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Les agressions sexuelles déclarées par la police au Canada avant et après le mouvement #MoiAussi, 2016 et 2017

Diffusion : 2018-11-08

À la suite de l'ampleur considérable qu'a prise le mouvement #MoiAussi dans les médias sociaux en octobre 2017, le nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police au Canada a augmenté de façon marquée. Plus précisément, le nombre de victimes d'agression sexuelle déclarée par la police a augmenté de 25 % au cours des trois mois suivant la propagation virale du mouvement #MoiAussi dans les médias sociaux (d'octobre à décembre 2017), comparativement à une période moyenne de trois mois précédant #MoiAussi (de janvier 2016 à septembre 2017). Le nombre moyen de victimes d'agression sexuelle déclarée par la police est passé de 59 victimes par jour avant #MoiAussi à 74 victimes par jour après la naissance du mouvement.

Dans le cadre de cette étude, les agressions sexuelles déclarées par la police désignent les affaires qui ont été signalées à la police, puis classées par celle-ci comme étant une infraction criminelle fondée.

Cette hausse marquée du nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police à la suite du mouvement #MoiAussi ne reflète pas nécessairement une augmentation de la prévalence des agressions sexuelles au Canada. Au contraire, la hausse est probablement attribuable à une combinaison de facteurs, y compris le fait que les victimes étaient davantage disposées à signaler un incident à la police à la suite de l'émergence du mouvement. Parmi les autres facteurs figurent la sensibilisation accrue des Canadiens à ce qui constitue une agression sexuelle et les messages publics des services de police visant à encourager les victimes à signaler les incidents. De plus, les changements apportés aux pratiques de classification des agressions sexuelles par les services de police à la suite de la couverture médiatique nationale accordée aux affaires non fondées au Canada peuvent avoir eu une incidence sur le nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police.

Ce communiqué du Quotidien repose sur l'article de Juristat publié aujourd'hui, intitulé « Les agressions sexuelles déclarées par la police au Canada avant et après le mouvement #MoiAussi, 2016 et 2017 », qui permet d'examiner les changements sur le plan du volume d'agressions sexuelles déclarées par la police et de leurs caractéristiques dans la foulée du mouvement #MoiAussi. L'article s'appuie sur les données de 2016 et de 2017 fournies par la police et regroupe les affaires d'agression sexuelle selon deux périodes clés, à savoir les agressions sexuelles qui ont été signalées à la police avant #MoiAussi (du 1er janvier 2016 au 30 septembre 2017) et celles qui l'ont été après #MoiAussi (du 1er octobre 2017 au 31 décembre 2017 [les données accessibles les plus récentes]).

Le nombre de victimes d'agression sexuelle déclarée par la police augmente considérablement après le mouvement #MoiAussi

Les données fournies par les services de police du Canada révèlent une augmentation marquée du nombre de victimes d'agression sexuelle fondée au cours d'octobre 2017, le mois où le mouvement #MoiAussi est devenu viral, le nombre de victimes d'agression sexuelle déclarée par la police s'étant établi à près de 2 500. Le nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police en octobre et en novembre 2017 était plus élevé que celui observé pendant tout autre mois civil depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 2009.

En raison de l'augmentation survenue au cours des trois derniers mois de l'année, le nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police en 2017 était le plus élevé depuis 1998.

À ce sujet, vous pouvez consulter le graphique « Victimes d'agression sexuelle déclarée par la police, selon le mois du signalement à la police, Canada, 2016 et 2017 ».

En octobre 2017, après la propagation virale du mouvement #MoiAussi dans les médias sociaux, le nombre de victimes d'agression sexuelle déclarée par la police a augmenté de 29 % par rapport à septembre 2017, et de 46 % par rapport au mois d'octobre 2016. Dans l'ensemble, le nombre de victimes d'agression sexuelle déclarée par la police s'est accru de 38 %, passant de 4 912 victimes au quatrième trimestre de 2016 à 6 766 victimes au quatrième trimestre de 2017, soit au cours des trois mois qui ont suivi le mouvement #MoiAussi.

Le Québec enregistre l'augmentation la plus prononcée du taux d'agressions sexuelles déclarées par la police après #MoiAussi

Comme pour la plupart des crimes violents, les taux d'agressions sexuelles déclarées par la police étaient les plus élevés dans les trois territoires, avant et après le mouvement #MoiAussi. Le Québec a fait état de l'augmentation la plus prononcée du taux d'agressions sexuelles après #MoiAussi, le taux s'étant accru de 61 % pour passer de 12,4 à 20,0 victimes pour 100 000 habitants. Terre-Neuve-et-Labrador (+36 %) a enregistré la deuxième augmentation en importance, suivi du Manitoba (+27 %). En revanche, certaines parties des territoires ont fait état d'une diminution.

À l'échelle nationale, le taux d'agressions sexuelles déclarées par la police a augmenté de 24 % après le mouvement #MoiAussi, passant de 15,0 à 18,6 victimes pour 100 000 habitants.

À ce sujet, vous pouvez consulter le charte « Variation en pourcentage du taux d'agressions sexuelles déclarées par la police après le mouvement #MoiAussi, selon la province ou le territoire, Canada, 2016 et 2017 ».

Les hausses du nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police après le mouvement #MoiAussi ont plus souvent été observées dans les grandes villes et les régions urbaines. Par exemple, les régions métropolitaines de recensement (RMR) de Québec (+78 %), de Sherbrooke (+76 %), de Brantford (+76 %), de Saguenay (+69 %) et de Montréal (+67 %) ont affiché les augmentations les plus élevées parmi les RMR. Bien que les taux d'agressions sexuelles aient été constamment plus élevés dans les régions rurales du Canada que dans les régions urbaines avant et après #MoiAussi, les régions urbaines (+27 %) ont enregistré une augmentation du nombre de signalements plus de deux fois supérieure à celle observée dans les régions rurales (+12 %) après le mouvement #MoiAussi.

De nouvelles initiatives ont également été mises en œuvre par certains services de police pour encourager le signalement des agressions sexuelles. Par exemple, en octobre 2017, le Service de police de la Ville de Montréal a mis en place et publicisé une ligne d'aide spécialisée pour le signalement des agressions sexuelles. Parallèlement, d'autres services de police du Québec ont également encouragé les victimes à se manifester, ce qui a peut-être été à l'origine de la forte augmentation du nombre de victimes enregistré au Québec.

Parmi les agressions sexuelles déclarées par la police après #MoiAussi, trois agressions sexuelles sur quatre avaient été commises le mois précédent

L'augmentation du nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police après le mouvement #MoiAussi peut s'expliquer par le fait que les victimes qui avaient été agressées dans le passé se sont manifestées. Les données révèlent que la plupart des agressions sexuelles qui ont été portées à l'attention de la police — avant ou après #MoiAussi — avaient été commises assez récemment. Environ la moitié des agressions sexuelles ont été signalées à la police le jour où elles se sont produites (51 % avant et 47 % après #MoiAussi) et, dans l'ensemble, environ les trois quarts ont été signalées au cours du mois qui a suivi leur perpétration (77 % avant et 73 % après #MoiAussi).

Dans l'ensemble, la police n'a pas reçu un afflux notable de signalements d'agressions sexuelles qui avaient eu lieu plus d'un mois avant l'avènement du mouvement #MoiAussi. Cela dit, le nombre de signalements d'agressions sexuelles datant de plus de 10 ans a augmenté de façon marquée après #MoiAussi pour passer d'une moyenne de 284 signalements par trimestre à 544, en hausse de 92 %. Toutefois, dans l'ensemble, ces incidents n'ont pas été signalés souvent; ils représentaient 8 % de l'ensemble des agressions signalées.

Les adolescentes affichent le taux d'agressions sexuelles déclarées par la police le plus élevé avant et après #MoiAussi

Comme par le passé, environ 9 victimes d'agression sexuelle déclarée par la police sur 10 étaient de sexe féminin, tant avant qu'après le mouvement #MoiAussi. Les jeunes femmes et les filles de moins de 25 ans ont continué d'être surreprésentées parmi les victimes, représentant plus de la moitié des victimes avant (55 %) et après (56 %) #MoiAussi.

Les taux trimestriels moyens d'agressions sexuelles déclarées par la police étaient les plus élevés chez les filles de 15 à 17 ans, tant avant qu'après #MoiAussi. Le taux d'agressions sexuelles déclarées par la police chez celles-ci a augmenté de 32 %, passant d'une moyenne de 145,3 pour 100 000 habitants avant #MoiAussi à 191,5 pour 100 000 habitants après #MoiAussi.

Le nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police dont les victimes connaissaient leur agresseur augmente après le mouvement #MoiAussi

Parmi les victimes d'agression sexuelle déclarée par la police en 2016 et en 2017, quatre victimes sur cinq (80 %) connaissaient leur agresseur. Après le mouvement #MoiAussi, le nombre de ces victimes a augmenté de 30 %, soit cinq fois la hausse observée chez le nombre de victimes agressées sexuellement par un étranger (+6 %).

Plus précisément, après #MoiAussi, on a constaté une augmentation notable du nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police impliquant une simple connaissance (+28 %), un ami ou un colocataire (+35 %) ou une personne avec qui la victime avait une relation d'affaires (+65 %). Ce dernier groupe, cependant, représentait une faible proportion des agressions sexuelles déclarées par la police (6 % après #MoiAussi). Les agressions sexuelles liées à des relations d'affaires renvoient aux agressions sexuelles perpétrées par des collègues, des fournisseurs de services, des clients ou des usagers des services publics.

Le nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police survenues sur les terrains d'école augmente après le mouvement #MoiAussi

Bien que les agressions sexuelles survenues sur les terrains d'école (5 %) aient représenté une minorité des agressions sexuelles déclarées par la police en 2016 et en 2017, elles ont affiché l'une des plus fortes augmentations de volume après le mouvement #MoiAussi, soit une hausse de 59 % du quatrième trimestre de 2016 au quatrième trimestre de 2017. Les agressions sexuelles déclarées par la police survenues sur les terrains d'école se sont surtout produites dans les établissements non postsecondaires, comme les écoles secondaires, plutôt que dans les universités ou les collèges.

  Note aux lecteurs

Le présent article s'appuie sur deux années de données déclarées par la police (2016 et 2017) dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité), et comprend les affaires dans lesquelles l'agression sexuelle (de niveau 1, 2 ou 3) constituait l'infraction la plus grave. Compte tenu du fait qu'il peut y avoir plus d'une infraction criminelle dans une seule affaire, c'est l'infraction la plus grave parmi toutes ces infractions qui est utilisée pour représenter l'affaire. Cela signifie que l'agression sexuelle constituait l'infraction la plus grave (ou la seule infraction) dans les affaires d'agression sexuelle analysées dans le présent article.

Des taux trimestriels moyens d'agressions sexuelles pour 100 000 habitants sont utilisés dans le présent rapport afin de faciliter les comparaisons entre les périodes antérieure et postérieure au mouvement #MoiAussi. Par conséquent, les taux qui figurent dans le présent article ne sont pas directement comparables à ceux d'autres publications de Statistique Canada qui s'appuient habituellement sur des taux annuels.

Les données sur les crimes déclarés par la police saisissent seulement les affaires signalées à la police, puis classées par celle-ci comme étant une infraction criminelle fondée, notamment après que l'enquête policière a permis de déterminer que le crime a été commis. Ces données excluent les incidents signalés à la police pour lesquels l'affaire a été jugée « non fondée ». Dans l'ensemble, en 2016 et en 2017, 17 % des affaires d'agression sexuelle déclarées par la police ont été classées comme non fondées. La proportion d'agressions sexuelles non fondées a commencé à diminuer en février 2017 et a continué de diminuer après #MoiAussi pour s'établir à 12 %. De plus amples renseignements sur les agressions sexuelles non fondées sont accessibles dans les documents suivants : « Les affaires criminelles non fondées au Canada, 2017 » et « Révision de la classification des affaires criminelles fondées et non fondées dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité ».

Pour obtenir des renseignements sur les agressions sexuelles autres que celles déclarées par la police, veuillez consulter le rapport suivant : « Les agressions sexuelles autodéclarées au Canada, 2014 ».

Comme par le passé, la grande majorité des agressions sexuelles déclarées par la police en 2016 et en 2017 étaient des infractions de niveau 1 (98 %), qui causent habituellement des blessures corporelles mineures à la victime ou qui n'en causent aucune. La proportion restante (2 %) concernait des agressions sexuelles de niveau 2 ou 3, lesquelles sont de nature plus violente et causent des lésions corporelles à la victime ou mettent sa vie en danger. Ces proportions n'ont pas changé après le mouvement #MoiAussi.

Produits

L'article du Juristat « Les agressions sexuelles déclarées par la police au Canada avant et après le mouvement #MoiAussi, 2016 et 2017 » (Numéro au catalogue85-002-X) est maintenant accessible. L'infographie intitulée « Avant et après le mouvement #MoiAussi : Aperçu des agressions sexuelles déclarées par la police au Canada » (Numéro au catalogue11-627-M) est également diffusée aujourd'hui.

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