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Étude : Les femmes et les hommes ayant subi du cyberharcèlement au Canada, 2014

Diffusion : 2018-06-05

Le cyberharcèlement, qui touche 8 % des femmes et 6 % des hommes qui utilisent Internet, n'a pas les mêmes répercussions pour les femmes et les hommes.

De nos jours, environ 90 % des Canadiens utilisent l'Internet au moins plusieurs fois par jour. Cet accès constant et immédiat à Internet peut être considéré comme positif pour de nombreux aspects, mais peut également mener à certains aspects négatifs comme une victimisation en ligne. L'Internet fournit de nouvelles façons de harceler ou de menacer d'autres personnes, parfois de façon anonyme.

Dans une nouvelle étude intitulée « Les femmes et les hommes ayant subi du cyberharcèlement au Canada », les données de l'Enquête sociale générale (victimisation) sont utilisées afin d'examiner la prévalence du cyberharcèlement chez les femmes et les hommes âgés de 15 ans ou plus, ainsi que l'association entre les expériences de cyberharcèlement, l'autoévaluation de la santé mentale et la satisfaction envers la sécurité personnelle.

Dans l'étude, le cyberharcèlement a été mesuré en demandant aux répondants si, au cours des cinq dernières années, ils avaient été la cible d'une attention répétée et non souhaitée leur ayant fait craindre pour leur sécurité ou celle d'une personne de leur connaissance. Plus précisément, s'ils avaient reçu des messages importuns au moyen de courriels, de textos, ou d'un réseau social, et si une personne avait publié des photos ou des renseignements inappropriés, indésirables ou personnels les concernant sur un site de réseau social.

L'étude conclut qu'il existe des facteurs de risque associés au cyberharcèlement, et que ces facteurs sont semblables pour les femmes et les hommes.

Ces facteurs de risque comprennent l'âge, l'état matrimonial et le fait d'avoir vécu de la violence ou d'avoir été témoin d'actes de violence parentale. Ainsi, les jeunes hommes et jeunes femmes sont plus susceptibles d'avoir subi du cyberharcèlement, de même que ceux et celles qui sont séparés, divorcés ou célibataires.

Parmi les personnes séparées ou divorcées, les femmes victimes de cyberharcèlement étaient près de 2,5 fois plus susceptibles de déclarer avoir fait l'objet de violence physique ou sexuelle perpétrée par un ex-conjoint au cours des cinq années précédentes que leurs homologues n'ayant pas subi de cyberharcèlement (29 % par rapport à 12 %).

Parmi les femmes ayant été victimes de violence physique et sexuelle durant leur enfance, la probabilité de subir du cyberharcèlement à l'âge adulte était de 15 %, comparativement à 6 % parmi celles qui avaient déclaré n'avoir subi aucune violence. Une relation semblable a été observée chez les hommes.

De la même manière, chez les personnes ayant été témoins de violence faisant intervenir au moins l'un des parents pendant l'enfance, la probabilité de subir de la cyberintimidation était de 10 % pour les femmes et de 8 % pour les hommes, comparativement à 7 % des femmes et 5 % des hommes qui n'ont pas été témoins d'une telle violence.

Les femmes ayant fait l'objet de cyberharcèlement déclarent avoir une moins bonne santé mentale

Comme c'est le cas pour d'autres formes de victimisation, il existe une association entre le cyberharcèlement et la santé mentale et les sentiments de sécurité personnelle des personnes qui en font l'objet. Cette association est toutefois différente chez les femmes et les hommes.

Bien que le cyberharcèlement ait été associé à des niveaux plus faibles d'autoévaluation de la santé mentale tant pour les femmes que pour les hommes, le lien était plus fort dans le cas des femmes. Les femmes ayant subi du cyberharcèlement présentaient une probabilité de 67 % de déclarer une santé mentale « très bonne » ou « excellente », par rapport à 74 % de leurs homologues n'ayant pas subi de cyberharcèlement. Chez les hommes, la différence était moins marquée (70 % comparativement à 75 %).

Les femmes ayant subi du cyberharcèlement étaient aussi moins susceptibles d'être « satisfaites » ou « très satisfaites » envers leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité (80 %) que celles qui n'avaient pas subi de cyberharcèlement (86 %).

De même, la probabilité qu'une femme déclare ne pas avoir été « inquiète du tout » quant à sa sécurité personnelle relativement à la criminalité lorsqu'elle était seule chez elle le soir ou la nuit était inférieure pour celles ayant subi du cyberharcèlement (77 %) que pour celles n'en ayant pas subi (83 %).

Chez les hommes, il n'y avait aucune relation entre avoir subi du cyberharcèlement et la satisfaction en matière de sécurité personnelle relative à la criminalité.

Les liens présentés ci-dessus tiennent compte d'autres facteurs qui sont associés avec la santé mentale ou les sentiments de sécurité personnelle. Toutefois, les résultats présentés ci-dessus sont fondés sur des données transversales et les relations causales ne peuvent être déduites.

  Note aux lecteurs

L'étude utilise les données de l'Enquête sociale générale de 2014 sur la sécurité des Canadiens (victimisation). La population cible était composée de la population canadienne âgée de 15 ans ne vivant pas en établissement et résidant dans l'une des provinces (à l'exception des territoires). Seules les personnes ayant indiqué avoir utilisé Internet au moins une fois au cours des cinq années précédentes ont été comprises dans l'étude.

Produits

L'étude intitulée « Les femmes et les hommes ayant subi du cyberharcèlement au Canada » est maintenant accessible dans la publication Regards sur la société canadienne (Numéro au catalogue75-006-X).

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca).

Pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes ou la qualité des données, communiquez avec Sylvie Guilmette (613-608-2756; sylvie.guilmette@canada.ca).

Pour plus de renseignements au sujet de Regards sur la société canadienne, communiquez avec Sébastien LaRochelle-Côté (613-951-0803; sebastien.larochelle-cote@canada.ca)

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