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Étude : Taux de fécondité et activité des femmes sur le marché du travail au Québec et en Ontario, 1996 à 2016

Diffusion : 2018-07-18

Par le passé, l'activité sur le marché du travail des femmes âgées de moins de 45 ans était inférieure au Québec par rapport à l'Ontario. Cette situation a toutefois changé. Depuis 2003, le taux d'activité des femmes de 15 à 44 ans est plus élevé au Québec qu'en Ontario.

De plus, après avoir été similaires pendant des décennies, les taux de fécondité sont maintenant plus élevés au Québec qu'en Ontario.

Ces résultats proviennent d'une nouvelle étude : « Taux de fécondité et activité des femmes sur le marché du travail au Québec et en Ontario ». Cette étude porte sur les tendances de fécondité et d'activité sur le marché du travail des femmes âgées de 15 à 44 ans au Québec et en Ontario de 1996 à 2016.

En plus d'être les deux provinces les plus peuplées du Canada, le Québec et l'Ontario présentent de nombreux aspects démographiques similaires. Elles ont, par exemple, des structures par âge semblables, tout comme des représentations similaires de groupes qui présentent des courbes de fécondité et d'activité sur le marché du travail distinctes, comme les Autochtones et les immigrants.

Cependant, ces provinces ont suivi des cheminements différents quant aux prestations de congé parental et aux services de garde d'enfants au cours des 20 dernières années. On constate aussi certaines différences dans la situation des particuliers dans les ménages, car un plus grand nombre de personnes sont en union libre au Québec.

L'augmentation de l'activité des femmes sur le marché du travail au Québec a été majoritairement observée chez les femmes ayant de jeunes enfants

En 2003, pour la première fois, l'activité des jeunes femmes sur le marché du travail au Québec a dépassé celle des jeunes femmes en Ontario. En 2016, 81 % des femmes âgées de 15 à 44 ans au Québec faisaient partie de la population active, par rapport à 75 % des femmes du même âge en Ontario.

L'augmentation de l'activité des femmes sur le marché du travail au Québec, par rapport à l'Ontario, a été majoritairement observée chez les femmes ayant de jeunes enfants. De 1996 à 2016, le taux d'activité des femmes dont l'enfant le plus jeune était âgé de moins de trois ans a augmenté de près de 19 points de pourcentage au Québec (passant de 61 % à 80 %), par rapport à 4 points de pourcentage en Ontario (passant de 66 % à 70 %).

Graphique 1  Graphique 1: Taux d'activité des femmes âgées de 15 à 44 ans dont l'enfant le plus jeune du ménage avait moins de 3 ans, Québec et Ontario, de 1996 à 2016
Taux d'activité des femmes âgées de 15 à 44 ans dont l'enfant le plus jeune du ménage avait moins de 3 ans, Québec et Ontario, de 1996 à 2016

La différence entre le Québec et l'Ontario était plus faible chez les femmes n'ayant pas d'enfants de moins de 13 ans et chez les femmes plus âgées. Chez les femmes de plus de 45 ans, par exemple, l'augmentation du taux d'activité a été pratiquement similaire au Québec (de 34 % à 45 %) et en Ontario (de 39 % à 49 %).

Une théorie est que la différence de taux d'activité entre le Québec et l'Ontario serait liée aux différences de caractéristiques de population entre les deux provinces ou à des différences en matière de croissance du salaire réel au cours de la période.

Cependant, l'étude a révélé que ces différences n'expliquaient pas les tendances divergentes du taux d'activité des femmes âgées de 15 à 44 ans au Québec et en Ontario après 1996.

Parallèlement, la hausse des coûts associés aux services de garde d'enfants et d'entretien ménager a été moins marquée au Québec qu'en Ontario au cours de la période, du fait de l'introduction d'un programme universel de services de garde d'enfants à faible coût pour les enfants d'âge préscolaire.

Illustrant les répercussions du programme de services de garde d'enfants à faible coût au Québec, l'indice des prix pour les services de garde d'enfants et d'entretien ménager s'est accru de 72 % en Ontario de 1996 à 2016, par rapport à une hausse de 28 % au Québec.

Les jeunes femmes sont à l'origine du taux de fécondité au Québec supérieur à celui de l'Ontario

Au cours des dernières années, les jeunes femmes au Québec avaient non seulement des taux d'activité plus élevés que les jeunes femmes de l'Ontario, mais aussi des taux de fécondité plus élevés.

Après avoir été similaires pendant 40 ans, les taux de fécondité sont un peu plus élevés au Québec qu'en Ontario depuis 2005. En 2016, l'indice synthétique de fécondité était de 1,59 enfant par femme au Québec et de 1,46 enfant en Ontario.

Le taux de fécondité plus élevé au Québec par rapport à celui de l'Ontario est lié au fait que les femmes dans la vingtaine ont davantage d'enfants au Québec que les femmes du même groupe d'âge en Ontario.

Alors que les taux de fécondité chez les femmes dans la vingtaine ont diminué dans les deux provinces au cours des 40 dernières années, ce repli a été plus lent au Québec, ce qui a entraîné des taux de fécondité supérieurs dans cette province. Parallèlement, les taux de fécondité des femmes dans la trentaine ont augmenté dans les deux provinces.

Les différences de proportion des femmes dans la vingtaine étant en couple expliquent probablement les taux de fécondité plus élevés au Québec. En 2016, 39 % des Québécoises dans la vingtaine étaient en couple, par rapport à 28 % des Ontariennes.

Une explication possible de cette disparité, soulignée dans d'autres études, pourrait être la plus grande acceptation sociale des unions libres au Québec. Les unions libres sont considérées par beaucoup comme une autre option que le mariage, ce qui facilite l'établissement d'une famille chez les jeunes adultes.

Au Québec, la grande majorité des femmes dans la vingtaine et en couple en 2016 étaient en union libre (79 %) plutôt que mariées (21 %). En Ontario, parmi les femmes dans la vingtaine en couple, la proportion de celles en union libre était presque égale à celle des femmes mariées.

  Note aux lecteurs

Cette étude s'appuie sur des données provenant de l'Enquête sur la population active (EPA), du Recensement de la population et de la Base de données sur les naissances de Statistique de l'état civil. Aux fins de la présente étude, l'échantillon de l'EPA se limite aux femmes âgées de 15 à 44 ans pour les années allant de 1996 à 2016 et les données mensuelles sont annualisées à l'aide d'une moyenne.

Les données du Recensement de la population de 1996, de 2006 et de 2016 sont utilisées principalement pour examiner la situation des femmes dans le ménage.

Les données sur la fécondité proviennent de la base de données sur les naissances de Statistique de l'état civil, enquête administrative au cours de laquelle sont recueillis annuellement des renseignements démographiques de tous les registres provinciaux et territoriaux des naissances vivantes au Canada.

Les données sur les services de garde d'enfants et d'entretien ménager proviennent de l'Indice des prix à la consommation.

Produits

L'étude intitulée « Taux de fécondité et activité des femmes sur le marché du travail au Québec et en Ontario » est maintenant accessible dans la publication Regards sur la société canadienne (Numéro au catalogue75-006-X).

Coordonnées des personnes-ressources

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