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Le taux national d'homicides a augmenté pour une deuxième année consécutive en 2005 pour atteindre son niveau le plus élevé en près d'une décennie, après avoir chuté à son plus bas niveau en 30 ans en 2003. Le nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu s'est accru pour une troisième année consécutive.
Les services de police ont signalé 658 homicides l'an dernier, soit 34 de plus qu'en 2004. Sur ces homicides, 222 ont été commis à l'aide d'une arme à feu, en hausse par rapport au chiffre de 173 enregistré en 2004.
La hausse du taux d'homicides est en majeure partie due à un bond des homicides attribuables à des gangs, particulièrement en Ontario et en Alberta. Les deux tiers des homicides attribuables à des gangs ont été perpétrés à l'aide d'une arme à feu, généralement une arme de poing.
Note aux lecteursLes statistiques agrégées sur les homicides perpétrés au Canada en 2005 ont d'abord été publiées dans Le Quotidien du 20 juillet 2006 dans le cadre d'un rapport général sur la criminalité. Ce rapport présente une analyse plus détaillée des données sur l'homicide. Le Code criminel classe les homicides de la façon suivante : le meurtre au premier degré, le meurtre au deuxième degré, l'homicide involontaire coupable et l'infanticide. Les décès causés par la négligence criminelle, le suicide et l'homicide accidentel ou justifiable ne sont pas inclus dans la présente analyse. |
Le taux national d'homicides a atteint un sommet au milieu des années 1970, se situant à 3,03 homicides pour 100 000 habitants. De façon générale, il est en baisse depuis ce temps, ayant atteint le creux de 1,73 en 2003. Le taux de 2005 s'est élevé à 2,04 homicides pour 100 000 habitants.
Le taux d'homicides commis par des jeunes a atteint son point le plus élevé en plus d'une décennie. On a dénombré 65 jeunes auteurs présumés d'homicide (12 à 17 ans) en 2005, soit 21 de plus que l'année précédente.
Le taux d'homicides entre conjoints continue de baisser. Les 74 homicides entre conjoints déclarés en 2005 ont donné lieu à une quatrième baisse annuelle consécutive.
Ce rapport annuel sur les homicides contient, pour la première fois, une analyse approfondie des taux de classement des homicides au sein des principaux services de police du pays. Dans l'ensemble, on a constaté que sur les quelque 24 000 homicides qui ont été perpétrés au Canada depuis 1961, 85 % ont été résolus par la police.
La police a déclaré que 222 victimes ont été tuées avec une arme à feu en 2005, soit 49 de plus que l'année précédente, ce qui a donné lieu à une troisième augmentation annuelle d'affilée. En comparaison, 198 victimes ont été poignardées à mort, soit la deuxième méthode en importance servant à commettre un homicide en 2005.
Au cours des 20 dernières années, les homicides commis à l'aide d'une arme à feu et les homicides commis à l'aide d'une arme pointue représentaient chacun environ un tiers de tous les homicides. Avant 1985, toutefois, les homicides commis à l'aide d'une arme à feu se produisaient beaucoup plus fréquemment que les homicides commis à l'aide d'une arme pointue.
Depuis le milieu des années 1970, on observe une tendance à la baisse du taux d'homicides commis avec une arme à feu. Toutefois, la tendance varie selon le type d'arme à feu utilisé.
Avant 1991, les carabines et les fusils de chasse étaient utilisés beaucoup plus fréquemment que les armes de poing. Depuis lors, les proportions se sont inversées, de sorte qu'en 2005, une arme de poing a été utilisée dans presque 6 homicides commis avec une arme à feu sur 10, alors que 1 de ces homicides sur 4 mettaient en cause une carabine ou un fusil de chasse.
En 2005, 128 homicides ont été perpétrés à l'aide d'une arme de poing, en hausse par rapport à 112 en 2004. Le nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme de poing a crû au cours de six des sept dernières années.
Depuis 1997, la police a déclaré que 83 % des armes à feu récupérées ayant servi à perpétrer un homicide n'étaient pas enregistrées. Dans les cas où la propriété a pu être établie, c'est l'auteur présumé qui était propriétaire de l'arme à feu dans 60 % de ces homicides. Parmi les homicides perpétrés à l'aide d'une arme à feu, quatre auteurs présumés sur cinq ne possédaient pas de certificat d'arme à feu valide.
La police a déclaré que 107 homicides étaient présumés être liés à des gangs en 2005, soit 35 de plus qu'en 2004. D'importantes augmentations des homicides attribuables à des gangs ont été signalées en Ontario, particulièrement à Toronto, et en Alberta. L'accroissement pourrait être dû en partie à une légère modification du mode de saisie des données.
En 2005, on a révisé l'Enquête sur les homicides afin d'inclure les homicides dans lesquels la police non seulement «détermine», mais aussi «soupçonne» que le crime est attribuable à des activités de gang. Pour les années antérieures à 2005, on ne sait pas si les homicides soupçonnés sont inclus dans les totaux. Cette modification peut expliquer en partie la hausse des homicides attribuables à des gangs comparativement aux années précédentes.
Les homicides attribuables à des gangs ont représenté 16 % de tous les homicides commis en 2005. Les deux tiers de ceux-ci ont été commis à l'aide d'une arme à feu, généralement une arme de poing.
On a dénombré 65 jeunes auteurs présumés (12 à 17 ans) d'homicide en 2005, soit 21 de plus que l'année précédente. L'an dernier, le taux de jeunes auteurs présumés a atteint son point le plus élevé en plus d'une décennie.
L'augmentation du taux de jeunes auteurs présumés d'homicide faisait contraste avec la baisse du taux de criminalité adolescente (-6 %), incluant une diminution de l'ensemble des crimes de violence (-2 %).
Malgré les fluctuations d'une année à l'autre, le taux d'homicides commis par des jeunes est demeuré relativement stable au cours des 30 dernières années en raison des chiffres relativement faibles.
La police a indiqué que 74 conjoints ont été tués en 2005, soit un nombre presque identique au nombre de conjoints tués l'année précédente. De façon générale, le taux d'homicides entre conjoints est en baisse depuis le milieu des années 1970.
En 2005, les homicides entre conjoints ont constitué environ 16 % de tous les homicides résolus et presque la moitié (47 %) de tous les homicides dans la famille. Comme dans les années précédentes, en 2005, le taux d'homicides sur une conjointe était cinq fois plus élevé que le taux sur un conjoint.
Les personnes vivant en union libre risquaient davantage d'être tuées par un conjoint que les personnes mariées. En 2005, le taux d'homicides entre conjoints de fait était de près de cinq fois supérieur à celui des homicides entre conjoints de droit.
Par le passé, les taux d'homicides étaient généralement plus élevés dans les provinces de l'Ouest que dans l'Est. L'an dernier, trois des quatre provinces de l'Ouest, soit la Saskatchewan, le Manitoba et l'Alberta, ont enregistré les taux les plus élevés de toutes les provinces.
Le taux de la Saskatchewan, soit 4,33 homicides pour 100 000 habitants, a marqué son point le plus élevé en près de trois décennies.
Le taux d'homicides du Québec était en baisse comparativement à 2004 et est demeuré bien en deçà de la moyenne nationale. Bien que le taux ontarien ait atteint son point le plus élevé en plus d'une décennie, il figurait encore sous la moyenne nationale.
Parmi les neuf plus grandes régions métropolitaines de recensement (RMR), c'est Edmonton qui a affiché le plus important taux d'homicides (4,29), soit son taux le plus élevé observé depuis la première année de diffusion de statistiques selon la RMR en 1981. À Toronto et à Calgary, les taux ont également augmenté pour atteindre leur plus haut niveau en plus d'une décennie. Le taux de Montréal s'est fixé à son niveau le plus bas depuis 1981.
Malgré une baisse observée en 2005, Regina a affiché le taux le plus élevé (3,97) de toutes les petites RMR, suivie de Saskatoon. Aucun homicide n'a été signalé à Sherbrooke, à Trois-Rivières et à Saint John.
Définitions, source de données et méthodes : numéro d'enquête 3315.
Le Juristat intitulé L'homicide au Canada, 2005, vol. 26, no 6 (85-002-XIF, gratuit), est maintenant accessible à partir du module Publications de notre site Web. Sous Publications Internet gratuites, choisissez Justice. Une version imprimée (85-002-XPF, 11 $ / 100 $) est également en vente.
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