vancouver ont été tuées à l'aide d'une arme à feu, comparativement à 44 % en 2016, soit 7 victimes de plus. La majorité des victimes d'homicide commis à l'aide d'une arme à feu (68 %) à Vancouver ont été tuées au moyen d'une arme de poing.

L'augmentation observée à Québec est attribuable à la fusillade survenue en janvier 2017 au Centre culturel islamique de Québec.

Les homicides attribuables à des gangs inscrivent une troisième hausse annuelle

Après avoir diminué de 37 % de 2009 à 2014, le taux d'homicides attribuables à des gangs a augmenté pour une troisième année consécutive en 2017. En tout, un taux de 0,44 homicide attribuable à des gangs pour 100 000 habitants a été enregistré, ce qui constitue le plus haut taux depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 2005.

Graphique 2  Graphique 2: Homicides attribuables à des gangs, Canada, 1997 à 2017
Homicides attribuables à des gangs, Canada, 1997 à 2017

En 2017, la police a déclaré 163 homicides attribuables à des gangs, soit 23 de plus qu'en 2016. Ces homicides représentaient le quart (25 %) de l'ensemble des homicides.

La croissance globale du nombre d'homicides attribuables à des gangs de 2016 à 2017 s'explique principalement par les fortes hausses enregistrées en Colombie-Britannique (+15 victimes) et en Alberta (+12). Ensemble, ces deux provinces représentaient près de la moitié (47 %) de tous les homicides attribuables à des gangs au Canada.

Le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu atteint un sommet inégalé en 25 ans

En 2017, la police a déclaré 266 homicides commis à l'aide d'une arme à feu au Canada, soit 43 de plus qu'en 2016.

Les armes de poing étaient à l'origine d'environ 6 homicides commis à l'aide d'une arme à feu sur 10 en 2017. Avant 1990, les carabines et les fusils de chasse étaient utilisés beaucoup plus souvent que les armes de poing. Toutefois, une transition vers une utilisation accrue d'armes de poing a été observée depuis le début des années 1990.

Graphique 3  Graphique 3: Homicides selon la méthode la plus courante, Canada, 1987 à 2017
Homicides selon la méthode la plus courante, Canada, 1987 à 2017

Les homicides commis à l'aide d'une arme à feu sont en hausse depuis 2014, et la violence attribuable à des gangs a été le principal facteur à l'origine de cette augmentation. La proportion d'homicides attribuables à des gangs commis à l'aide d'une arme à feu augmente constamment depuis 2015. Les homicides attribuables à des gangs commis à l'aide d'une arme à feu représentaient 12 % de tous les homicides en 2015. En 2017, cette proportion est passée à 21 %. Comme cela a été le cas des taux d'homicides en général, les taux les plus élevés d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu ont été enregistrés dans les provinces de l'Ouest. L'Alberta (1,19 pour 100 000 habitants) et la Colombie-Britannique (1,18) ont enregistré les taux les plus élevés parmi les provinces, suivies du Manitoba (0,97) et de la Saskatchewan (0,86).

La Colombie-Britannique (+22 victimes) a enregistré la hausse la plus prononcée du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu parmi les provinces. En 2017, plus de la moitié (53 %) des homicides commis dans la province impliquaient l'utilisation d'une arme à feu. De cette proportion, 68 % étaient liés à des gangs ou soupçonnés de l'être.

L'augmentation du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu en Colombie-Britannique découle des hausses constatées à Vancouver (+7 victimes), à Abbotsford–Mission (+4 victimes) et dans les régions autres que les RMR (+10 victimes).

Malgré une diminution du nombre total d'homicides survenus sur son territoire en 2017 (-4 victimes), Toronto, la RMR la plus populeuse du Canada, a fait état du plus grand nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu (58). Cela représente une hausse de 7 homicides commis à l'aide d'une arme à feu par rapport à l'année précédente, et une proportion de 63 % de tous les homicides enregistrés à Toronto. Bien que Toronto ait enregistré le plus grand nombre d'homicides, Thunder Bay (5,80) a affiché le taux le plus élevé parmi les RMR du Canada.

Le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu est plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines

La hausse du nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu observée à l'échelle nationale s'est également reflétée dans les régions rurales, où le taux a augmenté de 60 % par rapport à l'année précédente.

Les taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu en milieu rural au Canada étaient 16 % plus élevés qu'en milieu urbain, et les taux les plus élevés ont été enregistrés en Alberta, au Manitoba et en Nouvelle-Écosse. Ensemble, ces provinces représentaient 50 % de tous les homicides commis à l'aide d'une arme à feu en milieu rural.

Graphique 4  Graphique 4: Homicides commis à l'aide d'une arme à feu dans les régions urbaines et rurales du Canada, selon la province, 2017
Homicides commis à l'aide d'une arme à feu dans les régions urbaines et rurales du Canada, selon la province, 2017

En 2017, 63 % des homicides commis à l'aide d'une arme à feu en milieu urbain l'ont été à l'aide d'une arme de poing, alors qu'en milieu rural, 66 % des homicides commis à l'aide d'une arme à feu l'ont été à l'aide d'une carabine ou d'un fusil de chasse.

Environ le quart des victimes d'homicide au Canada sont autochtones

Selon les projections démographiques, les Autochtones formaient environ 5 % de la population canadienne en 2017, mais représentaient 24 % de toutes les victimes d'homicide.

En 2017, le taux d'homicides chez les Autochtones a augmenté de 8 % par rapport à l'année précédente pour s'établir à 8,76 homicides pour 100 000 Autochtones. Ce taux est six fois plus élevé que celui des victimes d'homicide non autochtones. Au Canada, 156 victimes d'homicide autochtones ont été dénombrées en 2017, en hausse de 15 victimes par rapport à 2016. Les victimes de sexe féminin représentaient les deux tiers de la hausse, et les victimes de sexe masculin, le tiers restant.

Après avoir connu un recul prononcé au cours de l'année précédente, le taux d'homicides chez les victimes autochtones de sexe féminin (4,22 pour 100 000 Autochtones) a augmenté de 32 % en 2017. À titre de comparaison, le taux d'homicides chez les victimes autochtones de sexe masculin (13,40 pour 100 000 Autochtones) a connu une hausse de 2 % en 2017. Ce taux augmente de façon constante depuis 2014.

Ainsi, le taux d'homicides chez les Autochtones de sexe masculin était plus de trois fois plus élevé que celui observé chez les Autochtones de sexe féminin.

En 2017, le taux d'auteurs présumés d'homicide était 12 fois plus élevé chez les Autochtones que chez les non-Autochtones. Ce taux est semblable à celui des années précédentes, où il était au moins 9 fois plus élevé chez les Autochtones que chez les non-Autochtones.





  Note aux lecteurs

Les données figurant dans le présent article sont tirées de l'Enquête sur les homicides de 2017, qui permet de recueillir des données auprès de la police sur les caractéristiques de l'ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d'homicide au Canada. Dans le cadre de cette enquête, on a commencé à recueillir des renseignements sur l'ensemble des meurtres en 1961, puis on a élargi le champ de l'enquête en 1974 afin d'inclure les affaires d'infanticide et d'homicide involontaire coupable. Les renseignements sur ces affaires ne sont pas disponibles pour les années antérieures à 1974, mais des chiffres tirés du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) le sont, et ils sont pris en compte dans les totaux historiques globaux.

Dans le présent article, le terme « homicide » est employé pour désigner chaque victime d'homicide. Par exemple, une seule affaire peut compter plus d'une victime et, aux fins du présent article, chaque victime correspond à un homicide.

La tendance des homicides à long terme exclut les 329 victimes tuées dans l'affaire d'Air India survenue en 1985.

Certains homicides sont portés à l'attention de la police des mois ou des années après avoir été commis. Ces affaires sont comptabilisées dans l'année au cours de laquelle la police en a été informée. Les données détaillées sur les homicides qui ont déjà été déclarés à Statistique Canada sont mises à jour chaque année en fonction de nouveaux renseignements, tout comme les données sur les auteurs présumés.

En raison de révisions apportées à la base de données de l'Enquête sur les homicides, les données annuelles déclarées dans le cadre de cette enquête avant 2016 pourraient ne pas correspondre au nombre annuel d'homicides déclaré dans le cadre du Programme DUC. Les données de l'Enquête sur les homicides sont annexées à la base de données du Programme DUC chaque année pour la déclaration des statistiques annuelles sur les crimes déclarés par la police.

Les renseignements sur les auteurs présumés d'homicide sont disponibles seulement pour les affaires résolues (c.-à-d. celles dans lesquelles au moins un auteur présumé a été identifié). En ce qui concerne les affaires comptant plus d'un auteur présumé, seul le lien de l'auteur présumé le plus proche avec la victime est consigné.

Les régions urbaines comprennent les services de police dans les régions métropolitaines de recensement (RMR) et les agglomérations de recensement (AR). Le terme « rural » désigne toutes les régions à l'extérieur des RMR et des AR et comprend les régions rurales et les petites villes.

Pour les besoins de l'Enquête sur les homicides, l'identité autochtone comprend les personnes identifiées comme Premières Nations (Indiens inscrits ou non), Métis ou Inuits, ou comme membres d'un groupe autochtone inconnu de la police. Une identité non autochtone désigne les cas où la police a confirmé qu'une victime ou un auteur présumé n'a pas été identifié comme Autochtone.

Produits

L'article de Juristat « L'homicide au Canada, 2017 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible. L'« Infographie : L'homicide au Canada, 2017 » (Numéro au catalogue11-627-M) et les données dans le « Système de suivi de la criminalité dans les communautés canadiennes » (Numéro au catalogue71-607-X) sont également publiées aujourd'hui.

Des données supplémentaires sont offertes sur demande.

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Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

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